‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 4)Chapitre 24 sur 119 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

I^« Antres, enfanis .!-• Marie ; — moins pourtant que nous le soinnirs, p.irrr .iii'il^ t." rit rcrii d'elle ni leur preuiière i^râce ni la »ub»ljnce île !■ : — d'où celle conclusion que,

par un ccrUin cûlé, i. ur pour elle doit primer celui

des esprits angéliques.

I. — Reine des Anges, la bienheureuse Vierge esl aussi leur mère. Trop de témoignages en font foi pour qu'il soil loisible de refuser aux esprits angéliques l'honneur d'appartenir, en qualité d'enfants, à la famille de Marie. Mais ce qui paraît moins certain, c'est la mesure dans laquelle Marie peut les compter pour ses fils. Saint Thomas, traitant de l'incorporation des hommes dans la personne mystique du fllirist, se demande s'il esl le Chef des Anges aussi bien que celui des hommes. A cette question, double réponse chez le saint d<»cl»'ur. Une première réponse afHrmative:car, au icuioignage de l'Apôtre, t Jésus-r4hrist esl le C/k*/ de toute Principauté cl de toute Puissance »(i), et, * ' !«' tous les ordres compris

d;ii pjues; tous, en cITel, appar-

tiennent à l'Kglise universelle, rangée par le Père sous h' scptr.* .!'• son Christ, dans rélernclle patrie des cUis {j). Lac seroMfl*' réponse restrictive: si le Christ esl le chef dcH An. s -omme il esl le nôtre ; s'il a sur

,lp..q 8.â.4.

|38 t. VIII. — LES ENFAXTS DB MARIE

eux comme sur nous la primauté de puissance el de dignité, nous lui sommes à deux points de vue plus «•IroitfiniMil incorporés que les esprits ançéliqiif^'î- <;»n| il';il)t»rJ que nous seuls avons avec lui la ommunaulé de nature, puisqu'il est homme et non pas ange ; c'est ensuite, et surtout, que les Ançes n'ont reru par ses mérites ni la çrâce d'adoption qui !••« a sanctifiés, ni l'héritage substantiel de la gloire (i ;■

Cela toutefois ne va pas à dire que Jésus-Claisi,

dans sa nature humaine^ n'a rien fait pour les An

Kéuiiis à nous sous son tout aimable empire, pii de la cour du Roi Jésus, ils participent à l'éclat qui rejaillit de son trône; décimés jadis par la révolte de Lucifer, ils voient par lui se reconsliluer 1 inléjjr té de leurs phalanges; ministres glorieux de ses desseins pour le salut des hommes, ils en reçoivent des coinmunicu lions, je dirais des confidences spéciales qui sont une nouvelle lumière pour leur intelligence ('i)j el, pour tout dire en un mot, Jésus-Chrisl dans son humanité devient leur ! ' ' arcidenlei/ej comme

il est avec le Père cl le ^ i>rit, dans sa flivinii<\

leur béatitude essentielle.

Telle est sur cette matière la doctrine du plus grand de nos théologiens. Elle découle naturellement de la

h'i niri>tii«. sfcun.luin a»îoi hômf>. est Mput Arip^toriim. nrm tamcn

' : Um: et'.nu tnu t'> >"■'■ D, i3, q. ■». •. >, 'p»; u< » w ..'••«, ■(. .,1, . . j, »v. w i.; 5; a. 7, ad 5. (») Hebr., I, 7, 14.

CM. VI. — LA MtinC DES A!CGCS I Sq

th^se soulenue par lui sur le motif déterminant de rincârnation : car enseigner que la rédemption des ho- II, ce qui revient au m^me, la gloire de

n L.. a-e dans notre salut, a seule, de fait, motivé

ce mvstère, c'est affirmer équivaicmment que la béatitude et la sainteté consommées des Ansres ne sont pas de Jésus-Christ, comme le fruit et l'écoulement de ses mérites.

I^ conséquence à tirer de cette doctrine, quant à la m.r " * S rie, n'est pas douteuse. Si l'on embrasse

le ^ .:.: ..e saint Thomas, il faut avouer de toute

ru'xessité qu'elle ne peut être la Mère des Anges aux nu^mes titres et dans la mt^me mesure qu'elle est notre mère à nous, qui tenons du Christ, son Fils, tout ce que nous avons de grâce et tout ce que nous espérons de gloire : car, rien ne nous venant de l'Auteur du saint que par elle, c'est de notre vie divine tout entière, et non pas seulement des accessoires de celle vie, que nous lui sommes redevables (i). 0(ez l'humanité du Verl>e, et par conséquent Marie, la Mère de Dieu, les .\nges restent en possession de la vision de Dieu, leur félicité substanlielle, parce que la grâce, qui en est la semence et le principe, ne leur vient ni de l'une ni de l'autre. Quant à nous, les fils d'.Vdam, c'est nous enlever du même c«>up loule noire vie surnaturelle, et nous rejeter dans la mort d'oii nous si>' rtis. N'est-ce pas cet' it

saii.. . . ..c Damien, quand il j , .. «»•

de la Mère de Dieu : « C'est non seulement la vie perdue jadis par les hommes qui leur est restituée, gn\cc

( I ) L» vk, Im «epeMoirct 4« la ▼(• : «m ieux tiprcMioas diaent birn * q»rl point la Saiol« Virffr MMW tst pl<M mèrt i^'aus Aofct. putMjuc It r^lr de la mère nt d7tr« pear aca cDrutU prionpe de via.

l4o L. VIII. — LES KXrAXTS DE MAAII

à la très heureuse Vierge ; c'est encore la béatitude des natures angéliques qui reçoit par elle un dernier com|)!«'ment (i). Car par le fait nn>rue ■ "'■ iiime est rélahli dans la possession des bien> s, les

vides laissés dans les rangs de ces purs esprits par la révolte et la chute de Lucifer sont heureusement comblés. Et voilà ce qu'avait annoncé la multitude des Anges, quand elle chantait, à la naissance du Uc> dcmpteur : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur terre aux hommes de bonne volonté. Dire, en efTet, qu'il y a gloire à Dieu dans le ciel, et puis ajouter qu'il y a paix sur la terre, est montrer évidemment que le fruit inclTable de la Vierge immaculée apportait la joie non seulement à la terre, mais encore aux cieux » (a).

11. — Après cela, n'est-ce passe hasarder bcaiif • que de présenter comme un sentiment c-ô/;i/7I{//i|> les théologiens l'opinion suivant laquelle Marie serait la Mère des Anges au même degré qu'elle l'est des hommes ; parce que les uns et les autres n'auraient été vivifiés spirituellement que par le Dieu fait homme (3)? Assurément, cette opinion a eu jadis et conserve encore ses partisans dans les écoles tliéologiques ; mais, ou je me trompe fort, ou ces partisans sont loin de l'emporter par le nombre et par l'autorité sur les tenants de l'opinion contraire. Aussi bien.

(i) Beatitudo aofelicae lublimiuiit aagriur.

(3) S. Petr. Damian., Serm 46. de Satiu. B. V. 3. P. L. cxur, 75».

■3) nhr}«lo<i rt B. VIrprt m«Ti«mnt Anevlis çratiam hubitnalffn *t

Ttuoiogna Martana, o. 1070.

CB. Vf. — LA MèaB DBS ANGES l/^l

pour faire nombre, rangc-l-on de leur côté plus d'un auteur qui n'a rien écrit de semblable.

En voulez-vous quelques exemples, voici d'abord saiut Anlonin de Florence. « Les Anges, dit-il, reçoivent de Jt'sus lumière, perfection, béatitude : car il est celui que les Ançes désirent contempler (i) ; celui par qui tout est restauré au ciel et sur la terre (2). Donc, eux aussi, tirent de la Vierge un certain être de çloirc, quoddam esse gtoriae. La cause de la cause est par là même la CJuse de l'effet; or, la bienheureuse Vierçe est la cause deJésus, puisqu'elle en est la mère; donc elle est d'une certaine manière pour les Anges une cause de gloire; et, par consé(}uent, on peut justement la nommer leur mère » (3). Le saint archevêque affirme-t-il ici que la grâce et la gloire essentielle des .'Vnges soient l'une et l'autre la grâce et la gloire du Christ, ■ ' lire une grâce, une gloire ayant comme source 1 .. . les et le sacrifice du Christ? Rien n'est moins clair, ni moinsprouvé. Je ferai seulement remarquer qu'il ne parle aucunement de la grâce, mais uniquement de la gloire; d'un certain être de yloirey et non pas de la substance même de la gloire. Ce que le •aint veut eaieigner, c'est la doctrine même que nous avons • ' !• de la bouche du Docteur air- '"

puisée I ii-ci, dans les écrits de l'Ar.

D'après Iccélèbre Denis, les anges des ordres plus élevés communiquent à ceux des hiérarchies inférieures pureté, lumière, perfection. Ce n'est pas ici le lieu de disserter sur l'exacte signification de ces termes (4)» H

io. Plor , Summ. P. 1?. Ul. t8. c. 14. . I p . q. t"^. •• t. «d I . q. i,â. », «a «.

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I^a 1 Mil. — LES E.XFA.NTS DE MAIlIt

nous suffil de savoir que riafluencc exprimée par eux suppose la substance même de la grâce el de la gloire dans les esprils angclifjiies, puisque c'esl maintenant qu'elle esl communiquée par les uns el reçue par les autres. Donc, c'esl une influence analogue, mais excellemment plus éminenle, que le Christ exerce sur les An^'cs; et voilà comment ils reçoivent de lui ce quoddam esse gloriae^ que saint Anlonin rapportée Marie comme à son principe, en tant qu'elle est Mère du Christ.

Richard de Saint Laurent sert moins encore l'opinion contraire à celle du Docteur angélique. Que ditil, en efl*et ? Que « la ruine des Anges a été réparée

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