‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 4)Chapitre 21 sur 119 · ff (:hà:.,- .car. 3* Dca., eh. Il (tradaa. du P. Oouiz · texte numérisé non relu

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— LKt KyfATm UK MARIR

très bonne, très aimable et très fi<lèic mère », ajoute le P. Poiré dans son récit.

On rorirail des volumes, s n i.iii;iit raconter en quelque détail tous les faits par où s'est réalisée la signification du 8yml>olisme dont je rapportais tout à l'heure quelques exemples : comment , d'un Marie s'est montrée véritablement une mère pou: . Ordres religieux; une mère qui, après Dieu, leur a donné Texistence, les a protégés dans leur dé^ pemcnt, lésa comblés des marques les plus inî»!^"'de sa puissante assistance; comment, de l'autre, ces mêmes Ordres, aussi longtemps qu'ils sont demeurés fidèles à l'esprit de leur [>• instiluii 'ni

qu'ils tenaient de leurs fou : - -, ont c- ; i.i

vénération, la confiance et l'amour le plus filial envers cette divine mère. C'est aux Annales propres de chacun d'eux que je renvoie le lecteur désireux d'étudier cette partie si intéressante de leur histoire. D'ailleurs, il est possible de se faire au moins quel* que idée de ce mutuel •' ' «le bienfaits, de ser-

vices et d'hommages en nère et les fils par les

résumés qu'en ont écrits plusieurs auteurs. Je citerai pour mémoire la triple couronne de P. Poiré (i), les Pères Platus 3)et.\nloine .Spinclli (3), Auguste .Nicolas (4) et Maracci, dans ses Fundntores mariani l^^.

Au reste, indépendamment de tous les tcmoiu écrits ou traditionnels, la nature même des son- .' reli'/ifiises constituerait une {garantie suflisanle de la

11, I. il. p. loi.

l.ij .11', 'j /' .//.'.i ,iir,nu^ l^i.V. II. C. S4 cl 35.

(41 /^ l'ieryé JUarig vivant daiu tÊifliu,L. iv, e. 6. L II. p. 4&^'> •uîv.

^b) Samma Aurra, t XI.

CH. V. — E.NfAXTS PHIVILCGIKS 12 1

sollicidide et de l'affection plus que malernelle dont Marie les entoure. Comment, en effet, la Sainte Vierîre s<*rait-rll'^ i^trangère soit à leur institution, soit à lour 0(»ii>ti v.ii.n, soit à leurs travaux ? Peutelle donc oublier que sa mission principale dans ce monde est de promouvoir le rt"juc de son Fils, d'y faire fleurir dans leur perfeciion res vertus dont elle fui, après lui, le plus parfait exemplaire, d*y ruiner les œuvres de Satan, d'éteindre et d'exterminer les hén^ies? Or, c'est à cela que, de par leur vocation, irii.loiit sinçrulièrement les familles religieuses; c'est en cela qu'elles ont, chacune en son deçré, leur raison (\\ ' ' 'lier dans l'Eglise de Dieu.

1 N dans les catacombes la pre-

mière représentation d'une consécration religieuse. I.C Pontife, en dédiant une vierçe au Christ, lui montrera du doi^t la Vierçc Mère arec Jésus entre les bras, comme pour lui dire : Voilà ta protectrice, ton modèle, ta mère. Oui, Marie ne serait pas ce qu'elle evt ' ' IX ne pouvaient pas, à titre tout

|M .)ser comme des fils sur son sein

maternel; et, réciproquement, ces mêmes religieux oii' de leur naissance et la nature de

leu . ...^ ne s'efforçaient pas de nourrir,

plus que tous les autres chrétiens, des sentiments <le dévouement, de vénération et d'amour pour celle qui leur a tant donné.

m. — Ce que j'ai dit des Ordres religieux, il faut,

n Mère de Dieu. Ce sont dés familles où tous

cl cluicuu des membres appartiennent spccU*'

laS L. Vtll. — LIS BJCFANTS DB MARIE

en qualiU^ d'enfants, à cette divine mère. Car elles partici[)cnt, dans une ccrtaiiio mesure, à la vocation connue aux privilèges des Sociétt's d'où elles ont tiré leur existence. El certes, on ne dira pas que la protection de la Reine du ciel leur a manqué, ni qu'elles ont clles-niùines trompé les espérances que la Vierge avait mises en elles.

Si, laissante d'autres le soin de parler, comme il convient, des innombrables fruits de salut produits, depuis tant de siècles, par les Confréries du Rosaire, du Scapulaire. et, de nos jours, par rArchironfrérie de Notre-Dame-des-Victoires, je m'en tiens seulement aux Congréçations de la Sainte Vierge, nées delà piété filiale de la Compagnie de Jésus pour sa l\cine, je ne crois pas exagérer en affirmant que la bienheureuse Vierije a, par leur moyen, conservé purs ou ramené de leurs égarements à la vertu un nombre presque infini de jeunes chrétiens. Ce n'est pas assez dire : si des provinces entières, en Allemagne surtout, sont restées fidèles à la foi catholique; si d'autres, qui s'en étaient partiellement au moins séparées, sont revenues au sein de l'Église, elles le doivent à la forte et sainte influence exercée par les Congrégations de la Vierge (i).

Sauvegarde des mœurs et de la foi, ces Congrégations, tant calomniées au siècle dernier, ont apparu dans le inonde comme une pépinière de saints. D'elles ont surgi des pasteurs, comme saint Charles Borromée, saint François de Sales et saint Alphonse de Liguori; des apùlres, comme saint François Régis, saint

( ; ' it en partiriili«r le boulerard de Ia foi en f

ta il '. Tvrol, l'Autriche, U Pologne, l'AlMce, ii-

rbeuaac», etc.

en i.NFATTS PRniLÉOIC.S 123

François de llieronymo, saint François Solano, saint Pierre Fourrier, saint Léonard de Porl-Maurice, saint riih'le dt' Si^^marin^îcii et saint Pierre Claver; des modèles de la jeunesse, comme les trois an^élii{ucs saints, Stanislas Kostka, Louis de Gonzn^ue et Jean tierchman*? ; des héros de la charité, comme saint Camille de Lclîis ft saint Jean-Baptiste de Rossi. A elles enciire a|t{i;ii Tinrent en foule des bienheureux que l'Ei^lise a mis sur ses autels. Citons pour exemple les mnrtvrs Cliurlfs Spinola, Camille Constanzo, Edmond Caiijpi'jn, Jean de Brittoet André Bobola, et les hommes a{>osloliques qui furent Grignion de Montfort, Antoine Baidinucci et Bernardin Realini. A tous ces noms viendraient se joindre ceux de serviteurs de Dieu, si illustres par leur vertu, que plusieurs ont déjà reçu le titre de vénérables : Jacques Olier, Julien Mnmoir, les ■ ' ix de Bérulle et Bcllarmin, Cl.iu.j«« de la C" o, Bénigne Joly, François Mas-

trilli, Henry Boudon, et cent autres; sans parler des l*"it;f'*s, des prélats, des magistrats, des hommes de ^tu-rro et dos humbles fidèles dont les mérites ont honoré IK^'iise, et répandu jusqu'aux extrémités du monde la bonne odeur de Jésus-Christ parmi les fidèles et les infidèles (i).

i'bonocttr <.'.' >i

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i'» i\ri. I .. a r»ri«. « iiii:rrn< /«r «e*

t' la divine < • v*t dans ecs Mitûlblf «'t

ia4 I LES SXPAiVn DB MARIK

Après les mag^nifiqucs éloçcs décernés à ces Congréfi^atinns par le grand pape Benoît XIV, dans la Bulle <• ' ' i; ^ ; ivelail cl > ■ - > « .^

spirilU' 11 irsespi" , ^ ic

m'étonne pas d'entendre un autre pape non moins i^rniul, et comme lui congréifaniste de la Vierge, Sa Sainteté Léon XIII, leur rendre ce témoignage : a Entre toutes les associations fécondes en fruits de salut, étahiics dans le monde entier à l'honneur de la Vierge Marie, Mère de Dieu, celle qui tient sans contredit le premier rang, est la congrégation dite Prima primaria.,, (a). Celte congrégation, remarquable de tous temps par le nond)re de ses associés, prit un tel développement qu'elle ne tarda pas à s'étendre jdsqu'aux extrémités du monde; en sorte que, de nos jours encore, elle compte des affiliations dans tous les pays, même dans les contrées les plus distantes, par àe\\ les continents et les mers » (3) .

Or, lorsque, parcourant les Annales de ces Congrégations de la bienheureuse Vierge, on y trouve à clia-

la protrrlioo d« la trè« Saiot4 Vicrcc qu'ils «Mit reçn de «on biro-aimc la <:

cet!' que

Cf. Histoire Krnér. <le ia Sucirt«<les MiMMotui etraog«r««i {wr M. Adrit m Lauf>Mv. I I. c t.

( ^ Con^irattoa de Rome, k laqi.

•air< „. r avoir part aux (iririlè)^ accord - ,

Ica l'anr» aux '

(3t Brrf. Fr . -■- mat t'^V- *^n P'^' ron«wl!rr «of »•<?

sujet I uu V ras'' c. g; Jean Cr.

la Cong régal iu„ u- i-j .n* .i.ji..i. ,>'<j-,i^. iy^ij..uv..-, Congrtg. de la Samtt Vierge, etc.

' ENPAMTS PRlVlLÉOItS laS

que page tant de saints, tant (l*iiommes éminents par les plus insignes vertus, tant d'oeuvres de zèle, de niistriforde el de charité, tant d'amour enfin pour cette Heine du ciel, il est impossible de ne pas saluer en elles la famille particulière de Marie, comme nous la saluons dans les Ordres religieux ; impossible ' "' '- ■ irs el partout les

ledeDieureg^arde tout particulièrement les Congréçanisles, dignes de ce nom, comme des enfants privilégiés de son cœur, de telle sorte que le registre des Coagré:^alions est vraiment, suivant la pensée de saint Alphonse de Liguori, un livre des Élus (i).

IV. — Il est encore des enfants plus sensiblement favorisés de la Reine du ciel que ne le sont, en règle tr/*nf''r;«It'. (!• '»'S des familles i- '

ou des assoc - ^- en son hoimeui

son patronage. Marie les choisit partout, comme elle veut et où elle veut, au dedans comme en dehors de rrs : >■ institutions, quoique ses choix portent le

j.I.i il sur ces dernii-res. Tous les siècles les

ont comptés plus ou moins nombreux, et les .Annales .].• ' 'il une foule, sari-

Ittu . : us. Je veux pari

cet âmes privilégiées qui semblent avoir été parmi les enfants de Marie ce que Jean, le disciple aimé de Jé?ius, fut parmi les autres disciples. Entre ces enfants tl ItMir «liviue mère ce n'est plus seulement l'échangr plus ordinaire de dévouement et de protection qui

' ■ fdl de CM pi«aMS MMdaUMS, Ohirt» de

12' T.. Vni. — ut» BXrANTS DB MARIR

caractérise communément le culte tic Marie. II y a quel(]ue chose de plus sensible, de plus familier, de plus intime, et de la part des fils, et surtout du côté de la mère, [\appelez-vous ce que nous lisons de saint Stanislas Kolska, de sainte Brigitte, de sainte Thérèse, de saint Edmond de Cantorbi-rv, de ^

nardin de Sienne, et de sainte Elisabeth de .. ,

pour ne citer que ces exemples. Quelles pa;;es ravissantes on pourrait écrire, si Ton racontait les condescendances plus que maternelles de la bienheureuse Vierçe envers ces bien aimés de son cœur.

Chose admirable, encore, que le lien de cette intimité si frur! ' ' ■ <; soit d'Iiabilude une innocence ( ^ iiacle, une vie coupable, mais lavée dans les larmes du repentir, n'y fait pas toujours oljstacle. L'immaculée Vierge a » ' parfois ses préférés parmi les pécheurs et les \<rcsses, afin de nous faire entendre par des maj éclatantes qu'elle est, en toute vérité, la mère de miséricorde .

Raconter l'histoire de ces liaisons bénies et des faveurs qui les signalent serait chose impossible aox hommes : car elles sont pour la plus grande part un secret entre la mère et ses enfants de prédilection. Ceux-là même qui jouissent de semblables grâces se déclarent impuissants à les retracer telles qu'ils les ont reçues et goûtées. Il est cependant deux ordres de faits dont il convient de dire ici quelques mots : je veux parier des apparitions et des révélations.

Les apparitions de la bienheureuse Vi' ' Tk-

quenles dans l'histoire delà sainteté. Je i ... . j.: dii ; encore qu'elles aient été plus communément le privilège des âmes pures et simples, Marie ne les a pas

cji. V. — s?iPA?rrs PRiviLÉoiis 12-

refusées à des pécheurs (i), dans le but de les ramener à l'amour de son Fils. Sans doute, il peut y avoir dans les récits de ces merveilles, si fréquemment cn- 1 '■ ■ ir les Vies dr^ '^^' ' . les livres de pirtr. ^lies des pèl' > el des monasUio.

une part assez large pour la légende. Tout n'est pas \ é, ni certain. Mais, s'il convient à la

, - - ^.. L'une de ne pas admettre indiirérem-

menl tous les faits qui se colportent, lors même que les garanties d'authenticité seraient insufiisantes ou nulles, c'est présomption téméraire de tout rejeter à priori : comme si rien ne pouvait sortir des voies haltues ; comme si la Mère de Dieu n'était ni assez puisli assez II iir accorder aux homn)es ces

wtges e.\' : auires de sa maternelle et spéciale sollicitude ; enfin, comme s'il ne serait pas cliose plus incroyable qu'elle fût notre mère, une mère toujours appliquée au bien de ses enfants, el que toutefois elle ne nous donn;!ll jamais aucune démonstration sensible et parlante de sa providence et lie s " ir.

N iH donc pas les réformateurs du seizième

siècle, si victorieusement réfutés par le bienheureux ^ i), quand ils repoussent en bloc tous

i .^ .: , ;iire. Ne croyons pas davantage ces

auteurs plus au moins entachés de Jansénisme, qui

< I l.r* rif- :,;iie« de ocU* oompatiHanto oondrveoduioc aa MMl pu r«rr«. r! r:, ■ raDt OC* lifn^ ra(ft#tjr *<■ •.».i.i*"i« -l'une wlhwiriutf, JiTT«« aus pire» détordre*, par oae dwable •pparitioo d

«me 'fWr ffr^» Il plail rtoi* :

'Oiptel qur "t pirurtr «

' r«tr. CaïuAiu*, lia Marta Ittif^ra Yirjitu, L

iil. — Lia INTANTii f>K MAIIIK

nous inviteraient à « chercher dans l'Évan^Ie des sûretés suffisantes contre les fables qu'on pourrait avoir inventées sous le spécieux titre de révélations, d'apparitions, de prédictions et de miracles... » : car telles choses « alléguées pour attacher l'assurance de notre salut à des symboles, à des marques et à des pratiques d'une dévotion extérieure envers la Sainte Vierge... ne peuvent que nous induire en erreur par la présomption et la fausse confiance j» (i). A Dieu ne plaise, ô Marie, que nous nous rang^ions parmi ces hommes qui ne voudraient admettre aucune de vos faveurs miraculeuses, à moins qu'elle ne fût dûment constatée par les autorités civiles et scientifiques, ou que du moins l'Éçlise ne l'eût imposée par jugement exprès à notre foi. Je vous connais assez pour croire, en général, que vous pouvez opérer des merveilles sans nombre, et pour entendre, en particulier, avec l'oreille du cœur ce qu'on me racontera des manifestations de votre amour, tant que rien ne m'en fera soupçonner l'incertitude ou la fausseté ; persuadé

d'ailleurs que les mystérieuses communicn'- me

vous avez faites de vous-même aux ùmea it

de beaucoup ce que le monde en a connu.

Au reste, les effets mômes de ces vi * s

delà Mère de Dieu en ont maintes foi- ia

réalité. Il ne faut pas croire, en effet, qu'elles s'opèrent au hasard, sans règle et sans but. Nombreuses et variées sont les causes qui les déterminent ; mais toujours elles tendent finalement au profit spirituel de qui les reçoit, et souvent même à quelque bien plus

(ij Adrien Baillrt. De ta dévotion d la S . V. et du cullt qai lut ett dû, pp. Ci, 70 (Paris, i663).

CH. V. — tMFANTS PRIVILEGieS I V J

général des autres fidèles. Tantdt Marie se montre pour secourir tel ou tel de ses serviteurs dans un dani^er pressant du corps ou de Time; tantôt c'est pnur retirer de ses désordres un pécheur ou méjrtepoiir éclairer un infidèle ; tantdt c'est pour appeler quelqu'un de s»'^ ' 1 vie religieuse, comme elle le (il pour le j- is Kostka. D'autres fois, elle vient illuminer des apôtres ou des docteurs, et ce fut le cas de saint Gréi^oire le Thaumaturge; d'autres fois encore elle veut suggérer et promouvoir une fondation pieuse, une institution nécessaire à l'Église, l'Ordre de Notre-Dame de la Merci, par exemple; irloul elle apparaît à ses enfants, à l'heure du combat, pour les soutenir au milieu de leurs angoisses, pour recevoir leur âme et la porter confiante et pure au tribunal de Dieu.

Il est de ces apparitions dont le but immédiat est si humble qu'il étonne notre foi et scandalise notre orl^ieil. La voyez-vous cette si douce mère, des mêmes f^ ' '• r -' ' '.sus, aider la jeune sainte Catfr-

I le rude travail de pétrir la j .iw-

et de cuire le pain, imposé à sa faiblesse par la duret/' de ses parents ; ou bien encore, prendre la pi;*'-cl la hoaletle d'une petite bergère et se constituer ia gardienne visible d'un troupeau? Ailleurs, avec un \inj e d'une blancheur admirable, elle essuie la sueur <|iii riiiselle au front de saint .Alphonse I\odriguez, et lui !ai->sc pour plusieurs jours le parfum de ses mains In^nies ; ailleurs, elle prend à terre un pauvre léprenx lé hors de so

, t et consolé. "

mère, elque des attentions comme celles que je viens de rappeler peuvent être plus efficaces pour jpignor

LA UtM» DU ■OMIW*. —' U. — f

|30 L. VIII. — LSS tUtWAXrS OB MAfllB

et élever les cœurs que les bienfaits 1rs plus éclatants. Si j'admire Marie, quand je la vois guidant les armcos clirélienncs à la victoire, ou chassant devant elle les légions inTernalcs, je ne la reconnais pas moins dans ces humbles et derniers services. N'est-ellc pas mère, autant et plus que reine ?

Une question qui réclamerait de li>i»gs iicwi..jijiements porterait sur la nature et le mode des apparitions. Notre Seigneur, après sa résurrection, ne se révéla pas à tous ses disciples de la même manière. A Madeleine il se montra d'abord sous la figure d'un jardinier; aux disciples d'£mmaûs, dans le costume et l'attitude d'un voyageur; il apparaîtra plus lard à saint Etienne, debout à la droite de Dieu, spectateur de son victorieu.x combat. C'est ainsiqu'il s'accommode et s'accommodera toujours, dans la suite des âges, au-X différents clats d'âme, aux cire» : ' .s

et de personnes, et surtout au but <; ; ms

ses manifestations. Ainsi en est-il et plus encore des apparitions de la bienheureuse Vierge Marie. C'est une femme d'une beauté m •^eslueuse, toute resplendissante d'une lumière divim*, qui imprime le respect, en même temps que son air de bonté ravit les cœurs; c'est la vierge de Nazareth, douce, ' ' ' . et toute aimable ; c'est une mère tendre qui j Jcsiis en-

tre ses bras. Son visage, dans les différentes visions, est joyeu.x, triste ou sévère, d'après les senliments qu'elle vient inspirer. Souvent elle se montre sous une apparence qui répond à l'un de ses mystères. Souvent encore elle s'accommode aux idées, aux affections, à l'état même de ceux qu'elle honore de sos visites : ainsi prend-elle ici le vêtement du Carintl, avec une fille de sainte Thérèse, là celui des Trinitai-

en. V. — K.'^FAXTS PniVILÊGlÉS l3l

rcs, avec saint Félix de Vuluis; ailleurs un costume rustique auprès de simples bergers. Les mômes condescendances prcsident au choix qu'elle fait des saints qui l'accompagnent, quand il lui plaît de ne p»s venir seule. A des vierges elle se montrera parfois entourée d'un chœur de vierges; à des religieux, suivie de quelque saint de leur Ordre; à d'autres encore, assistée de leurs patrons préférés (i).

Si l'on y réfléchit, ces manifestations surnaturelles de la Vierge sont généralement en accord avec les représentations procédant de la piété des hommes, soit que celles-ci aient été faites en mémoire de celles-lû, suit que la même piété dont elles sont l'œuvre se soit

>ar multiplier les tvpes, de circonstances , lies ou des attraits qui portent les dmes

vers les différents mystères et les divers privilèges de la Mère de Dieu. Parcourez nos sanctuaires, et vous verrez mieux que je ne saurais l'exprimer par des paroles, sous combien de formes et sous combien d'attitudes la divine Vierge est peinte ou sculptée. Notons »ii. ... autre analogie bien suggestive

• !iiif li.N ;ijv s de la Vierge et les représenta-

t IIS sorties de la main des hommes. C'est que ces

, étant pour la plupart impersonneflfs^

~ ....-is en avons déji\ fait la remarque, .Marie,

d'ordinaire, ne se manifeste pas immédiatenKMit en elle-même et par sa propre substance (a). Elle est là

;1trr piar cfi di'tin» ft d'aulrn anaJogiirt It R. p. M. Phil- <i ceUc nuiUèrc est p«rf«itciDcnt

i3a L. VIII. — LES ENFA:rrs de marie

présente, mais dans une image et par une imag^e d'elle-même : image parfois extérieure et visible des

i)Uii< c aur >uu

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