‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 28 sur 70 · RES SC · texte numérisé non relu

RES SC

fiance, les sentiments de gratitude qui ont élevé en ce moment ma pensée vers le souverain dispensateur des choses ne s’affaibliront dans mon souvenir.

« Le lendemain, 7 avril, je me mis en marche avec le détachement du lieutenant Prim, pour aller rejoindre nos sauveurs. Il nous fallut douze jours pour franchir les cent soixante-dix milles qui nous séparaient d'eux; mais la réception qu'ils me firent compensa amplement toutes les privations et les fatigues que j'ai subies jusqu'ici.

« Pour cela et pour bien d'autres miséricordes qui nous ont été prodiguées pendant ce périlleux voyage, notre plus sincère reconnaissance est due à la généreuse Providence, dont le doigt protecteur a seul pu diriger nos pas dans une mer dont toute la science et toute l’industrie de l’homme n'auraient pu fendre la glace. Assurément, en contemplant ces puissants ouvrages de la nature, on ne peut s'empêcher de penser que le bras qui a soutenu la première arche faite du bais dela terre, alors qu'elle flottait sur les eaux d'un monde englouti, est le même qui a aussi guidé notre arche faite de chêne anglais; et si ses habitants peuvent retourner jouir des bénédiclions de leur patrie, ce sera un autre miracle de la bonté divine. Souvent je dis comme la femme de Menoch: « Si

« Dieu avait eu le dessein de nous faire mourir, il « ne nous äurait pas montré tant et de si grandes « miséricordes. »

De son côté Le capitaine Kellett a écrit à ce sujet :

« Le 19 avril sera marqué à l’encre rouge dans notre voyage, et sera célébré comme un jour de fête par nos héritiers et nos successeurs à tout jamais. Ce matin notre vigie signala un détachement qui arrivait du côté de l’ouest; tout le monde sortit pour aller à leur rencontre. On apercevait dans le iointain une seconde troupe. Le docteur Domville fut le premier à qui je parlaï. Je ne puis rendre ce que j éprouvai quand il:me dit que le capitaine Mac Clure était dans la seconde troupe. Je ne fus pas lent à le rejoindre, et je lui donnai plus d’une cordiale poignée de main. Jamais il n'en fut échangé de plus sincères ei de plus pures en ce monde. Mac Clure avait bonne mine, mais il avait très-faim. Son récit de sa rencontre avec Prim dans la baie de Miséricorde aurait fait un beau sujet pour le capitaine Marryatt, s'il vivait encore, »

Mac Clure, après avoir arrèté ses plans d'avenir avec le chef dela station de l'île Melville, retourna à son bord, dans la baie de Merci, d’où il expédia au capitaine Kelleit ses malades et ses intirmes, sous la direction de son brave lieutenant Creswell.

ins de out hende vait eur puis e le upe.

nnai is il punine, pnire it un ivait

venir urna expéintirenant

LA MER POLAIRE. 151 Ce dernier, après s'être ravitaillé à l'ile Melville et avoir franchi quatre cent soixante-dix millessur la glace, atteignit le 2 juin ?'Étoilc-du-Nord, au mouillage de l'île Beechey; là, ayant pris passage, quelques semaines plus tard, avec douze invalides de l’Investigator, sur le brick le Phœænix, que le capitaine Inglefield ramenait en Angleterre, le lieutenant Creswell arriva à Londres le 7 octobre 1853. Ayant ainsi, le premier, l’insigne honneur d’avoir accompli le tour complet du continent américain, du cap Hora au cap Farewell en passant par le détroit àe Behring.

Pendant ce temps, le capitaine Kellett, redoutant pour le reste de l'équipage de l'Investigator, les effets d’un quatrième hivernage dans l’isolement, autorisa Mac Clure à laisser son navire dans la baie de Merci et à venir s'installer avec

tout son monde à bord des vaisseaux stationnés à l'ile Melville.

Page 1