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pérances, nous crûmes entrevoir des tentes et des hommes vêtus.de blanc. Étaient-ce enfin de malheureux Européens en détresse et appelant du secours ? On conçoit avec quelle hâte et quelle émotion un bateau fut dirigé vers la terre. Hélas! il n’y trouva que des monticules volcaniques dont
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Esquimau pêcheur de phoques dérangé par un ours blanc.
la forme conique, les fumerolles et la te'nte cinéraire avaient causé notre illusion. En même temps, des traces toutes fraîches de rennes expliquaient la présence et les mouvements des êtres blanchâtres qu'’avaient signalés nos vigies. Ce fut pour nous tous une cruelle déception.
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Découverte de l’ile de Baring.
«.. Le 6 septembre, à onze heures du matin, nous nous trouvions par le travers du cap Parry; le temps était clair, la mer belle; poussés par un bon vent d'ouest, nous voyions la banquise permanente s’écarter à tribord et remonter vers le nord, lorsqu'on aperçut de l'avant, à une distance d'environ cinquante milles, dans le nord-est, une terre d’une grande élévation.
« Ayant fait aussitôt mettre le cap sur cette côte inconnue, je remarquai qu'à l'occident elle servait de base à la banquise, tandis qu'à l’est au contraire la mer était comparativement praticable. Je pris donc sur-le-champ le parti de suivre cette dernière direction, dans la supposition que je n'avais devant moi qu'une ile, et qu’en la doublant je finirais par trouver un débouché dans la mer polaire. Le 7 au matin, nous étions sous l’extrémité méridionale de cette terre, magnifique promontoire formé par des rochers perpendiculaires de plus de mille pieds de hauteur; nous lui avons donné le nom de cap Nelson. Bientôt après, m'embarquant dans la chaloupe, j'allai, suivant l'antique usage, consacré par tous mes devanciers, prendre possession de notre découverte, que je noinmai île de Baring, en l'honneur du premier lord de
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l'amirauté. Un poteau surmonté d'un ballon peint fut élevésur le rivage par 71° 6’ de latitude etpar 1250 24’ de longitude occidentale; puis un baril contenant un procès-verbal de cette formalité fut enfoui à la base du poteau.
« Tout autour de nous, nous observâmes des
Fumerolles volcaniques, près du cap Bathurst.
traces nombreuses et fraîches de rennes, de lièvres et d'oies arctiques; et, au milieu de mousses épaisses, apparaissait, en pleine floraison, un certain nombre de plantes.
« Ayant gravi une hauteur d'environ cinq cents pieds, nous pûmes jouir de la vue de l'intérieur:
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partout un tapis de mousse couvrait le sol, etdonnait une apparence de verdure à plusieurs rangées successives de montagnes, dont les plus élevées atteignaient deux et trois mille pieds. Les ravins creusés entre leurs pentes semblaient alimenter un grand lac qui s’étendait au centre d’une vaste plaine à quinze milles de nous. L'aspect de la mer n'était pas moins favorable. A l’est, on ne voyait que quelques glaçons flottant à sa surface, qui semblaient ne pouvoir entraver la navigation de ce côté. Je m'empressai donc de remettre à la voile; mais presque aussitôt la brume nous enveloppa, et pendant deux jours la sonde fut notre seul guide dans ces parages inconnus.
Le 9, pendant une éclaircie, nous aperçümes à l'est, à environ quinze milles de nous, une côte qui se prolongeait au nord, à perte de vue parallèlement à celle del’île de Baring. Les terres basses de ce rivage étaient seules exemptes de neige, tandis qu’une blanche couche de glace revêtait les hautes montagnes de l’intérieur; nous distinguàmes quelques pics dont la forme remarquable révélait l’origine volcanique.
Découverte du détroit du Prince-de-Galles ou de l'Investigatore
« Un épais brouillard mêlé de neige nous força bientôt à louvoyer lentement dans le détroit res-
serré que laissent entre elles l’ile de Baring et notre nouvelle découverte, qui reçut le nom de terre du Prince-Albert. Par 72° 45’, le canal s’infléchit brusquement à l’ouest. Un peu plus loin nous dépassämes deux petitesiles de rochers, auxquelles je laissai les noms d'îles de la Princesse- Royale. D'après mon estime, nous ne nous trouvions plus alors qu'à soixante-dix milles du bassin de Melville... Le vent était redevenu favorable ; la mer paraissait encore libre; mais elle charriait de nombreux glaçons, et, au moment où nous cherchions à passer entre deux champs de glace, ils se rapprochèrent l’un de l’autre avec tant de rapidité, que le vaisseau fut subitement arrêté dans sa course, et, pendant quelques minutes, fut mème soulevé sur la glace. Quand cessa la pression des deux champs en dérive, il se retrouva à flot et nous conlinuâmes d'avancer; mais ce fut pour bien peu de temps. Le lendemain 11, nous étions cernés par les glaces; vers le soir nous parvinmes à nous dégager ; mais le 16, par73°10” de latitude N. et 119° 30’de longitude, au moment où mon estime ne me plaçait pas à plus de trente milles à l'occident de cette série de canaux et depetites Méditerranées qui, sous les noms de Bank, de Melville, de Barrow ei de Lancastre, communiquent avec labaiïe de Baffin, l’Investigator vint se
heurter à une énorme barrière de glaces fixes.
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hermétiquement soudées aux deux bords du dé troit, et j'eus de plus le chagrin de constater que le courant avait changé et nous ramenait vers le sud.
« L’abaissement de la température et l’apparition presque instantanée d’une couche de glace
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L'Investigator dans le détroit qui porte son nom.
sur les espaces encore libres de la mer, chaque fois que le vent faiblissait, annonçaient clairement la fin de la saison navigable. La sûreté du navire exigeait de moi une prompte décision, je le reconnus avec anxiété. Retourner vers le sud, où la mer était encore ouverte, et chercher un
abri pour l'hiver sur quelques points de la côte sud-est de l’île Baring, c'était une tentative facile; mais si j'échouais dans ma recherche d'un bon mouillage dans cette direction, le navire se trouvait placé dans la plus dangereuse des situations; car il demeurait exposé, dans un vaste espace de mer, au choc et à la pression des immenses champs de glace que les courants polaires poussent incessamment contre les rivages des archipels arctiques. En restant dans le détroit au risque d’hiverner dans la glace même, je conservais au moins la chance d'avancer au nord-est aussi longtemps que je le pourrais et l'avantage de ne pas abandonner l’espace conquis au prix de tant de labeurs et d’inquiétudes, quand la perte d'un seul mille pouvait compromettre toute la navigation de la saison suivante. Je résolus donc de garder ma position actuelle qui, d’ailleurs, se trouvait dans la direction très-probablement suivie par sir John Franklin, s’il avait dépassé le cap Walker,
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