‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 4)Chapitre 35 sur 119 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la l't.Kc omiprc i>;tr la iii.iliTiiitr- xniiiturlle dan« K" cu'Av >!? la irt à lui

l'ii: >t!> ttlxil. — 1.

ot - -. Cl de ccrlaifi» -

s'c&l {>lub biugtiliéremcnt niauikblc.

K — Il me srn»l»lc cnlciidre ici [iliisicurs de mes lecteurs (]ui me disent : Vous nous ave/ parlé de la malernité divine comme du motif principal; et même, en un certain sens, conjme du motif tini4|ne qui nous oblige d'honorer la bienheureuse Vierije Marie : car celte maternité n'est pas seulement par elle-môme la plus excellente desdit^nitésqui puisse être conçue dans une pure créature; elle renferme encore éminemment et virtuellement la plénitude de gnke et la surabondance de i^loire qui réclament nos hommages, attendu fju'clle en est comme la racine et le centre. Voubliez-vous donc la maternité spirituelle, ou bit' tenez-vous pour chose indifférente au culte de Marie?

A Dieu ne plaise que je veuille mériter ce repror' ' Pour m'en laver, je pourrais appliquera la matein.i* de çrâce ce que j'ai dit de la plénitude de çrâce. Glorifier la Mère de Dieu, c'est honorer, non seulement la Saint*' •'t la î' ' ireusepai " -

la Mère <!•> ^ : car la i

pas seulement inséparable de la maternité divine;

en. III. — CE Ql'B ULCLAME tA UiRK bZ GRACE 2l3

elle en jaillit comme de sa première source. Donc, à tout l)i**n considérer, le culte que je rends à la Vierge [•ucf (ju'tlle est Mère de Dieu, je le lui rends implicitement aussi parce qu'elle est Mère des hommes, ma II' ■ " t.

enl pas s'arrêter nos explications.

I^ maternité spirituelle influe d'une manière plus explicite et plus directe sur le culte que nous devons à la divine Marie; et c'est ce que je me propose de montrer dans le présent chapitre. Afin de rendre ce point de doctrine plus net et plus inlellig^ihle, il imjiMitr d'iiulifjuer en deux mots quels sont les actes qui vont plus ou moins prochainement à constituer le culte reliçieux dont il est ici question. Saint Thomas, aucpiel il faut toujours revenir dans ces matières, en dislintrue une triple classe. Ce sont d'abord les actes qui constituent /orm<'//emen/ le culte en lui-même;

eux là, par conséquent, à qui de par leur nature spé-

< tijur" 11 .1 • ' rnpiit et proprement de I' ''^"i ^' ■ Il nous ahaissanl nousmêmes devant lui. Tels, par exemple, s'il s'agit de Dieu, I M, le sacrifice, elles actes semhialiles. .Mai» ' :i > de CCS manifestations soit intérieures, soit

• vtérieures de notre culte, opérations ayant pour prin-

• ipe é/iciti/\a vertu spéciale de reli;^i(>n, il y a les act. s <le vertu qn' " - • • f.,i, l'espérance, I Mii.ur; il)'.. rient à leur fin l>ropre; et c'est dans ce sens que saint Jacquei»(i) a

< 1 les œuvres d'une i sainte et

1 i>ieu, la visite des orp;. ....^ »i des veu-

>es dans leurs afflictions, le soin de se préserver des

ait L. I\ Ct'LTR DR LA SAINTE VIBROE

souillures du siècle (i)*Si j'écrivais un traité de théolot^ie scojjsliquc, ce serait le lieu de r ^ rha-

ciiii»' des expressions de nolreculteà la j.i lale

qui lui convient dans cette classification. Mais, comme je «rois l'avoir déjà noté, outre qu'un pareil travail nous mènerait trop loin, rien ne nous oblige ù l'entreprendre; car ce n'est ni ne peut être notre intention de nous renfermer dans ce qui constitue formellement la vertu particulière de dulie. Aussi bien, n'est-ce pas uniquement cela qu'on entend d'ordinaire, quand on parle du culte de la Sainte Vierge et de la dévotion envers elle (2).

II. — Disons, en premier lieu, que la maternité spirituelle de la Sainte Vierge lui confère un titre très pressant à notre culte à'hyperdulie. Pourquoi? Par cette raison manifeste qu'il faut rendre honneur, louange et révérence à son principe. Si l'enfant est redevable d'une soumission respcclueuse envers son père, le disciple envers son maître, le sujet envers son prince; si c'est un devoir pour nous d'honorer nos supérieurs ecclésiastiques, quels qu'ils puissent être;

(1) s. Thom.. »-3. q. 8i. «. i, ad i ; a. 4. ad t et a.

'ï) Il faut trnifrfoi* .^Vfwfr rfne. Ann^ r'tfe •••nH^, non* ne •orfiron» r

ilta-

giijricu>c Kciite Ju cici cl de i:i icrr'-

..X MURK OE GRACE 2 13

If molif m «M «juilsonl, [»ar rapporta nous, dans un tlc-jré plus ou moins élevtS la dij^nilé de principe; et c'est h\ sur quoi duil se régler Thommage que nous Irur rendons. Et rien do plus juste : car participant, chacun dans leur mesure et dans leur ordre, à l'excellence qui fait de Dieu le sujet et le terme de notre adoration, ne faut-il pas qu'ils participent à des degrés divers au culte de ce premier principe, créateur et conservateur de tout ce qui n'est pas lui?

Or, si nous nous retournons vers Marie pour la considérer comme la Mère des Hommes, notre mère à tous, que vojons-nous en elle? Une participation, la [tlus haute dans son ordre, à la paternité spirituelle de Dieu. Mon être divin, cette ima;,'e de la nature au- (Irsxus de toute nature qui resplendit dans mon âme et qui me sacre enfant de Dieu, héritier du ciel et cohéritier de Jésus-Christ, je l'ai par elle, après son Fils. r ' ' ' -ous de lui, n'a concouru

I <Te du Sauveur à m'en-

gendrer à la vie de la grâce, et personne, non plus, u>' ( nritrihuc comme elle, soit à la conserver, soit à la p<ii<-clionner en moi. Voilù certes une raison solide de l'honorer, moins sans doute que Jésus-Christ, la cause princifialc de ma régénération, maisincomparalilrniont s ' tous ceux A qui ' ' iliN' de

UMMirlrr . r ntl de mon pf: lit (l.ins

ce luéme étr.

J'ai appris dcH llict>lui;i(*ns il «les i'ércs ({uc b hienhcureuse Vierge, étant lu .Mère de Dieu, possède à ce titre un droit spécial et comme une souveraineté très érnincnte sur toutes les créatures; d'où cette conclu- • ■ ■ * la louvorain^' - ni une sujétion rcs-

I ^0 de la p.iri is, c'est le droit de

ai6 L. IX. — LC CVLTB DK LA SAIIVTB VIEROK

Marie que nous la lui rendions, dBn>i la dirsiire où elle est noire Dame et noire Reine (i).

Allons plus loin, à la suite de Suarez. I^arnii les titres sur lesquels est fondée la rovaulé de Notre Sei|jneur, il faut sie^naler comme l'un des plus solides sa fonction de Ile^dempteur. N'est-il pas juste qu'il rè^nc sur MOUS, lui (jui nous a tirés de l'e^ ' ' ' lés

par son sang? liegnavit a Ugno^ < il a

rég^né par la croix. C'est la belle pensée qu'exprimait saint Au^stin, quand il prêchait à son peuple : « Le Clirisl a conquis le monde non par le fer, mais par le bois ») (a). « Parce qu'il s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la croix, Dieu l'a exalté, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur la terre et dans les enfers » (3). Voyez-vous la royauté de Jésus nattre de sa Passion, c'est-à-dire, de l'acte suprême par lequel il nous a délivrés? C'est pourquoi, lui qui jusqu'à ce moment répudiait le titre •le roi que lui offrait Tcnlhousiasme des foules, le voilà maintenant qui ne parle que de royauté. Ses ennemis '■ [ter le titre de roi; Pilate l'inlerroçe : I Jésus, rompant le long silence dans lequel il s'était jusque-là renfermé : Oui, répondit-il, vous l'avez dit : Je suis roi i!\). Et pour que le monde sache bien d'où lui Tien' ^'i»'- r,.vnii.- \\ \:i s.- iiK.nfrer

(i) Sfuu-ez, de Mytttrùt vitae Chritli. D. xxii, •• », 8 Terlia ratio.

-, , Il ,1 ,,rlwin i.iiii t<"r.. •.ril li.iio. /Triiirr. in l'in'rit .ver, a.

nai-

. rst

istiu. Ut crooe

(3) iNii<i|t., il, ii*.

(4} Jo*n , XVIII, 37.

ti t.i.i. A il r.

l'jui .1 riiourn a un rcvôlu dos insit^nes royaux, et ces itisiijnrs seronl «les inslrinnciits île son supplice. Sa royauté sera proclamée par un écrit authentique, à la face du ciel : Jésus .\a:arenus re.r ; mais il faut que l'inscription qui la dénonce soit suspendue, comme luimême, à la croix. Royauté sans égale qui fait de ses sujets autant de rois. « Vous nous avez rachetés en votre sanç; vous nous avez faits rois et sacrificateurs à notre Dieu, et nous régnerons sur la terre », chantent les élus dans l'Apocalypse (i).

Où cela nous niène-t-il, si ce n'est à proclamer .Marie notre Heine, parce qu'elle a suivi noire Sauveur au Calvaire; parce qu'elle a concouru librement et volontairement à la rédemption du monde, en offrant pour nous son Fils; parce qu'elle s'est associée par sa (^•ni[)assion à la Passion de Jésus crucifié? D'elle aussi l'on peut dire en toute vérité: liegnauit a ligno, Fll«* a roncpiis son rétine par la croix ; ou, si vous aniuv. mieux vous rappeler la prophétie du vieillard Siméon,par le glaive qui lui transperça l'ilnic au CaU vaire. Et qu'r^t-ce autre chose (pie ces douleurs, fondement cl raison de sa royant.- vin.» i \,'^ liir.s iiii''ines de sa maternité spirituelle

Donc, et c'est là que j'en voulais arriver, Marie n' ' ' ' rnent Reine et Maîtresse par ce qui l'a

( .1 le de Dieu, mais encore et principale-

ment par ce qui l'a faite Mérc des hommes. Et comme

la royauté, surtoui lu i ' 'ce

et du salut, appelle d' "X,

Marie, parsa maternitéspirituelle, possède un nouveau

i\f IL>»i>rl

at8 - Lt CtTtTS os LA 8Ai:«TB VIERGB

titre à nos hommages; et j'cnlends, à des hommages A*hyperdnlie; car la royauté de» autres élu« de Dieu, si haut que Jésus-Christ l'ail placée, ne peut entrer en parallèle avec la sienne; non pas seulement parce que Marie est éminemment supérieure en dignité, mais encore, et surtout, parce qu'elle nous touche de plus près. Lequel, en eiïet, parmi les saints du ciel est roi pour avoir concouru, comme la sainte Vierge, à nous reconquérir sur l'ennemi du salut, ce tyran des i\mes? Certes, j'admire et je vénère celte glorieuse assemblée de rois prosternés devant celui qui vit aux siècles des siècles, et jetant leurs couronnes au pied de son tr(^ne(l); mais je glorifie mille ft)is davantage la Reine, assise k ta droite de leur commun Roi, parce qu'elle est plus grande et plus belle qu'eux tous, et parce qu'elle est, de par un titre exclusivement sien, ma fieine.

111. — Or, ce n'est pas uniquement un droit tout spécial à notre culte qui ressort de la maternité spirituelle de Marie : celle-ci concourt naturellement à revêtir ce même culte d'un caractère d'amour filial qu'il ne pourrait avoir, si nous honorions exclusivement en elle la plénitude de grâces et la dignité de Mère de hii'u. Orles, l'amour, un très grand amour ne peut être absent du culte d'honneur rendu par les hommes à la plus sainte des créatures, A celle de qui le ^' est né dans sa chair. Autant vaudrait dire que 1\: . ration du Père et du Fils n'est pas, avant tout, un culte d'amour, ou que l'on puisse vénérer, comme ils le méritent, les amis, les frères et les cohéritiers de Jésus- Ci) ApoC., IT, 10.

i.iHijl, sans relever par l'amour les hommai^es qui leur sont déclinés. Que nous offrions à cerlaine personne, ayant des droits sur nous, les témoignages d'une resperlueuse <l»'p<Mi(l;irice, sans y m<>Ier aucun senlinicnl de spéciale aHeclion, c'est ce qu'il est aisé de concevoir. Peut-être ne vovons-nous en elle aucune qualité qui l'en rende digne, aucun bienfait qui provoipio à l'aimer. Mais comment se prosterner devant la majesl»' d.' I)itMi, sans se souvenir qu'il est en lui-nu^rne la bonté souveraine, une bonté d'où nous sont venus tous les biens; ou comment aimer Dieu par-dessus toutes choses, sans aimer du même cœur et du même amour et ses fils d'adoption et plus qu'eux tous, sa mère? Toutefois où n'ira pas cet amour pour Marie; quel nouveau caractère de piété, de tendresse, de confiance et d'abandon filial n'imprimera-t-il pas à mon culte, si dans la Mère de mon Dieu je contemple aussi ni.i ■ lie?

I , \ théologiens quelle est la

mesure de la charité, ils répondent avec le docteur .\Ti:,'i!iquc : « Elle dépend d'une double cause : à savoir, et de l'union de son objet avec la bonté suprême, et de l'union du même objet avec celui que doit aimer la charité » (i). En d'autres termes, le degré de l'amour se il.'trrmirir • - '" ' ,»i et par le sujet. Par Vof'ji-t : il'. .11 .lit.' que les plus vertueux

«■l le^ plus saints doivent avoir, à ce point de vue, la pri' laiis n<>' • qu'ils sont plus

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