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TROISIÈME CROISIÈRE

Le lieutenant Bellot et le capitaine Kennedy, 1851-1852. — Les capitaines Belcher et Inglefield. — Campagne de 1852. -— Mort de Bellot, — Rapport de M. de Bray.

Le lieutenant Bellot et le capitaine Kennedy, 4851-1852.

Pendant qu'ils regagnaient les ports des États- Unis, les vaisseaux américains communiquèrent avec le Prince-Albert, bâtiment frété par lady Franklin, et qui retournait seul hiverner dans les parages de l’ouest. Cet excellent petit navire, auquel, suivant l'expression de son brave commandant, le capitaine Kennedy, «il ne manquait que la parole, » avait pour second un volontaire français, le lieutenant Bellot, qui avait sollicité et obtenu comme une faveur du ministère de la marine d'aller représenter notre nation dans la grande

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croisade entreprise par la marine anglaise contre le sombre et mystérieux génie du pôle.

La rare instruction et la généreuse ardeur de ce jeure officier ont puissamment contribué aux résultats importants de cette expédition, qui, eu égard aux faibles moyens dont elle disposait, a prouvé, a l’égal des plus brillantes de cette époque, ce que peuvent des hommes qui unissent au courage le savoir et l'habileté.

Empêché par les glaces accumulées dans le détroit de Barrow de correspondre avec les capitaines Austin et Penny, qui d’ailleurs effectuaient déjà leur retour, le Prince-Albert fut forcé de s'engager immédiatement dans l'entrée du Régent, où il prit un bon mouillage pour l'hiver dans la baie de Batty, sur la côte orientale du North-Somerset. De ce point le capitaine Kennedy et son adjoint français entreprirent une série d’excursions dont le périmètre, de plus de deux cents lieues, comprend toutes les côtes du North-Somerset, la traversée du détroit de James Ross, celle de la péninsule septentrionale de la terre de Victoria, sur laquelle ils croisèrent plusieurs fois les routes des détachements du capitaine Ommaney, et enfin le trajet du cap Walker à la baïe de Batty. Nulle part, pas plus que leurs devanciers, ils ne rencontrèrent la plus légère trace de l’Érèbe et de la Terreur, mais au fond de la baie Brentford ils découvrirent

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LA MER POLAIRE. 57 un court et étroit canal qui unit les eaux de la passe du Régent à celles de l'ouest et sépare le North-Somerset de la presqu'ile de Boothia. Ce détroit, qui avait échappé en 1830 et 1848, aux recherches des deux capitaines Ross, a reçu et consacrera dans l'avenir le nom de notre compatriote Bellot.

es excursions, dont l’une ne dura pas moins de trois mois, furent menées à terme au plus fort de l'hiver, alors que le soleil restait plongé audessous de l'horizon. On regrettera toujours que, contrairement à l'opinion formelle de Bellot luimême, le capitaine Kennedy, trompé par l'apparence innavigable que lui présentait le détroit de Peel " entièrement encombré de glaces et d'écueils, ait dirigé ses investigations vers l’ouest et le nord, au lieu de les pousser dans la direction du sud, où les plages inexplorées de l'île du roi Guillaume gardaient depuis trois ans et devaient garder sept années encore inaperçus les funèbres vestiges de l'expédition perdue. Néanmoins, il ressort des recherches dirigées par les deux chefs du Prince- Alvert, plus que d'aucune autre peut-être, que les constitutions européennes habilement ménagées

peuvent supporter les plus extrêmes rigueurs des climats polaires.

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