INTRODUCTION TT
fut arrêté, le 1 7 , par une plaine dé glace située à 70® 45 ' latitude nord. Elle était aussi compacte qu'un mur et, s'élevant de trois à quatre mètres au-dessus de l'eau, devait avoir une épaisseur d'une vingtaine de mètres. Il la côtoya sans y trouver de passage, constata que, à mesure qu'elle s'éloignait de l'Amérique, elle inclinait au sud jusqu'à la côte d'Asie, et, craignant d'être enveloppé, il revint au détroit de Behring, bien persuadé que a le soleil ne parvient pas à fondre les glaces polaires, dont il doit rester toujours un immense fonds en réserve. »
Pourtant Clerke reprit cette tentative en 1779 ; mais toute sa persévérance ne le conduisit pas à dépasser le 70* parallèle 26'. La banquise était aussi puissante que Cook l'avait vue, et Clerke écrivit: « Il est hors de toute vraisemblance que le reste de l'été puisse fondre cet amas prodigieux de glace... Je crois donc qu'il n'y a rien de mieux à faire que de chercher s'il n'existe pas d'ouverture qui permette de longer la côte d'Asie... » A peine arrivé en vue de ce littoral, Clerke y mourut d'épuisement, après avoir signalé à ses équipages dereprendre la route du détroit de Behring et de l'Angleterre.
En résumé, durant le xviii^ siècle, les Russes avaient relevé la côte septentrionale de l'Asie et découvert le détroit de Behring; les Anglais, qui étaient entrés dans la mer polaire par cette route, l'avaient trouvée barrée au nord par une énorme banquise et n'avaient pas su reprendre dans l'ouest les passages qui s'éuient