CHAPITRE II
Retour sur les témoignages attestant la proclamation de la maternité de Marie, faite par le Sauveur au Calvaire. — Comment ils ont une force probante ; — et comment la considération du texte évangélique confirme ce que nous ont dit les témoignages.
I. — Il s'agit maintenant de faire un retour sur les témoig-nages contenus dans les pages qui précèdent, pour en montrer la force probante, ou, ce qui revient au même dessein, pour résoudre les difficultés qui tendraient à l'atténuer.
Je remarque, en premier lieu, que nulle part dans ces textes on ne voit les auteurs exprimer un doute sérieux sur la vérité de l'interprétation qu'ils donnent aux paroles du Sauveur : Voilà votre fils; voilà votre mère. Ceux qui sont postérieurs en date peuvent s'appuyer sur leurs devanciers et même sur les Pères; beaucoup cherchent dans les expressions mêmes, employées par l'Evangile, la confirmation du sens qu'ils prêtent au testament de Notre Seigneur, comme nous le ferons bientôt nous-mêmes; mais encore un coup, nulle trace d'hésitation ni d'incertitude. Chez un grand nombre même la promulgation de la maternité spirituelle de la Vierge n'est pas moins nettement affirmée que la maternité elle-même, puisqu'ils appuient celle-ci sur celle-là.
J'ajoute aussi : pas d'allusion à des sentiments opposés au leur; et ce n'est pas merveille : car il faut
arriver aux temps actuels pour rencontrer, parmi les écrivains catholiques, une assez timide affirmation du sens purement accommodalice, avecexclusion du sens intentionnel et réel. Encore est-il vrai que les opposants ne sont pas, comparés aux autres, dans la proportion de un à cent; à peine, en effet, pourrait-on en nommer trois ou quatre au plus, pour autant que je puis en juger.
Nulle part aussi, l'interprétation dont nous défendons la réalité n'est expressément proposée comme nouvelle; pas même par Rupert, pas même par Georges de Nicomédie, ni par Origène : tant elle s'accorde heureusement avec ce que nous croyons avoir été fait au Calvaire.
Personne, de plus, ne saurait dire de cette interprétation traditionnelle qu'elle est le fait de quelques écrivains particuliers, d'une école, d'une contrée spéciale. Elle est de l'Orient comme de l'Occident. Si nous avons incomparablement plus de témoins dans l'Église latine, c'est peut-être que les livres de nos frères, séparés de nous par les schismes et restés fidèles à Marie, nous sont trop peu connus. En tout cas, elle compte parmi nous, et nous l'avons surabondamment démontré, des tenants dans tous les pajs catholiques, dans toutes les écoles, dans tous les genres de littérature ecclésiastique, dans tous les Ordres religieux, à tous les degrés de la hiérarchie, depuis les Souverains Pontifes jusqu'aux moindres fidèles. Du reste, loin de voir décroître le nombre de ses partisans,après une période de vogue, comme il arrive pour des opinions hasardées, cette doctrine est toujours ailée gagnant de nouveaux adhérents, à mesure que se multipliaient les ouvrages composés à l'honneur