‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 6 sur 70 · L0 LA MER POLAIRE · texte numérisé non relu

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sacs de campement, et, faute de sommeil, se mettaient à chanter dès qu'ils avaient pris leur grog du souper, et continuaient ce triste concert jusqu’à ce que l'heure de la prière et du déjeuner fût venue. Le café chaud était la boisson qui les soulageait le plus, parce qu'elle était celle qui les réchauffait le mieux. Dans les moments d'efforts multipliés ou d’excessives souffrances, le capitaine Ommaney accordait, à titre d'indemnité ou de consolation, une ration supplémentaire de grog, mais, jusqu'aux derniers jours de sa longue excursion, il lui fut impossible de procurer à *s hommes l’antidote le plus puissant contr:

froid, les faiblesses, les douleurs, les crampes et autres calamités arctiques : une ration de viande fraiche. Le sol que parcouraient ses détachements, terrain calcaire incessamment réduit en éclats par la gelée ou balayé par la fonte des neiges, ne nourrit aucune espèce de gibier. Dans leur double émigration annuelle, lestroupeaux des ruminants arctiques, les grandes bandes des oiseaux polaires le traversent sans s’y arrêter.

Ce ne fut que pendant les derniers jours du retour, et comme l’été commençait à se déclarer avec la soudaineté propre à ces climats, que les voyageurs rencontrèrent sur leur route quelques pistes de rennes et quelques brins d'herbe et de mousse. Au commencement de juin, ils se retrou-

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vèrent en face du cap Walker, terre ou piutôt rocher de promission, où “es multitudes innombrables de mouettes viennent déposer leurs œufs. « Enfin, le 12 du même mois, à trois heures de l'après-midi, comme chacun dormait, nous fümes soudainement réveillés par des aboiements furieux. C'était un de nos chiens annonçant l’approche d'un ennemi, et bientôt après nous distin= guâmes les sourds grognements d’un ours. Comme il arrive toujours en des cas semblables, la surprise engendra parmi nous la confusion, et la confusion un trouble tel que nous ne püûmes d’abord retrouver un seul fusil. Cependant maître Martin, nous flairant à travers notre mur detoile, s'avisa d’arracher un des piquets de la tente, qui s’abattit alors sur nous et nous tint, comme dans un filet, à la disposition de notre visiteur, qui était énorme. Heureusement son attention fut absorbée par une couverture et un havre-sac, ce qui nous permit de nous dégager de notre traquenard, à portée, pour ainsi dire, de la gueule monstrueuse de l'ennemi. Campbell, un des nôtres, étant parvenu à saisir un fusil, fit feu sur la bête, qui, blessée grièvement à l’un de ses pieds de devant, se décida à battre en retraite, à notre grande satisfaction. Bien qu’il ne püt trotter que sur trois jambes, nous ne le rejoignîimes qu'après une course d’un bon mille. Je le tirai à vingt pas

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