‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 3)Chapitre 13 sur 81 · CH. IV. — MAUIE, MÈRE DE TOUS LES HOMMES · texte numérisé non relu

CH. IV. — MAUIE, MÈRE DE TOUS LES HOMMES

que vous nous avez raclietéspour Dieu par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. Et vous avez fait de nous un royaume et des prêtres pour notre Dieu... » (i). Et c'est dans ce sens que « l'Ag-neau a été immolé dès l'orig-ine du monde » (2) : immolé, non pas en réalité, mais dans la prescience et dans la volonté du Père; immolé de telle sorte que c'était dès lors, en considération de son sang- et de ses mérites^ que Dieu répandait sur les hommes et sa grâce et son Esprit. Or, s'il n'y eut jamais de sanctification en dehors de la victime du Calvaire, ne voyez-vous pas quelle est la part de la bienheureuse Vierge dans le salut des antiques générations, puisque c'est d'elle que le monde a reçu le Sauveur, et qu'elle l'a suivi jusque dans son immolation ?

De même que les justes, antérieurs à la venue du Rédempteur universel des hommes, ne furent pas sanctifiés indépendamment de ses mérites futurs, de même aussi la fui du même Rédempteur fut pour eux, comme elle l'est pour nous, nécessaire au salut. « Quoique le Christ ne fût pas encore incarné de fait au temps des patriarches de l'ancien Testament, l'Incarnation existait déjà dans les préordinations divines et dans leur foi, dans cette foi par laquelle ils furent justifiés : car les temps sont changés, mais non la foi, dit saint Augustin (3) ; pourtant les ruisseaux de la grâce coulaient alors moins abondants que de

(i) Apoc, V, 9, 10.

(2) Apoc, XIII, 8.

(3) Ea quippe fides jiistos sanavit antiquos, quae sanat et nos, id est, Mediatoris Dei et hominum, Homiiiis Jesu Christi ; fides sanguinis ejus, lides crucis ejus, fides mortis et resurrectionis ejus. August., De naturaet grat., c. 44- P- L. xuv, 272.

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nos jours, parce que les sources des sacrements de la nouvelle Alliance n'étaient pas encore ouvertes, ni l'obstacle enlevé, qui fermait l'entrée du ciel aux fils d'Adam, le pécheur » (i). Ainsi parle saint Thomas, et, avec lui, toute la théologie catholique.

Il faut pourtant le remarquer, cette foi plus ou moins explicite dans ceux que Dieu avait plus spécialement destinés à conserver le dépôt de la révélation, ne devait pas nécessairement l'être dans tous autres. Il leur suffisait « de se confier à la providence par une foi implicite; c'est-à-dire, de croire que Dieu délivrerait les hommes suivant les modes qui lui plairaient, et de la manière que son Esprit l'avait fait connaître à ceux qu'il pouvait avoir honorés de ses révélations » (2). Telle est l'importance de cette doctrine que le docteur Angélique la reprend encore dans ses commentaires sur la sainte Ecriture. « Après la chute de notre premier père, il n'est personne à pouvoir être délivré du péché d'origine sans la foi du Rédempteur. Mais cette foi s'est diversifiée quant au mode de croire suivant la différence des temps et des états. Pour nous qui sommes venus après l'accomplissement du grand mystère, l'obligation de le croire est plus grande qu'elle ne le fut pour ceux qui l'ont précédé. Même avant la venue du Christ, il en était qui devaient le croire plus explicitement ; à savoir, les patriarches, majores, et ceux à qui Dieu l'avait spécialement révélé. De même, en ceux qui vécurent sous la loi mosaïque, la foi du mystère devait l'emporter sur celle des hommes qui vécurent avant

1) s, Thom. in III, Sent. D. i3, (i. s, a. 2, sol. 2, ad 4; cf. D.25, q. 2, a, 3, hol. 2.

(2) S. Thom,, 2-2, q. 2, a. 7, ad 2 ; col. q. i, a. 7 Lot.

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la loi; car ils avaient dans leurs sacrements autant de ligures qui représentaient le Christ et son sacrifice. Quant aux gentils qui furent sauvés, il leur suffisait de croire en un Dieu rémunérateur^ parce que la rémunération promise n'est que par le Christ. Ce faisant, ils avaient la foi implicite au Médiateur » (i). En résumé, nulle justification non seulement sans les mérites, mais sans la fui du Christ Rédempteur, parce que, toute justification depuis la chute originelle venant de lui, nous ne pouvons être sauvés sans nous unir à lui. Or, le principe di3 cette union est, de notre part, la foi. Mais si la foi du Christ est nécessaire, il

(i) s. Thoin., in pp. ad Hebr. c. XT, l. 2.

Nulle part saint Thomas n'a plus largement exposé ces points doctrinaux que dans ses Oaesti.ons de la Vérité. Il commence par donner la notion de la foi explicite et de la foi implicite Pensez-vous actuellement à queli]ue principe universel, vous avez la conriaissance implicite des conclusioHS particulières qu'on peut en dt'duire ; et vous en aurez la connaissance eœplicite, alors que, les ayant dcduiles, vous les regarderez en elles-mêmes. Ainsi nous croyons explicitement les vcritts révtlées, qui sont actuellement sous le regard de notre iutelligence; par contre, nous les croyons seulement d'une manière implicite, quand nous adhérons à d'autres viritJs dans lesquelles elles sont renfermées comme des conclusions dans leurs principes. Par exemple, celui qui croit fermement que la foi de l'Kglise est vraie, croit d'une foi comme implicite tous les articles particuliers qui sont compris dans cette doctrine.

;< Or, continue le saint docteur, de même qu'un homme individuel peut progresser avec 1 âge et les degrés de culture dans la foi explicite de la révélation, ainsi en est-il du genre humain... La plénitude dis temps est pour ce dernier comme la maturité de l'âge ; c'est pourcjuoi de notre temps les majores, c'est à-dire, les maîtres de la doctrine religieuse, doivent croire explicitement tout ce qui est de la foi. Mais au temps de la Loi et des Prophètes, ces maîtres, ma/ore.s, n'''taient pas obligés de croire tout explicitement: toutefois la foi explicite était alors plus étendue qu'elle ne l'était avaut cette époque. Donc, dans l'état qni préc'da le péché, il n'y avait pas nécessité pour les hommes de croire explicitement la doctrine du Rédempteur, parce que le Rédempteur n'était pas encore nécessaire. Pourtant, ils la croyaient implicitement dans le dogme de la divine Providence, en laut qu'ils croyaient que Dieu fournirait à qui voudrait l'aimer toutes choses nécessaires au salut. . . Mais après le péché, jusqu'au temps de la grâce, les /na;'o/vs étaient tenus d'avoir la foi explicite du Rédempteur ; quant aux simples, minores, il leur suflisait d'y croire implicitement, soit dans la foi des patriarches et des prophètes, soit dans la croyance à la providence divine... ». S. Thom . , dj Veriiate, q. 1.4, à. II ; col. q. 18, a. 3, ad 4-

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faut en dire autant, toute proportion g-ardée, de la croyance à la Mère du Christ : car celle-ci, d'après l'ordre des divins conseils, est nécessairement connexe avec celle-là (i). C'est pourquoi nous voyons la révélation de la mère aller généralement de pair avec les manifestations prophétiques du Fils (2). Nous voilà donc revenus à cette vérité manifeste que le salut des hommes, à partir des divines promesses faites à l'humanité coupable et déchue, dépendait non seulement du nouvel Adam, mais de la nouvelle Eve, son inséparable compagne. N'est-ce pas assez pour affirmer, comme nous l'avons fait, son droit de maternité sur les hommes, durant la longue série des siècles qui précéda l'Incarnation du Fils de Dieu, son Fils?

Aussi bien, trouvons-nous mille témoignages pour confirmer expressément ce droit de maternité. J'en citerai quelques-uns pris, pour ainsi dire, au hasard. Écoutons en premier lieu saint Bernardin de Sienne. Expliquant à sa manière le symbolisme des douze étoiles que saint Jean vit au front de la bienheureuse Vierge: « La seconde, écrit-il, est une étoile de préservation. Marie, pendant des millions d'années avant sa naissance, a sauvé de la destruction d'abord et principalement Adam et Eve, et puis leur postérité tout entière. Nos premiers parents, en effet, par leur révolte avaient mérité non pas seulement la mort, mais l'anéantissement; et de même que Dieu n'avait pas épargné les Anges, il pouvait châtier sans espérance de

(i) Voir I" P., 1. II, ch. I, tout entier; t. I, pp. ii5, suiv.

(2) Ibid., pp. 120, 121, i3o. De là vient que les espérances et les aspirations messianiques furent toujours en même temps des espérances et des aspirations marianites, a dit Hettinger, dans son Apologie du Christianisme. C. 9, t. III. p. 56o. Cf. Passaglia, de Immac. B. V. M. Conceptu, S. V, n. 881, sqq.

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pardon les péchés des hommes (i). Mais il eut pitié de ceux-ci par la dilectioii très sin^'-ulière qu'il eut pour la Vierge ; car, de toute éternité, il l'aima d'un amour d'excès sur toute créature, l'humanité qu'il devait s'unir personnellement seule exceptée. Voilà pourquoi nos premiers parents furent préservés de la destruclion qu'ils avaient méritée. Cette bénie Vierg-e était séminalement en eux, puisqu'elle devait naître un jour de leur descendance, et que d'eux aussi devait naître virg-inalement par elle le Fils de Dieu, Jésus-Chiist, Notre Seigneur. Ce fut là ce qui leur valut la divine miséricorde; car, si Dieu les eût fait périr, ni la Vierge ne serait née, ni, par conséquence, le Christ n'eût revêtu notre chair. Donc, c'est grâce à cette très noble créature que Dieu sauva nos premiers ancêtres de leur révolte.

« En considération d'elle encore Noé fut délivré des eaux du déluge; Abraham, des armées de Chodorlahomor; Isaac, de la persécution d'Ismaël ; Jacob, des mains d'Esaù ; le peuple juif, de la fureur de Pharaon. Et, pour tout dire en un mot, toutes les délivrances et tous les pardons octroyés dans l'ancien Testament, Dieu les accorda, sans nul doute, pour l'amour de celte Vierge mille fois bénie, qu'il avait éternellement prédeslinée, de préférence à toute autre créature » (2). Assurément, c'est là dire avec assez de clarté que la maternité de Marie reflue sur toutes les générations, jusqu'à l'origine des temps.

(i) Il y a pourtant de très graves convenances qui militaient pour la nature humaine, de préférence à la nature angélique. Cf. saint Thom., in III, D. 20, q. I, a. I ;D. i, q. i, a. 3 ; in II, D. 7, q i, a. 2 ; — S. Bonav., in II, D. 17, p. I a. i, q. i, etc. ; — Petau, de Incarn , L. xii, c. 10, n. 6, sqq.

(2) S. Bernard. Sen., Serin, pro feslivilt. B. V. J/". Sermo 4 de Nallvit. SS. V., a. un , c. 2. t. Iv, p. 94 (Lugduni, i65o,.

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Saint. Bernardin de Sienne n'est pas le seul à tenir ce lang-age. A vrai dire, il n'a fait que répéter à sa manière ce que mille autres, et parmi eux les plus illustres des Pères et des Docteurs, avaient dit avant lui. Ne les avons-nous pas entendus prêchant de Marie qu'elle a été VAuocate d'Eue (r), l'unique espoir des Patriarches, et plus généralement de toute la race humaine; toutes choses qui suffisent à constituer sa maternité spirituelle, en d'autres termes, à faire de Marie, sans restriction, la mère des vivants, comme l'a nommée saint Epiphane. Faut-il rappeler aussi les ardentes prières avec lesquelles ils pressaient Marie de répondre par son consentement à l'ambassadeur céleste qui lui proposait la maternité du Dieu fait homme; témoignant par là que d'elle et de sa volonté dépendaient leur délivrance et le salut du monde ?

Désirez-vous des textes si clairs et si formels, qu'ils ne demandent aucun commentairepour être compris : « Bienheureux, trois fois bienheureux êtes-vous, Joachim et Anne; mais plus heureuse encore mille fois la descendante de David, cette fille issue de vous et formée de votre sang". Vous êtes terre, elle est un ciel; et par elle ce qui est de la terre (vous, par conséquent), devient céleste » (2). « Anne, bien qu'elle eût engendré la Vicrg'e, avait besoin de sa fille pour être elle-même régénérée. Alors même qu'elle la portait dans son sein, elle était elle-même portée dans le sein virginal de l'enfant. Et non seulement la mère qui l'avait obtenue de Dieu par ses ardentes supplications, mais son père aussi devait chercher en elle comme une

(i) s. Iren., adv. Haeres.L. v, c. 19,11. i.P.G. vu, 1176. (a) Joannes, monach et presbyl. Euboeae, Serin, in Concept. SS. Deip., n. 12. P. G. xcvi, i477-

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autre mère, afin de trouver par elle sa pleine el solide formation... Quoi plus ? La multitude presque infinie des fils d'Adam, reniant en quelque sorte, avant la naissance de Marie, des mères qui n'avaient su leur donner qu'un être imparfait etdes jeux presque aveugles, appelaient de leurs vœux cette commune mère des hommes : car elle seule serait capable de les mener à la forme parfaite et de dissiper leurs ténèbres. Ils étaient donc, eux aussi, rejifermés dans le sein maternel, et la Vierg-e divinement féconde les mit au jour, quand parle plus inouï des prodiges elle enfanta mon Sauveur » (i).

« Si le Seigneur a béni la maison de David, c'est à cause de Marie, sa future pelite-fille et mère de la Vie. S'il a béni la maison de Joaciiim et d'Anne, c'est en considération de leur fillj très sainte » (2).

Donc, ô Vierge sans tache, « par vous toute gloire, tout honneur, toute sainteté, depuis le premier Adam jusqu'à la consommation des siècles, a coulé, coule encore et coulera sur les Apôtres, les justes, les humbles de cœur; et toute créature, ô pleine de grâce, trouve en vous sa joie » (3). «Oui, vous êtes véritablement bénie entre toutes les femmes, parce que..., grâce à vous, Adam qui gisait, frappé d'exécration, s'est vu de nouveau béni de Dieu... Vous êtes vérilablement bénie entre les femmes, puisque vos ancêtres eux-mêmes ont trouvé par vous le salut » (4).

()) Isidor. Thessaîon., Or. de Nativit. Delpar., n. 9. P. G cxxxix,

(2) Cosnias VesUtor, Serin, in SS. Joachiin et Annatn . , n. 6. P. G. cvi, 10:0.

(3) Œuvres Je S. Ephrem, Or. ad Del niatrem, t 111 (graece lat.), p. 532.

(4) S. Sophron., Hom. in Deip. Anniincial.,3<' iioct , nour le 7<= jour dans l'Octave de rim m. Concept.

Voilà ce qu'ont prêché les Orientaux. C'est aussi la doctrine de l'Occident. Saint Antonin, par exemple, salue Marie comme la Mère unique de tous les hommes. Mais pourquoi? « C'est, dit-il après Albert le Grand, qu'elle a enfanté corporellement un homme, le Christ, et que dans cet homme elle a enfanté spirituellement tous les autres... Il importe peu que nombre de saints l'aient précédée dans cette vie mortelle. S'il s'agit de l'ordre de la nature, le fils ne peut être dans le temps avant sa mère; mais il en va différemment dans l'ordre de la grâce. Tous les saints qui ont précédé le Christ furent sauvés par leur foi, ou explicite ou implicite, dans le Verbe incarné qui devait un jour naître de la Vierge, et c'est en vue de sa plénitude que dès lors ils ont reçu la grâce. De même donc que la régénération spirituelle qui donne l'être de grâce procède, pour les saints du nouveau Testament, de leur foi vive au Verbe fait homme dans le «ein de Marie, ainsi les saints de l'ancienne Alliance ont dû leur régénération suivant l'être spirituel à leur foi dans l'incarnalion du Verbe; incarnation dont Marie fut le libre instrument. Donc, la bienheureuse Vierge est, sans exception ni restriction, une mère pour tous les hommes régénérés par la grâce » (i).

Encore une fois, tout ce fjui vit de la vie de Dieu parmi les hommes naît de Jésus et de Marie. Cet ordre est suprême et constant, bien que souvent caché. Un jour, nous le verrons éclater, aux applaudissements de la terre et du ciel. Tout aussi bien que Jean, Pierre et les autres apôtres, que tous les docteurs, tous les martyrs et toutes les vierges de la nouvelle

(i) s. Antonia Flor., Suinmae Theol. P. iv, lit. ih, c. i4, | 3.

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Alliance, les élus des anciens âges, Adam, Eve, Abel, Moïse, David, en un mot, la phalang-e entière des justes dont saint Paul à si mag-nifîquement décrit la foi dans sa lettre aux Hébreux (i), diront à Marie : ma Mère, comme ils diront à Jésus : mon Sauveur , à Dieu, mon Père. Et si, par impossible, quelque saint des derniers jours venait à leur disputer le droit de lui donner ce titre, ils lui répondraient avec une fdiale indignation : Pourquoi ne serions-nous pas avec vous les enfants de celte mère universelle? Ne nous écartez pas de sou sein maternel, si vous ne voulez vous en éloigner vous-mêmes : car c'est elle qui nous a donné,, comme à vous, le commun auteur de notre vie divine.

Proclamons-le donc avec saint Bernard : «C'est vers Marie, comme vers un centre, vers l'arche de Dieu, vers l'affaire, negotium, des siècles, que tournent les yeux et les habitants du ciel, et les justes captifs de l'enfer, et ceux qui nous ont devancés, et ceux qui vivent avec nous ou qui viendront après nous, et leurs eufants, et les enfants de leurs enfants : les habitants du ciel, pour lui demander la restauration de leurs phalanges; ceux de l'enfer (2), la délivrance; nos devanciers, l'accomplissement fidèle de leurs prophéties ; leurs successeurs, la béatitude et la gloire.

« Oui, toutes les générations vous diront bienheureuse, ô sainte Mère de Dieu, Souveraine du monde, Reine du ciel. Toutes les générations, dis-je : car il y a les générations du ciel et les générations de la terre. L'Apôtre ne parle-t-il pas du Père des Esprits de qui toute paternité tire son nom sur la terre et

(i ) Hebr. XI, i2-4o.

(2^ C'est-à-dire des limbes ou du purgatoire.

dans les cieux (i)? Désormais donc toute g-énéralion vous proclamera bienheureuse, parce que vous avez engendré pour toutes la vie et la gloire. En vous les Anges ont trouvé pour toujours la joie; les justes, la grâce; les pécheurs, le pardon. C'est à bon droit que les regards de toute créature sont tournés vers vous, puisqu'en vous, par vous et de vous la très b'-nig-ue main du Tout-Puissant a recréé tout ce qu'il avait créé » (2).

(i) Eph., m, i5.

(a) S. Bernard,, serm. 2 in die Pentec, n. 5. P. L. clxxxiii, 320.

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