CH. III. SURCROIT DE BEATITUDE
de la Providence dans le gouvernement du monde et des hommes; révélations qu'ils communiquent euxmêmes, dans une mesure plus ou moins large, aux Anges des ordres inférieurs, et par eux, même aux hommes. N'est-il pas souverainement juste que la Reine du ciel soit, ou par révélation divine ou par le privilège de sa vision, instruite plus pleinement des divins conseils que les hiérarchies angéliques, et, par conséquent, plus apte à communiquer ce qu'il plaît à Dieu d'en manifester à ses créatures ?
Un autre bien des saints du ciel, encore qu'il n'accroisse en rien leur gloire essentielle, est d'être mieux connus sur cette terre d'exil, et d'y recevoir nos vœux et nos prières : car cela même est pour eux une occasion d'exercer là-haut pour nous la fonction la plus douce à des cœurs, tout imprégnés de la divine charité, celle d'avocats des misérables, de protecteurs et de bienfaiteurs. Or, on ne peut douter que Marie ne concoure pour sa grande part à leur procurer cette joie. Les histoires en fourniraient plus d'un exemple à qui voudrait les consulter avec quelque soin. En tout cas, il est sûr que si Dieu, Notre Seigneur, daigne un jour nous admettre à la cour de sa glorieuse mère, nous verrons les Saints, et nous-mêmes après eux, participer, par le moyen de cette divine Reine, à bien d'autres faveurs ; et, d'un même élan, d'un même cœur et d'une même voix, nous redirons avec le ciel entier : « Vous êtes la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël, et l'honneur de notre peuple » (r).