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en. V. ENFANTS PRlVlLiCICS l33
jeux du corps, comme celle que revélil l'Archange envoyé pour servir de guide au jeune Tobie ; le plus souvent imaj^e intérieure, surnalurellement produite dans les facultés sensililes du voyant, du genre de celles que nous rencontrons si fréquemment dans les visions prophétiques de l'ancienne Alliance (i).
Mais s'il y a celte ressemblance entre les représentations façonnées par la main des hommes et les apparitions dues à l'art divin, quelle différence tou- ■ " lire les unes et les autres, et combien celles-ci
i...., lent sur celles-là ! Une première différence, c'est que par les premières nous nous mettons nousmêmes en communication avec la Vierge, tandis que, par les secondes, c'est elle qui vient à nous, non pas quand nous le voulons, mais quand elle le veut et comme elle le veut.
En voici " - également profondes. L'imij •
peinte ou ^ , p.'«r l'homme, si parfaite qu "ii
la suppose, ne participe que bien faiblement aux
■i^es de la \ie. Pâle reflet des beautés, des
i w.ms et des sentiments de l'auguste Vi«*r'^«».
elle est muette, elle est inerte, comme la matière •! il on l'a faite. En outre, je peux, à mon gré, la distintriier de l'ex- ' -m ^ reproduire, en con-
sidérer sépa; N, la substance et la
qualité propre. L'image, au contraire, qui doit son • à l'artiste céleste, celle qui entre en
> visions surnaturelles, disparaît par tout t..; -
même pour ne laisser apparaître que son modèle. Elle est vivante et souvent agissante et parlante;
'0. ri«o n'MBpAdM d*t»elio«r librcoMsl ver* I'um oa l'autr* dri oMnioni diacat*es parmi d<m àorteart, (1)8. TIkmdm, *•>, q. i;t, a. i, «qq.
l^f^ 1. MU. — LES SKrANT« DE MARIB
plus expressive mille fois que les réali(<^8 qui frappent nos yeux de chair; si expressive que celui qui la contem[»lc se persuade contempler l'exemplaire lui-même, sans intermédiaire et sans voile. Oui, c'est la Vierge bénie qui se révèle : je l'entends, je la vols, si j'ai le bonheur de recevoir quelqu'une de ces manifestations.
Ne m'objectez pas que, si Marie n'est présente qu'en image, les hommages qu'on lui rend se terminent à une vaine apparence, à un fant<)me. Oubliezvous à ce point le rôle de l'image, et surtout d'une image si parfaite ; et ne savez-vous pas que le mouvement de l'âme va tout droit à travers l'image à l'exemplaire même qu'elle représente? Certes, celui-là ne tombe pas dans celle illusion k qui la Mère de Dieu daigne se montrer ainsi visiblement et sensiblement par son image : c'est bien elle qu'il contemple, qu'il vénère, qu'il écoute et qu'il aime; et s'il vous fait entrer dans le secret de ses faveurs, il vous dira : j'ai vu la très Sainte Vierge; elle a daigné parler h son humble serviteur, l'encourager, le bénir : tant il est vrai que l'image disparaît pour laisser voir uniquement ce qu'elle a pour fonction de rendre présent et sensible.
Si distincts que soient en eux-mêmes les deux ordres (!e manifestations, représentations parles œuvres humaines et représentations par apparition surnaturelle, il leur arrive pourtant de s'unir l'un à l'autre et de se compénétrer mutuellement. On a vu des statues ou des peintures de la Mère de Dieu s'animer, en quelque sorte, pour ceux qui la c< ' ' tietii en elles. Telle vierge, par exemple, a \ n larmes; tcllo
autre a souri ou même parlé ; Iclje autre a paru
eu. V. E.xrA.ITS PRiviLiciés i3j
toute resplendissante de lumière ; telle autre a leiulii les bras pour secourir ou bénir ; telle autre a ferme la tuain comme preuve que la Vierge acceptait les promesses symbolisées par l'anneau qu'un de ses serviteurs lui passait au doigt. El c'est ainsi que Marie s'identifie, pour ainsi dire, avec ses images, afin de recevoir les hommages de ses fils de prédilection, et de les combler iiiléricuremenl de ses grices les plus signalées.
<' i dit des apparitions doit s'entendre, toute
pr"| 1 gardée, des révélations. Souvent les deux
phénomènes vont ensemble, mais ils peuvent exister
tient. Saint Stanislas de Kotska fut a[>pelé à la ■ ...| ..gnie de Jésus par une action parlante; Marie til riitendre intérieurement le même appel à saint Louis de Gonzague, mais il n'est pas dit qu'elle se soit al.i; ■' .Mil à lui. De même que les
\i^ , ^1 -ment très vile, ainsi, d'ordi-
naire, les paroles sont très courtes. Aussi bien, telle en est la vertu qu'il suffit à Marie de quelques mois pour toucher et changer les c«curs > <-! puissante est la grâce intérieure (|ui les vivifie.
Notons, rn finissant, que ces démonstrations plus ''-"S i'c s n amour maternel, ' fs par la
• toute grince à nombre de pi ■ -^, ne doi-
vent pas être regardées par tous les autres comme une preuve infaillible qu'ils soient moins aimés de son cœur, ni même moins aimants. Oue ce suit leur consolation de savoir que l'amour de .Marie pour ses enfants d'adoption, comme aussi la dévotion de ceux-
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