‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 2)Chapitre 68 sur 98 · CH. III. EXERCICE VISIBLE DE LA MATERNITÉ · texte numérisé non relu

CH. III. EXERCICE VISIBLE DE LA MATERNITÉ

peine entrée dans la carrière, il fallait un modèle sensible de tous les sacrilices, de tous les dévouements, de toutes les vertus. Certes, Jésus était toujours l'exemple par excellence. Et puis, tant de justes parmi les disciples du Seig-neui-, les Apôtres surtout, formés sur le Maître, et perfectionnés par le divin Espiit, l'Esprit Saint et sanctificateur, étaient, après Jésus, de beaux modèles; et ce n'est pas une vaine ostentation qui leur faisait dire avec saint Paul, écrivant aux fidèles de Corinthe : « Soyez mes imitateurs comme je le suis de Jésus-Christ « (i).

Et toutefois, pour avoir sous les yeux un modèle achevé de tous points, il convenait que l'Eg-lise conservât, vivante au milieu d'elle, la Mère du Seigneur. En elle seule était récapitulé, dans la mesure la plus complète qui se puisse concevoir, tout ce qui fait la sainteté (2) ; elle seule possédait le double et incommunicable attrait qui provoque le plus sûrement à l'imitation: celui de Mère tout aimée du Seigneur et celui de mère très aimante des hommes.

Me direz-vous que ces fonctions de sa maternité, fonctions de consolatrice, d'illuminalrice et d'éduca-

(i) I Cor IV, 161 co! Pliilipp.,111. 37; I Thcss.,i. 6.

^2) Denique Vir^o Mater omnium in se charismatum commercia deferebat. Prima iiamque vihione sciiitillans sacri amoris ignibus, proxiinorum pectora suaviter exurebal, animis fidem sug-gerebat, suadebat venciindiam, honestalem veiuistabat, intlectens ad pietalem. Spirabal florem viri;,inilatis, serebal novale castilatis, depingens oculis habitum buniilitatis, et praeferens iiidicium virilalis. Splendor indeficiens in circuilii ejus et ignis e.xardesceus a i'acie ejtis.... Fertur ab iis qui norunt naturam animantiuin (j.iod solo visu et flalu morùfero vicina quaeque sibi reg'ulus venenalus iuteiimat : sic illa c regione ignis divino calore vehementer acceusa. tt verbi flammigeranlis sparsa inceudiis, odorem ressuscitantis gratiae, iis qui longe et iis qui prope (Isa.. Lviij commanebaiit, exhala bat. C'est en ces termes que Saint Amédee de Lausanne a làclii' de rendre ce que f.it pour l'tdificalion des fidèles, la vie de la B. Vierge après la résurrection de sou Fils. Honiil. 7 ex 8, de B. V. Matre Dei. P. L.^clxxxviii, i338.

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trice, d'Orante et d'exemplaire, Marie pouvait les remplir au ciel, et que, par suite, elles n'exig-eaient pas qu'elle demeurât parmi les hommes, après le départ de son Fils? J'accorde qu'elle le pouvait. Ne les remplitelle pas toujours, et jusqu'à la fin des siècles? Mais, je le répète, il importait souverainement qu'elle commençât tout d'abord à s'en acquitter visiblement au milieu de nous. Pourquoi? Je le redis encore : afin que, dès sa première enfance, l'Eg-lise sentît par une expérience palpable que le rôle de la maternité spirituelle n'est pas tout entier dans l'enfantement du Verbe fait chair et dans l'union de la Compassion de la mère avec la Passion du Fils; mais qu'il se prolongée à travers les âges, jusqu'à la pleine consommation des élus.

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