VIII. — LES E!«rA!<TS DE MAHIK
coeur pour la justice conçoit le Christ; qui le confesse de bouche pour le salulfi). c'esl-à-dire,qui fail passer sa foi dans ses œuvres, enfante le Christ. Puisse une fécondité toujours plus f^rande s*àllier ainsi dans vos cœurs avec une virginité toujours persévérante » (a).
Qu'il est riche et grandiose ce parallèle entre TEfi;lise et Marie. Toutes les deux sont mères, l'une suivant la chair et l'autre suivant l'esprit; parce que de l'une est né le Chef, et que de l'autre naissent les membres. A bien considérer les choses» toutes les deux enfantent le Christ, parce que les membres ap> partiennenl au corps du Christ, cl sont, dans une certaine mesure, le Christ lui-même. Et ces deux mères sont vierges: l'une dans sa chair, et l'autre par la pureté d'une foi saintement vivante. Vierges avant l'enfarileineiil, elles le sont encore en donnant le jour à leurs fils: car ce n'est pas la vertu de l'homme, mais la vertu de l'Elsprit Saint qui les féconde.
Or, cette doctrine, si bien exprimée qu'elle .soit par le grand évoque d'Ilippone, n'est pas une invention de son génie. Nous la trouvons communément chez les autres Pères, d'où, plus tard, elle passera dans les écrits des auteurs ecclésiastiques, au moyen âge. Elle est de saint Fulirence (3), de saint Pierre Chrysologue (4), de saint Épiphane (5), de saint Césaire d'Arles (6),
(i) Rom.. X, 10.
(s) S A'içiisl.. $«rm. 191, im Sativ Dom. 8, a. k- P- L. xxxtui,
Fulfi^ot., Ep. 3. ad Probant, c. 4 et &• P* L. unr, 3a6.
IVl' ( K-x soi .SVrr» ,,- I' I. I.H, SjI.
— 19. r . G. XLii, 73o.
■ •r le bapti'ui'- avrr J.-«uf»
lllirui datt» U niuri L- >-!> dam le . ré,
uù M renc/>ntrcol par le. >rt et la ri' net
que b première oaissancc avait vuucct a la perdilioo, rcnais-cut t la
CH. I. — PARALLÈLE KNTRB MARIE ET t'i-GLISE l3
de saint Isidore (i) et de saint Ambroise (a). Elle fsi encore du vén. Ilildeberl, évrquc du Mans (3), «les bienheureux Ambroise Aulpert et Albert le
vraie vie daos le bain salutaire .. Parfois, lorsqu'on nous raconte ou
.•ii*nil niiii« liions du SriL'iiiiir J.'>iis l'.liri^l iin'il ryt iiiiiiiur-iiiritt Ht*
'•, sans le jcUc
»nir. Ft vi ..<is de
'.uJ'i .suul proil virginal.
l'^u mii pcii<iantuienl de luule lutlucnce
' Vovez rombirn d«* fr<»Ts, fn une
■ \ ■ >1 de
i.iilre
, .. .^ ^^ „.„ . — .„.. t. . ..„„v...v de le
-'\l vous plalt, ces dniz mères, et U maternili de l'une ra DOUe croyance en la maternité de chacune. '. haa dtuit maire*, et atrintquf fffnTalio fidfm
Il de nou\ .mta
lins ceux t les
■ re-
1 fils
-. ;.une,
•» ; l'autre.
1.'. Arcidt., il'jiu, 3 de J'iUchnie. i'. L. i.xvii, lo^H. S. Isidur. Ili»j»., d4inl nuri \e% (.uroles : Marin aut^m Ecclesiam
11' .<!. 'C'^'". i'itu Sanclo
. «c. Luc, L. Il, a. 8. i*. L. av, iltltlt.
Canlii|ue : S[>«cioki >unl i^essos lui in
«rgo cretsus \ ' * ' vel Ecole»
lae in figura t. Maria pro-
. Il hH. S,. I ,*.
' ameotum,
■'•. Vifjn
:i It^, in .ituiMuiat. U M. 1'. L. (xaxt, Co^
l4 L. VIII. — LES C?(rA.«(TS DE MAIUB
Grand (i), de Gerhocli, prOvAl de Rcichcrsberç (a), du Missel Mozurahique (3), et d'une foule d'autres monuiueiils (le lu trudilioii.
Mais comme ces témoignages ne seraient guère autre chose qu'une répétition des précédents, mieux vaut 1rs omettre pour interr«n,'er encore i ' ni
Au^stin cl transcrire un texte, où il a c< i «*
sa doctrine sur les ressemblances entre TÉfflisc cl lu Mère de Dieu. Je le tirerai de l'un de ses plus beaux ouvraj^es, le livre Je la Sainte Vinjinilé.
« L'Église, écrit de nouveau le grand docteur, l'Eglise imite la Mère de son Epoux et de son Seigneur. Elle est, cil' '. l«)ut ensemble et mère et vierge.
u De qui us-nous la pureté, si elle n'est pas
vierge? Aux enfants de qui parlons-nous, si elle n'est pas mère? Marie a enfanté corporellement le Chef de ce corps; et l'Eglise engendre spirituellement les membres de ce Chef. Ni chez l'une ni chez l'autre la virginité ne fait obstacle à la fécondité, ni chez l'une ni chez l'autre la fécondité n'ullèrc en rien la virginité... u
Après avoir rapporté les paroles si conues du Sau-
(l ■ ■ ^ "' " ' ' ' : XJCXIX, lSc>
Ulli; '<1
ift- mil fjitiiiiii i-M . ivc'C^
ma' !.. de Gloria et hmutr»
.3) J'rueJ'tiiéi* »*ti Inlaltit la Maltu. Dy/in. V, L. fsxx, l88.
ai. I. — PABALLCLE E.NTHE MaRIK CT L CGL»E 13
vciii : < Quiconque fait la volonté de mon Père qui es! au ciel m'est un frère, une sœur, une mère » (i), le s;i'iit <■ ' . >ursuit onces termes: « Sa mère est
1 l^^lisf i: If, parce (ju'elle engendre par la
^'rAce de Dieu les membres du. Christ, c'est-à-dire les tidcles. K{ sa mère est encore toute âme pieuse faisant la volonté du Père par celte charité très féconde dans ceux qu'elle enfante, jusqu'à ce que le Christ soit formé en eux (2).
<( Mal if, faisant la vtjjoiilé de l>it'ii, n est corpi>i« r.cincut que la Mère du Christ, mais spirituellement elle en est la sœur et la mère. .Ainsi dune à cette ffiiifue seule il appartient d'être et d'esprit et de corps mcre et vierge à la fois. -Mère par l'esprit, nyn pas de notre Chef, le Seigneur Jésus, car c'est plutôt de lui qu'elle est née spirituellement, puisqu'elle est du noml»if (les croyants, c'est-à-dire des iils de l'Epoux {?>) ; lll.ll^ de SCS membres sans exception: car elle a Con- < ouru par sa charité à faire natlre dans l'Église les 11!' '-s, membres de ce divin Chef. Et par le corps elle c:>i incre du Chef lui-même. 11 fallait, en elFel, que, par le miracle le plus insigne, notre Chef naipdt coi porellement d'une Vierge,'^ a/zn He tignijîer que ses membn'«N naftraient suivant l'esprit de l'Kglise vierge.
V ^. il.! donc .Marie est d'esprit comme de corps mère et vierge ; mère du Christ et vierge du Christ. P'Mir l'Église, considérée dans les saints qui possé- <lt luitt le royaume de Dieu, elle est tout entière par l'esprit mère du Christ, tout entière par l'esprit viergo du Christ; mais de corps elle n'est par tout elle-mémo
xn. Se.
I 11 <• » m., nr. (ft, |3) Mailb.. Il, i&.
iG L. VIII. — LES ENFANTS DK MAUIL
ni vierge ni mère : car dans les uns elle est seulement vierge du Christ, et dans d'autres elle est mère, mais non du Christ. Les fL'mmo ' it^nncs en pouvoir d'rpoux et les vierges cm, - H iJieu... qui font la volonté du Père, sont spirituellement, les unes comme les autres, mères du Christ. Onanl à relies qui, vivant de la vie conjugale, enfantent corporelUmcnt, ce n'est pas le Christ qu'elles enfantent, mais .\dam; aussi les voit on courir aux sacrements qui transforment leur fruit en membre du Christ : car elles savent par la foi ce qu'elles ont mis an jour » (i) .
(i)S. Aafn^'=- -'-«'!• U
3 «1rs iiftsMïrv 'le
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le* in^rc» Uu cUriil, jmbiiu elle rcpoic sur la foi oj" ranl daiis la charité 1 Gai. V. 61...
• l<e mariage n'a pasdr-^' --" ••'••« ■'- '"— i-- -.. r.,/,;i. ,1.. 1, ^.,ni|. oeoce. par la rai«on qn : ce n'e«l pas la I'- li-n j.r . l'a tellement con : s î^tics. que celle anioo s> , ctt toujours vieri^ A sa D«i>»»«ncr, ri jamais vierge r<jus»c r^ r it wicu.... Ce dernier fenre de rierges, nulle frcoodil^ ne peut le produire ; 0 ne rient oi de
Cil ARALUELE EXTIlt: MAHIE ET L LU USE 17
Qu'on n'aille pas croire, parce que j'ai cité princi» paiement nos Pères latins, que la personnification de "T *T iM>rtV des Orientaux. La lettre
. . ^: lI de Lyon qui leur élait adressée, les passages d'Archélaûs et de Clément d'Alexandrie lémoii^neraienl du contraire. Mais bien autrement nomhreu.Y sont les monuments où celte doctrine est consignée. Bientôt, nous aurons occasion de le ronstaler eti parlant de la célèbre vision de la femme ■tée il\luiifs, décrite par saint Jean dans son
, vpse. Aussi, les Itères grecs n'hésitciil-ils pas
à interpréter les mêmes textes scripluraires de l'Él'Wse el de Marie. Je citerai, pour exemple, et sans
I jl>rév'er, ce passa:^e de saint André de Crète, dans un M ruion sur la Nativité de la Mère de Dieu.
'« S'il est possible de mesurer la terre, el de compter
II niultitude des étoiles; si l'on peut norobrer les goutifs <lr la pluie, les particules de la terre et les grains de sable, ou peser le poids des vents, il sera pos- ^ililf 'le scruter aussi jusqu'au fond le sujet que nous avuuâ a traiter. C'est aujourd'hui la fête de la Mère de Dieu; c'est cette admirable adolescente que nous célébronn dans nos chants : adolescente, ai-je dit, mais - - ' tessc; adolescente de qui le grand roi et le
l>rophète David contemplait d'un regard inspiré les ornements royaux, quand il s'écriait : Toute la gloire de la fille du roi est du dedans; et ses vête-
Si TOM ne dfmaadei oà m( la mén, J« tow OMa- ■^ tarrim n*» iJfpf»! leor ortcine oot de la vm^c*
le Chrùt. I naieeral !<
■• 7. «o. »•• pp. iW'4oo, 401.
|8 L. VIII. — LES EUTkrm OK MARIK
mcnis resplendissent d'or cl de broderies (i). Celait là chanlcr de l«)in, sous le voile des figures, l'éclal incomparable de beauté que lui confcTaicnl, dès sa naissance, les dons multiples et variés de l'Esprit de Dieu. Voilà, selon moi, comment tout lccteur,dont nulle afTcclion vicieuse n'aura faussé le " nt, in-
terprétera le vêlement royal et les fran r, pa-
rure de cette princesse. C'est pourquoi le même prophète, ravi des beautés invisibles, symbolisées par ces ornements extérietirs, disait encore àcclte vierge : Écoulez, ô ma fille; inclinez votre oreille, oubliez votre père el la maison de votre père, et le Hoi s'enain (le votre beauté. Je ne Tign— - — : c'est
ma uent à rivalise que sont oth -. ver-
sets du psaume; mais qui nous empêche de les entendre aussi decelle q»io le mystère de l'écon " :ne a faite tout enli''*'"'' •••nif>le de rK'»oiiv . -l* tout entier » (2)?
(1) Psalm. xuT, iV
131 S And. Crricns.. Serm. UtSalivit. B. M. Virf. P. L. xcni, 861.
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in "l D«ai(|uc c«|>ul ac loembra uniu fiUmt ac plur** ùiu, »ic Marta et
rit. i. — PARALLÈLE ENTRE MARIE ET l'ÉGLISE I9
II. — ncvenons sur ces idées et tâchons de les résumer avec ordre, à riioiincur des deux mères, rK^çlise et Marie.
Inutile de rappeler ici la nalure et les privilèges de la double maternité virginale de Marie : comment, suivant la chair, elle est mère du Fils unique de Dieu ;
il, suivant l'esprit, elle est aussi notre mère à
i .«-les. L'Kiîllse n'a pas enfanté corporeliement
le Christ, à moins toutefois (]ue Ton ne considère
' -- sa plénitude, en tant qu'elle renferme
j comme le plus saint et le plus grand de
ses membres : car, à ce point de vue, rien ne nous .■nijn'. lierait de dire que IK^^lise est la mère du Christ considéré dans sa chair, njais par Marie.
f\t n'est pas sous ce rapport que nous concevons II.;.' lise, quand nous la comparons avec la Mère de hwii. D'un c<*lé nous mettons l'F.^liso à part, sans Miirie; de lautre .Marie à pari, sans TK^lise. Le Souverain Pontife fait certainement partie de l'Eglise, puisqu'il en est le chef visible et la tète. Ft pourtant 'I'»»' de fois n'a-t-on pas mis en parallèle le Pontife -wj.rAme et l'Fi^Jise, pour établir les rapports mutuels
ni* matfr,
:i:t : iitra-
l'oilvtjj, Srrf. liiu"iy./.
30 L. Vm. — LBS ENFANTS DE MARIE
qu'ils ont l'un avec Taulre. Donc la maternité de l'Lglisc n'a pas enfanté le Christ en lui-même et dans sa chair. Elle l'enfante pourtant, mais dans ses membres. Car c'est en elle et par elle que nous sommes incorporés au Christ, que nous entrons comme partie «lans sa personne mystique, et que nous devenons en lui des fils adoptifs de Dieu.
Comment s'opère cette naissance ? Par le baptême, ce premier des sacrements confiés par Jésus-Christ à son épouse, l'E'Ji^lise. C'est pour celte raison que les Pérès le représentent généralement comme le sein de riù^lise. « L'eau du baptême, a dit saint Léon, est comme un sein virarinal, et le même Es[»ril qui descendit sur la Vierge remplit la fontaine sacrée » (i). « Ce qu'est le sein maternel (matn'x) pour l'embryon, l'eau du baptême l'est pour le fidèle : car c'est dans l'eau que le fidèle est formé... Il y a pourtant une dif férence : pour la formation de l'homme au sein de sa mère, il faut du temps; un moment suffit à l'eau pour achever son œuvre » (2).
N'allez pas objecter qu'on peut devenir enfant de Dieu, en dehors du baptême conféré par l'Église, comme il arrive pour les enfants baptisés dans le schisme ou dans l'hérésie. Car c^ l>aptême, encore qu'il soit administré par des mains étrangères, appar-
(I) s. L«o M.. Serai. 4 d» Nativ. Dom. «. 3; ooi. Strm. 5. P. L uv.
(t) S. Joan. Chryoti., Nom. »6 (al. »b) in Joan., n. t . P. G. uz, iS3.
€ Olui qui desc" "<•
con4,*tit et lutl au m '1
dan '- -• T ri le» rcuu le
Di' •laÏDc mal it
le - K^liw (a/c/-.; , ri.
Tait., d* Oper. Sp. S. L.iU, c 9. F. L. cuivu, 1648.
Cli. I. PAKALLELB ENTRE MARIE ET L KULISE at
tient à l'Église : c'est son patrimoine inaliénable ; et s'il donne la vie surnalurelie i\ qui le reçoit, c'est qu'il est le sacrement de la renaissance dt^posé par le Seigneur entre les mains de son unique épouse. Aussi, tous les enfants d'adoption qui naissent au milieu des sectes hérétiques sont vraiment les fds de l'Eglise, tout autant que s'ils avaient été mattTiellement baptisés par elle. C'est cette grande vérité que rÉ^lisc par ses pontifes et ses docteurs a défendue contre les Donatisles de l'Afrique, au jugement desquels tout baptême, administré en dehors de la véritable Église, était esseiiiicllemonl frappé de stérilité. Hérétiques et schismatiques, même sans le savoir ou sans le vouloir, agissent pour elle, parce que ce n'est pas le mérite de celui <)ui baptise qui opère dans l'eau baptismale, mais le hacrement qu'il confère. Or, encore une fois, ce sarroincrjt n'est pas leur propriété, mais celle de l'bglise, l.i véritable épouse du Christ.
Ne m'opposez pas non plus qu'on peut renaître indépendamment du baptême, quand, par exemple, un adulte «•-• • ' '' .jr re<;ii, justifié par la foi
et par la c^ ^ ■ : car cet adulte, entrant
ainsi dans la famille de Dieu, doit avoir, au moins iinpliriie, le venu du /;a/>/*V/i^, c'est-à-dire, de cette eau régtiii-ratrice que les Pères nous représentaient tout A l'heure comme le sein virginal de l'Église. Ki c'est pourquoi tout fidèle renaît du (^.hrisl Kpoux et de l'Ivjlisc épouse. Km! * nte influence de ce divin
iiiK i.iv'i', et l«' non \> Mineure dans la mort.
I I ^' lise est mère, parce qu'elle engendre les fidèles à la Me divine par le baptême. Ce n'est là toulrfois qu'une de ses fonctions malernelles. Elle est enoore mère, parce qu'elle donne à ces nouveau-nét tout ce
as l" Vlil. — LBS EXFANTS DB MARIR
dont ils ont besoin pour arriver à la plénitude de IM^c pnrfuil dans le (Uirist : lumière, force, nourriture, remèdes salutaires. C'est où tendent ses enseignements, sa discipline maternelle, el les sacrements dont elle est la dispensatrice. Ainsi rcmplil-ellc la seconde fonction de toute vraie mère, qui consiste à conserver en le formant le fruit de ses entrailles. Saluons donc cette mère, aimons-la, so3-ons pour elle des enfants resijectueux, tendres et dt'vouès.
D'ailleurs, n'oublions nos que cette maternité de rKglisc a des degrés. L'Église notre mère n'est pas une abstraction. Elle se révèle à nous par ses pontifes, par ses ministres, par ses prêtres, en un mot, par tous ceux, qui, dans une mesure plus ou moins larirc el plus ou moins prochaine, ont reçu la mission légitime de nous façonner ù la vie des enfants a<I '" le Dieu, (i'est pour cela qu'ils sont nos pères ù 's
titres et que nous les appelons de ce nom (i
Or, cette mère des fulèles, la Sainte É'.'Jise, csl d«>ublemeut vierge. Vierge d'esprit, parce qu'elle enfante non de la volonté de la chair, non par l'opération de l'homme, mais par l'inlUience invisible de l'Esprit de son divin Époux, le Christ ; vierge d'esprit encore, parce qu'elle est pure el sans corru[)tion dans sa foi, pure diins sa morale, pure dans sa doctrine; « parce qu'elle a ses pensées aux choses <!»• Dieu, et non pas aux choses du monde, s^ni.ii-iisr iini.iiiciniMit ili- nl.iire
fi) I^ Sonrfruîn Ponlifo, vii^ir*» <!♦• Jrw*^hml H le «•Mf fl* soo
fl.ir re
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•iiti ré;
Epb., i> . 1 1 1 J.
cil. I. — PARALLÈLE ENTRE MARIE ET l'ÉGLISB 23
à l'Époux ci'lesle ( i ) » . Vierge de corps, elle ne Test pas, il esl vrai, dans la totalité de ses membres; mais elle conseille et ^a^orise la soinle virginité; mais elle partie avec une \ii5'ilance constante la pureté des mœurs; mais elle demande une continence complète à ses mi> nistres, et voit avec bonheur une partie de ses enfants enibrasser la chasteté parfaite, à l'exemple et sur les pas de son divin Kpoux.
Telle est notre mère, la sainte Église du Christ.- • Il ' ' ' ' ** nde est sa maternité; belle,
SI M plus parfaite est l'une et
l'autre de ces communes prérogatives dans la Vierge Marie. La maternité de Marie l'emporte incom[>arablemcnt sur la maternité de l'^gliscElle l'emporte, parce que Marie seule est mère de Jésus-Christ selon la chair; seule elle est Mère de Dieu, et il n'y en a pas d'autre. Elle l'emporte encore au point de vue de la niui.inité spirituelle. Nous le savons, il fallait deux choses pour que l'homme pût recouvrer la vie de la -r'i . .1 - !• \cnircc qu'il était avant sa chute, fils l'i ■, 1:1 cJt; l.i;( u : premièrement, réparer loutrage fait t I Ml par le péché, et rouvrir les sources de la grdce In .'S par sa juste colère; secondement, faire l'api ' ■ î<*s mérites du Sauveur, et, suivant les temps
' i unes, distribuer les richesses que la Passion
nousavait acquises. Telle est l'œuvre de la Kédempiion <"' " 'lanslcChrisl.
:■ - ■ '. — -, a sa pari de
choix auprès du Kédcmpteur et par le llédemptcur, 'î.tris Ir premier acte de la commune régénération. Au < il.iiif<'. où Jésus^.hrislpa^'ade son sangla rédemj>-
(I) ICor^ vil, S4-
t\ L. Vltl. — LES ENrATVTS Dl MAfItK
tion du monde, j'ai trouvé Marie, concourant à cette œuvre par l'oblalion qu'elle v fait de la grande victime librement donnée par elle, et recevant par une déclaration authentique le titre et la qualité de mère. Sans doute, l'Eglise y est aussi ; mais au lieu de coopérer aucunement avec le Sauveur A ce premier enfantement des fils adoptifs de Dieu, elle n'est là que pour être rachetée, que pour y naître à la vie surnaturelle • dans le cAlé entr'ouvert de son divin Époux. Elle n'y remplit donc pas comme Marie la fonction de mère. A ce point de vue, Marie seule est mère des membres du Christ; tellement seule et tellement mère que l'Église, comme nous le dirons bienl(^t, est elle-même sa fille, puisque l'Eglise est du nombre des rachetés.
Si nous passons au second acte, c'est-à-dire, à l'application des mérites de Jésus-Christ qui se fait à travers les âges, encore que l'Eglise y prenne une si !-"• "fpart, la prééminence appartient toujours à Marie. doute, ce n'est pas elle qui administre les sacrements comme l'Église, ou prêche la doctrine du Christ; ce n'est pas elle, non plus, qui par office promulgue les lois du Chnst, et règle par ses ordonnances la vie des chrétiens. Ce rdie spécial, Jésus-Christ l'a mis aux mains de son épouse, l'Eglise. Mais cela même, la Vierge, Mère de Dieu, le fait ; et nous le prouverons avec évidence dans le chapitre suivant, elle le fait, non pas comme l'Église, mais d'une manière plus excellente et plus relevée. El, par conséquent, sa maternité surpasse à tous égards la maternité de l'Église.
Ai-je besoin de montrer que la Mérc de hieu dépas.se incomparablement aussi l'Egl'se, au point de vue de la virginité dans la fécondité? Saint Augustin l'a trop clairement exposé, pour qu'il soit nécessaire
l'AKALtCLB K.NTnE MARIE ET L KGLISB
d'ajouter de nouvelles explications. Où donc est dans l'Église, en dehors de Marie, la virçinité s'alliant à la ' iti' suivant la chair; viryinit»^ et maternité
si I s l'une et l'autre qu'il est impossible d'en
concevoir ou de plus pure ou de plus haute?
Et, si nous parlons de la vir«;inilé suivant l'esprit, Marie nous apparaît encore l'emportant comme à Tinfini par sa foi, par sa puret»^, par sa charité, par toutes les vertus, en un mot, qui constituent la virginité des âmes, sur tous les membres de l'Ei^lise et sur l'hglise elle-même; non seulement sur l'Kgliso militante, où la faiblesse humaine nous montrera toujours bien des «nch»'s, mais sur l'És^Iise triomphante, si immaculée qu'elle puisse être.
Enfin, bien que l'une et l'autre aient conçu du Saint Esprit; bien que ce divin Esprit ail j\ chacune donné la f.'rnn.lité, à Marie pour enfanter Jésus-Christ et ses MMMiiltrc»,à l'Ei^lise pour engendrer les fils d'adoption, nous n'oserions, sans craindre de les offenser l'une r;ui(r»», •turiliiier à l'f^glise l'ineffable plénitude du et >.uul L>j>nt que nous avons reconnue tlans Marie : car l'i^c^lise elle-même reç«»it de la plénitude de Marie, comme Marie participe à la plénitude du Christ.
III. — Jusqu'ici le parallèle entre les deux vierges et les deux mères, entre l'Église cl Marie, nous a présenté deux caractèr«»s principnux : rarnrtére «le ressemblance, et caractère de supériorité du côté de la Mère de I>ieu. C'est là ce que signifie la formule si fr. .pirmment employée par les Pères : Vngtisr imite f , ! / t fi .. . r / . .. v, (fn iiQ titr Mat rem Christi. I urnent jamais pour dire de
Marie qu'elle csl faite à la ressemblance, à l'imilalion
36 L. Vltl. — LES CXFANTS DE MARIB
tic TËlglise. Celle-ci, toute proportion gardée, représente Marie comme Isaac représentait Jésus-Christ, comme la Jérusalem de la terre repr ' • • " |j, ciel. C'est que, dans celle conimuna la prééminence appartient excellemment à Marie : prééminencr d«* saiiilclé, prééminence d'union aver le Saint lîstirit, prtM'tiuin'iici' ili- \ii"inii.- iiri'.Mniiici.ce de maternité.
Quand la sainte lù:rilure veut parler de la ressemblance entre la créature raisonnable et le Créateur, elle dit que Dieu fil l'Iiomme â son image (i). Ainsi le Fils de Dieu a créé TKglise à Cimuge de sa propre mère. Dieu ne ressemble pas à l'Iiomme, mais Piiominc à Dieu; pareillement, c'est l'h^lise qui ressembN* i Marie, non pas .Marie qui ressemble à l'Église.
Donc, la bienheureuse Viop^c peut dire consi comme un exemplaire dont rtpousc du Christ c.-i .<» plus parfaite image. La notion d'image, en contraste avec celle d'exemplaire, enferme essentiellement une double idée : lidée de similitude, et l'id '' laine dépendance quant à l'origine. La; vine est re\em[»laire de toute perfection créée, parce que toute perfection créée reproduit dans une mesure plus ou moins grande les perfections du Créateur, et parce que celles-ci sont la source d'où procède celle-h\. Or, ces deux caractères de l'image se ré volent manifestement dans le rapport de l'Kglise avec .Marie. Qu'il y ait similitude, c'est ce que nous avons pleinement démontré dans ce chapitre même. Qu'il y ail relation
11) Lrc mot imtiiir. quand il »'«|ril d'exprimer la r««*mbl«nre enir*
< 11. t. — PARALLàLE CMRE MARIB £T l'|;:i;LIS1
d'oriinne, c'csl encore une v('ril«^ sans contcsle; si l'KjliNC existe, si elle csl mère et viercre, si l'Esprit habile en elle pour la rendre vivante, féconde et sainte, c'est que Marie a librement enfanté et librement donné son Fils pour le salut du monde; c'est que, puissante et ni'- ' ' ' ■ ' • ^ ç\\ç fjjjj cons-
taii iir lesaccrtioce
«t le peuple du Christ.
De là à la conclusion finale où nous voulions arriver par tout ce qui précède, il n'y a qu'un pas : l'Ktj'Iise est vraiment la fille, la première fille de la Mère de Dieu. Ce n'est pas à ses fils seulement, mais plus encore à elle, qu'il convient de dire à Marie : Monstra tr rvse malrem; montrez-vous une mère pour moi. Aussi bien, que faudrait-il ajouter à ce que nous avons ni-'tiité jusi|u*ici,pour saluer en Marie la Mère de l'Iv yliî»e, tout ausfi birn fpie la Mère des hommes ou la Mère des fidèles? L'ivjjlise est faite à l'imuîje de Marie comme un enfant porte en soi la ressemblance et les U ' . Il 1 . ■". vit, opère dépcti-
'1 ' .1 tout ce (ju'il faut
pour établir entre elles la relation de mère à fille et de fille à mèr»*? Nos docteurs l'ont bien vu, puisque tant de fois ils ont appelé celte bienheureuse Vierge la M tic de l'Éçlise. Si les n^embres du Christ sont les enfants de Marie, suivant la mesure même de leur inrnrporation •! ' personne du CIn • ni
I l-wli-.*', corps I ..• du Christ, et ; nt
du Christ au travers des siècles, n'apparliendrait'clle (►as nu même litre à Mari»*; d'autant mieux que l'Église ne peut jamais être séparée du Christ, tandis que rien n'assure infailliblement aux membres une indé> fectible incorporation dans sa personne mystique?
CHAPITHF H
U< •■•)ur ?«iir la comparai"»' m rniir u-i iii-ii\ m- : '• et
Mari», pour mieux eulendre comment, dans les 1 ('"me
par où l'K^lisc continue la miision du Christ, ^ crve
M prééminence, et demeure à ce point de vue, ' tout le reste, la Mère de l'Église.
I. — Nous avons dit la prééminence de la maternité spirilticlie de Marie sur la maternité de l'Eglise, prééminence qui se révèle principalement en deux .M iii.În M tes ; l'acte par lequel n été sunil' r< tiij.iif jnuir nous la foiilainc de vie '^ d'où coule et coulera toute ^râce d'adoption; l'acte par le«|url ces mêmes çrâces et celte même vie vont s'épanchant, dans le cours des dges, sur chaque homme en particulier pour le vivifier et le sanctifier. Je n'ai pas à revenir sur le premier : nous savons I z que Marie seule, à l'exclusion de toute .lutre iiirc, et par ctinséquent, de l'Lglise elle-niérne, a coopéré à cet acte, commencé dès la conception du Christ et consomm»' sur le Calvaire. Ce qui nous reste à exposer plus à fond, c'est le nMe, non plus exclusif, mais prépondérant qui lui revient dans le second acte.
11 pourrait sembler, au premier coup d'aii. -jm-, dans cette ceuvre de la sanctification des hommes par l'application des mérites du Sauveur, la part principale appartient à l'épouse du Christ, la sainte Eglise.
OB. II. — l'ÉGUSK, riIXB DE MARIE 30
A elle, cneffel, Jésus-Chrisl a sing:ulièrenient confié les quatre fonctions qui concourent à la préparation, à la formation, au perfectionnement des enfants adoptifs de l>icu, je veux dire : le magislêre doctrinal qui propas^ et conserve la foi, le ministère sacré qui satiolilie par le sacrifice et par les sacrements, le miiiisltre non moins auguste ni moins efficace de la prière universelle qui ouvre les sources de la miséricorde, enfin le pouvoir pastoral qui promulgue les lois du Christ cl gouverne les chrétiens au nom et par Taulorilé du Christ. Telle est la mission de l'Eglise sur la terre : prolongement et complément de celle de Jésus-Christ. « Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie »), disait le Sauveur à ses Apôtres, et dans leur personne, à tous ceux qui devaient leur succéder jusqu'à la fin des siècles. Or, notiN ne lisons nulle part qu'il ait confié semblables ftMutionsà sa mère. Et comme ces fonctions vont toutes à nous vivifier dans le Christ, ne faut-il pas en «•onrlure que Marie n'a plus dans le second acte la prt'Jminciice ijui lui est propre, quand il s'agit du premier ?
Quand nous serions obligés d'en convenir, Marie serait encore la mère par excellence : car, tout bien * .>||^idé^é, c'est une [ilus grande chose de prêter son minislèreà l'acquisition générale des grdces vivifiantes, <l'> '" ' ! 1 organe de la distribuliuii qui
h>: '•S à travers le temps et l'espace.
Mais nous prétendons autre chose pour la Mère de Dieu. Ce n'est pas en vain que iF^glisc l'a toujours honorée, sans restriction, comme sa reine cl cuninie sa mère;en vain qu'elle lui crie, de cette vallée de larmes : Montrez que vous êtes mère ; mère de Notre Seigneur
3o L. Vm. — LES ETCFAÎfTS DE MARIE
et la nôtre; en vain qu'elle la supplie d'une môme voix avr -mis de tourner vers nous l»*^
de sa nii Je el de nous faire admettre, u, i
exil, à la vision de son héni Jésus. Et comment le droit de la Sainte Vierge à la répartition des grâces le ccderait-il à celui de l'Ég-lise, quand elle a par mérite ce que l'Eglise a re«;u par/)are grâce (i) î
Non, la sainte Mère de Dieu ne possède pas, comme l*hi,'Iise ' Il même forme, les pouvoirs '
lilicalitMi ^ s par le Chrisl aux mains des \ , . -. Jamais on ne l'a vue définissant aulhentiquement la croyance, célébrant le sacrifice eucharistique, administrant les sacrements, portant des lois oblijjatoires pour les fidèles, offrant enfin devant l'autel les prières de la sainte Liturgie; quoiqu'elle nous ait donné l'Auteur de notre foi, le Pontife de la noi. " "' suprécne L;'*y:islatcnret notre tout ^ auprès du I*ère. Mais, encore un coup, sa prééminence n'en demeure pas moins entière, indiscutable, p que ses opérations sont d'un ordre supérieur. Et \o.... ce qu'il nous reste à montrer plus explicitement, en reprenant les quatre fonctions par où l'Eglise continue la mission du Christ, son Epoux; r '* dont le but el le icrme est la formalion < fils adoptifs du Père.
II. — Parlerons-nous de son rôle dans l'établissement, la propagation et la conservation de la vraie foi? Il se résume en un mot, en un tilre: Heine des Apôtres; s\ haute, si profonde et si incomparable est son influence dans ce ministère de l'Apostolat. Je ne
(i) II» partir. L. t, c. i.
CB. II. l'COUSB, riLLC Ul MAIIIC 3l
rappellerai pas, ce que j'ai dt'jà dit ailleurs, comment elle fut r//i5//V/r' - eux-mêmes : lellement
que si a Jean 1 i ^ ..,.. ,.„.Li plus divinement des
mystères de Dieu que ses autres compag^nons d'Apostolat, ce fut, au témoignage de saint Ambroise, parce qu'il avait tout près de lui le sanctuaire des secrets du ciel » (i). Je ne rappellerai pas non plus qu'elle fut la première à faire connaître le Sauveur Jésus au Précurseur encore prisonnier dans le sein de sa mère, aux Juif:» dans la personne des bergers, aux Gentils dans la personne des Mages; et que, si V Esprit de vérité descendit si pleinement sur les ApAtres, au jour de la Pentecôte, ils en furent pour une srrande part redevables à ses prières; présages manifestes de sa perpétuelle mission dans l'ordre de la foi. Je ne rappellerai pas d;r pour l'avoir écrit dans un autre endroit, L il la foi dans le Clirisl-Dieu se rattache
indissolublement à la reconnaissance de ses titres, au culte d'amour et de vénération qui lui est rendu (3). Je ne traite- •• ■-^- même ce côté si curieux de l'Iiisloire des i qui nous lait voir, dans le plus
grand nombre d'entre elles, les attaques contre les |.ri\il>'ges de la Mère de Dieu *>' " «vec les né^atiuns dirigées contre tels ou tel- ^ de noire foi.
(Test ce qui nous apparaît plus nettement dans le Néstorianismc, chez les Iconoclastes, les ^ . les
lliissKfs, les Protestants de toute secte, t. .......cinenl,
(ju.M.jiie d'une matiiére plus voilée, dans le Jansénisme.
Enfin je laisse û il auircâ le suin de raconter tant de
I H. Ambro*., Imslilut. Vif^.» 0. 7, a. 5o. P. L, >ti. S19. Voit II* P*M.*. !.. ▼, c. a.
(S) i* Partie. L 1, c S.
3a L. VIII. — LES EtlFANTS DB MAniB
faits particuliers où Marie se révèle dans son rôle de maîtresse^ non plus seulement parles ii
les iiluniinalions intérieures qu'cllcobticii : .. .,
mais par des manifestations extérieures et sensibles. L'hisluire des Missions est pleine de ces faits merveilleux. On les trouve en Chine, au Japon, dans les deux Amériques chez les sauvages du .Maraj^Mion et des Montagnes Hochcuses, dans les Indes Anglaises et même de nos jours en Europe (i).
Un fait pourtant mérite d'être explicitement signalé, parce que ce n'est plus seulement une âme ignorante ou égarée, mais un pasteur des âmes, un docteur, dont Marie se fit, dès le troisième siècle, la maîtresse visible. Cet heureux disciple de la Mère de Dieu fut le célèbre Grégoire de Néocésarée. Le saint, universellement connu sous le nom de Than >-, à cause des nombreux miracles qu'il opéra, \ malgré ses résistances, de recevoir la consécration épiscopale. 11 se préparait dans la retraite à prendre ] w du siège de Néocésarée, ville presque totalcu.v ... j.«.cnne, qu'il devait convertir au Christianisme, à force de vertus, de dévouement et de prodiges. J'emprunte mol à mot le récit <jui va suivre à saint Grégoire de N qui pouvait l'avoir reru lui-même de son aïeuh crine, laquelle avait vécu avec les disciples et les contemporains du Thaumaturge, sinon avec le Thaumaturge lui-même.
Donc, encore qu'il eût suivi pendant plusieurs années les leçons d'Origène, et peut-être même à cause
(l^ Totlt le micidp a l-i l'annarilion de la B. Virrrr .iii f' de I'. i,c doul c! ■
r»ik .1 encore, o
riodc ft <J une nuliirDticii'J ctrUiuc.
— l'église, iille de marie 33
de l'enseignement de cet illustre maftre, Grégoire sentait le besoin d'être instruit plus exactement des mys-
' rlictilièrement du grand : t pounjuoi, « le nou>el
élu suppliait Dieu de Téclairer sur ce qui le rendait • ; résolu d'ailleurs à ne pas entrer dans le mi- L.^i^K, «.le la prédication, avant qu'une lumière divin ' iiVilt pleinement dissipé les nuages. Or, il arriva qu'ayant passé toute une nuit à méditer en lui-mémo
' ' ''-la foi, sans voir assez ncllement Cf
j r (car il y en avait alors ([ui par leurs
subtilités corrompaient la saine doctrine et faisaient lu-siler même des hommes prudents et doctes), il arr'v ». •li'i je, qu'il vit paraître devant ses yeux un per- ^"iiii.i,'-, ayant l'aspect auguste d'un vieillard, beau d'une beauté divine, avec un extérieur et d s traits où t • * ' n^e et la sainteté. Effrayé à cett»*
, . '■ bors de sa couche, et demande
à ce visiteur étrange qui il est et pourquoi il est venu. ' " .ml rassuré d'une voix douce, lui répondit
, ; lie la part de iJieu pour le lirrr Mi««j nnvii'-
tés où il était touchant la règle de la foi.
'il •i.'oire remettait ses sens et commenr;nt à con- (• rnplri Ic mvsléricux vieillard avec une joie mêlée • 1 • i.iitnemenl, quuitd celui-ci, étendant la main, lui montra du geste une seconde apparition faisant face à II ' . mais d'une
r\. - :: :.^ . .. . .i -- le^ à la condition humaine. Saisi d'une nouvelle terreur à son ;is[MTt, *'ti'j^it\re détournait les yeux, ne sachant de nouveau que |)enser de cette vision dont il ne pouvait .s>iiii«'nir l'éclat : car ce qui la rendait surtout prodigieuse, c'est qu'elle brillait dans les ténèbres de la nuit,
u* Miint DM duttii' ■