CHAPITRE PREMIER
Qu'
f>''iii :m'iii'" m- ^a . j'i un ij'jic-
riirni .. inc maternité.
Le temps est venu de parler du ciille qup nous, ses enfanU, nous devons rendre el que nous rendons, en cfTel, à la bienheureuse Vierçc Marie. Pour èlre en mesure de l'expliquer dans toute son ampleur, il nous fallait d'ahord «4udier ce que celle Vierge est en ellem«'me, ce qu'elle esl pour nous el ce que nous sommes pour elle : car c'est de toutes ces dilTt^rentes circoii- ' ^•nl et la nature des honneurs
qu t ictère spécial dont son culte
doit être revêtu. Autres, en eiïet, sont les komma|çes qu'un sujet doit offrir à la mère et à lépouse de son propre souverain, autres ceux qu'il con\ienl d'adresser à la personne d'une reine étrangère. Autres cnrore devront être vos lémoit^nagcs de respectueuse < r *" s que des sujets: r."- .m.
i > us joignez la qti - » l*
— Ll. (.LXTS DE I.A SAINTE MEIlCiF.
coïKiHioii lie sujets. Puis donc que la 1res Sainte Vierge nous esl unie par un si grand nonibrc de litres qui tous appellent notre vénération, notre reconnaissance cl notre amour, cVlail nianifesiemcnt une nécessité de n'arriver à son culte qu après les avoir considérés dans l«'ur drlail cl dans leur ensenihlc.
I. — Mais, avant d'alici- plus iMjji uaiisiein,' riKiucii', il importe encore d'expliquer, au moins en j»eu de mots, la nature du culte et les diiïérentes formes sous lesquelles il se présente : car c'est parce qu'on a mal compris, ou même totalement ig^noré ces notions, que tant d'attaques se sont produites contre les honneurs qui sont rendus, dans TÉt^^lise catholique, à la Mère de Dieu. Suivant la théoloj,^ie, le culte ou Vadoration^ prise dans la signification la plus universelle du terme, est la révérence^ revereniia^ que l'on doit à quel(]u'un, en ' ' ' ation de son excellence ou de sa dignité
suj. I*ar où l'on voit que l'idée de culte sup-
pose reconnus dans celui qui le reçoit, non pas seule* ment un mérite, une excellence quelconque, mais un mérite, une excellence supérieurs, au moins par \\n certain cOté, à la dignité de la personne qui le rend. Voilà pourquoi, si l'on en croit plusieurs théologiens, le ? ■ ' '• œcuménique a défini 1 adoration
« 1 ' ^ iincur ».
I^n ciïet, dans la rigueur des termes, autre ciiose est le culte ou l'adoration, autre chose une simple démonstration honorifique. Honorer, c'est marquer restime plus ou moins grande que l'on a du mérite d'une personne; l'adorer, lui rendre un culte, c'est reconnaître en elle une excellence au-dessus de son propre mérite. Toute adoration renferme donc un
honii'-iir, niiiis t(jui iiuinuur n'implique pas l'adoralioti ni le culte.( Wi peul iiDUoier un ('gai, un inférieur même. On ne lui doit ni le respect ni la révérence H'iérisenl le culte proprement dit. « Honorezus o, dit saint Pierre (i). « Prévenez-vous les uns les autres par des témoi;^nages d'honneur, u écrit à son tour l'Apôtre des Gentils »(2). Et encore: « Honnpur et gloire à tout homme qui fait le bien ))(3\ La Siiintr I>ciiiure nous raconte comment Assuérus, le Roi des rois, honora le juif Mardochée, pendant que la ri'iri*» Estlifr Vmlorait lui-même {!\). Il n'est pas jusqu'à Dieu qui ne puisse honorer sa créature, encore quetout culte envers elle lui soit manifestement îiii[»ossible : « Si quelqu'un me sert, a dit Notre Sei» gncur, mon Père Vhonorrra » (5).
C'est pour cela qu'on ne saurait acceptcr,sans explication d'aucune sorte, l'identitication du culte que
chrétiens doivent se prévenir les uns les autres dans
l'Mir r .'inii r •• ; :-!»as. Et cette restriction se com-
' ' li.v, apu-s que nous aurons défini les dif-
ceê de culte. Donc, parce que le motif de
l'adoration est rcxcellcnce supérieure de celui à qui
" ' ' ' • nt les espèces (radoration
•s d'excclliMue (|ui la réclament. Or, il faut, avant tout» distin;^iier une double
I '«.I I.IV. I\ à. à y.i.i.èt. iim. ».A .->Al>'TE VIERriF
cx'- " " "encc incréée, propre à Dieu seul»
et i
A la première appartient l'adoration dans le sens le plus éle%'é du mol, cVsl-û-dire, le culte de latrie^ qu'il serait impie de rendre à d'autres qu'à I)ieu et à son Christ; parce que Dieu seul est notre premier principe et notre fin dernière. A la seconde appartient un culte d'un ordre essentiellement inférieur, qui se diiïérencie lui-même suivant la nature de la dignité qui en est le motif et l'objet. C'est le culte civil ou naturel, <\\\znà nous honorons les personnes à raison d'une prééminence renfermée dans les limites de l'ordre de la nature, comme est, par exemple, la qualité de parents, de magistrats, de maîtres; en un mot, de tous ceux à qui, dans cet ordre, nous devons obéissance et respect, (^csl le culte religieii.r, quand la prééminence qui motive le culte est d'un ordre plus élevé que celui de la nature, telle qu'est 1 ' gnité des ministres du Christ, prétre> et poni , ou telle que serait encore l'excellence reconnue des amis de Dieu et de ses Saints. Or, dans le langage ecclésiastique, on appelle communément culte de dulie l'honneur qui répond à ce dernier mode de dignité surnaturelle.
Ici quelques ren sont encore nécessaires
pour dissiper les • , , les. Quand j'ai parlé de
Vadorationy je l'ai prise dans la signification la plus générale du nom; c'est-à-dire, dans celle que l'Kcriture et les écrivains ecclésiastiques ont ordinairement supposée. Mais, dans l'usage vulgaire, ce terme ne s'emploie plus désormais que pour exprimer le culte singulièrement propre à Dieu, le culte de latrie. C'est donc, pour nombre d'éci ivains protestants, faire œu-
CH. I. — DROIT AU CULTB D HTPEROULIS I7I
vrc de chicane, ou montrer une singulière ignorance, que d'accuser d'idolâtrie les catholiques, parce qu'ils ont enseigné l'adoration de la sainte Vierge ou des ' me si, dans tous les textes, ce terme avait
la même acceplion.
Une autre remarque, c'est que l'excellence de Dieu, premier principe et fin suprême de toutes choses, ôiant bu-dessus de tout genre et de toute espèce, le culte titvin ne peut, sdus aucun genre et sous aucune espèce, se confondre avec celui de la créature. Il est unique dans son ordre, comme le droit de Dieu à notre adoration e«l incommunicable à tout autre qu'à lui. Mus par celle considération, des auteurs catholiques ont voulu réserver l'expression de culie religieux au seul culte de latrie, parce que la vertu de religion n'a que Dieu pour terme. « A Dieu seul est dil le culte religieux », dise;it-ils. C'est, à mon avis, forcer la note, et je ne vois pas ce qui nous obligerait à ne pas qualitier de religieux l'honneur qtie nous rendons aux Saints du ciel, aux élus de Dieu. Rien, ni dans ' ' '' ni dans le I ioinmu-