LA MER POLAIRE. L
nolithe, accourut au-devant de nous, s’assit tranquillement à une vingtaine de pas pour nous contempler, etrentra ensuite dans son trou sansgrande hâte. Durant la journée qui suivit, il s'établit des rapports d'amitié entre nous et ce petit animal, qui trottait familièrement autour de la tenteet selaissait presque toucher. Quelques-uns de nos gens auraient désiré l'emporter aux vaisseaux comme un échantillon de Winter-Harbour, disaient-ils; mais je m'y opposai, ne voulant pas qu’une confiance touchante füt payée par une aussi noire trahison. Jin'ai jamais vu aucun animal dans l’état de nature qui füt si complètement exempt de la crainte de l’homme; et je trouve dans cette circonstance une preuve de plus que nos malheureux compatriotes n’ont pas passé par là. »
Ainsi, les lièvres, les rennes, les bœufs musqués, toutes les espèces herbivores, qui n'avaient jamais rencontré l'homme, ne semblaient pas effrayés à sa vue. Les loups, etmême!cs ours blancs, quandils n'étaient pas poussés par la faim, fuyaient au contraire à son seul aspect. N'y a-t-il pas là un sujet remarquable d'étudezoolczique, etne pourrait-on pas en inférer que la méfiance est un instinct inaérent à la férocité?
Après avoir rallié à l'île de Byam-Martin le détachement de M. Bradford, qui avait opéré la reconnaissance complète de cette île et de la côte o-
rientale de la terre de Melville sur près d'un degré et demi de latitude, la division du lieutenant Mac Clintock rejoignit les navires, le 4 juillet, sans avoir éprouvé d'accidents fâcheux.
Exploration du canal de Wellington.
Pendant queles lieutenants du commandant Austin employaient, comme nous venonsde le décrire, les jours du printemps de 1851, le capitaine Penny et son état-major effectuaient l’exploration du canal de Wellington. Le commandant avait confié à son second, le capitaine Stewart, l'examen de la partie du North-Devon qui forme à lorient la côte du détroit, et au docteur Goodsir celui des îles Cornwallis et Bathurst, quile limitent à l'occident. L'organisation de ces deux divisions était la même que celle des détachements du capitaine Austin, si ce n’est que plusieurs traineaux étaient tirés par des chiens. Ces animaux, fort utiles comme bêtes detraitpendant lejour, étaient fort gènants pendant la nuit, à cause de leurs aboiements continuels et de leur voracité, qui exigeait une surveillance permanente sur les approvisionnements. Les incidents de ces excursions étant fort semblables à ceux que nous avons déjà rapportés, nous n'en re:produirons ici que les résultats généraux. Le 30 mai, le capitaine Stewart, arrivant au débouché sep-
nt Auslécrire, > Penny ion du t confié en de la t la côte es iles cident.
a même stin, si rés par e bêtes pendant itinuels billance es incis à ceUX repro- 0 mai, é Sep-
LA MER POLAIRE. Lg
tentrional du chenal étroit qui, placé entre le North-Devon et l'ile Baillie-Hamilton, fait communiquer le canal de Wellington avec le canal de ia Reine, se trouva, à son grand étonnement, en face d'une mer complétement découverte etsans glace. De tous les côtés des vols considérables d'oiseaux traversaient l’espace ; des palm'pèdes et des phoques se jouaient sur les eaux, tandis que sur les bords de la glace du détroit des ours blancs se promenaient guettant leur proie. C'éiait enfin le contraste frappant d’une mer animée par des millions de créatures vivantes avec le désert de neige que le capitaine venait de traverser pendant plus de cinquante lieues. Mais n'ayant pas de bateau qui pût lui permettre de profiter de son intéressante découverte, il dut se hâter de revenir sur ses pas pour en donner avis à son chef.
Celui-ci, dans le même temps, monté sur un traineau à chiens, avait laissé M. Goodsir occupé a lareconnaissance des îles de Bathurst et de Corn- Wallis, et poussant au nord-est, sur la glaire du détroit, vers des hauteurs qu’il avait entrevues de loin dans cette direction, il aborda à l'ile Baiilie- Hamilton, que le capitaine Stewartavait découverte
‘ quelques jours auparavant, de la côte opposée.
Parvenu à un cap qu’il nomma pointe Surprise, le
commandant Penny aperçut, avec un étonnement
semblable à celui qu’éprouvait deson côtésonbrave
lieutenant, une mer sans glace déroulant ses eaux libres vers le nord-ouest. Sans hésiter un moment, l'infatigable marin revint à ses vaisseaux, fitcharger un canot sur un traineau construit à cet effet, et se remit en route. Le 17 juin, arrivé à la limite des glaces, il lança son canot à la mer et reconnut les bords du canal de la Reine, jusque sous le soixante-dix-septième parallèle. Là, deux caps opposés reçurent de lui les noms de sir John et de lady Franklin; là aussi l'épuisement de ses vivres, ne lui permit pas de profiter davantage de la mer ouverte qui s’étendait à perte de vue vers le nord. Forcé de rétrograder, il ramena son canot au lieu de son embarquement, l’abandonna sur la plage ! et, à l’aide du traîneau qui l’attendaii, il rejoignit ‘ ses navires dans la nuit du 25 au 26 juillet, après Je avoir accompli en six semaines la tentative la plus heureuse de cette campagne si féconde en travaux
h LA
SV
go
# . - STE TE RE RL OT 52 D A PAL MT De AA
CURE in CONS Se SOLS
Aa
D | nautiques.
| * Retour de la deuxième croisière, — Périls n ( è des vaisseaux américains. “
DE Le 1+ octobre suivant, l’escadre des capitaines k.
| Austin et Penny, ainsi que le yacht de sir John ï Ross, rentraient en Angleterre. Nous ne doutons nullement que l’état de leurs équipages, épuisés par des efforts surhumains, ne rendit ce retour
CE E- e. mi js