‹ La mer libre du poleChapitre 17 sur 34 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

renouvellement périodique de l'eau libre (i). Mais, ^ ces hypothèses, on répond par d'autres tendant à établir que, si la brise du nord, soufflant vingt-quatre heures, n'a pas amené sous les yeux de Morton un seul glaçon, ce £ût suffit pour établir que ce n'était pas là une mer polaire, mais un détroit qu'à son extrémité, sans doute très-resserrée, la banquise fermait.

Mac Qintock, parti le i" juillet d'Angleterre, fut pris dans les glaces vers le nord de la mer de Baffin et, quand il en fut délivré, le 26 avril i858, il avait dérivé avec elles jusqu'au sud de cette mer. Ayant remonté le courant, il employa l'hiver de 1 858 dans le détroit de Bellot à faire des expéditions sur la glace solide. L'une d'elles parvint à Tîle du Roi Guillaume oti, près du cap Félix, elle découvrit les reliques du désastre de Franklin, atteignant ainsi l'objet spécial de la plupart des voyages qu'on avait entrepris vers le pôle nord depuis 1845.

Enfin Hayes, dont nous avons résumé les travaux et les aventures, est emprisonné dans le Port Foulke. Ce même détroit de Smith oti avait navigué Inglefield, Hayes le trouve, comme Kane, obstrué par les glaces. Il les franchit malgré leur entassement désordonné, arrive à la Terre deGrinnell, et, à l'entrée delà baie de Lady Franklin, le 18 mai 1861, à près de 82® de lati-

(i) Voir le chap. viii du présent volume et le Tour du Monde, 18G0, t. I, p. 267 à 274.

XXVI INTRODUCTIOH

tude nord, il est arrêté par la mer libre qu'avait vue « MortoD.

Or, quels que soient les doutes avec lesquels on accueille Texistence de cette mer aux environs du pôle arctique, il ne se d^age pas moins, de toutes ces fatigues et de tous ces labeurs, un fait qui semble in* contestable : sans doute, dans des espaces où d'autres avaient navigué, on peut être pris dans les glaces. Mais, si les bras de mer sont solidement gelés à l'ouest de risthme de Boothia, c'est-à-dire dans les environs du pôle magnétique et du pôle du froid scientifiquemenl constatés, on trouve généralement l'eau libre à une distance plus ou moins grande au nord de ces glaces solides.

Enfin Hayes conclut que les eaux ne se couvrent de glaces qu'à l'abri de la terre.

M. Elisée Reclus (i) tire, des £dts que nous avons exposés, une théorie identique, c Les r^ons dont le climat est le plus rigoureux, dit-il, so-aient donc situées sous des latitudes que l'homme a d^à visitées, et par conséquent le pôle proprement dit ne serait point cette formidable citadelle de gbce que les géographes imaginaient autrefois. C'est à tort que Too croyait à l'existence d'une banquise s'épaissiasant gra* duellement vers le centre et recouvrant toute la rondeur polaire. » c On peut admettre comme probable,

(i) La Terre^ t. U, p. 4S4 et soîv.

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ajoute-t-il, qu*il n*existe point de calotte de glace continue aux deux extrémités de la terre; il y aurait plutôt une mer libre, à température relativement élevée, et ceinte de toutes parts, soit par des îles et des archipels, soit par une ceinture de glace circu* laire. »

Ces théories sont-elles contraires aux dépositions des Esquimaux? Non. Ross raconte une entrevue avec les indigènes du nord de la baie Melville, près du cap York (i) : « Sakbeuse, un Esquimau du Groenland danois , montrant le sud, ajouta qu'il venait d'un pays situé de ce côté. — Cela ne peut pas être, répondirent

les indigènes; il n'y a par là rien que de la glace

Quant à eux^ ils arrivaient du nord où il y avait beaucoup d'eau.» L'année suivante, Ross rencontre sur les côtesdelapresqulleBoothiaun parti d'indigènes: a Ils étaient venus à l'endroit où nous les trouvions, afin d'être plus près de l'eau libre qui, nous dirent-ils, existait à quelque distance dans le nord. »

On finira bien par le savoir.

Trois projets principaux formés pour résoudre ce problème ont été publiés.

L*un, formé par l'Anglais Sherard Osborne, se propose de reprendre la route d'inglefield, de Kane et de Hayes, par le détroit de Smith.

(i) Biblioth. univ. des Voyages, par Albert Montémont, t. xl, i>.8, etp. 90.

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