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Ga L. Vtlt. — LES ENFAXTS OC mahic
D'ailleurs, comme tout dans ce tableau concourt à représenter au vif l'LgIiseavec ses deslini'es, ses combats cl ses souffrances! Oui, voilà bien l'Kg^lise dans la femme mystérieuse. Elle a le soleil pour vùlcnient. soit parce que les chrétiens qui la composent sont, au baptômc, revêtus du Christ, rad' ' ■ . . soit parce qu'elle-même est ton I' plendissantc de la lumière de Dieu. I^ lune sous ses pieds nous fait songer aux biens pri - et changeants dont elle se détache dans soi a>ion vert»
le ciel. Impossible de ne pas voir les douze Apôtres représentés par la couronne d'étoiles. Cette femme
enfante dans la douleur, parce que l'ï^i,'lise nr'~ -
nous ençendre à Jésus-Christ parmi de ;,'ruii. lations. Le fruil de la femme est un enfant mâle, parce que tout véritable fils de l'Eglise doit ôtre armé de
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i H. III. L'éGUSB ET MARJC DANS l'aPOCALYPSE 63
force cl de constance pour rester fidèle à son Dieu ; c'est encore un enfant mâle, |>arcc que l'enfant de ri'u^Iisc, étant membre d'un corps dont Jj'susChrisl fsl la tôle, est un selon IVspril avec Jésus-Christ.
11 n'est pas jusqu'aux traits qui sembleraient caractériser si oeltemeiit la Vierge Marie, qu'on ne puisse inf' ' '■'" 'ise :« Elle mil au monde un enfant
m." , iiverner toutes les nations avec un
sceptre de fer. » Je sais bien que l'Écriture affirme celle domination du Messie, le Verbe incarné (i). Mais je n'iu'nore pas, non plus, que le Christ u prorois au victi mieux de le faire enlrer en participation de ce pririlèj^e avec lui (s). Et quand tout cela ne suftirait j»as à me faire reconnaître l'Ej^lise. ce qui est dit du drai^'ofi, l'autre personnage du tableau, ne me laisserait plus aucun doute. N'est-ce pas aux enfants de r!"!L'li*«e qu'il tend de per[»étiielles embûches, rl^dalll pour les dévorer (3j? N'est-ce pas l'Eglise quil poursuit partout jusque dans les solitudes les plus f.'irli.fs; et, quand l'un des enfants de l'Et^lise, enlevé Ml I i. I, fVbn;.pc pour toujours à sa poursuite, ne se nMoiiMi. -î-il j .is contre les nittres de ia race^ c'est-Adirc, contre ceux qui tjardent tes commandements do Dieu.
I. — Mais si je regarde encore une fois celle femme riivsfirieuse, que de traits me portent à saluer en ell<* la Mcre de mon Sauveur. Le tjrand si'jne^ non plus plus sur la terre, mais au ciel, est-il autre que la
'\) Pnloi., II. a; Apoe . su. i5:col. Mallh., u, i6w
^ I l'ir.. T. ».
<>4 1» VUI. — LIS KMFAXTS Dt UAHIE
Vierge, mère de l'Emmanuel (i)? A quel front convient ce diadème d'étoiles comme à celui de la I\eine du monde? Sous quels t '^ ' ttrons-nous toutes les choses périssables, svnn ~ par la hiiie, si nous
ne les voyons pas foulées par la mère, assise aux côtés de son Fils? Le portrait de la Femme s'applique donc à Marie.
(lelle-ci se révèle encore davantage par le portrait de l'Enfant. Demandez aux prophètes le nom de l'Enfant qui doit réiçir toutes les nations avec une vcr^c de fer; ils vous répondront par la bouche de David, que c'est le Messie (a). En contemplant ce fils montant vers DicMi et vers son trt^ne. i*z-vous pas natu-
rellement à l'Ascension du ^ • .'
Marie ne semble pas moins reconnaissable à la présence du dragon qui sr dresse pour dévorer If-'nfant, et qui fait la guerre à la Femme et à ses autres enfants (au reste de sa race). Car c'est textuellement l'application de la première prophétie di* la Genèse : ti Et le Seigneur dit au scr[)ent : Je mettrai des inimitiés entre toi et la fenmie, entre ta race et sa race. » Or, la prophétie de la Genèse parle certainement de \&/emme d'où devait naître le II! ' . de Marie.
Quant à ces douleurs de IVn -ut (jui paraî-
traient ne pas s'accorder avec la maternité de Marie, parce que physiquement elle a enfanté sans douleurs, elles lui conviennent mystiquement et moralement, c'est-à-dire, dans le sens de l'Apocalypse: moralement, parce qu'elle a enfanté le Fils de Dieu pour des humiliations et des souffrances dont elle fut elle-môme
(i) I)»bit Oominus ipae vobU fttgniun : EcœVirfu eoaciptel, etc. Im., t) PMlm.. II. g.
ca. TU. — i.*causE rr marib dans l'apocaltpse C5
transpercée comme d'un glaive; mysliqnemcnl, parce qu'elle est devenue mère do Jésus-Clirisl dans ses membres au prix d'incomparables angoisses. D'ailleurs, il n'est pas nécessaire, comme nous le verrons bientôt, que la vision, pour convenir à Marie, se réalise en elle par tous ses détails.
L'autorité semble confirmer ce dont nous persuadaient les raisons tirées de la considération du texte.
L'K.'lise elle-même, dans sa Liturçie, fait à la Mère de I)i«ni l'application de ce que l'Apocalypse dit ici du fjrand signe manifesté dans le ciel. Lisez l'Office de l'Immaculée Conception ; vous y trouverez le pren ' " ' ' >l à-dire la description de
1 I et couronnée d'éloiles,
entendu de Marie (i). Ce n'est plus un verset seulement, c'est le cliapitre tout entier qui, dans le nouvel Office en l'honneur de la Médaille miraculeuse (27 novembre), est interprété de la Vierge bénie (a). L'Église, je le sais, oe prétend pas toujours, en inséi^i des passages de l'Lcriture dans ses Offices les, les employer dans le sens inspiré de Dieu ; elle se sert aussi du sens purement accommo- <iatirc. El c'est pourquoi l'usage fait par elle de la >iM)n (le saint Jean pour glorifier Marie ne prouve pas absolument qu'il y soit question d'elle. Toutefois, c'est une présomption qui ne laisse pas d'être sérieuse, qnand surtout elle esl corroborée par d'autres argu* niettls.
Or, graves et nombreux sont les témoignages en faveur de l'interprétation qui salue Marie dans la
; 1 Sixiène Hpomê de Matlocf «l Mpitult âe Noo* (t) Eftxn «t Icçoo* da prciaicr Norlum*.
LA «àllB DM WMUfW — Il — I
C6 L. vu». — LB^ EXPAXTft DB MARIB
femme de TApocalypse. Les Pères et les anciens ailleurs ecclf'siastiques qui, loulà l'heure, ont reconnu l'Église (le Dieu dans celle femme, s'accordent, à peu d'exceptions près, à voir encore en elle Marie, la Mère de notre Sauveur.
« Nous pouvons en cet eniif.jii on' ' la
femme la bienheureuse Marie, mère < mère, parce qu'elle a enfanté celui qui est le Chef de IKiclise; fille, parce qu'elle est le membre principal de l'Kjjlise. Donc le draçon se dressa devant la femme, afin de dévorer le fruit de la femme, aussit()l qu'elle aurait enfanté : parce que, dès la naissance du Christ, il tenta de le tuer par llèrode, son ministre » (i). Celui qui <lonne celte inlerprélalion de notre texte est l'auteur qui, caché sous le nom de saint Ambroise, l'avait explitpié de l'L^lisc. Personne, à mon avis, n'a plus clairement que lui it''>^ *'" r'-I^'T l'uniii* <'<• I'imu» et A»' l'autre exposition.
f( L'Ki^Hise est ici personnijicc dans la bienheureuse Mère de Dieu; Mater Dei grrît p^rsonam Eccirstae. Tout le récit ne pourrait selon la lettre convenir spécialement à la Viersç^e Marie : toutes choses^ au contraire, suivant la sii^nifiralion mystique s'appliquent g<*nrralement à l'Eglise des élus » (a).
« La femme revêtue du soleil est la bienheureuse Vierge Marie^ que la Vertu du Très-Haut a couverte de son ombre. En elle on peut voir aussi l'Eglise : laquelle ne porte pas ici le nom de femme à cause de sa faiblesse, mais à raison de la fécondité qui la fait chaque jour enfanter de nouveaux peuples... Alors le
(0 F.xistimatus Ambro*., /. (. P. L. xrii. 8*0.
(al Hnvinoii HaîL>T!ii«t., K-rtiat in Art>c ,\. III r. u. P, f,. ex vil.
— ^..w...... i.r XAHIC DANS L'ArOCAI.TPSE 67
' >sa devant la femme, pour dévorer le
de naître (allusion à la persécution
d'Ilérode); et il se dresse toujours pour engloutir
!iibres, à mesure qu'ils sont enfantés par
Cassiodore, dans ses Complexions sur P Apocalypse j reconnaît aussi la Mère du Christ, Noire Sciçneur, sous la fi^'uredc la femme poursuivie par le draijon (2). Il en c>l do même Richard de Saint-Victor (3) et de l'abbé Ilupert (4).
Titul à l'heure, nous entendions les deux évéqucs de ilc-sarée de Gappadoce, Arélhas et saint André, noter qu'en Orient, à côté de ceux pour qui la femme est l'Église, plusieurs disaient que c'était la Virr. ^' ' ' » I. D'où l'on peut conclure que les dru , , quant au nombre de leurs par-
tisans, vont à peu près de pair, et se trouvent souvent mêlées l'une à l'autre dans le mr ncntaire.
Je terminerai ces appels aux tém , ^ -« par un texte de saint Bernard : « Ne vous semble-t-il pas que Marie soit la femme revêtue du soleil? Que la suite
' • ' ' :)liélique nous oblige à reconnaître en
1 terre, l'Li^lise actuelle, je l'accorde; maison peut encore avec toute convenance interprét«-( 1.- t ' ' '«' -• Marie. » N'csl-cllc pa«> I i
fçMiiiH- ^ 0 par Dieu; celle qui d -^ lu
écraser de son pied la tète de l'antique serpent? La lune serait l'É^'lise dans son état présent; les d'ur éluiles fi]^urcraicntlefl éclatants privilèges delà Viciée,
. eit.
.n»moraUo mairie ti Domimi ChrMi. CamUmI. <-..a. 7. «d cap. sn,7. P. L. us, i^ii '(0. ,0.99. P. L.cxcvt, S17.
68 L. VIII. — LES ZTtrXXtS DE MARIE
et le soleil qui l'enveloppe, Jésus-Clirist, le Soleil de justice, a 0 notre Souveraine, quelle familiarité entre v<ni< et lui! Q)ntbien vous êtes [iroclie, coml inliinc! Il demeure en vous et vous en Lui; vou- revêtez, el il se fait votre vêlement. Et vestis eum, et vestiris ab eo. Vous le revotez de la substance de votre chair, et il vous revêt de la gloire de sa majcsl»^. Vous revêlez le soleil d'une nuée, et vous êtes revêtue du soleil lui-même » (i).
III. — Ces deux si^nificalions peuvent-elles s'accorder ensemble dans l'unité d'un même texte, de telle sorte pourtant que tous les détails ne s'appliquent pas à la Mère de Dieu comme ils se vérifient de l'Eyliije:' Plus d'un interprète Ta nié. C'est par pure accommodatioiij disent-ils, qu'on peut approprier le portrait de la femme à Marie; par conséquent, le Saint Esprit n'avait aucunement l'inteiiliou de parler d'elle ni de nous y fuire penser, quand il inspira cette vision prophétique à l'Apôtre. Pas plus que Dossuet et tant de graves auteurs^ je ne saurais accepter leur conclusion.
Le docte Cornélius à I.apide, qui la rejette également, nous invite à chercher un moyen de conciliation dans un double passage de l'Ecriture. Le premier, qui est d'Isale, prophétise la chule de Bubylone; dans l'autre, Lzéchiel décrit la ruine de Tyr, cette antique reine des mers. Or, les deux oracles rappellent par des allusions éclatantes la chule des anges rebelles. Babylone el Tyr, personnifiées dans leurs rois, en ont imité l'orgueil; elles en partageront la catastrophe.
(ij s. Bernard., Serai, de la pracrujntivii b V. Jd , ejc vtrOn Apoc. XII, i sqq , o. 3, tqq P. L. ct.xxziii, 43o, «qq.
CH Itl. — L'èOLISC ST MARIS DANS l'aPOCALTPSB 69
Écoutons d'abord la voix des prophètes. C'est Isaîe qui parle au roi de Babylone. • Comment es-tu tombé du ' ' 1 astre du matinf Tu disais en ton cœur : Je <i jusqu'au ciel, je poserai mon trône sur
les astres de Dieu, et je m'assoierai sur la montagne du testament... et je serai semblable au Très-Ilaul. El pourtant, tu seras précipité dans l'enfer, dans l'abîme du lac » (i).
Voici maintenant la lamentation d'Ézéchiel sur Tvr : « I^ parole du Seigneur se fit encore entendre à moi, et il me dit : Fils de l'homme, dis au prince de Tyr : Vo'ci ce que dit le Seigneur Dieu : Parce que ton cœur s'e«.t élevé, et que tu as dit : Je suis Dieu, et je suis assis sur le Irône de Dieu, au cœur de la mer..., tu mourras de la mort des incirconcis, par la main des étrangers : car j'ai parlé, dit le Seigneur Dieu. Et le Soigneur m'adressa de nouveau la parole, cl il médit: 1 ils tif l'homme, fais une lamentation sur le roi de Tyr, cl dis-lui : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : T««i, \e srr.'fi de la ressemblance, plein de sagesse et parfait en beauté, tu as été dans les délices du paradis de Dieu ; mdie sortes de pierres précieuses formaient ton vêtement de gloire... Tu étais un chérubin aux ailes déployées; et je t'avais placé sur la sainte montagne de Dieu, et tu marchais au milieu des pierreries étincelanles. Parfail dans tes voies de- (Miis le moment de ta création, jusqu'au jour où l'initjiiii.- s»-si trouvée en toi... El tu as péché, et je t'ai précipité de la montagne de Dieu, et je t'ai fait disparaître, A chérubin prolecteur... Car ton cceur s'esl
(I) Im., mw, t»-ift.
fO L. Vni. — LES C^FATTS DE MARIE
enorgueilli dans ta beauté, el cette même beauté Ta fait perdre la saj^eiîse » (i).
Bossuet, dans une de ses plus belles Élévations, a réuni ces malifdictions prophétiques pour peindre la chute de Lucifer, le chef et le séducteur des anges rebelles (2).
Il est certain que les deux textes, considérés dans leur ensemble et dans leurs détails, expriment au sens historique et littoral les terribles châtiments dont furent frappées T}r et Babylone. Là dessus pas de controverse sérieuse. Mais ce qui n'est pas douteux, non plus, c'est qu'il y a dans l'une et l'autre prophétie des Irailsqui dépassent les deux c.<' ' ' 'ti
font nccessaircmetjt penser à cette ^ <',
bien autrement terrible, où sombrèrent les ançes révoltés. Et ces traits avec leur sig^nificalion plus haute sont voulus de Dieu. Ce n'est pas sans dessein que l'écrivain sacré les a choisis; non seulement la teneur même du texte, mais le commun accord des Pères et des interprètes catholiques en fait foi. D il ne peut être ici question d'un sens accommod
Faut-il admettre un sens littéral ou bien un sens typique? I/une el l'autre hypothèse a trouvé des partisans; et l'une et l'autre présente des difficultés particulières. Si vous soutenez le premier sens, on vous oppose l'impossibilité d'admettre pour le même texte un double sens littéral. Si vous admettez le second, on vous répond que ni la chute des ani,'es ne peut servir de type à celle de Tyr ou de Babylone, ni la chute de ces deux villes n'est le type de celle de Lucifer et
(1) Ez«cii., rxTiii, i-i8.
(9) Dossoet, Eléwtions : 4* Km., a* El/rat.
ca. m. — t'écLisB rr marie dams l'apocalypsb ^ i
de sen anges; d'un côlé, parce que le fait qui représente typiquement un autre fait, doit être un événement de moindre importance; d'un autre coté, parce que le type doit devancer l'anlitype et ne pas venir après lui dans l'ordre de la durée. Si, revenant au sens historique vous prétendez, pour en sauver l'unité, que telle partie de la lettre s'applique uniquement aux rois de Uabylone et de Tyr, et telle autre aux révoltés du ciel, on vous oppose l'arbitraire et le vn.- " " icc[)tion.