ce problème à l'aide d'un
texte évangélique, qui nous amènera, je crois, à ne voir el dans les deux prophéties et dans l'Apocalypse (\\ïane seule signification litti'rale, à l'exclusion de tout sens proprement typique; je veux parler du passage de l'Evangile où Notre Seigneur promet à Pierre la I '■'• de juridiction sur son '' ' : <» Tu es
!*• -ir cette pierre je bilirai I! ise, et les
portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle » (i).
' - Pères, saint Augustin, par exemple, ont
\i; Mo pierre fondamentale dont parle Notre
>' i. ht- 1 , ,1 ;s-CI»rist lui-môme. « Sur cette pierre que lu as confessée, j'édifierai mon kglise : car la f.ierre était le Christ (a), et c'est sur ce fondement • ju»' Pierre, lui aussi, a été édifié • (3). On sait comment les adversaires de la primauté du Saint-Siège ont abusé de ce i< zt et d'autres analogues
pour atténuer la fo: . i donation faite par Jésus-
Chrisl au prince des Apôtres. Les défenseurs de la primauté de Pierre répondaient justement que ces Pères,
: M -iih,, in, iS.
[S) 8. AsfBftUa., Trorî. i»4 in /mm., b. b. P. L. issv.. iq:^
73 L. VIII. — LES e.XFAXTS DE MAniE
el parmi eux Augustin lui-même, ont, en d'aulres endroits de leurs œuvres, donné l'interprétalion commune.
Mais, pour ne céder aucun avanlaj^e aux ennemis de la foi, ils ajoutaient que l'interprétation qui fait de la pierre le Christ n'est pas en désaccord avec celle qui par la pierre entend TApOtre. Loin de se contredire, elles se coordonnent harmonieusement l'une et l'autre et se complètent : car, si Pierre est un fondement assez solide pour porter l'Eglise, c'est qu'il s'appuie lui-même sur le fondement du Christ. Impossible de concevoir Pierre comme le roc inébranlable qu'il doit être, sans penser à Jé&us-Christ, le fondement en dehors duquel personne n'en saurait poser un autre (i). On ne peut donc pas dire que le sens, donné par saint Augustin, soit opposé au sens où la [irimauté de Pierre est affirmée; ce n'est pas même un sens si différent qu'on ne puisse l'admellre, sans reconnaître deux significations littérales: car il est implicitement renfermé dans le premier, puisque l'un bien compris mène à l'autre et le fait entendre (2). Qu'estce donc? Un sens littéral, mais complémentaire.
.\près cette apparente digression, reportons-nous aux textes d'Ezéchiel el d'Isaîe. L'un et l'autre signifient liitéralement et directement la ruine des princes coupables e( ccl!e de leurs villes capitales. Mais ils
(1) I Cor , III. >. De U cette interpr^latioo donnée par MÎnl 1^'on le Grand ; Ta es PrtrtK, id rsl.rim r^o sim iuviolabilis p«'tr9, ^po i.iji « af ] lod nemo poir»! r ;
lii lie solidaris, ut
p< iiiotie coauDUQia. ^w<«. J m
..i.-r (If l'I-oùle : VfrbaDomini $1 i ul pt.irain ; du ».
p< . in i]ua iVlriu. "
cil' . •• !in-lc Prtnim Cl ai.uiwii ' .urisiniii. >/r, ni unti-
ti'j'ii ('j-.A ; i. '..• -• I.» liitcial.
cil. III.
— l'cgli.se et maric dans l'apocalypse 73
rappellent en même temps une ruine plus terrible, dont celle-ci n'est tout au plus qu'une faible image ; une ruine, qui fui le premier principe des désastres annoncés par les deux prophètes, je veux dire la ruine de Satan et de ses complices. Le lien qui rattache entre elles ces catastrophes est manifeste. L'orçueil de Satan a ins[>iré l'orgueil de ces princes de la terre, cl leur ihàliment est modelé par le Dieu vengeur sur la punition du grand rebelle, comme leurs crimes sont une imitation de son crime. Voilà pourquoi, sans doute, les prophètes n'ont pas cru pouvoir mieux exprimer les tristes destinées de Tyr et de Babylone, personnifiées dans leurs princes, qu'en eu' [»our les peindre des termes qui /Y// " !i
cal- .. , -c primitive. Termes dont ils ne ^c i t
pas ser>'is, si l'intention de Dieu n'avait pas été de remettre en mémoire le passé, pendant qu'il prédisait le futur (i). Donc, ici encore, le sens histori(|Ueel littéral est unique ; mais il renferme directement ce qui est signifié, et indirectement ce que nous appelons <7'' ' en d'autres ' ' ' ' ,il
<lir : , jMjse et rapp» 1 à 1.
S'il o'jra pas, comme on lecraignait, un double seti> liii'Tal, il n'y a pas non plus de sens typique |>[ m* ni dit. Ce n'est pas que les événements sipar le texte sacré n'aient entre eux le rapport de: à chose figurée. Ce rapport existe, nous l'avons prouvé, II. N ' ' ••- r.illdans ! ' îi-
n.« ire: car l< 11
des tnges ne symbol 1 chute des cités cou-
(i) Voir W coniMouirt du P. CuibeaUaar mt k pMMfw d Ca^ chMl.
7^ L. VIII. — LES ENFANTS VK MAKIE
pahlcs, comme i'Açneau pascal figurait Jésus-Christ, notre victime. Elle a plutAl le caractère de prototype, comme sorail 1' ' sur lequel un jn se
inférieur est nu , ns, par exemple, ^ 'C
Seigneur est le type du chrétien ; el la vie du ciel, le type que nous devons tendre, avec le secours de la grdce, à reprotluire en nous pendant ce temps d'épreuve (i).Mais cela ne suffit pas à faire un sens typique. En eiïet, ici la lettre exprime et la figure et la chose figurée, tandis que, dans le sens figuratif ou typique, la figure seule est signifiée par les mots.
C'est d'une manière analogue que la bienheureuse V'iergc parait être présentée dans la célèbre vision de l'Apocalypse. Tous les traits du tableau s'appliquent littéralement et directement à lEglise. On pourrait même accorder, si l'on veut, qu'il en est qui lui conviennent à elle seule. Telles, par exemple, les douleurs que la femme éprouve dans l'enfanlemenl de son fils. C'est ce qu'ont fait remarquer plusieurs Pères, encore que d'autres croient pouvoir les interpréter de Marie, considérée non pas comme .Mère de iJieu, mais comme Mère des hommes. Il n'est pas rare, en effet, de trouver les soufTrancesenduréespar la Vierge, alors qu'elle nous enfantait i\ la grâce, comparéf"^ "v angoisses de la femme qui devient mère.
Mais si le sens littéral va d'alK)rd et pleinement à ri\ ' ^îarie n'en est pas absente. Pourquoi? Parce qii< -'■ vierge et mère suppose .Mario, mère et
vierge; parce que l'une est faite à l'imitation de l'autre ; parce que les fils de l'Église sont encore plus ceux
(1} Fiat ToIootM Um ticut in coeloet io terra.
Ol. tu. — L KOLISE ET MARIE OA!<S L APOCALYPSE 7S
de Marie; parce que le grand signe apparaissant au ciel, la femme revêtue du soleil avec sa couronne de «luMze (*loilcs, nous met naturellcmenl sous les veux lii I\oine des Ap(ilres et la souveraine du monde. C'est rK;;lise, mais TK^^Iise dans le rayonnement de Marie; mais l'Eçlisc peinte avec les couleurs qui conviennent principalement ;\ Marie, parce que l'une est l'exemjihiire, et l'autre. la copie.
Et ce qui confirme admirablement cette manière de '•s i\e\i\ mères comme étant représentées ;^- '-• portrait, c'est qu'il en estdc Venfanl tout
ainsi que de la femme. Voyez, en effet, cet enfant tel qu'il est décrit par l'ApAtre dans sa vision. La femme o mit au monde un enfant mâle qui doit çouverner toutes lesnations avec un sceptre de fer i>,ellc dragon se dressait pour le dévorer dès sa naissance. A coup silr. i! f I ' ' ^ ce fruit de la femme, reconnaître les Tih <!«• II. ;>iiisqtie c'est ainsi qu'ils nous sont dé-
peintsparle livre sacré. Dans celte même Apocalypse, le Fils de l'Homme n'a-t-il pas dit à l'évèquc deThyatirc : 0 Celui qui sera victorieux et gardera mes œuvres ,i;sju'à la fin, je lui donnerai puissance sur les nations, il les gouvernera avec un sceptre de fer, et il les brisera un vase d'argile, ainsi que je raiobt'ni iiu) le mon Père » (i). Mais pourquoi r. iti autorité sur les nations appartient-elle aux fidèles? Parre qu'elle leur est communiquée par le Fils de la Vierge qui la possède en propre; parce qu'ils font partie de sa personne mystique ; parce qu'il est leur prototype, et qn'ils sont eux-mêmes quelque chose du Christ. Aussi bien, l'Apocalypse a-t-elle plus instam-
(I) Apoe., n, iA<»8.
7^> L. vtii. — LES zsrkxn db mahib
ment affirmé de celui-ci « le sceptre de fer », qu'elle
nous montre aux mains de ceux-là. Parlant de celui
"-• «lu nom de Verbe de Dieu : « El de sa
-, ,. L'Ile, sort un glaive à deux (ranclianls
pour en frapper les nations : car il les régira avec un sceptre de fer... El il porte écrit sur son vêtement et sur sa cuisse : Hoi des rois et Seigneur des seigneurs » (i). Donc, ce premier caractère de Teiifanl appartient principalement au Fils de Marie; s'il convient à la race de l'Eglise, c'est qu'elle participe aux prérogatives de son Chef.
Le second caractère, celui d'élre poursuivi par la haine du dragon d'enfer, est premièrement le lot du Christ, et ne passe aux fils de l'Eglise que par déduction; c'est-à-dire, à cause de l'union qu'ils ont avec le Christ. Ce que le diable poursuit en eux, c'est l'image et la personne du Christ. Par conséquent, r.\[>ôlre, en écrivant sa vision, et l'Esjirit Suint qui l'inspirait, n'avaient pas l'intention de parler exclusivement des his de rhyl-se, mais de nous les présenter dans leur alliance inlime avec le Christ, Fils de .Marie. Telle est la raison des expressions qu'ils emploient. Par conséquent aussi, l'enfant de l'Église et l'Enfant de la Vierge sont renfermés dans l'unité du même sens lilli'ral. Or, cela même est une nouvelle preuve que \a femme doit s'entendre et de l'Eglise et de Marie : car le rapprochement entre les mères est démontré par le rapport enlre les enfants.
Voulez-vous une troisième preuve? Méditez le grand combat dont il est parlé dans la même vision (a). De
fi) Apoc, xiz. i3, 1&-16; col. Puiffl., ti, 8, 9. {*) Apoc., XII, 7-10.
en. lii. — L CGLi&K rr marie dams l apocalypse 77
quelque manière qu'on l'interprète, ii est roanifesle-
ment impossible de ne pas voir dans celte iutlc, à
Ile prennent part et le ciel et la terro, ceile-l;\
v.nc que le Saint Kspril esquisse en quelques traits
<s les premières {>ages de la Genèse. I^ nom même
la chef des ennemis suffirait à faire la conviction :
C'est le grand dragon, Vantiqiie serpent, le diable
l Satan b (i; : autant d'expressions qui rappellent
le premier tentateur et les inimitiés prédites entre la
femme et le serpent, entre la race de la femme et les
adhérents du monstre infernal. Or, nous l'avons vu,
les fidèles, enfants de l'Lglise, sont la race de la
femme, parce qu'ils appartiennent au Rédempteur, et
' ' lu'ils lui sont unis. Par conséquent,
, on ne saurait penser à la femme
!c la vision sans voir Marie, sans la contempler en
■'. Et, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le
... lui-même et la nature des choses en font une loi.
! >onc, pour conclure, la bienheureuse Vierge nous
pparuti dans cet oracle inspiré, telle que nous l'avons
' les chapitres précédents, comme l'exemplaire
-<• et comme sa mère (a).
Ainsi tout s'accorde et s'harmonise. II o'y a plus
<• les Pères, Si ' 1» n'ont
, , . , .- ^'^ iisnt le symbole u c, cl si
I autres l'ont approprié seulement à l'Eglise, c'est
^ ne l'uni pas considéré dans sa pleine et totale
L^iiification. C'est pourquoi vous n'en trouverez pas
aa seul qui ail écarté d'une manière absolue soit
*ur loatc Mtic matière 1* P. Il.>M. de U Droite, MuUtr . ffMOi •x*yttifa0. Etodee, t. LXJU («ml-joia 1897),
^S t. Vlll. — LES BlVrANTS DC MARIE
Marie, soit l'Lglise. Tout au plus, quelques-uns ont-ils fait observer que certaines parties du texte ne peuvent Olrc il es de la Vierge, Mère de Dieu.
J'ai -j.. I..IC leurs tcinoignages. Il me paraît ia|-idient de revenir sur celui que Bussuet attribuait a saint Augustin, et que la critique moderne tient pour une œuvre au moins douteuse du > " ' «leur : car il me semble rendre toute la sign i du texte.
L'auteur s'adresse aux Catéchumènes :
« Notre sainte mère l'Église, leur dil-il, vous a reçus dans son sein par le signe très sacre de la croix. Elle vous y formera spirituellement avec une incrovable consolation, vous les nouveaux rejetons d'une si grande mère, et vous y nourrira d'aliuieiiis convenables, jusqu'au jour où, vous amenaal régénérés par son baptême à la vraie lumière, elle vous enfant' ise elle-même. C'est qu'elle n'est
passf .. -icequi condamnait Eve à mettre
au monde dans la tristesse (i) des iils partageant, dès leur naissance, les larmes de leur mère. Les liens formés par Eve, elle les dénoue, et la postérité que la désobéissance de celle première femme avait vouée à la mort, elle la rend à la vie par son obébsance. Toutes les ' ' ■> faites à votre sujet par le
nu Uieu, exorcismes, prières,
cantiques, insufflations..., sont la nourriture spirituelle dont votre mère l'Eglise vous restaure, vous, les fils qu'elle porte en ses entrailles, pour vous offrir, à la sortie du baptême de la renaissance, heureux et purs, au Christ son divin £poux.
« Vous avez aussi reçu le symbole, sauvegarde pour
(i) G«o., iti, t6.
cil. III. — l'église et MAniE DANS l'aPOCàLTPSB 79
^■^. «'''^m/rtf^nten/à/i/f contre le venin du serpent. Dans
) -alypsc de l'apôtre Jean, il est écrit que le dra-
. '>o se dressait devant la femme en travail pour en
■rer le fils, aussil(M qu'il serait né (i). Personne
tus ne Ciijnore, le dragon est le diable, et la
mme représente la Vierge Marie, mère immaculée
V noire Chef immaculé, f/iii nous ojfril en elle-
xémelafiijure de la sainte Kglise, quae etiani ipsa
'juram in se sanctae Ecclesiae demonslrauit « (a).
''ersonne ne t ignore : un auteur grave, comme celui
■ -'' révèle i ''s Homélies sur le symbole, ne
il pas à . Ce n'était donc pas une inter-
rétation nouvelle, mais la persuasion commune des
reculés. Et nous voilA rame-
- - .le et si simple d'un sens lit-
• ral unique, où l'Église serait immédiatement décrite, i.'iis avec une allusion claire et voulue à l'exemplaire . 1 |. .1: .. -, I . Mère du Dieu fait homme et de ses
Le commentaire apocryphe de saint Ambroise sur • j'ai déji'i ' ' * .'nd
• union <i -rcs
> »us la dénomination commune de (ils de la femme, t, par conséquent, de TK^Iisc et de Marie son pro- " '>f , dans la si" -f^- ''ion littérale et r<'"«"i"i' de texte. Il se .: le pourquoi du , tif:
I : mil au nivonde un enfant mâle, n S'il s'agit de la ' • l de Notre Seigneur, ne s;r ns pas.
Il soit besoin de le dire, que 1 appar-
tient au se.\e viril? S'il s'agit de Itlglise, est-ce donc
»i, 4ib.ad Cal* ... . L. IL, GCo, Ml
8o L. VIII. — LBS ENFANTS DE MARIE
qu'elle n cnraiilc pas chaque jour à Dieu, son bpoux, des filles comme des fils? Oui, mais de sa nature le sexe de la femme est frag^ile; or, pour résister au diable et se livrer tout entier aux œuvres saintes, il faut de la force; donc une femme qui fait l'un et l'autre cesse d'être femme, c'est-à-dire faible; désormais,c*est un homme. Donc, la femme mit au monde un enfant mâUf parce que ri']g1ise enfante tous les jours les membres de Celui qui fut engendré par la bienli<iireuse Vierge Marie. Il ny a donc qu'un Enfant mal-, rois an monde par la Vierge et journellement enfanté par l'Église; parce que le Christ avec ses membres est un Christ unique : et c'est là l'Enfant qui doit gouverner tous les peuples avec un sceptre de fer » (i).
Afin de rendre ces idées encore plus nettes, résolvons quelques difficultés. Je les trouve pi ' ^ dans un opuscule du savant Newman, à < i même où, développant le môme texte, il en applique à Marie la signification littérale (3).
Premièreobjection. — L'interprétation qui rapporte la vision de \di femme à la Vierge est faiblement appuyée par les Pères. Première réponse donnée par Newman. a Les chrétiens n'ont jamais demandé aux £^ritures les preuves de leurs doctrines, jusqu'au moment où« pressés par la controverse, ils en ont positivement éprouvé le besoin. Si, au temps des Pères, la dignité de la Sainte Vierge ne fut attaquée doclrinalement d'aucun c<3té, l'Ecriture, ou du moins
(i)Existiin. Ambrot., /.e. P.L. xrit 877. Il faudrait lire chez cet •oleur toute l'exposition d« -*•-•:■— v.,ii« part, chez les Père», on n'eo trouvera dr plus claire et <i
(s) >'e\»maD. Du culte ar dans VEglite catholique,
LeUre au D* I^lMy. (Pari», Douaiol, ii->y>
en. lit. — l'cglisb bt ukme okus l'apocaltpsb 8i
les argumeuls de l'Écriture sur ce poiat devaient, selon toute probabilité, demeurer pour eux lettre close » (i).
Dira t-on que la di-^nité de Marie fut attaquée de bonne heure : n'a-t-on pas nié sa virginité, sa maternité divine ? Sans doute ; mais le texte de l'Apocalypse n'allait explicilement ni à venger l'une, ni à établir l'autre. D'ailleurs, il faut bien le dire, ce livre n'était pas de ceux qui d'ordinaire étaient ou cités ou commentés par les plus anciens docteurs. C'est pourquoi r<jl>j«'<lion contre l'attribution du texte à la bienheureuse Vierçe peut se retourner contre l'application faite à l'Église, et se résout de la même manière et pour l'une et pour l'autre.
Seco.tde objection. — Attribuer à l'ère apostolique une telle peinture de la Vierge, c'est commettre un anachronisme. « Quant à la seconde objection, dit encore Newman, j'estime quelle est purement imaginaire, et que la vérité se trouve dans la direction précisément oj.jK.s.'c. L'idée de la Vierge avec son Enfant, loin d'être |>urcmeut moderne, est reproduite à chaque instant dans les peintures des Catacombes, comme on peut le voir en visitant Home » (2). Souvenons-nous de la lettre sur les .Martyrs de Lyon, comme aussi du texte de Qémcnt d'.VIexandrie. Ne supposent-ils pas fuD et l'autre chez leurs auteurs le souvenir et la vision de la Vici *' ? a Je ne nie pas, continue le futur cardinal, .; ;lisc ne soit ropréseutée sous
cette image de la femme. Je soutiens seulement que l'Eglise n'eût pas été représentée par l'Apdlre sous
I'i) Newinco. op. e.. pp. 8a -63.
>) Id., ibid., p. 64.
tA HkBI DU «OlUaM. — Il . — 6
8) L. VIII. — LU BJtrâKTS DE MARIE
celte ima^c particulière, si la bienheureuse Vierge Marie n'eût pas été élevée au-dessus de toute créature, et vénérée par tous les fidèles » (i). Ajoutons : si TF^'Ilsc n'était pas formée sur elle comme sur l'exemplaire dont elle est la plus excellente représentation, cl si l'Esprit Saint n'avait pas voulu exprimer ce mutuel rapport.
Ncwman voit aussi dans la rencontre de la femme, de l'enfant et du serpent une relation manifeste entre la vision apocalytiquc et les premiers chapitres de la Genèse; d'où il conclut, comme nous l'avons fait, que, si le dragon de l'Apocalypse est le serpent de l'Eden, et renfanl mâle, l.i ' lé de la f ' " il bien
que la femme elle-i il la hiei; i re du
Hédempteur et des rachetés. Admirons donc avec lui comment les dernières patres des saintes Ecritures répondent aux premières, et saluons dans les unes et les autres la Mère de noire Sauveur et de son corps mystique qui est la sainte Eglise.
" e le dire? L'Eglise n'' ' îe
la ' 'ju'elle ne l'esl de r.\ . -r
de la femme, c'est avec Jésus-Christ tout fidèle, tout membre de Jésus-Christ. Or, l'universalité des fidèles qu'est-ce autre chose que l'Eglise elle-même? Serailil possible d'aller encore plus loin, c'est-à-dire, d'entendre aussi les paroles du Sauveur mourant, non seulement de Marie, mais encore de l'Eglise et des enfants de l'Église; en d'autres termes, quand Jésus- Christ dit : Voici votre fils; voici votre mère, Jean p- "'il en sa personne tous les fidèles, et
Mu..;. . .-^.. ,;; non par la substitution d'un sens à
(i] ld..ibid., pp. «7. 68.
en. m. — l'couss et marie dans l'apocalypse 83
l'autre, mais par une extension du sens primitif, ou mieux peut-être, par une accommodation fondée sur ' " 'ours l'onl [tensé.L'bi: lise /VniV^ Marie, ^ -- j ; les chrétiens doivent se faire à l'i-
mage de Jean, le disciple bien-aimé de Jc^sus.
Par conséquent, le rapport du fidèle avec l'Éijlise d(»it être modelé sur les relations entre Jean et Ma- >v l)t [ij( me donc que les iidèies sont confiés à Marie «. \sL personne de Jean, ils sont aussi confiés à rÉ^lise. ' ' ■ Nicole a remarqué dans ses /^ '
jt/e. Après avoir, con.me tant u interprété les paroles du Sauveur dans le sens exposé rnment, il ajoute dans un autre endroit :
.......i, Jésus-Christ, près de quitter le monde, a
voulu, par un soin incompréhen!<ible de notre salut,
substituer à sa place un objet i\ notre charité envers
IIS exercer l'obt'i ' *
: us lui devons. <
qu'il a formée sur sa croix, et qu'il nous a donnée
I ' ur mère... C'est cette obligation qu'il a voulu nous
marquer en donnant la Sainte Vierge à saint Jean et
saint Jean à la Sainte Vierge pour son fils. Car par
• -'te divine substitution il lie tr)us les chrétiens à
Il -lise fiont la Sainte Vierge était la fit^re, et à la
Sa.iiio \ Kige qui en était le principal membre. U
les oblige d'avoir une confiance toute particulière
■ et en l'autre ; cl il
1 j l'esprit d'une charité : --.
■es enfants; et cette charité parait principalement dans ! < ^aiiite Vierge qui les porte tous dans le sein de sa
■* .it*. »,i>/if auiij i. ■ J.-c., <ie»« •ur'*i* tJ-on, | i3,