‹ La mer polaire [microforme]Chapitre 61 sur 70 · TN ENTRE · texte numérisé non relu

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cuits comme de la brique, prennent une fausse apparence de produits volcaniques. Une semblable formalion, en combustion près du cap Bathurst, a été par erreur prise pour un volcan par quelques-unes des récentes expéditions arctiques. Les mines de houille des mers polaires doivent avoir été formées lorsque le climat de ces régions était tout différent de celui d'aujourd'hui; mais les couches de lignite se sont évidemment accumulées lorsque la surface de la terre était peu différente de ce qu’elle est maintenant. Les couches à impressions délicates proviennent certainement de grands amas de feuilles doucement déposées sur de la vase molle dans des eaux dormantes. Si ces feuilles avaient été transportées de loin, leurs nervures, leurs contours, leur duvet surtout, auraient été détruits par les frotiements et les courants, longtemps avant d’avoir été déposés dans la matrice où se sont moulées leurs empreintes incontestables. Toutes ces feuilles proviennent sans nul doute de végétaux qui, à l’époque actuelle, ne peuvent croître qu'à 12 degrés au moins, plus au sud, sur le continent américain,

Il existe dans différents endroits des mers polaires des dépôts de bois plus récents. Sur les bords de l'embouchure du Mackenzie, il y a des collines d’une centaine de pieds environ de hauteur, dont les parois, dans les endroits où elles sont rongées par l’action des eaux, laissent apercevoir, dans des sables de couleurs variées, de grandes quantités de bois recouvertes d’une terre végétale noire qui, dans ces:

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climats, a dù mettre longtemps à se former. Aujourd'hui, les plus hautes marées lavent à peine la base de ces collines, où elles ont mis à jour un lit de troncs de sapins.

Dans une vallée de l’île de Bank, à quelque distance de la côte, le capitaine Mac-Clure a signalé un

. dépôt de ce genre qui s’élève à plus de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le docteur Armstrong, chirurgien et naturaliste de l'Investigator, en parle en ces termes :

« Les extrémités des troncs et des branches de ces arbres font saillie hors de l'argile grasse dans laquelle ils sont empâtés. En creusant à quelque profondeur, nous nous aperçûmes que toute la montagne était d’une formation ligneuse, composée de troncs et de branches d'arbres. Les uns, d’une couleur foncée et un peu ramollis, étaient à moitié carbonisés; les autres, tout frais encore et avec leur forme parfaitement conservée, étaient durs et fermes. Dans quelques endroits, le bois, aplati et écrasé par le temps, ne présentait qu'une surface unie où l'ex retrouvait quelques traces de charbon. Il y avait des troncs dont le diamètre était de 26 pouces. D’autres trempaient dans l’eau tout en conservant la contexture du bois. Dec glands et des pommes de pin en grande quantité commençaient à se pétrifier. Plusieurs arbres tombaient en poussière sous les coups de nos haches, et, aussi loin que s’étendirent nos fouilles, nous ne pûmes trouver que de l’argile ei des arbres, et dans certains endroits la décomposition de ceux-ci

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formait le sol même, Nous trouvâmes à la surface de cette colline et de celles qui l’environnent plusieurs fragments isolés pétrifiés. Quelques-uns étaient mêlés de fer et rendaient sous le marteau un son métallique. De petits ruisseaux contenant du fer et du soufre coulaient à la surface du sol. Sur plusieurs des collines voisines, je remarquai diverses stratifications de forme circulaire, formées par les extrémités de troncs auxquels l'écorce était encore adhérentet, » Cette description du docteur Armstrong peut s’appliquer en grande partie au dépôt de lignite du Mackenzie au confluent de la rivière du Grand-Ours, quoique ici le temps ait apporté plus de changements aux végétaux qu'à ceux de l’île de Bank. Le docteur Joseph Hooker a trouvé du 3ois blanc {abies alba) dans les couches inférieures, et le docteur Harvey a remarqué un fossile de la même espèce. Ce bois blanc est l’arbre principal des forêts qui bordent le Mackenzie, et il s'étend très-loin au nord; mais ce qu'il y a de remarquable, c’est de rencontrer des glands {ns cette partie de l'Amérique, puisque les chênes ne poussent pas dans les bassins des fleuves quise jettent dans les mers polaires, et restent même, d'un grand nombre de milles, au sud de la ligne de partage des eaux. | Malte-Brun mentionne de semblables dépôts eu Islande. A côté du bois bitumineux, on en trouve ux autre de couleur, d’odeur et de dureté différentes:

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