‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 3)Chapitre 28 sur 81 · CH. II. NATUUE DV CULTE RENDU A MARIE 2O · texte numérisé non relu

CH. II. NATUUE DV CULTE RENDU A MARIE 2O

eulrailles qui vous ont porté et le sein qui vous a nourri »! Vous le voyez : elle veut glorifier le Fils; mais comment le fait-elle? En g-lorifiant sa mère. Et c'est ainsi (ju'il en sera toujours; car, encore une fois, les liommayes rendus à celle-ci remontent nécessairement à celui-là; non pas seulement pour cette raison commune qui fait qu'un bon fils se trouve honoré de la déférence qu'on a pour sa mère, mais encore pour une cause exclusivement propre à la perfection de Marie : c'est que tout ce qui provoque notre amour, notre vénération, notre dévotion pour elle, tout cela, nous le savons, lui vient uniquement de Jésus, son Fils et son Dieu, comme d'une source féconde.

Ajoutons une dernière considération qui confirmera ce que nous avons appris par le témoignag-e des Saints, par l'expérience et de la nature même des choses. C'est c{ue plus j'aimerai la Vierge bénie, plus cet amour me portera de lui-même à l'amour, et, par conséquent, à la glorification de Notre Seigneur : parce que je sais que le plus grand désir de cette mère est de voir son Fils aimé; parce que mieux je servirai l'un, plus je serai l'objet des complaisances de l'autre: parce que le cœur de Marie reconnaîtra mes hommages par le don, de tous le plus précieux, celui de me faire croître dans la divine dilection.

Je ne saurais mieux terminer ces réflexions que par une belle prière de saint Ildefonse, qui les résume toutes : « C'est à vous que je viens, ô seule Vierge Mère de Dieu... Daignez m'obtenir la grâce de m'attacher de toutes les forces de mon âme à Dieu et à vous ; de servir votre Fils et vous : Lui comme mon Créateur, vous comme la Mère démon Créateur... Lui comme mon Dieu, vous comme la Mère de Dieu ; Lui

comme mon Rédempteur, vous comme son assistante dans l'œuvre de ma rédemption...S'il a été le prix de mon rachat, c'a été par ce qu'il a reçu de votre cliair; s'il m'a sauvé de mes blessures, c'est qu'il a reçu de vous le corps mortel qui les a g'uéries par ses plaies. Je suis votre serviteur, parce que votre Fils est mon Seigneur; vous êtes ma Maîtresse et ma Dame..., parce que vous êtes la Mère de mon Dieu... Pour moi, si Je veux me soumettre à la mère, c'est pour deoenir le serviteur de son Fils; si j'aspire à devenir son domaine, c'est afin de porter plus sûrement à mon Dieu le témoignage de ma sujétion... L'honneur que je donne à la servante, remonte jusqu'au Maître; l'amour que j'ai pour la mère reflue naturellement jusqu'au Fils, et les hommages que j'offre à la Reine vont par elle à la gloire du Roi » (i).

(i) s. Hildefons., De Virginit. perpétua S. M., c. 12. P. L xcvi, 100, 180 Un fait raconté dans les Insinuations de la divine piété de sainte Gurtrude, mais défiguré dans certaines traductions, coniirme nettement cette doctrine.

« Un jour de l'Annonciation, le prédicateur s'était fort étendu sur les louantes de la Sainte Vierge, et c'est à peine s'il avait dit quelques TQotsde l'Incarnation du Fils de Dieu. La bienheureuse en fut choquée. Passant, au retour du st-rmon, devant l'autel de la Vierge, elle ne sentit pas à la saluer sa plénitude ordinaire de suave atléction pour elle, tous les mouvements de son cœur allant à Jésus, le fruit béni des entrailles vir;;inaies. Gertrude alors eut peur d'avoir encouru l'indignation de la puissante Reine du ciel. — Ne crains pas, ma bienaimée, lui dit Jésus pour la rassurer; les louanges que tu donnes à ma mère, encore que ta pensée se porte principalemeait vers moi, lui sont très agréables. Mais parce que ta conscience le reproche de l'avoir négligée, aie soin désormais de saluer plus dévotement limage de manière très pure, fallût-il laisser la mienne sans aucune salutation. — .\ Dieu ne plaise, ô mon unique amour et tout mon bien, lui répondit Gertrude. que je vous néglige, vous de qui dépend mon salut, vous la vie de mon àme, pour porter vers un autre mes salutations et mon cœur. — lit le bon Maître de lui répondre doucement : Fais ce que je te demande, ô ma bien aimée. Chaque fois que tu me laisseras pour saluer ainsi ma mère.je t'en saurai gré, et je te récompenserai comme je recompense tout vrai fidèle qui d'un C(Eur généreux me quitte, moi, le bien des biens, pour travailler à ma plus grande gloire ». Insinuât, divinae pietatis. L. 111, c. 20. Coloniae, 1579.

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