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» Notre petite troupe, écrità ce sujet le capitaine Kennedy, se composait seulement de cinq ou six marins. De légers traîneaux indiens, que des chiens esquimaux aidaient à tirer, portaient les provisions et les bagages. Les premières consistaient principalement en pemmican ; j"y avais faitajouter quelques sacs de biscuits, avec un peu de thé, de sucre et de farine. Nous avions puisé d’utiles ressources dans l’ancien dépôt des approvisionnements de la Fury, qui, après trente ans passés sous le climat polaire, étaient non-seulement parfaitement conservés, mais supérieurs en qualité à la plupart de ceux dont on munit aujourd’hui les vaisseaux destinés aux campagnes de découvertes.
« À six heures ordinairement j'éveillais tout mon monde, et les préparatifs de la marche du jour commençaient aussitôt. D'abord le déjeuner ; ensuite venait l’'empaquetage de notre literie et de nos ustensiles de cuisine; puis le chargement des traîneaux, l’attelage des chiens, et enfin le départ. J'ouvrais la marche, et M. Bellot, avec le reste de la troupe et les quatre traineaux à la file, suivait exactement ma trace. Après chaque heure écoulée, une halte de cinq minutes était accordée pour reposer les hommes et laisser respirer les chiens. Toutes les fois que le temps le permettait, on observait les chronomètres pour déterminer la lon-
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LA MER POLAIRE. 59 gitude et la latitude, et, grace à ce que nos cadres d'observations étaient chaque soir tracés d'avance pour le lendemain, nous ne dépensions jamais plus d’une demi-heure pour déterminer le point où nous nous trouvions. La construction de la hutte de neige et les préparatifs du souper achevaient notre tâche quotidienne, qui rarement était terminée avant dix heures du soir.
« Nous ne tardämes pas à devenir tous fort experts dans la construction de ces huttes à la mode des Esquimaux, qui furent notre seul abri pendant tant de nuits. Nous les trouvions bien supérieures aux tentes, trop lourdes d’ailleurs pour être transportées par une troupe aussi faible que la nôtre... Quand nous avions terminé notre cloison de neige et qu’elle était close de toute partcomme la coquille d’un œuf, la flamme d’une bougie ordinaire ou d'une lampe à esprit-de-vin suffisait pour entretenir à l'intérieur une douce température et pour chauffer en outre la pinte de thé quiformaitla ration de chacun de nous. Noususions de ce breuvage chaud soir et matin, et dans notre situation il avait pour nous plus de prix que tous les trésors d'Ophir. Lorsque le mauvais temps interrompait la marche, nousne faisions qu’un seul repas chaud pour épargner le combustible, et les autres repas consistaient simplement en pemmican et en biscuit mélangé de glace. Nous mangions également