‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 49 sur 70 · TETE · texte numérisé non relu

TETE

LA MER POTAIRE. 255 Nous ne retrouvâämes nôtre liberté que le 25 avril seulement, par 63° 30’ de latitude, et au milieu de circonstances dont tous les hommes du bord garderont longtemps la mémoire. Une violente tempête s’éleva au sud-est: l'océan, soulevé dans ses profondeurs, brisa sa voûte flottante, et, lançant dans un chaotique désordre les masses désagrégées du champ de glace, menaça vingt fois de broyer le Fox dans quelque choc inévitable. Nous ne fûmes redevables de notre salut qu'à la Providence d’abord, puis à l'excellence de notre machine motrice et de la forme de notre étrave, taillée en coin.

Retour au Groënland. — Les Highlandais arctiques. —-— Le détroit de Pond,

Redevenus maitres de nos mouvements, nous n'eùmes rien de plus pressé que de revenir vers les établissements du Groënland dans l'espoir de nous y procurer des provisions fraîches. Mais la pénurie qui règne à cette époque de l’année dar° ces petites colonies, obligées de compter sur la mère patrie pour leur propre approvisionnement, ne nous permit pas d'en tirer de grandes ressources, malgré toute la bonne volonté et les prévenances des résidents danois.

Après avoir revu successivement Holsteinbourg,

Godhaven et Uppernavick, nous enträmes dans la baie de Melville au commencement de juin, et nous doublâmes le cap York le 26 ; là, nous nous mimes en communication avec les indigènes. Ils reconnurent immédiatement M. Petersen, notre interprète, dont ils avaient fait la connaissance lors du passage de Advance, expédiée par M. Grinnel, sous les ordres du docteur Kane.

En réponse à nos questions sur Hans (l’Esquimau conducteur de chiens, dont parle la relation du docteur Kane et qui déserta l’Advar ce en 1854, par un caprice d'amour), ils nous dirent qu'il résidait au Whale-Sound. S'il eût été là, je l'aurais embarqué avec grand plaisir, attendu que, depuis fort longtemps, dit-on, son désir est de revenir dans le Groënland méridional.

Le 12 juillet, je communiquai avec les indigènes du cap Warrander, près du cap Horsburgh; ils n'avaient vu aucun vaisseau depuis la visite du Phœnix en 1854; aucun naufrage n'avait eu lieu sur leurs côtes.

Nous ne pümes arriver à l'entrée de Pond avant le 27 juillet, par suite de la quantité extraordinaire de glaces accumulées dans la partie nord de la baie de Baïfin, et qui, depuis notre départ d'Holsteinbourg, génaient considérablement notre marche. Sans l’aide de la vapeur, nous n'aurions pu nous en dégager. Nous ne trouvâmes là qu’une

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