CH. III. UÉVÉLATIONS DES CATACOMBES
Supposez un protestant qui entre dans une église catholique, et demandez-lui à quels signes il reconnaît qu'ony vénère les Saints, et tout particulièrement Marie? Il vous montrera les tableaux qui les représentent, appendus aux murailles, et, à la place d'honneur, après la statue de Jésus-Christ, celle de sa divine mère. Ce seront là pour lui des signes manifestes que le culte abhorré des images et des saints personnages dont elles sont la reproduction est en honneur parmi les chrétiens qui viennent ici prier. Aussi bien, quand la Réforme eut rejeté le culte des Saints, n'eut-elle rien de plus pressé que d'enlever les images des temples et de les briser. Donc, encore une fois, puisque les chrétiens des premiers âges, à l'époque où les Apôtes venaient à peine de disparaître, représentèrent dans les lieux destinés au culte, non seulement l'image du Sauveur, mais celle de sa mère, et dans les conditions que nous avons dites, c'est une démonstration claire et nette qu'ils rendaient un culte religieux à leurs exemplaires.
Il est assez d'usage de rapporter à trois parties principales le culte que nous rendons aux Saints, et tout particulièrement à la Mère de Dieu : culte d'iionneur, culte d'invocation, culte d'imitation. Or, voilà ce qui nous est apparu dans les monuments des catacombes. Culte d'honneur : personne n'est, après Jésus, au premier rang, comme Marie, sa divine mère. Culte d'invocation : regardez l'Orante perpétuelle devant le bon Pasteur et dans les gloires du paradis. Culte d'imitation : souvenez-vous de la scène où le Pontife montre à la jeune vierge qu'il consacre, Marie, type, modèle et parfait exemplaire de la virginité.