‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 2)Chapitre 22 sur 98 · CH. II. — MERITE DE LA MATERNITE II · texte numérisé non relu

CH. II. — MERITE DE LA MATERNITE II

la raison de prendre une nature semblable à la nôtre: car il vous a trouvée, vous seule, resplendissante d'une pureté sans égale parmi les créatures » (i). « Inclinez les cieux, chante encore la même Eglise au Sauveur, et descendez parmi nous. Voici, ô Verbe, que votre trône est orné... Et le Christ, ô Sainte Mère, le Christ sê-V/m/^ par voire beauté plus qu'immaculée, a fait sa demeure de choix dans votre sein virginal, afin de libérer le g"enre humain du joug de ses passions, et de lui rendre le don de la beauté originelle )) (2). « Dès que le céleste Époux, ô fiancée de Dieu, notre souverain, vous eût rencontrée, vous, rose parmi les épines, fleur très odorante des vallées, lis immaculé dans sa blancheur, il s'unit à vous, embaumant le monde entier de ses parfums » (3).

Là, ce sont les Coptes qui chantent de leur côté : « Salut, ô lit nuptial, lit tout ruisselant de lumière, où le véritable Epoux s'est uni à l'humaine nature. Grande est la gloire de Marie par-dessus l'honneur de tous les Saints, puisqu'elle a mérité de recevoir en elle le Verbe de Dieu » (4). Ce sont les Maronites qui

(i) s. Joseph Conf., inMen., ly mart , od. i, de S. Alexio, in clausula. Voyez dans Pelau {de Incarn., 1. i>, c. 17, | 56) un texte analogue d'un ancien Père. « Autrefois, avant la création du monde, le mystère avait été prédestiné dans les éternels conseils. Mais, jusqu'à la Très Sainte Marie, Dieu n'avait pas rencontré dans le monde un sanctuaire où rincarnation du Dieu fait homme pût dignement sopérer. A ptine le Verbe eul-il trouvé cette Vierge, qu'il prit chair en elle » . Pelau prétend avoir tiré le texte de la Panoplie d'Enthymiu^; je n'ai pas su l'y découvrir.

(3) Theophan., in Men. die 2^ mart ,od. 8.

(3) Men., die 10 feb., od. 6. Cf. 23 mart., od. 3 ; i5 oct.,od. 18.

(4) Theotoch. Tetrast 1-6, p. io3 (ex. Passaçlia, de Immaculato conceptu). Je confesse inçénument que je n'ai pas compris cette référence. Chez les Grecs, on donne le nom de Ôecto'/j.?. à la dernière strophe des hymnes liturgiques; strophe qui contient une louange ou prière à la Viirs;e, lors même que la matière des hymnes porte sur d'autres sujets, par exemple, sur tel ou tel saint.

Il8 L. II. BASES DE LA MATERNITE SPIRITUELLE

dans leur Office disent à Marie : « Bienheureuse êtesvous, puisque vous avez mérité de devenir une mère pour le Fils du Très-Haut w(i).

Il appartenait à l'Eg-lise romaine de proclamer encore plus souvent et plus haut dans ses prières liturgiques le mérite de sa Reine. « Réjouissez-vous, Mère du Christ, parce que vous seule, ô Vierge toute débonnaire, vous avez mérité une dignité si haute qu'elle vous place tout près de la sainte Trinité « (2). Elle nous y fait réclamer l'intercession de celle « par qui nous avons mérité de recevoir l'auteur de la vie, Jésus- Christ, Notre Seigneur » (,^). Et, quand Jésus sort du tombeau, elle entonne cet hymme triomphal : « Réjouissez-vous, Reine du ciel, parce que celui que vous avez mérité de porter est ressuscité selon sa promesse » (4). Terminons par un beau texte du Missel mozarabe : « Seule, après le ciel, Marie a mérité de porter Dieu ; seule elle a mérité d'être vierge après l'enfantement ; seule elle a mérité l'Homme- Dieu; hœc sola nierait Deum et hominem » (5). Ai-je trop prodigué les citations, je ne le crois pas. Quelques textes isolés pourraient aisément s'interpréter dans un sens impropre ; mais il est impossible que cette masse de témoignages s'explique, si la bienheureuse Vierge n'a pas véritablement mérité son titre de Mère de Dieu.

(i) Offic. Maronit., p. ho'} [Tbid).

{:>.] Qiiod sis Sanctae Trinilatis sessione proxima. Thesaur. hrjiimoi.,

{3j Orat. post complet., a Nativ. Dom.

(4) Regina coeli laetare.

Quia quem nieriiisti portare. . .

(5) Miss. Mozar , t. J, p. 34; l. Il, p 37/4. l'resque tous ces textes liturgiques sont empruntés au P. Passaglia, de Iininac. D. V. Con- Cepiu., t. Jl(, p. 1236, sqq ; col pp. ibiC), ia45, etc.

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