CB. V. — NECESSITE D INVOQUER MARIE
cormes de prières, et c'est assez pour qu'elle fasse desctMulre par son intercession la rosée des bénédictions célestes sur des cœurs ainsi préparés.
J<- I ' ' dans ces considérations; cr ne sera pas l'iilri -s avoir transcrit quelques pensées, bien
( apables de nous exciter à prier Marie, notre médiairic»' cl noire mère. « II est dangereux, écrivait Adam lit- I*erseiijne, de s'éloigner de celle chez qui sont mises comme en dépôt, pour nous être communiquées, les <!• li. »>s de notre suavité, les richesses du salut, la sa- ■ ' <^.. Le Christ, touché de la misère et
> des pauvres, est venu du cœur du Père au cœur de la Vierge, pour y déposer le trésor des i( c'est-à-dire de nous tous. Voilà pour-
quoi ji .. , ...Aie pas qu'il soit sùrde vivre séparé d'elle. Oui «lonc m'assisterait, si je négligeais de recourir à la icordc de cette très indulgente mère » (i)? Avant ■ j !■ ii\ ni. I.é, saint lldefonse avait écrit dans son livre .i. Il \ iijiittlê de Mdi'ii' : « Venez avec moi à cette Vierge, de peur d'aller sans elle à la géhenne. Venez; - sous le manteau de sa [ <% pour
, u : -ujour couveris de confusj, ..:ae d'un
\ élément m (a). El quelques siècles plus tard, on devait rnlendre l'auteur du Grand Psautier redire à son sou tour : « Qui l'honorera dignement sera justifié;
(t> Adam.. m\Atm* Pm^nUe, Fragmtmta Mariana, l'raf. 7. P. L.
\iiD« nae IcUic du mi^ae tlÙbé à i ui rMommande, àm la SMalère
i'1i.in.>rer ri Ar irirr la fÎAJnIC
' »oa ma- 'III non (i< ' cok Uator
\ p. L. icTi. 69.
a64 L. IX. LE CILIL HE I.* SAI.MK Vllliur.
mais qui la m'i^liircra mourra duiis ses prchés. Oui, douce Dame, ils sont loin du salut ceux qui ne saveut pas vous connattre; mais quant à celui qui persévère à vous rendre ses hommac:**s, il n*a pas à craindre la perdition : si vous nous assistez, c'est le rafrafchissement; drlourncz-vous votre visage, c'est la désespérance du salut j» (i). Souvenons-nous enfin comiti«Mi de fois les auteurs spirituels, à \'r 'de
i'Kglise, interprétant de Marie ce que Vliri >ait
de l'éternelle Sagesse, ont spécialement mis ces mots sur les lèvres de la Vierge Mère : «Quiconque péchera contre moi blessera son âme. Tous ceux qui me haïssent aimefït la mort » (a).
III. — iiintosMijlf, après tout ce qui jircn-.M-, n<- ne pas tenir le culte de prière envers la Mère de Dieu, notre céleste mère, comme nécessaire d'une nécessité de moyen; j'entends de celte nécessité que les théologiens ont qualifiée de nécessité morale ou relative. Quant à déterminer d'une manière précise par quelle mesure d'invocations on peut satisfaire à cette néces- :. t ji .. ---^ii témérité à l'entreprendre, tant celle n, I. iid de circonstances variées et multiples.
Tout ce qu'il est permis d'afiirmer, c'est que plus nos j>riér«"s seront i ' -'•s et U ' plus aussi
nous recevrons la t les don -s qu'il a plu
à Dieu de dispenser par l'intercession de sa mère (3). La célèbre maxime : Hors de l'Église, point de sa-
(i^ '^ "^ t.. Pêatter. maju* n 1 16, w^ n (y,. 0]>p.,
t. Xi - . p 9i5, ai6ci 9i3.
[i I in<. k sa-
voir 'i' ,riefe.
— ttécEssrri D'LxvoQt'Ui marie a65
lut, a été parfois modifiée de manière à pouvoir être entendue de la bienheureuse Vierge : Hors de Marie, point de salut. Que penser de celle application? Qu'elle est exacte, pourvu qu'elle soit sagement interprétée. Donc, hors de Marie, point de salut : car si Marie ne nous avait pas librement donné le Rédempteur, nous Si . '• dans notre péché d'origine ; ni la £:r;\cc
Il viir les hommes ni le ciel ne leur serait
ouvert. — Hors de Marie, point de salut; parce qu'il n'y a point d»» salut sans la gnlce et que loiile f/ràce^ même après le Calvaire, nous vient par son intercession. — Hors de Marie, point de salut : car ne pas honorer Marie, ne pas la prier, en un mot, s'éloigner d'elle, c'est se priver, autant qu'il est en soi, de son assistance auprès i\it Dieu.
La première de ces interprétations est absolument in tille. Noti» avons montré combien la seconde csi -, , . lc sur l'autorité de rKcriture et de la Tradition ; combien même il est impossible de la révoquer en «loule, s'il est question, non pas d'une totalité de ir •■•' "' ■ î" -jte aucune exception, mais de cette u. iO[trond la plus grande j'arl, la très grande part des bienfaits de l'ordre surnaturel. Quant » I Ile cause on lui f' ^ de la seconde, puisque, nous venons de le prouver, il est nioralenienl T! -.au moins pour 1rs adultes, d'invo(|uer Mari» . M veut bétv'^' •■" ■'■• — .....I... I .... ^•...;. •. .Tife^
d'une protection {> ut
sur nos Ames. Donc, tans examiner s'il est opportun d'employer cette f. ' ' ' ' î ' ' a-
tion, on doit la !• ; sa
généralité. Toutefois, lorsqu'on parîe fté{>arémenl de
■jkO u i\. — i.«. i^Luife i»i. LA SAINTE VlEUGr
la IroLsiiTiic interprétation, il no faut : ' l'cr ce
que je disais tout à i'iicure, de ceux ^\\^^ «iircnl
pas à Marie, non par indiiïérence ou mépris, mais parce qu'ils ont le malheur de ne pas la connaître. Ainsi la maxime: Hors de l'Eglise, point de salut, ne condamne pas à la mort éternelle quiconque n'est pas visiblement uni par des liens extérieurs à l'Église catholique. L'Éçlise et Marie peuvent avoir des enfants qui les ignorent : ce qui n'empr'che pas que ceux-là soient bienheureux à qui Dieu fait la grâce de vivre dans la connaissance et dans l'amour d'une si bonne et si puissante mère.
IV. — Arrivons à la dernière question qui regarde, non plus < ' • » ,n jcs hommes en particu-
lier, mais me. Le culte de la Sainte
Vierge, culte d'honneur, culte d'amour cl culte d'invocation, n'est pas seulement nécessaire aux membres de riiiglisc; il l'est plus encore au corps même de l'Église; si nécessaire qu'il en doit être considéré comme une note, au moins négativej c'est-à-dire, comme l'un de ces caractères dont la privation n'est pas compatible avec la véritable Église du Christ, et dévoile manifestement une fausse épouse du Christ.
J'ai dit : une note né;;ative, et non pas une note absolument positive : car il en est du culte de Marie comme des sacrements de la Lot nouvelle. Des communions schisroatiques, hérétiques même, peuvent conserver intact dans leur sein le dépôt de ces trésors de la grâce, encore qu'elles n'en soient pas les légitimes propriétaires, et qu'elles n'aient pas le droit d'en distribuer le contenu. Ainsi vovons-nous les Él'Uscs orientales, séparées de l'Église mère et mal-
CB. V. — NÉCESSITÉ o'iXVOQUER MARIK 267
tre$:se, rester fidèles au culte de la Mère de Dieu» l'honorer dans ses privilèges, en célébrer les fêtes, et lui garder une très large place dans la Liturgie. Ce culte n'est donc pas ni ne peut être ce qu'on appelle une note positive, je veux dire, un de ces caractères dont la seule présence est par elle«méine une révéla* tion certaine de rÉgll- ' '"^ '-u.
Du reste, à bien < r les choses, autre est
le culte de la bienheureuse Vierge dans la véritable Éirlise, autre dans celles qui, secouant l'autorité de Pierre, ont déchiré la robe du Christ. Là, c'est un culte plein de vie, qui se développe et va toujours s'épanouissant au soleil deramour,lressant sans cesse à Marie .! " " -lorifiant sa ma-
ternité pi livres et de ver-
tus. Ici, tout au contraire, sauf des exceptions plus ou moins ii ' s, le culte de la Vierge, comme le
■ '''•-liaiji:>...v ....-jnéme, ressemble trop à ces arbres à : morts qui, conservant encore leurs branches, ne poussent plus de nouveaux rameaux, et portent à peine ' • — '""lits. Kntrez dans ces sanctuaires
tic ou par l'hérésie, vous entendrez chanter les antiques louanges consacrées à la Mrrc de Dieu; mais ^ tit que
le cœur qui les a prci „. : plus là
pour les animer ; vous verrez surtout que ces chants et ces prières ne traduisent guère ces élans d'amour,
rt "•-••'•• - '-^ I v ■-•■•'- ■'.• charité
.... . . ' .■^. ,sl. Une
rulte de Marie n'est donc pas un caractère absolument
société religieuse qui le rejette ou qui l'ignore se glo-
iG^ L ^ - LE CVVn DE LA 8Ai:«TC VIKAGE
rifie faussement d'être IVpouse immaculée du Christ. En ciïelJ'Ésflise du Christ est la première au nombre des enfants de Marie. Donc, les obligations fihalcs qui incombent envers elle à ses enfants s ' - Ilemraent les siennes : car elle doit les leur 1 1 r par son
exemple et par sa doctrine. Par conséquent, manquer à ce devoir c'est être infidèle, et c'est aussi renoncer à la médiation de la Heine des cicux : deux rhosos incompatibles avec la sainteté de l'Église.
Ajoutons une autre considération dont j'emprunte la substance à l'un des plus savants professeurs du Collège romain. La religion, étant ce par quoi nous sommes reliés à Dieu, la relij^ion chrétienne est celle qui nous rattache à lui par le Christ Médiateur. Or, dans la religion chrétienne, soit qu'on la contemple à l'époque de son complet épanouissement, soit qu'on la regarde dans ses plus lointaines origines, c'est-à dire, dès le moment où le Christ fut révélé à l'humanité déchue comme Celui qui devait nous rouvrir l'accès auprès du Père, Marie est la compagne inséparable d«" Jésus. Partout et toujours la njèrc est aux cAlésdii Fils. Donc, ce qui doit nous relier à Dieu, ce qui nous ramène aux choses du ciel, ce n'est pas le Christ seul, niais ce couple bienheureux de \a femme et de sa rare. Donc, séparer Marie de Jésus dans le culte religieux c'est renverser l'ordre établi par Dieu lui -môme ; et, par conséquent, présenter aux hommes une économie de salut que Dieu n'a ni instituée, ni approuvée; en d'autres termes, une religion qui n'est ni ne peut être la vériialtle religion chrétienne (i).
'i' p. Ludur. BQIol, df Verbo ineamato {té ait.), p. 34;.