I.. Vltl. — LIS CNFAXTS DE MARIK
les péchés ni guéri tous les pécheurs, parce que ceuxci ne l'ont pas voulu » (i).
Fous ! ' mes ont donc élé rachetés, en ce sens que .lésn ^t par sa mort a mérité pour tous les
grâces capables de les sauver tous; et tous n'ont pas été rachetés et sauvés de fait, parce que la liberté humaine, résistant aux desseins de la divine miséricorde, n'a pas permis que l'universelle vertu de la Passion leur fût appliquée. Personne n'est exclu de la foMlaine de vie qui coula des plaies du Sauveur ; mais tous ne viennent pas y prendre le bain du salut. C'est ce que le docteur Angélique a coutume d'exprimer par deux mots que les théologiens emploient d'ordinaire après lui : « La passion du Christ a détruit tous les péchés et fait de tous les hommes autant d'enfants de Dieu quant à la suffisance de la satisfaction et du mérite, mais non quant à l'effet) quoad snfficientiam satisfactionis et nierili,... non autem quantum ad efficientiam » (^a).
Or, de même que dans un certain sens tous ne sont pas rachetés et sauvés, ainsi, parmi ceux qui participent aux fruits de la Passion, tous ne sont pas également rachetés et sauvés, parce que la mesure de participation n'est pas égale pour chacun (3). Il est donc vrai de dire que Jésus-Christ n'est pas également le Sauveur des hommes; il ne l'est pas des pécheurs comme des justes, des incroyants comme des fidèles, des élus comme de ceux qui ne wersévèront
(t) S. Joao. Chrjsoct., hom. tj in ep. ad Hebr., n. s. P. G. Lxin,
i9 S. Tbom . io Sent. ni. D 19, q t, a. 1, »ol. a ; cf de Vent., q. *9, •■ 7, ad 4. ^ et 19 ; 3 p.. q 49. *• >• *'\\
(3/ C e«l aioM qu'il est dit de la Vierge immaculé qu'elle a ^ ra* ebetfc d'une manière plu» sublime, iablimius redempta.
en. IV. — MARIB, Mens DE TOUS LES HOMSIES 89
pas dans sa grâce. El c'est en ce sens que rAptMre écrit du Dieu vivant « qu'il est le Sauveur de tous les hommes, principalement des fidèles » (i). Donc, pour tout résumer en deux mots, Jésus Christ est virtiteliement par sa mort le Sauveur de tous les hommes, mais il ne l'est pas actuellement, parce que tous ne participent pas à la vertu de son sang, comme il le faudrait pour arriver au salut. On comprend d'après ces principes comment Dieu, bien que toutes les créatures raisonnables puissent lui dire : Mon père, ne les lient pas au même degré pour ses enfants. C'est [>ar la grâce sanctifiante et par l'efîusion du Saint Esprit dans nos âmes que nous sommes formellement constitués fils d'adoption. D'où l'on voit que la paternité divine comporte, non moins que la qualité de Sauveur, des degrés aussi variés que les conditions dans lesquelles on se trouve par rapport à la grâce. C'est en conséquence des mômes principes que la tliéologie, traitant de l'incorporation des membres du (IhrisI dans la personne mystique du Christ, y dislinli^ue des degrés analo^^res à ceux de la filiation divine el de la rédemption. Sans parler de ces malheureux, •'•' '■ fient retranchés du corps du Christ pour être II. . . iiis l'impénitence finale, il en est qui ne sont unis à Jésus-Chrisl, leur tête, qu'en puissance el par destination : je parle de ceux qu'aucun lien, pas même c<;lui delà foi, ne rattache au divin Chef. En d'autres, tels que les pécheurs qui croient et qui espèrent, mais qui n'ont pas encore reçu par la justification la grâce S' ' ^ lie et la charité, l'union n'est uuère qu'en • Pour qu'elle soit [>arfaile, il faut le nœud
(i) I Tim
<)0 L. VIII. — LES erCFASTS VZ MAniB
sacré de Tamour divin. Encore la cohésion du Chef avec les membres, des chrétiens avec le Christ, n'aura» l-plle sa perfeclion suprême que dans la gloire : parce que c'est là seulement que la télé influe dans chaque membre toute la perfection de la vie surnaturelle, et que les membres sont unis à leur léte par des nœuds éternellement indissolubles (i).
Appliquons cts principes à la maternité spirituelle de Marie. Êtcs-vous du nombre des élus qui jouissent de la ï^loire ; membres de Jésus-Christ avec la certitude de n'être jamais séparés de ce divin Chef, immuablement incorporés à sa personne mystique, enfants de Dieu admis ù rhérilai^eduPère et dans la plénitude du salut; vous êtes par là même enfants de Marie dans le sens complet du mot.
Appartenez-vous encore à l'Église militante; justes et saints devant Dieu, n ' ^ du Christ
vivant; vous aussi vous ' ^ Marie; mais
dans la période de formation. En saluant Marie comme votre mère, rappelez-vous que vous pouvez encore être arrachés de ses bras maternels, non par sa faute, mais par la vôtre ; comme vous pouvez être séparés de l'amour de Dieu, de la personne mystique du Christ, et perdre le salut.
Faites-vous partie des fidèles, ma's retenus dans les liens du péché, Marie voit encore en vous son fils ; un filg qui pour l'heure ne l'est que bien imparfaitement, comme il participe imparfaitement à la vie de Jésus-Christ, c'est-à-dire à la vie surnaturelle, qu'il ne possède qu'en préparation. Et cet infidèle, qu'il le soit par le hasard de sa naissance ou par
(i) S. Tbom.. 3 p.. q. 8, a. I.
Cil. IV. — MARIE, MÈRE DE TOUS LES HOMMES Ql
sa propre malice, Marie ne l'a pas rejelé comme un étranger. Il pourrait lui crier : Ma mère« dans la mrstirequ'il peut appeler Dieu, son père, et Jésus-Christ, Son frère. Il n'est clans le sein virginal de cette mère de miséricorde qu'à l'état de germe encore informe. M;«i< s'il nonif^l pas un obstacle invincible aux influences tle son amour; s'il ne contrecarre pas l'action du Saint Esprit qui repose en elle pour la rendre toujours féconde, viendra l'heure où Marie pourra dire aussi de lui, comme de ses autres enfants : « Me voici, moi et les fils que %'ous m'avez donnés ». En attendant ce bienheureux jour, la divine mère le regarde comme un fils à former ; elle le veut comme sien, et il ne drpentl pas «Jclle qu'elle ne l'engendre enfin de fait à la vie des enfants de Dieu. Qui donc n'est d'aucune manière, à aucun titre, l'enfant de Marie? Le damné. Celui-ci elle ne le connaît pas; son amour maternel. si incommensurable qu'il soit, ne l'enserre pas dans sa chaude étreinte; elle ne suit même pas, comme la vetivr de Naîm, ce mort qui fut ■ '■ '" ^ son fils, pour a[>|)tl.T sur luile bitMifait de la i< non. La raison,
€*est qu'il est irrévocablement séparé du corps de Je- «iu-^ " ' " '^ ne pourra jamais
r.iL , ., . i . - ; ^ , ars son iiiL^'i" iini.i-
toyable et jamais son Père (i).
(i) Allî^u^tf Ni. 1s«, (1«n« l'un de tti onTTi^rff «nr U M*rf ât Oîeu,
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<' >■«■. Cw oc <{iu expnac i« mMas te* •af'iMCS da dcnucr jour, et
ga L. VIII. — LXS ENFATTR DB MAIIIK
Voilà donc les deux termes extrêmes de la malcrnilé spirituelle de Marie : d'un côté, les réprouvés, de l'aiif ' ! Vnlieureux du ciel. Entre ces deux termes - I» rient à des dcçrés inégaux les enfants de cette mère à jamais bénie. Et cela suffit à nous faire entendre les différentes expressions employées par les Saints, quand ils parlent des enfants de .Marie. Leur but n'est pas d'exclure du priviiéçe d'enfant ceux qui n'ont pas atteint soit la foi, soit l'état de "-^'f', soit la gloire céleste; tout au plus %'eulcnt-ils aler l'inéîjalilé de perfection suivant laquelle est possédé ce privilège.
II. — Or, ce n'est pas seulement des hommes qui sont venus à l'existence après elle, que la bienheureuse Vierge est la mère; elle l'est aussi de tous ceux qui l'ont précédée, dès l'origine des siècles. C'est un dogme de notre foi que, depuis la promesse du Lilnirateur faite au genre humain déchu, toute grâce et tout pardon dépend du Dieu fait homme. Ce que prêchait saint Pierre aux Juifs, « qu'il n'y a de salut en aucun autre : car nul autre nom (que celui de Jésus) n'a été donné sous le ciel aux hommes par lequel nous devions être sauvés » (i), est vrai, sans exception, pour tous les temps.
Montez au ciel et vous entendrez l'universalité des élus chanter en chfrur devant l'Aj^neau : « Vous êtes digne. Seigneur, de recevoir le Livre et d'en ouvrir les sceaux, parce que vous avez été mis à mort, et
n'p^t pns Ae prnvrr qnr Ip monde est en mines, el qiM Dieo e«t coarr ■ Marie oe •« fait plu<( ro>