‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 3)Chapitre 59 sur 81 · CH. III. RÉVÉLATIONS DES CATACOMBES · texte numérisé non relu

CH. III. RÉVÉLATIONS DES CATACOMBES

n'être qu'un tableau commémoratif du récit évang-élique, aurait-on le droit de porter le même jugement sur la même peinture tant de fois répétée; disons plus^ partout mise à la place d'honneur comme le motif dominant du tableau? De plus, comment faire passer pour une représentation purement historique l'image de Marie, séparée des mages, et posant devant nous avec l'Enfant-Dieu, comme est celle du cimetière de Priscille?

Il faudra donc dire aussi que le Sauveur, sous quelque forme qu'il apparaisse, soit entre les bras de Marie, soit comme Pasteur, ne prouve rien en faveur du culte que lui rendaient nos Pères. Ces chrétiens des premiers âges auraient-ils ainsi multiplié les figures et les symboles de la Mère de Dieu, s'ils n'avaient pas eu pour elle dans leur cœur l'estime, la vénération et l'amour que nous sentons au fond des nôtres ?

J'ai dit que la Sainte Vierge, dans les différentes scènes, est, avec son Fils, à la place d'honneur. Ce qui prouve encore qu'elle n'est pas là comme le serait un personnage secondaire dans une scène historique, c'est qu'elle y paraît assise, et sur une chaire voilée, analogue à celle des évêques, symbole, par conséquent, de la puissance et de la grandeur ; parée elle-même de vêtements plus riches qu'elle n'en porta jamais aux jours de sa vie mortelle. C'est donc un personnage honoré, vénéré.

En voulez-vous d'autres preuves, rappelez-vous cette vérité certaine que Marie, dans les catacombes, est plus d'une fois la personnification de l'Eglise, et surtout de l'Eglise triomphante ; non pas une ombre telle quelle de l'Eglise du Christ, mais plutôt le divin exemplaire sur lequel cette Eglise a été moulée. Peut-

il être pour la Vierg-e une louang'e plus haute ?

En outre, et c'est par là que nous porterons jusqu'à l'évidence la vérité de notre conclusion, Marie, dans ses figures d'Orante, s'offre à nous comme la médiatrice d'intercession; médiatrice glorifiée, puisque les symboles accessoires qui l'accompagnent la montrent au sein des vergers éternels; médiatrice perpétuelle, puisqu'elle a toujours les bras tendus et les mains élevées pour la prière. Ne me dites pas que cela ne prouve aucunement qu'on lui rendît un culte d'honneur. Cette réponse ne vous serait pas apparue comme plausible, alors que ces monuments étaient encore ensevelis dans leur poussière. A coup sûr, si quelque savant catholique eût pressenti dès lors les découvertes faites depuis, votre persuasion que l'antiquité chrétienne ne rendait aucun culte à la Vierge vous eût fait rejeter sa prédiction comme une chimère.

Mais les catacombes nous sug-gèreut encore unarg-ument tout à fait décisif. Les chrétiens d'alors, comme ceux d'aujourd'hui, invoquaient en Marie leur médiatrice auprès de Dieu. Vous en douiez ; lisez les inscriptions des plus antiques cimetières. En voici quelques-unes : Sutius, prie pour nous, afin que nous soyons sauvés ; — Aug-enda, vis dans le Seigneur et intercède pour nous ; — Matrona, prie pour tes parents; elle vécut un an, 52 jours; — Atticus,dors en paix, assuré de ton salut, et prie soucieusement pour nos péchés (trouvée à Rome, près de Sainte-Sabine, en 1873) ; — AtticuSjton esprit vit dans le Bien; implorele pour tes parents (cimetière de Calliste) ; — Sabbatius, douce âme, prie pour tes frères et tes compagnons (cimetière des Saints Gordien et Epimaque) ; — Puisses-tu vivre en Dieu et prie pour nous ; — Ibas.

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