Lagopus rupestris, espèce de gelinotte
hh LA MER POLAIRE.
venaison, et surtout le désir de m'assurer Îlcs moyens de prolonger mon excursion, me déterminèrent à prendre ma carabine et à me mettre en campagne. Le troupeau consistait en huit animaux parvenus à leur développement. Ils ne commencèrent à m'apercevoir que lorsque j'étais à deux cents pas d’eux. D'abord ils prirent le galop; puis,
. S’arrêtant brusquement, ils formèrent un demi-cer-
cle très-serré, en baïissant la tête et en présentant leurs cornes recourbées, dont l’ensemble rappelait ces rangées de crochets qu’on voit dans les boutiques de nos bouchers. À cent pas je fis halte, épiant un moment favorable; enfin, le plus gros taureau de la troupe ayant fait un mouvement qui mitson flanc à découvert, je fis feu et il tomba. Les autres, sans grand trouble ni émoi, gardèrent leur ordre de bataille tant qu’ils m’eurent en vue; sans faire aucune attention à leur compagnon foudroyé, ils se remirent à chercher leur pâture, en grattant la neige avec leurs cornes. Il ne m’eüt pas été difficile de détruire tout le troupeau sije l'avais voulu.
« Le 28 mai, par un temps clair, nous aperçûmes la terre de Bank, dans l’ouest sud-ouest. Elle paraissait très-élevée et composée de rochers escarpés, entrecoupés de profonds ravins. Le même jour, atteignant l'extrémité occidentale de l'ile Melville, nous vimes la côte se terminer au nordest par un cap d’un aspect majestueux. Au delà s'ou-
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vrait le golfe de Liddon; puis, au nord de celui-ci, dans un lointain considérable, on pouvait distinguer une côte d’une grande hauteur, se prolongeant dans l’ouest à perte de vue. »
De ce point, lelieutenant se dirigea, à travers le golfe de Liddon, vers Bushnan-Cove, ce lieu de campement si vanté pour l'abondance du gibier dans la relation de Parry. Das la supposiiion que Franklin aurait tenté de revenir du nord vers la terre de Bank, Bushann-Cove lui eût offert une station qui n’était pas à dédaigner. Mais ce lieu ne portait encore que les vestiges du campement de Parry, aussi frais, après trente et un ans, que s'ils eussent daté de la veille. :
Les débris d’un chariot abandonné er: 1 820 fournirent du feu pendant quatre jou: aux voyageurs de 1851. Ils trouvèrent aussi, dans un vase de ferblanc recueilli dans un coin du ravin, un mélange de graisse et d'huile de lin qui leur fui d'autant plus utile qu’ils avaientconsommé depuis plusieurs jours tout ce qu’ils avaient en combustible de ce genre, et qu’il ne leur restait plus qu'une lampe à esprit-de-vin pour faire cuire leurs aliments.
Le 2 juin, la petite troupe commença à rétrograder à travers l’intérieur de l’île, et le 7 ils atteignirent Winter-Harbour, où ils purent ajouter une inscription nouvelle à celle qui, gravée par les soins de Parry sur un rocher remarquable
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de la côte, rappelle l'hivernage de l'Hécla et du Griper.
« La faune arctique comptait en ce lieu de nombreux représentants: des bœufs musqués, des rennes, des canards sauvages, des pluviers, des
Rocher monumental à l’île Melville.
ptarmigans et des chevaliers! y vaguaient de tous côtés en quête de leur pâture. Quand nous nous approchâmes du rocher où se trouve l'inscription, un lièvre, qui avait établi son gîte sous le mo-
1. Tringa candida, échassier longirostre de la classe des sco- Icpax.