‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 50 sur 70 · DU THÉÂTRE OU DÉSASTRE · texte numérisé non relu

DU THÉÂTRE OU DÉSASTRE

de l'expediuon de Franklin.

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vieille femme et un jeune garçon. qui nous servi- |] rent de pilotes jusqu'à leur village situé à 25 milles 14 dans l’intérieur du passage. Là, sur la mousse humide d'une profonde ravine entourée de tous côtés par des escarpements de rochers ou de gla- À ciers à pic, s'élevait un groupe de ces tentes de il peaux de phoques, qui forment les habitations 1l d'été des Esquimaux. | Pendant une semaine nous fûmes continuelle- | ment en rapports amicaux avec la population hos- { pitalière de ce point reculé du globe qui porte le i! nom peu euphonique, pour une oreilleeuropéenne,

de Kapawroklulik, et qui n’est accessible que par

mer. Ce petit clan nomade n’avaitaucune notion de l'expédition de Franklin, et gardait pourtant un souvenir distinct de trois vaisseaux naufragés à une époque bien antérieure : deux de ces bâtiments me \ i paraissent devoir être la Dexterity et l'Aurora, qui ï;

se perdirent en août 1821, à environ 70 ou 80 mil- À

les de la passe de Pond. Le troisième vaisseau, 1 maintenant complétement enseveli dans le sable, L | |

se trouve à quelques milles à l’est du cap Hay

Ces populations communiquent, par Lerre, cha- l

que hiver, avec les tribus de la péninsule Melville. |

Elles savaient toutes que les vaisseaux de Parry y | avaient passé l'hiver de 1822-23, et elles avaient entendu parler de la visite du docteur Rae à Re- il

| pulse-Bay ; elles faisaient la description de son ba- 1

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teau, semblable à notre baleiniére, et de son équipage, qui, vivant dans des maisons de neige, fumant la pipe, chassant les rennes, ‘etc., avait passé un hiver dans ces régions et n'avait perdu personne. |

Les parages de ce détroit, abondants en grands cétacés, sont fréquentés par les baleiniers, chaque fois que l’état de la glace le permet, et nous trouvàmes chez les indigènes une quantité considérable de côtes de baleines et de cornes de narvals, qu’ils étaient fort désireux d'échanger contre des couteaux, du fil, des scies, des carabines et de la laine. Ils nous tracérent des cartes grossières d l'entrée de Pond, nous montrant qu’elle conduisait à un autre large détroit aboutissant à l’ouest du passage du Prince-Régent.

La côte, autour de l'entrée, avait un aspect presque méridional ; même des sommités de six à sept cents pieds d'élévation y étaient tachetées de verdure; il est vrai qu'une chaîne plus élevée les garantissait du côté du nord. Quelques plages bien abritées étaient revêtues d’un beau gazon émaillé de plantes en pleine floraison, et dont quelques-unes, comme le bouton d'or, l’oseille et la dent de lion, nous rappelaient les prairies natales. Je n'avais jamais vu, auparavant, la deruière de ces plantes au nord du 69°,

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Les tombeaux de l'ile Beectiey.

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L'ile Beechey. — Monument fanébre, Le détroit de Bellot,

Laissant Pond's-Inlet le 6 août, nous arrivâmes au inouillage de l’île Beechey le 11, et nous déposàämes à terre, et tout auprès de la stèle funéraire élevée à la mémoire du noble Français Bellot, par les soins de sir John Barrow, la belle table de marbre, envoyée dans ce but par lady Franklin, et portant, à la mémoire des équipages de l’Érébe et de la Terreur, une inscription que nous reproduisons textuellement :

| A LA MÉMOIRE DE é FRANKLIN, | CROZIER, FITZJAMES ET DE TOUS LEURS VAILLANTS FRÈRES À OFFICIERS ET FIDÈLES COMPAGNONS, QUI ONT SOUFFERT ET PÉRI FOUR LA CAUSE DE LA SCIENCE ET POUR LA GLOIRE DE LEUR PATRIE, CETTE PIERRE EST ÉRIGÉE PRÈS DU LIEU OU ILS ONT PASSÉ LEUR PREMIER HIVER ARCTIQUE ET D'OU ILS SONT PARTIS POUR TRIOMPHER DES OBSTACLES. ‘ OU POUR MOURIR. :| ELLE CONSACRE LE SOUVENIR DE LEURS COMPAGNONS ET AMIS + QUI LES ADMIRENT, ET DE L'ANGOISSE MAÎTRISÉE PAR LA FOI, DE CELLE QUI A PERDU DANS LE CHEF DE L’EXPÉDITION

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EST AINSI QU'IL LES CONDUISIT | ä AU PORT SUPRÊME QU TOUS REPOSENT.

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