II. — Et, de fait, il serait facile d'accumuler les té
(i)S. Alph. deLig., Del gran mec:û délia preghiera, c. i,t. XVII (Torino, 1827).
(y) Suarez, De mysteriis vitae Christi, D. xxin, S. 3 in fine.
(3) B. L. M. Grignion de Monlfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, I. P., § i, p. g. (Paris, i852).
(4) Id., ibid., p. 24.
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moig-nages où le culte et l'invocation de Marie sont liés indissolublement avec celte idée de médiation universelle. Saint Bernard, en particulier, les fournirait presque à chaque page de ses discours sur la Mère de Dieu. « Vous avez déjà remarqué, si je ne me trompe, que la Vierge royale est la voie par laquelle le Sauveur est venu jusqu'à nous, sortant de son sein comme l'Epoux du lit nuptial... Z^onc, efForçons-nous aussi, mes bien-aimés, de monter par elle jusqu'à Celui qui par elle est descendu vers nous... Oui, que par vous nous ayons accès près du Fils, ô Vierge bénie, mère de la grâce, du salut et de la vie. Qu'il nous accueille par vous Celui qui nous a été donné par vous... » (i). Et encore : « De tout notre cœur, de toutes nos affections, de tous nos vœux, honorons et révérons Marie; telle est la volonté de Celui qui a décrété que nous aurions tout par elle... Donc, quelque chose que vous ayez l'intention d'olTrir, souvenez- vous de la confier à Marie, afin que l'action de grâce, remontant à TAuteur de la grâce, coule dans le même lit par où nous est venue la grâce... Peut-être vos mains sont-elles souillées de sang; peut-être ne les avez-vous pas gardées pures de tout présent... Donc, le peu que vous prétendez offrir, offrez-le par les mains très pures et très dignes de Marie, si vous ne voulez pas éprouver de rebut » (2). Encore une fois, ces deux choses sont corrélatives pour la mère comme pour le Fils : Toutes les grâces nous venant par eux, c'est aussi par l'un et l'autre que doivent passer toutes nos prières, toutes nos offrandes et tous nos vœux.
(i) s. Bernard., Serin. 2 in Adventu, n. 5. P. L. clxxxiii, p. 49- (2, S. Bernard., Serin, de Aquavduciu, n. 7, 18. P. L. clxxxiii, 441, 448.
360 L, IX. LE CUI/rE DE LA SALNTE VIERGE
L'auteur du Miroir de la Vierge a lu celte nécessité de recourir à l'intercession de Marie, pour trouver Jésus et sa grâce, dans le texte où le prophète annonce, sous rcmblème d'une tige et de sa fleur, l'incarnation du Dieu fait homme (i). « Quiconque, dit-il, veut acquérir la grâce du Saint Esprit, doit chercher la fleur sur la tige, c'est-à-dire Jésus en Marie : car c'est par la lige que nous arriverons à la fleur, et, par la fleur, à l'Esprit de Dieu. Voulez-vous avoir cette fleur, que vos prières commencent par incliner la tige » (2).
Les considériitions précédentes peuvent donner l'expl;c itiou d'un problème cpie l'on se pose quelquefois. Si la Sainte Vierge est si pleine de bonté, si puissante auprès de son Fils, comment se fait-il qne tant de pjcheurs, dont la misère appellerait la miséricorde, ressentent peu les effets de son intercession? On pourrait d'abord demander : savons-nous ce qu'elle fait pour eux? Mais, outre cette réponse, il en est une autre bien plus tangible et plus convaincante. Ces pécheurs honorent-ils et prient-ils la Mère de miséricorde ? Sont-ils de ceux qui, du bourbier de leujs vices, font monter vers elle leurs cris de détresse, leurs gémissements et leurs soupirs? S'ils négligent de le faire, pourquoi s'étonner qu'elle use avec parcimonie de son pouvoir en leur faveur ? Est-ce sa faute à elle s'ils ne réalisent pas les conditions qui, d'après les dispositions réglées par Dieu lui-môme, leur \audraient sa protection maternelle ? Marie reste toujours le canal de la divine grâce, mais encore faut-il aller à lui pour être désaltéré.
(i) Is., XI, I, a. Et il sortira un rejeton de la tige de Jessé, et une fleur montera de sa racine. Et l'Esprit du Seigneur reposera sur lui.
(2) Spéculum B. M. V., cite par S, Alphonse, Gloires de Marie, l P., c. 5, I I, t. I, p. i5G.
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Saint Tliomas, trailanl de l'invocation des Saints, a écrit ces belles paroles : « Recourir avec une dévotion pure à quelque saint, au milieu de ses nécessités, c'est mériter que le saint prie pour nous » (i). Vous qui négligez de vous réfugier suppliant auprès de votre mère, comment vous plaindre de n'être pas soutenu par elle, puisque vous [vous rendez volontairement indigne de sa proleclion? Mais si c'est la conscience de voire honteux état, et non pas la négligence eu l'indifférence qui vous arrête, approchez-vous sans crainte de cette mère de miséricorde, et suppliez-la de vous obtenir giâce et pardon. Elle le fera, n'en doutez pas; quels que soient le nombre et la grandeur de vos crimes, votre dévotion vous a fait digne d'être favorablement écouté.
Rappelons encore une autre véiilé que nous avons déjà mise en lumière. L'amour des Saints pour nous se mesure sur une double union; c'est-à-dire, d'après l'union que nous avons avec la bonté divine, moli.' premier de cet amour, et d'après l'union que nou.s avons nous-mêmes avec eux (2). Donc, tout ce qui tend à relâcher les liens de celte double union va par là même à diminuer les effets de la sollicitude maternelle de Marie, puisqu'ils sont manifeslement en proportion de son amour. Or si, d'une part, c'est resserrer la chaîne d'amour entre elle et nous que de l'honorer et de la prier, ne traMulie-l-on pas, de l'autre, à relâcher cette même chaîne, quand on ne veut ni lui offrir ses louanges ni faire monter vers
(i) « Ex hoc ipso aliquis efficitur dif/nus ut sanctus al'q lis pro eo. oret quod ad ipsum cuin pura devotionine sua necessilate rccu.'rit », //( Sentent., iv, D. 45, q. 3, a. 2, ad 5.
(2j 11"= Partie, L. ix, c. 3.
elle aucune supplication? Que faudjait-il de plus pour se poser à son égard comme un étranger?
Notons-le bien : je ne dis pas que, faute de la prier, on ne reçoive par elle aucune grâce; ce serait aller contre la doctrine catholique qui nous montre la grâce devançant toute prière. Je n'affirme pas, non plus, que Marie, par un extraordinaire effet de sa miséricorde, n'intercède jamais d'une manière très efficace pour des pécheurs qui l'oublient. Ce que je prétends c'est que, suivant la règle commune, ses suffrages nous sont d'autant plus certainement et d'ailant plus abondamment acquis que nous avons plus de respect, d'amour et de confiance envers elle; en d'autres termes, que nous nous regardons plus pratiquement comme ses fils (i).
Il faut bien le remarquer encore, je ne parle ici que des pécheurs qui sciemment et volontairement s'éloignent de leur médiatrice. Ne pas l'honorer, ne pas la prier, parce qu'on l'ignore, quand d'ailleurs on serait prêt, vu les dispositions du cœur, à se jeter dans ses bras, si l'on avait le bonheur de la connaître, c'est déjà lui rendre un culte d'invocation, non pas explicite, mais implicite. Il y a là quelque chose d'analogue à ce que serait le baptême de désir, in vota, chez ceux-là même qui n'ont jamais entendu parler du baptême; ou, mieux encore, à la foi du Rédempteur, chez des hommes ignorant l'Evangile, mais qui croient à la providence d'un Dieu, père et rémunérateur. Marie qui, par le privilège de sa béatitude, pénètre jusque dans le secret des cœurs, peut y voir ces
(i) On lit dans l'hymne Sacris solemniis, de l'office du Saint Sacrement ; « Sic. nos iii visita, sicat te colimus ». La régule générale qui préside aux visites de Marie est exprimée dans ces quelques mots.
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g-ermes de prières, et c'est assez pour qu'elle fasse descendre par son intercession la rosée des bénédictions célestes sur des cœurs ainsi préparés.
Je m'arrête dans ces considérations; ce ne sera pas toutefois sans avoir transcrit quelques pensées, bien capables de nous exciter à prier Marie, notre médiatrice et noire mère. « Il est dangereux, écrivait Adam de Perseig-ne, de s'éloigner de celle chez qui sont mises comme en dépôt, pour nous être communiquées, les délices de notre suavité, les richesses du salut, la sagesse et la science... Le Christ, touché de la misère et des gémissements des pauvres, est venu du cœur du Père au cœur de la Vierge, pour y déposer le trésor des indignes, c'est-à-dire de nous tous. Voilà pourquoi je n'estime pas qu'il soit sûr de vivre séparé d'elle. Qui donc m'assisterait, si je négligeais de recourir à la miséricorde de cette très indulgente mère » (i)? Avant ce pieux abbé, saint Ildefonse avait écrit dans son livre de la Virginité de Marie : « Venez avec moi à cette Vierge, de peur d'aller sans elle à la géhenne. Venez; cachons-nous sous le manteau de sa puissance, pour ne pas être un jour couverts de confusion comme d'un vêlement » (2). Et quelques siècles plus tard, on devait entendre l'auteur du Grand Psautier redire à son son tour : « Oui l'honorera dignement sera justifié;
(i) Adam., abbas Perseniae, Frogmenla Mariana, Prag;. 7. P. L. ccxi, 754. Il faut lire dans le même volume une loUie du même abbé à un adolescent de haute noblesse, où il lui recommande, de la manière la plus énergique et la plus touchante, d'honorer et de prier la Sainte Vierge comme sa mère, comme sa nourrice, comme son épouse et son amie, s'il veut conserver intact le trésor de sa pureté. « Si illam amaveris, tuumque illi dedicaveris corpus, libi etiam non décrit amormcus. Alioquin. quomodo potero vel illum respicere cui tantae suavilatis delicias videam non placere. Vale, vive et diliçe eam quam diligere est vivere et valere », L. c, ep. 11, pp. 6i3, 6i4-
(2) S. Hildefons., de Virginit. pero. S. M., c. 4- P. L- xcvi, 69.
mais qui la négligera mourra dans ses péchés. Oui, douce Dame, ils sont loin du salut ceux qui ne savent pas vous connaître; mais quant à celui qui persévère à vous rendre ses hommages, il n'a pas à craindre la perdition : si vous nous assistez, c'est le rafraîchissement; détournez-vous votre visage, c'est la désespérance du salut » (i). Souvenons-nous enfin combien de fois les auteurs spirituels, à l'exemple de l'Eglise, interprétant de Marie ce que rÉcriture disait de l'éternelle Sagesse, ont spécialement mis ces mots sur les lèvres delà Vierge Mère : «Quiconque péchera contre moi blessera son âme. Tous ceux qui me haïssent aiment la mort » (2).
III. — Impossible, après tout ce qui précède, de ne pas tenir le culte de prière envers la Mère, de Dieu, notre céleste mère, comme nécessaire d'une nécessité de moyen; j'entends de cette nécessité que les théologiens ont qualifiée de nécessité morale ou relative. Quant à déterminer d'une manière précise par quelle mesure d'invocations on peut satisfaire à cette nécessité, il y aurait témérité à l'entreprendre, tant cette mesure dépend de circonstances variées et multiples. Tout ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que plus nos prières seront nombreuses et ferventes, plus aussi nous recevrons largement les dons célestes qu'il a plu à Dieu de dispenser par l'intercession de sa mère (3).
La célèbre maxime : Hors de l'Eglise, point de sa-
(i)S. Bonavcnt.. Psalter. majus B. F., psalm. 1 16, 1 18 et 99 0pp.,' 1. XlV led. Vivcs\ p. 2i5, 216 et 2i3.
(2) Prov , VIII, 36.
(3) Il ne faut pas oublier ce que nous disions en commençant, à savoir que tout hommage de louange est équivalemment une prière.
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lui, a été parfois modifiée de manière à pouvoir êlre entendue de la bienheureuse Vierçe : Hors de Marie, point de salut. One penser de cetle application? Qu'elle est exacte, pourvu qu'elle soit sagement interprétée. Donc, hors de Marie, point de salut : car si Marie ne nous avait pns librement donné le Rédempteur, nous serions encore dans notre péché d'orig-ine ; ni la grâce ne coulerai! sur les hommes ni le ciel ne leur serait ouvert. — Hors de Marie, point de salut ; parce qu'il n'y a point de salut sans la grâce et que toute (jrâce, même après le Calvaire, nous vient par son intercession. ■ — Hors de Marie, point de salut : car ne pas honorer Marie, ne pas la prier, en un mot, s'éloig^ner d'elle, c'est se priver, autant qu'il est en soi, de son assistance auprès de Dieu.
La première de ces interprétations est absolument incontestable. Nous avons montré combien la seconde c^t appuyée sur l'autorité de l'Ecriture et de la Tradition ; combien même il est impossible de la révoquer en doute, s'il est question, non pas d'une totalité de grâces qui n'admette aucune exception, mais de cette universalité qui comprend la plus grande part, la très grande part des bienfaits de l'ordre surnaturel. Quant à II troisième, je ne voisg-uère pour quelle cause on lui refuserait une certitude ég-ale à celle de la seconde, puisque, nous venons de le prouver, il est moralement nécessaire, au moins pour les adulîes, d'invoquer Marie, si l'on veut bénéficier de sa protection, c'est-à-dire, d'une protection par où les grâces de salut descendent surno=! âmes. Donc, sans examiner s'il est opportun d'employer cette formule en dehors de toute explicali m, on doit la tertir pour absolument vraie dans sa g'énéralilé. Toutefois, lorsqu'on parle séparément de
la troisième interprétation, il ne faut pas oublier ce que je disais tout à l'heure, de ceux qui ne recourent pas à Marie, non par indifférence ou mépris, mais parce qu'ils ont le malheur de ne pas la connaître. Ainsi la maxime: Hors de l'Eglise, point de salut, ne condamne pas à la mort éternelle quiconque n'est pas visiblement uni par des liens extérieurs à l'Eg-lise catholique. L'Eglise et Marie peuvent avoir des enfants qui les ignorent : ce qui n'empêche pas que ceux-là soient bienheureux à qui Dieu fait la grâce de vivre dans la connaissance et dans l'amour d'une si bonne et si puissante mère.
IV. — Arrivons à la dernière question qui regarde, non plus seulement chacun des hommes en particulier, mais l'Eglise elle-même. Le culte de la Sainte Vierge, culte d'honneur, culte d'amour et culte d'invocation, n'est pas seulement nécessaire aux membres de l'Église; il l'est plus encore au corps môme de l'Eglise; si nécessaire qu'il en doit être considéré comme une noie, au moins négative, c'est-à-dire, comme l'un de ces caractères dont la priuation n'est pas compatible avec la véritable Eglise du Christ, et dévoile manifestement une fausse épouse du Christ.
J'ai dit : une note négative, et non pas une note absolument positive : car il en est du culte de Marie comme des sacrements de la Loi nouvelle. Des communions schismatiques , hérétiques même, peuvent conserver intact dans leur sein le dépôt de ces trésors de la grâce, encore qu'elles n'en soient pas les légitimes propriétaires, et qu'elles n'aient pas le droit d'en distribuer le contenu. Ainsi voyons-nous les Eglises orientales, séparées de l'Eglise mère et maî-
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tresse, rester fidèles au culte de la Mère de Dieu, l'honorer dans ses privilèges, en célébrer les fêtes, et lui garder une très large place dans la Liturgie. Ce culte n'est donc pas ni ne peut être ce qu'on appelle une note positive, je veux dire, un de ces caractères dont la seule présence est par elle-même une révélation certaine de l'Eglise de Dieu.
Du reste, à bien considérer les choses, autre est le culte de la bienheureuse Vierge dans la véritable Eglise, autre dans celles qui, secouant l'autorité de Pierre, ont déchiré la robe du Christ. Là, c'est un culte plein de vie, qui 'se développe et va toujours s'épanouissant au soleil de l'amour, tressant sans cesse à Marie de nouvelles couronnes, et glorifiant sa maternité par des moissons de saintes œuvres et de vertus. Ici, tout au contraire, sauf des exceptions plus ou moins nombreuses, le culte de la Vierge, comme le christianisme lui-même, ressemble trop à ces arbres à demi morts qui, conservant encore leurs branches, ne poussent plus de nouveaux rameaux, et portent à peine quelques maigres fruits. Entrez dans ces sanctuaires profanés par le schisme ou par l'hérésie, vous entendrez chanter les antiques louanges consacrées à la Mère de Dieu; mais vous sentirez généralement que le cœur qui les a premièrement dictées n'est plus là pour les animer; vous verrez surtout que ces chants et ces prières ne traduisent guère ces élans d'amour, et inspirent encore moins ces dévouements de charité si communs dans là véritable Eglise du Christ. Une culte de Marie n'est donc pas un caractère absolument infaillible de la religion véritable. Mais, je le répète, il en est une marque absolument indispensable. Une société religieuse qui le rejette ou qui l'ignore se glo-
rifie faussement d'être l'épouse immaculée du Christ. En effet, l'Eg-lise du Christ est la première au nombre des enfants de Marie. Donc, les obligations fih'ales qui incombent envers elle à ses enfants sont excellemment les siennes : car elle doit les leur enseigner par son exemple et par sa doctrine. Par conséquent, manquer à ce devoir c'est être infidèle, et c'est aussi renoncer à la médiation de la Reine des cieux : deux choses incompatibles avec la sainteté de l'Ég-lise.
Ajoutons une autre considération dont j'emprunte la substance à l'un des plus savants professeurs du Collège romain. La religion, étant ce par quoi nous sommes reliés à Dieu, la religion chrétienne est celle qui nous rattache à lui par le Christ Médiateur. Or, dans la religion chrétienne, soit qu'on la contemple à l'époque de son complet épanouissement, soit qu'on la regarde dans ses plus lointaines origines, c'est-à-dire, dès le moment où le Christ fut révélé à l'humanité déchue comme Celui qui devait nous rouvrir l'accès auprès du Père, Marie est la compagne inséparable de Jésus. Partout et toujours la mère est aux côtés du Fils. Donc, ce qui doit nous relier à Dieu, ce qui nous ramène aux choses du ciel, ce n'est pas le Christ seul, mais ce couple bienheureux de la femme et de sa race. Donc, séparer Marie de Jésus dans le culte religieux c'est renverser l'ordre établi par Dieu lui-même ; et, par conséquent, présenter aux hommes une économie de salut que Dieu n'a ni instituée, ni approuvée; en d'autres termes, une religion qui n'est ni ne peut être la véritable religion chrétienne (i).
'x)P, Ludov. Rillo', de Verbo incarnato {ta. ait ), p. 347-