‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 4)Chapitre 45 sur 119 · L. IX. — I K CULTK DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

L. IX. — I K CULTK DE LA SAINTE VIERGE

entre nous et lui. C'est là ce qui a lieu, lorsque la divine bonté se sert d'eux pour répandre ses effets. Et parrc que notre retour à Dieu doit répondre à la descente, à la procession, de ses bontés en nous; de même que les bienfaits divins nous arrivent par les sufTrati^es des Saints, ainsi faut-il que !•<

reconduits à Dieu par l'entremise des ni ... :<,

si nous voulons en recevoir de nouveaux bienfaits. El voilà pourquoi nous les prenons pour intercesseurs et comme nos médiateurs auprès de Dieu, lorsque nous les supplions de prier pour nous » (i).

Ilien de plus clair ni déplus profond que cette doctrine: c'est par l'inlr ■ '■ ■ ' ■ ■ faits de la divine b<

c'est donc aussi par leur intermédiaire, je veux dire, en les priant d'intercéder pour nova auprès de Dieu, que nous devons aller aux sources de la même bonté pour y puiser de nouvelles efTusions. Nous l'avons entendu, cette loi en vertu de laquelle l'ordre de la prière doit répondre à l'ordre â> ' ' ' *• • ^'' i luimême l'aposée: les bienfaits di- i par l'entremise des Saints, c'est par la môme entremise que la prière doit montera Dieu.

Telle est la doctrine enseignée par l'Ange de l'École sur la nécessité où nous sommes d'invoquer les Saints en général; et l'on peut ajouter, la Reine des Saints en particulier: car le s^rand docteur l'a enseiçné luinn^me, la médiation de Marie prime celle de tous les autres élus. Au fond, cela revient à dire : Nous sommes T" ' ■ ' < des grâces à l'iii- ' '' donr il ' iii'ressaire <!e !•

(t) s. Thom., //> Srnt. ir, D. 4&, q. 3, a. t.

CR. V. — XicESSlTK d'invoquer MAHIC 267

Donc, (oui ce qui démontre qu'elle est ie Câoal nécessaire (les faveurs divines prouve aussi, du même coup, qu'elle doit élre l'objet el le canal de nos prière»».

On le sait déjà, cette proposition : toutes les crrâces n pii^ ;(rri\.nl de Jésus-Christ par l'intercession de Maiic, u Cil pas identique à cette autre : On n'obtient les grâces de Dieu qu'à la condition de les demander par elle. En etfct, on peut concevoir, et de fait il arrive que Marie nous obtienne des çnices, encore que nous ne l'avons pas priée. Donc, on se trompe quand, sans explications d'aucune sorte, on apporte lit de saint Alphonse de Liijuori pour

icnl la nécessité du culte de prière

envers la Sainte V'icrge : « Nous disons avec le père jiip, selon le sentiment universel aujourd'hui

' ' ''■•■•••- ■ ■■ !e Marie ne nous est pas

lie. Il ne s'assit pas toute-

:- ici d'une nécessité absolue; la médiation de Jésus-

' st nous ' ' ' ' ' : !.•; mais

i Mlle néces-: ,>()ti que,

comme le pense saint Bernard, Dieu a résolu de ne

autrement que par l'inà w. ... i... .. . . ik'ux qui sesont appu}és

vte n'ont pas asso/ compris qu'il énonce seulement la nécessité des intercessions de Marie pour

une conclusion naturelle de cette première vérité, la

s de l'invoquer nous-mêmes, ... -, : v:. .^ ...« oo la rap{>elcr : car, dans son

1 1 s. Alph. de Ugwiri, Otoirê» d« âfari*, P. t, e. S, | 1.

LA Mkat l>» MoMMr.» '"

aj8 I — LE CULTE DI LA SAINTE ViKROB

Traité de ta prière^ il reconnatl expressément, ù la suite de sanil Thomas dont il transcrit les mêmes paroles que nous citions tout à l'iicure, l'enchaînement ni^ccssairc entre l'une et l'autre \r- 'irin (i).

Suarez, auquel il faisait allusix: ^on texte, a

très nettement signalé la même liaison. Après avoir exposé Tinimense pouvoir de la Sainte Vierge auprès de Dieu, sa tendre sollicitude pour notre salut, la multitude et la perpétuité des invocations que ^l]^Mise fait monter vers elle, il conclut : « Donc riCglise estime que l'intercession de la Viers^e nous est plus utile et plus nécessaire que celle de tous les autres saints; donc nous devons aussi l'invoquer plus que tous les autres ensemble » (2).

Dos auteurs en assez grand nombre, par exemple, le bienheureux Grignion de Montfort, ont des titres comme celui-ci : « Excellence et nécessité de la dévotion à la Sainte Vierge ». Or, les développements qui suivent ces titres vont presque tous à montrer la médiation de Marie comme étant, après celle de Jésus- Christ, le canal universel des •• ,.,jj^ ajoute le birnheureux, qu'il ne , votion à la très sainte Vierge avec les dévotions aux autres saints, comme si elle n'était pas plus nécessaire, et comme si elle était de surérogalion » (4) : ce qu'il confirme par l'autorité d<»«? plus saints docteurs.

il. — Ll,de lail^ii serait lacile d'accumuler les té-

(i)S. Alph. de Lie.. Del gran metto delta preçhiera, e. t.t. XVII

jiioa à la SauiU Vifrye, 1. 1'.. S i, p. û. (i'a/i*, ib^ai. (k) Id., ibU., p. a4.

eu. V. NtCCSSlTÉ d'iNVOÇLER MARIE aôg

moignaces où le culte et l'invocation de Marie sont liés in< ^r'ni^nt avec cette idée de médiation

universt..^ . . uml Bernard, en particulier, les fournirail presque à chaque page de ses discours sur la Mère de Dieu. « Vous avez déjà remarqué, si je ne me trompe, que la Vio île est La voie par laquelle

le Sauveur est venu ^ •■ nous, sortant de son sein comme i'Lpoux du lit nuptial... />o/zc, efforçons-nous aussi, mes bien-aimés, de monter par elle jus<ju'à Celui qui par elle est descendu vers nous... Oui, que par vous nous avons accès près du Fils, ô Vierge bénie, mcre de la grâce, du salut et de la vie. Qu'il nous accueille par vous Celui qui nous a été donné par vous... » (i). Et encore : « De tout notre caur, de toutes nos affections, de tous nos vœux, honorons et révérons Marie; telle est la volonté de Celui qui a décrété que nous aurions tout par elle... Donc, quelque chose que vous ayez l'intention d'offrir, souvenez- vous de la confier à Marie, afin que l'action de grâce, remontant à r.Vutcur de la grAce, coule dans le même lit par où nous est venue la grâce... Peut-être vos luuins sont elles souillées de sang; peut-être ne les ;i\ î.asgard' s de tout présent... Donc,

le ; , -• vous |.: .z offrir, offrez-le par les

mains très pures et très dignes de Marie, si vous ne voulez pas éprouver de rebut w (a). Encore une fois, ces deux choses sont corrélatives pour la mère cr.: pour le Fils : Toutes les grâces nous venant pai c'est aussi par l'un et l'autre que doivent (tasser toutes nos prières, toutes nos offrandes et tous nos vœux.

'■ iiTTiard., Strm. a in Advnlu. o. b. P, L. cuixnn, p. «9.

b. Iicrnar.i \#.r,.. ,y* A']aafdactu, o. 7, 18. f. L. cusiui.

a6o L. LE CL'I.TE DB LA SAINTE VIERUB

L'aulcur du Miroir de ta Vienje a lu celle nécessité de recourir à l'intercession de Marie, pour trouver Jésus et sa grAce,danslc texte où le proiiiièle annonce, sous l'emblème d'une lige et de sa fleur, rincarnalion «lu Dieu fait homme (i). « Quiconque, dil-il, veut acquérir la grâce du Saint Esprit, doit chercher la fleur sur la tige, c'est-à-<lire Jésus en Marie : car c'est par la li;^e que nous arriverons à la fleur, et, par la fleur, à riispril de Dieu. Voulez-vous avoir celle fleur, que vos prières commencent par incliner la lige » (a).

Les considérations précédentes peuvent donner Tcxplicalioii d'un problème que l'on se pose quelquefois. Si la Sainte Vierge est si pleine de bonté, si puissante auprès de son Fils, comment se fait-il pcclieurs, dont la nùsère appellerait la n ressentent peu les effets de son intercession? On pourrait d'abord demander : savons-nous ce qu'elle fait pour eux? Mais, outre cette réponse, il en est une aulre bien plus tangible et plus convaincante. Ces pécheurs honorent-ils et prient-ils la Mère de miséricorde? Sont-ils de ceux qui, du bourbier de leurs vices, font monter vers elle leur» cris de détresse, leurs gémissements et leurs soupirs? S'ils négligent de le faire, pourquoi s'étonner qu'elle use avec par de son pouvoir en leur faveur ? Ksl-ce sa faui s'ils ne réalisent pas les conditions qui, d'après les dispositions réglées par Dieu lui-même, leur vaudraient sa protection maternelle ? Marie reste U)Ujours le canal de la divine gn\ce, mais encore faut-il aller à lui pour être désaltéré.

(i)Ii.. XI. 1. vse eloneflmr

njoni'--- '- • ... . ..-, - , j sur lin.

,, ' r , cile par S. Aiphooae, Uioirtadt Marie, I I\,

t t V — Nbci:N&iih d'invoqubr mahic a6i

Saint Thomas, trailani de l'invocation des Saints, a écrit ces l>elU'.s jtaroK-s : « Recourir avec une dévotion pure à quelque saint, au milieu de ses nécessités, c'est mériter que le saint prie pour nous » (i). Vous qui négligez devons réfugier suppliant auprès de votre raèrc, comment vous plaindre de n'être pas soutenu par elle, puisque vous Vous rendez volontairement inditfne de sa protection? Mais si c'est la conscience de votre honlt-ux état, et non pas la négligence ou l'indifTérence qui vous arrête, approchez-vous sans crainte de cette mère de miséricorde, et suppliez-la de vous obtenir grâce et pardon. Elle le fera, n'en douiez pas; quels que soient le nombre et la grandeur de vos crimes, votre dévotion vous a fait digne d'être favorablement écouté.

Rappelons encore une autre vérité que nous avons déjà mise en lumière. L'amour des Saints pour nous se rn«"sure sur une double union; c'est-à-dire, «l'après 1 uiiiju que nous avons avec la bonté divine, motif premier de cet amour, et d'après l'union que nous avons nous-mêmes avec eux (a). Donc, tout ce qui tend à relâcher les liens de cette double union va par là même à diminuer les eiïets de la sollicitude maternelle de Marie, puisqu'ils sont manifeslemenl eu de son amour. Or si, d'une part, c'est

rc - . - nafnc d'amour entre elle et nous que de

l'honorer et de U prier, ne (ravaillc-t-on pus, de l'autre, à relâcher cette même cliafiir, qunnd on ne veut ni lui offrir ses louanges •■; <"'!t- iM.,iii..r vr»

i) ■ Kl hoc ipto aliqni* n

■ ' -•' ••■- ■ Il purd

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elle aucui < alion?Q,ie faudrail-il de pUi< po»r

se poser . -;arcl comme un élrançer?

Nolons-le bien : je ne dis pas que, faute de la prier, on ne reçoive par elle aucune sj^râce ; ce sérail aller contrôla doctrine callioliquc qui nous montre la grâce devançant toute prière. Je naffirme pas, non plus, que Marie, par un extraordinaire effet de sa miséricorde, n'i î.' jamais d'une manière très efficace pour de^ . - s qui l'oublient. Ce que je prétends c'est quel suivant la règle commune, ses sulTrasres nous sont d'autant plus certainement et d'autant plus abondamment acquis que nous avons plus de respect, d'amour et de confiance envers elle; en d'autres termes, que nous nous regardons plus pratiquement

comme ses fils(i). i • •

H faut bien le remarquer encore, je ne parle ici que des pécheurs qui sciemment et volontairement s'éloiirneiil de leur médiatrice. Ne pas l'honorer, ne pas la prier, parce qu'on l'ignore, quand d'ailleurs on serait prêt, vu les dispositions du cœur, à se jeter dans ses bras, si l'on avait le bonheur de la connaître, c'est déjà lui rendre un culte d'invocation, non pas explicite, mais implicite. Il y a là quelque chose d'analoguc à ce que serait le baptême de désir, in voto, chez ceux-là même qui n'ont jamais entendu parler du baptême; ou, mieux encore, à la foi du Rédempteur chez des hommes ignorant l'Évangile, mais qui croient à la providence d'un Dieu, père et rémunéraleur. Marie qui, par le privilège de sa b«:alitude, [h netre jusque dans le secret des cœurs, peut y voir ces

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