L TB
t.. ' lu«
<nl
i , Tt
la
^i*t\ *k*^ (M ovl. i|. ik. a. i, atl 4*
gC L. Vill. — LES BXFAirrX os MARIE
faut en dire autant, toute proportion gardée, de la croyance à la Mère du Christ : car cellc>ci, d'après l'ordre des divins conseils, est nécessairement cou avec celle-là (i). C'est pourquoi nous voyons la icl lalion de la mère aller généralement de pair avec les manifestations prophétiques du Fils (}). Nous voilà donc rcveuus à celte vérité mani'" ' ; • le salut ' hommes, à partir des divines pi> faites à i
manité coupable et déchue, dépendait non seulement du nouvel Adam, mais de la nouvelle Eve, son inséparable compagne. N'est ce pas assez pour affirmer, comme nous l'avons fait, son droit de maternité sur les hommes, durant la longue série des siècles qui précéda l'Incarnation du Fils de L)ieu, son Fils?
Aussi bien, trouvons-nous mille témoignages pour <:onfirmer expressément ce droit de maternité. J'en citerai quelques-uns pris, pour ainsi dire, au hasard. Écoutons en premier lieu saint Bernardin de Sienne. Ë.\pliquaAt à sa manière le symbolisme des douze étoiles que saint Jean vit au front de la bienheureuse Vierge: « La seconde, écrit-il, est une étoile de préser' vation. Marie, pendant des millions d'années avant sa naissance, a sauvé de la destruction d'abord et principalement Adam et Lve, et puis leur postérité ton! tière. Nos premiers parents, en elfcl, par leur ré\ avaient mérité non pas seulement la mort, mais l'anéanlissemenl; et de même que Dieu n'avait pas épargné les Anges, il pouvait châtier sans espérance de
(i) Voir WP., I.II, ch. i, toal entier; t I, pp. iib. suir.
il' Jlid . DU i ■ o. I J I . I 3o. De là \ ict.l iitir ki rM.rr.ir)Cfs et les as-
c/intl.a-i.ime. «... •.), i, ]il ji, ôCk>. '-l. J'j>6«^ii», de I//trnac. U. V M. Concffita, S. V, a. 88i, sqq.
— M4KIB, lliilK OC TOUS LES HOMMES g^
pardon les pt^ch^^s des hommes (i). Mais il eut pitié de ceux-ci par la dilection très singulière qu'il eut pour la Vi«'ru'e ; car, de toute éternité, il Taiiua d'un amour d'cjuccs sur toute créature, riiunianité qu'il devait s'unir personnellement srule excepice. Voilà pourquoi nos premiers parents furent préservés de la destruction *' ivaienl m ' • ■ • \- • était sémii en eux, ^ . • un jour de leur descendance, el que d'eux aussi devait naître Ml par elle le Fils de Dieu, Jésus-Christ, iiîur. Ce fut lu ce qui leur valut la divine '" • ; car, si Dieu les eût fait périr, ni la Vierge Il ■ >' rail née, ni, par conséquence, le Christ n'eût re- ^••t(l II tre rli lir. Donc, c'esT ' ' • U'ès noble Cl t\«iiii -• .|!!.- I MiMi sauva nos -s de leur révolte.
* En ttjon d'elle encore Noc fui délivré des
eaux du ; Abraham, des années de Chodorla-
horoor; Isaac, de la persécution d'Ismaêl ; Jacob, des mains d'Esaû ; le peuple juif, de la fureur de Pharaon. F'', p Mir t t:' lire en un mot, toutes le» déli. t ' i> I'^ i'i lis octroyés dans l'ancien T< Dieu les accorda, sans nul doute, pour l'amour de
. qu'il avait élernellemeiil
. - , . toute autre créature j* (aj.
Assurément, c'est là dire arec assez de clarté que la "> > * Marie reflue sur toutes les générations»
jUN^j.. .. . ...igine des temps.
'. >j •,<■.■ î t' I , (| I , a. « , IM II, I ' , . ij I , B ï , — r<. i.iMia' ,
'7. P- I •• I, q. I, cic. : — Hclao.<y# Imetm , L. su, e. lo. I. Mra., Srrm. prv ^VrMM» 4 ^'
-1. nea.t arrm. «r»
«V'j.' . « tu»., c >. 1 fv,
L4 MÈ»» OU auiiaii
Saint Uemardin de Sienne n*est pas le Rem .1 trtnr ce langage. A vrai dire, il n'a fait que n^pôter à sa manière ce que mille autres, et parmi eux les plus illustres des Pères et des Docteurs, avaient dit avant lui. Ne les avons-nous pas entendus préchant de Marie qu'elle a été VAuocaie tTkve (f), Tunique espoir des Palrinrclies, et plus généralement de toute la race humaine; toutes choses qui suffisent à constituer sa maternité spirituelle, en d'autres termes, à faire de Marie, sans restriction, la mère des vivants^ comme l'a nommée saint V ' V ' "' '<r
aussi les ardentes prières o\ ^ , ut
Marie de répondre par son consentement à l'ambassa- <icur céleste qui lui proposait la maternité du Dieu fait homme; témoignant par là que d'elle et de sa volonté dépendaient leur délivrance et le salut du monde ?
Désirez-vous des» textes si clairs et si formels, qu'ils ne î !''nl aucun commentaire pour être compris :
« li lUx, trois fuis bienheureux èies-vous, Joa-
chim et Anne; mais plus heureuse encore mille fois la descendante de David, cette fille issue de vous et formée de votre sang. Vous êtes terre, elle est un ciel; cl par elle ce qui est de la terre (vous, par conséquent), devient céleste » (2). « .Anne, bien qu'elle eiU engendré la Vierge, avait besoin de sa fille pour être «ile-môme régénérée. Alors même qu'elle la portait dans son sein, elle était elle-même portée dans le soin virginal de l'enfant. Et non ' ' ' " 1-
vait obtenue de Dieu par - , , -,
mais son [>ère aussi devait chercher en elle comme une
(1) s. !— " ' "--m. L. v.c. it>.n. I.P.». .;..
(s) Jo-i ! pmbyl. Euboeae, Strm. in Concept. SS.
■Deip., ti .77- '
CH. nr. — MARIE, uktih oi: tous les hommes 99
autre mère, a6n de trouver par elle sa pleine et solide furmalion... Quoi plus? La multitude presque infinie <l«»s fils d'Adam, reniant en quelque sorte, avant la naissance de Marie, des mères qui n'avaient su leur donner qu'un être imparfait etdes yeux presque aveugles, appelaient de leurs vœux cette commune mère des hommes : car elle seule serait capable de les mener à la forme parfaite et de dissiper leurs ténèbres. Ils étaient donc, eux aussi, renfermés dans le sein n; ' cl la Vierçe divinement *" 'les mil au
j ^j td par le plus inouï des pi lie enfanta
mon Sauveur > ( i .
« Si le Seigneur a béni la maison de David, c'est à cause de Marie, sa future petite-fille et mère de la Yie. S'il a béni la maison de Joachim et d'Anne, c'est en considération de leur fille très sainte » (3).
*■ ' ^' • V ; ir vous toute gloire,
i lis le premier Adam
jusqu'à la consommation des siècles, a coulé, coule
- (1 -rc et coulera sur les Aputres, les justes, leshum-
Mci de ccBur; et toute créature, ù pleine de grâce,
irouve en vous sa joie » (3). «Oui, tous êtes véri-
lient bénie entre toutes les femmes, parce que...,
à vous, Adam qui gisait, frappé d'exécration,
\u de nouveau béni de Dieu... Vous êtes vérila-
ilement bénie entre les femmes, puisque vos ancêtres
iiêroes ont trouvé par vous le salut • (4)*
(1) IiMor. Thwialon.. Or. éê M^iivU. Dtipar., a. q. P. 0 cnuux,
•«MM Vc»tilor, Serm. in SS. Jitachim «t Âitmam,, ». 6. P. O. o.
KaTTM <k S. Ephrcm, Or. ad IHi matrêm, i Itl (grMet lau),
. Hom. m D0ip. ànnmneimt.,y aoc( , poor U 7* Jovr llOML CooMpC
lOO L \>ll. — LES SnrANTS DK MAfllB
Voilà i. ■,.• :il prêché les Orientaux. C'est aussi la doctrine de rOccident. Saint Antonin, par exemple, salue Marie comme la Mère unique de tout les hommm. y ' - i? a C'est, dit-il après Albert le
(irantl. '^ mlé corporellemeiit nu homme, le
Christ^ et que dans cet homme elle a enfanté spirituellement tous les antres... Il ii lire de saints l'aient préccilée dai.
S'il s'agit de l'ordre de la nature, le fils ne peut être dans le temps avant sa mère; mais il en va difTi-remmcnt dans l'ordre de la grâce. Tous les saints qui ont précédé le Christ furent sauvés par leur foi, ou explicite ou implicite, dans le Verbe incarné qui devait un jour naître de la Vierere, et c'est en vue <! nilude que des lors ils ont reçu la jjr;\ce. l' donc que la régénération spirituelle qui donne l'être de grâce procède, pour les saints du nouveau Testament, de leur foi vive au Verbe fait homme dans le sein de Marie, ainsi les saints de l'ancienne Alliance ont dû leur régénération suivant l'être spirituel à leur foi dans l'inrarnalion du Verbe; i ' '
Marie fut le libre instruuienl. Donc, Vierge est, sans exception ni restriction, une mère pour tous les hommes r»' par la grâce » (i).
Encore une fois, tout c- •,... -tl de la vie de Dieu parmi les hommes natt de Jésus et de Marie. Cet ordre est suprême et constant, bien que souvent caché. Un jour, nous le verrou ' ' " r, aux applaudis •-
de la terre et du * ii aussi bien qi^
Pierre et les autres apôtres, que tous les docteurs, tous les martyrs et toutes les vierges de la nouvelle
(I) s. Aolooia. Flor., Summae Theol. P it, ttk ih, c. l'i, | 3.
cil. IV. — MARIB. Màni: lE TOUS LES HOMMES lOI
Alliance, les élus des anciens âges, Adam, Eve, Abel, Moïse, David, en un mol, la phalanc^e entière des justes dont sainl Paul à si mai^nifiqucment décrit la foi dans sa letlre aux llrbreux ( i), diront à Marie : ma MêrCj comme ils diront à Jésus : mon Sauveur , A Dieu, mon Père. Et si, par impossible, quelque saint dos derniers jours venait à leur disputer le droit de lui donner ce titre, ils lui répondraient avec une filiale indiï^nation : Pourquoi ne serions-nous pas avec vous les enfants de cette mère universelle? Ne nous écartez pas de son sein maternel, si vous ne voulez vous en éloiiç^ner vous-mêmes : car c'est elle qui nous a donné, comme à vous, le commun auteur de notre vie divine. I*roclamons-le donc avec saint Bernard : « C'est vers Marie, comme vers un centre, vers l'arche de Dieu, vers Vaffaire^ negotium^ des siècles, que tournent les vtiiv et les habitants du ciel, et les justes captifs de Icnfcr, et ceux qui nous ont devancés, et ceux qui vivent avec nous ou qui viendront après nous, et leuis ' II! ;,ts, et les enfants de leurs enfants : les habitants • lu 1, pour lui demander la restauration de leurs phalii.-:- s; ceux de l'enfer (a), la délivrance; nos devanciers, l'accomplissement fidèle de leurs prophéties ;
• . 'ire.
liront liicnheun-use, ô sainte Mère de Dieu, Souveraine du monde, l\»'Mi'' du ciel. Toutes les çénéralions, dis-]e : car il \ a les générations du ciel et les générations de la N*rrc. L'ApAlrc ne parle-(-il pas du Père des Ksprils de qui toute paternité tire ton nom sur la terre et
'lO.
» limbes çn da purgatotrt.
lOa !.. MM. — LUS INrANTS UK MAHIE
dans les deux (i)? Désormais donc toute génération TOUS proclamera bienheureuse, parce que vous avex engendré pour toutes la vie et la gloire. En vous les Anges ont trouvé pour toujours la joie; les justes, la grâce; les pécheurs, le pardon. C'est à bon droit que les regards de toute créature sont tournés vers vous, puisqu'en vous, par vous et de vous la très bénigue main du Tout-Puissant a recréé tout ce qu'il avait créé » (a).
(i) Epli , m, «5.
(9)8. Bernard , scrm. a !n du Penttc, a. 5. P. L. ctxxxin, 3*6.