LA MER POLAIRE. L
incroyable quantité de gibier: ours, rennes, bœufs musqués, renards, lièvres et ptarmigans, et bien qu'on ne fut encore qu’au milieu de mai, les pentes des collines étaient déjà en partie dégagées de neige et revèêtues d’un tapis de mousse, de saxifrages et de gazon. Ge développement de la vie organique, si rare à l’ouest du Lancaster-Sound, doit être attribué à la constitution géologique de l’île, à la condition inconnue des contrées plus occidentales, ou nius probablement encore au voisinage d'une mer ouverte dans le nord.
Nous ne pouvons énumérer ici toutes les pièces de gibier tomhées sousles coups du lieutenant ou de ses gens. « Mais, dit-il, l'abondance devint telle parmi nous, que le même jour nous avions à déjeuner un ragoût de pemmican et de ptarmigans, des biftecks d'ours frits dans de la graisse de porc, et enfin du chocolat. Mes hommes ne savaient guère distinguer les différents mets; leur zèle s’appliquait uniquement à bien remplir la marmite, et, comme tous les appétits étaient écalement aiguisés, nous n’éprouvions jamais aucune difficulté à la vider.
« Un jour, ayant découvertun troupeau de bœufs musqués à deux milles de nous, la perspective d'augmenter notre ration quotidienne de grosse