CH. I. — POURQUOI MONTER AU CALVAIRE I QO
peut donner. Et nous-mêmes nousn'aurions pas cette confiance de pleurer sur sou cœur et d'y chercher, comme nous aimons à le faire, un adoucissement ànos maux, si nous ne savions qu'elle a plus souffert dans ce cœur et plus amèrement pleuré que nous.
J'avais l'intention de m'arrêter ici; mais jecroirais n'avoir pas suffisamment parlé d'un si haut mystère, si je n'indiquais au moins une pensée du grand interprète des Saintes Ecritures qiii fut Salmeron. Suivant lui, Marie « devait être debout près de la Croix, pour y recevoir lag-râce qui la préserva de tout péché, même originel; la grâce qui la rendit tout à la fois Mère et Vierge ; la grâce qui fit d'elle, aux dernières années de sa vie, la colonne, la maîtresse et l'avocate de l'Eglise; — la grâce de mourir sans douleur, de monter au ciel avec sa chair virginale, exaltée par-dessus tous les chœurs angéliques ; la grâce de pouvoir exaucer, en qualité de Reine et d'Avocate, ses fils criant vers elle du sein de leur misère; la grâce enfin de nous conduire à la croix, source de tous biens, comme elle y conduisit les saintes femmes » (i). Considération profonde, encore qu'elle paraisse en quelque point assez subtile. Puisque personne ne devait comme elle participer aux fruits de la croix, il était bien juste qu'elle fût aussi plus que tous les autres rapprochée de la croix. Il est vrai, plusieurs des grâces énumérées, Marie les avait déjà reçues; celles, par exemple, de sa conception immaculée et de sa maternité virginale. Mais, ne l'oubhons pas, c'est à la croix seulement que le prix en fut versé.
Telles sont les raisons providentielles qui deman-
(i) Alph. Salmeron, Comment, in. Evaaj. histor.. t. X, p. 34o.
igÔ L. m. MARIE AU CALVAIRE
daient que la bienheureuse Vierge accompagriât son Fils au Calvaire, si Dieu la prédestinait à devenir, en toute vérité, la mère, et la mère parfaite de ceux dont le Christ, son Fils, est le Sauveur, et dont lui-même daigme être le Père.