II. , i'>mmes, n'a i ' jus(|u'à
ce point l'acception des mots, et ce serait s'imposer une ^'-ne inutile que de vouloir s'inlerdire une exprcHsiuu qui n'emporte avec elle aucun danger sérieux d'erreur.
I ne troisième remarque de plus grande importance «lie '1 ac-
t. -s : -Km-
té, constituent le culte intérieur; les autres, posés par 1 •^ ^l'-'jltés sensibles el corporelles, forment le ciillf « \l< licur; el de ces deux cultes résulte un seul culte total dont le premier est l'dme, el le second, le corps;
t'3 iiv ;: CULTE DE LA SAl.fTE VIEliGS
vi ,.. . ..,.. .ww.. ^; proprement le culle humain (i). Or, dans ce composé, les actes extérieurs ont un triple rapport avec les opérations intérieures, c'est A illrc, avec l'élément pi ' ' ' " * în
moyen à la tin, parce i|m
ment à les développer, à les vivifier, à les nourrir; «|ue serait le culte catholique sans les cérémonies, les chants et les autres parties de la Liturgie sacrée? Rapport de refFcl à sa cause : un culte qui n'irait pas du dedans au dehors serait un corps sans àme, le culte il^ ! -iteurs des faux dieux, ou de ces Juifs dont le ur a dit : Ce peuple m'honore des lè-
vres, mais son cœur est bien loin de moi. Rapport enfin du si^ne à la chose sii^nifiée : car il en est de toutes les pratiques du culte extérieur comme du sacrifice, ou du lani;a£;e; elles sont faites pour traduire des sentiments analogues à ce qui parait aux sens. Ajoutons comme dernière remarque qu'il nous importe assez peu, dans la question présente, de chercher dans quels actes il faut mettre l'essence du culte, et (juels autres on doit hmm* pr«'- s
au culte formely ou conui n par lui. l
là des questions subtiles qui peuvent avoir leur utilité pour un traité complet sur la matière, mais assez in- <iinrérentes au but que nous poursuivons.
II. - Ces principes généraux une fois posés, venons au culle de la bienheureuse Mère de Dieu.
Que nous devions lui rendre un culte d'honneur, <le respect et d'amour, c'est chose si manifeste qu'il faudrait être aveugle ou impie pour le révoquer en
I ) s. Tbom., *•>, q.84. «. i «t •: q. 8i.
en. 1. — ononr au culte D'nTFXRDULiK 173
doute. En eiïel, de deux choses l'une: ou vous reconnaissez ses pn%'ilèg-e$ de errAce et <le gloire, ou vous refusez de les admettre. Dai ' tnièro li\
re serait le romhie de Vn\' rU de lu
l'hommage de votre culte. Quoi! la nature elle-même nor 'ne qu'il faut rendre honneur, respect cl
dflc iux êtres raisonnables en possession d'une
excellence appartenant même à l'ordre naturel, et ji» ne verrais pas que la Mère de Dieu, la Reine du monde, rahinie insoii.l ih!- ' ' ' ' 's perfec-
liiuis ti»» la ii.iliii»'. <. •; la plus
haute, la plus parfaite des créatures de Dieu, le chefd'cpuvre *ie ses mains, celle auprès de qui pûlit touti' «rranfleur hormis la majesté divine, a droit à mes hom- (ua^'cs? Si la première hypothèse suppose un aveuj^lement sans exemple, la seconde ne peut aller sans une impii't»' mnnifcste; ir f tarie pour ceux qui vivent et se nieiivfdi (i.ins l.i plcnif lumière du christianisme. Ne faudrait-il pas, en etTet, fermer volontairement les
ne pas voir et confesser - - - -- - -. c Vierge au culte des Anges et des hommes, c'est-à-dire de toute créature; et cela, qu'est-ce autre chose qu'une impiété?
Aussi bien, l'Kglise, par la voix et surtout par le coeur de ses enfants, n'a-t-elle jamais, dans tout le coars des siècles, mesuré le tribut de ses hommages
; I 1 , 1 * ' ' ' ' '' î * ' ■ ' " ''il
lir . «^
.L'cs du Christianisme, et nous le verrons s'étendre «lans la proportion même où s'étendait le royaume de I»itMi r.. .1.... r>oiis avon*t !v • ■••' ''•• <" ■■- -T-ms les ouvr . , et d«'S > ■ jucs nous
di5penseraii déjà d'entrer dans une plus longue étude.
— LB CULTB DE LA SAINTS VIKRGB
A ceux qui fonl profession de ne s'inclinefi en madère religieuse, devant aucune autre autorité que celle de la paroi ' ' ' u, et de la parole écrite, je dirais : Ouvrez 11 et lisez. Lisez la salutation de
l'Ange. C'est l'envoyé de Dieu, parlant au nom même de Dieu : «Je vous salue, IMcine de grâce, le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes ». N'est-ce pas là lui rendre un culte?Culte d'honneur, culte de louange; culte religieux aussi, puisqu'il repose sur l'attestation d'une excellence de l'ordre surnaturel et divin? Culte inouï jusque-là: caries Anges, encore qu'ils se fussent souvent révélés aux honirip <urs des messages de Dieu <!e
sa mi^ • ou de sa justice, ne ^ ^ i lis
abaissés devant eux pour les saluer. C'est la remarque faite par saint Thomas dans son Exposition de la salutation angéliij"'- '
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\>i lodaoce et quelque
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« Dooc, araoi ({oe les Anges pusseol •abaicfcr deraot rtiomme pour
- DROIT AU CULTB O IITPRRDCLIB 173
Lise/, dans le même chapitre, cette exclamation d'Klisal>eth, recevant la visite de Marie : « Vous êtes hi'n ' • • r f<>rnmes, et le Fruit de vos entrail-
les 1 me vient que la Mère de mon Sei-
(çneur s'approche ainsi de moi? » N'est ce pas, là encore, !'■ wid'un culte «le vénération sansbornes! I£l qui i:...i ,.-: ce culte est outré, pii's.iu'il cnI rt'n.lu sous l'action, même du Saint Esprit
I.i-' /. le Magnificat de la Vierge. C'est le Verbe iiK iriif- qui l'iri^^pire à sa mère ; c'est l'Esprit de Dieu qui le dicte à sou épouse. Or, il contient et la cause et la prophétique approbation des hommages que le «rpi ■ . 're à Marie: « Di
tou- . ^--- lie proclameront 1 »
parce que le Tout-Puissant a fait eu moi de grandes choses i>.
Usez toujours l'Evang le et vous y verrez Jésus- Qirist lui-même, dans la solitude bénie de Nazareth, vous donner en sa personne le parfait modèle du culte flli* ' ■ ■ ' '• . '. - • ., ..{
sa Mère. Voilà ce que nous révèle ce mot, à la fois si
»'jr ■■' . ir ..»
;■ ir I' ^ r.;.r '!§ 1-. , , - , ■ £..;.i r i, t.. — .
it II.' I i.-:n lù' j : ijr liabnel avftii «te dicte
LB CULTS DK LA SAIXTB VIBIIOB
simple, si compréhensif cl si profimd : « El il leur était soumis u. Lisez toujours, ou plutôt enleudez celte femme de TÉvangile qui s'écrie dans le ravissement que lui donne la parole de Jésus : n Bienheureux le ventre qui l'a porté; bienheureuses les mamelles qui t'ont nourri 1 » Or, si vous y prenr Jésus
ratifie lui-niémc, en relevant cette c.\ m, la
louante dÊiisabeth à Marie : Bienheureuse vous qui avez cru. Lisez enfin celle scène à. jamais mémorable où Jésus nous dit à tous dans la personne de son disciple bien-aimé : Voilà votre mère ; non pas une mère à qui vous deviez la déférence d'un fils suivant la nature ; mais une mère dans l'ordre de la çrâce, cl digne, par conséquent, d'un culte religieux; de la vénération la plus humble, la plus profonde et la plus amoureuse.
Vous en appeliez à l'Lvangile; voilà ce que vous répond l'Evangile. Libre à vous de méconnaître sa voix; mais, sachez-le bien, vous ne pouvez vous soustraire au culte de la Mère de Dieu, sans vous mettre en opposition flagrante avec lui. Il ne s'agit pas même ici d'interprétation ; c'est assez de lire et de comprendre : tant la vérité se révèle claire, pressante et manifeste. Donc, le culte de Marie n'est pas d'invention purement humaine, puisqu'il nous est venu d* ciel; donc il ne date pas seulement, comme ils disent encore, du quatrième ou du cinquième siècle de notre ère, puis({u'il est préconisé par rKvan::ri'<', et pratiqué dès l'aurore de la Rédemption.
Ce n'est pas assez dire. Le culte de la Mcic de Dieu est aussi ancien que le monde ; et c'est encore la sainte Lcriture qui rallesle. Est-ce que Marie n'était pas oiïerte à l'admiration et aux hommages de l'uni-
en. I. — onojT A o'HTPEnoruB 177
vers, quand elle était divinement préconisée comme l'ennemie perpétuelle du diahle, et la mère de Celui qui briserait la tôte du serpent infernal; comme la Vierge qui dc%'ait concevoir et donner au monde l'Eminaniicl; comme l'associée du Sauveur et Uédempleur des hommes? Assurément, ce n'était pas encore le
lit dans sa floraison mer- ^'erme et les prémices. Et par combien de prophéties, de figures et de symboles cette précieuse semence ne fut-elle pas entretenue dans le monde, avant qu'elle s'y fût épanouie sous le souffle de Dieu!
A peine oserais-je rappeler ici l'objection misérable ' r les adversaires du culte de I >enl-ils. .Marie vivante a reçu des honneurs. Mais que lui importent et que peuvent lui faire nos hommages, maintenant qu'elle a quitté le monde, et qu'elle est, par conséquent, incapable de les recevoir et d'en jouir? On pourrait leur demander s'ils n'ont pas de culte pour les morts, eux >T-': ' ' ' * int de ( • ? It la mé- I r ou de 1 is ne détournons pas notre vue de la Reine du ciel. Ne savons- ' ''Ile est vivante dans la terre des vivants;
v.w > tout son être, et d'une vie bienheureii!>e
qui ne s'éteindra jamais; d'autant plus dijG^ne d'être que ce n'est plus maintenant, pour elle, le
'' 'iation, mais l'heure du triom; ' -^ " "^^^
aussi que rien de ce qui la < n'échappe à ses regards: ni nos prières, ni nos louan-
'sés vers elle, ni les
., ,. I, de vénération et
d'amour que nous lui rendons? Autant vaudrait afBr-
LA lUHS OU BOMMi 11
; . — LE CULTt DE LA SAINTE VIERGE
mer que Jcsus-Chrisi, parce qu'il a quille celle lerrc misérable pour rcnionler vers son I*ère, csl incapable (le recevoir les adorations des hommes, et doit être mis en oubli dans ce monde qu'il a sauvé. Doue rien de mieux fonde sur les Kcrilures, sur la lra<lilion de I Église, sur la nature elle-même éclairée par la foi, que notre culle pour la Mère de Dieu.
III. — Sans nous attarder davantage à démontrer une vériié si manifeste, cherchons plutôt à mettre en lumière le caraclère de ce culle; et nous écarterons du même coup certaines manières de le concevoir ou de l'exprimer qui pourraient en dénaturer, ou altérer au moins la vraie notion.
Avant tout, le culte de la bienheureuse Vierge est un culte iïhi/perdulie; c'est-à-dire, un culte essentiellement inférieur à celui que nous rendons à Dieu, mais surémincmment supérieur à la vénération que nous devons avoir pour tous les autres saints : deux idées exprimées par ce mot hyperdulie. Culle de dulie, parce que l'adoration de latrie convient à Dieu seul ; culle d'hyperduiiey parce que le degré du culle est proportionnel à Texcellence des perfeclions surnaturelles qui le motivent. Or, nous n'avons pas à prouver de nouveau que la Mère de Dieu surpasse comme à l'infini lous les autres serviteurs de Dieu, si haut que la libéralité divine les ait portés sur celle lerre d'exil et dans la patrie célrste. Qu'on se rappelle ces deux propriétés de .Marie, l'une et l'autre absolument incomparables : la maternité divine et la plénitude de grâces. Donc, incomparable aussi doit être son litre à nos hommages. Accumulez, disionsnous après les Pères,, grandeurs sur grandeurs, privi-
PEROl'Lie
l«^ïrs sur I'' ' travers--/, t'His les dcgTt's de la
gràr»' l't tlt' il : montez au-{l»'ssus des saints, des
confesseurs, des martyrs, des ap^^lres, des prophètes et des vierges; allez par delà tous les An;,'es, tous les TrAnes, toutes les Vertus, toutes les Puissances, tous les Chérubins et les Séraphins. De toutes ces grandeurs créées, de toutes ces excellences et de toutes ces .' Npule [grandeur, une seule ex-
ilé. Si vous vous flattez alors d'avoir atteint la mesure de g^randeur et de perfection Kurnaturelle, départie par le Christ à Marie, vous ne savez pas ce que c'est que d'être Mère de Dieu, ni pleine dr grâce. Donc aussi, recueillez tous les hommages de vénération, d'admiration, de louange et d'amour que méritent les amis, les serviteurs et les élus de Dieu, ce sera beaucoup, sans doute, mais ce n'est pas encore le culte que réclame de vous la Mère de Dieu, la l'ille »!•• Dli'i, l'F[...iise de Dieu. Voilà pourquoi ce culte r>l le cul le à h'jptrduUe.
J'ai promis de redresser certaines idées plus ou m«>ins inexactes, ayant rapport au culte de la Mère de Dieu. Si je ne me trompe, il en est une qui se rencontre parfois dans des livres écrits d'ailleurs avec science et piété. On y paraît insinuer que Marie n'a qu'un titre à notre culte : son incouH 'Itle sain-
te) ou, ce qui revient au même, :t ii parla
arec Dieu. Assurément, la maternité divine ne serait pas étrangère à ce culte; mais pourquoi? Parce que sa dignité de mère a valu ;^ ^^••■" -l.ces correspondantes, des grdces exti .
I : l'alité constante a rempli la mesure; parce que sa dignité de mère a r«'!i;ni>sé le prix de son ' . abaissement. Dodr, «i- {lour <|u<>i nous la t
l8o I.IV. IX. — LE CULTK OB LA SAINTE VIEHOE
c» f ronimiine de toute élévation surnaturelle,
l'Ii fila sainteté. Élévation proJi^ieuse eu Marie, parce que prodigieuse aussi fut son humilité, prodi^euse sa sainteté. Donc, semhle-t-il, le motif prochain du culte que nous lui rendons, n'est pas tant sa maternité que sa plénitude de grâce et sa plénitude de correspondance à la grâce. Encore une fois, la maternité n'est pas absente; mais elle intervient uniquement comme source des faveurs spirituelles qui furent «n Marie, conséquemmenl à sa libre coopération, le principe de ses mérites et de ses vertus; et finalement, c'est à cause de son ineffable union de grilce avec Dieu qu'elle a droit à des hommages dépassant tout autre culte àedulie. Voilà ce que l'on a dit.
Je I " Nse, et c'est une v.' ' ' ' ' 'la-
rie n'« jvour mériter noli' ise
que le trésor presque infini de ses mérites, de ses vertus et de sa sainteté, son culte devrait encore être un culte dliyperdidie. Mais ce que je ne peux accorder, c'est que la maternité divine ne soit pas directement et prochainement un litre, et le premier litre de la Vierge, au culte des chrétiens. Écoutez plut(^t les princes de la théologie raisonnant sur cette question. f( Vhi/perditiietàil l'Ange de l'École, est la principale. la plus excellente espèce de la </«//>, considérée dans sa signification la plus large : car la vénération qui prime toutes les autres est due à l'homme en raison de V a (/i ni lé qui lui convient par rapport à Dieii Or, personne ne l'ignore, dans la doctrine du >aiiii docteur, la première des affinités contractées par l'homme avec Dieu n'est autre que celle de mère à fils,
lll s. Tljom . 2 7. cl lort. a, ', ail I.
i:n. I. — Di. ii'iiTPERnrLiK i8i
c'esl-à-dire la maternité. Ailleurs, il écrit encore, cl dans le même sens : « La bienheureuse Vierge élani une créature raisonnable, on ne lui doit pas l'adoration d»^ liitrie, mais seulement la vénération de du/iey {ilus éiniiiffiinienl toutefois qu'aux autres créatures, en tant qu'elle est la Mère de Dieu ; et c'est [lourquoi l'on dit de son culte qu'il n'est pas une didie quelconque, mais une /iij/jerdulie » (i). Ce*; «K-iiv !>»<<a;^es sont lires de la Somme théologique.
Notre grand docteur avait enseigné déjà la même d'^ririne dans ses Commentaires sur les Sentences; témoin oc passaije si explicite : « La Vierge ne peut être adorée d'un culte de latrie; toutefois, parce qu'elle ''«;l ' ■ non seulement à cause d'elle-même (et
'ic -i^ j. -Liions de sainteté), mais à cause de son Mis, c'csl-à-dire en tant que Mère de Dieu, pour cela m^me, en font qu'elle appartient au Christ, nous lui rert(lt)ns un culte d'ht/perdittir » (2).
\ .Milrz-vous entendre saint Bonaventure, le Sérapliique ami du docteur Angélique : « La bienheureuse Vi- " ,-, dit il. • iiirc créature : c'est pour-
qu' ! :, • saurait , ire à Ihonneur du culte
de latrie. Mais, parce qu'elle possède un nom très r\(r||. rit, si excellent qu'il n'en est pas de semblable iMMiii \i'H créatures, le culte qui lui convient n'est j..t> I,t siiiijtle dulie, mais Vhyperdulie. Or, le nom dont je parle, est celui de Vienje Mère de Dieu: dori
d'illH* dii'iiil»' M li.iiitr 11' , :' ' ' '
yriirs , m. IIS finMi i- ii' - ^ -
ment les hommes, mais les Anges, la révèrent d'une le. Par cela même, en eflet, qu'elle