L. VIII. — LES ENFANTS DE MARIE
les triomphes de la foi catholique. Ne surri(->elle pas A rendre de plus en plus manifeste ce tjue cette bienheureuse Vierge est dans le plan divin, et tout à la fois à réveiller chez tous les fidèles du Christ uno grande espérance d'obtenir ce qui est aujourd'hui l'objet commun de tous leurs vœux »? Le Pontife veut ici parler de l'union de tous les baptisés dans un seul bercail, sous un seul pasteur. « Donc, poursuit-il, il faut se confier à Marie, invoquer Marie. Qui pourra, comme elle, amener à terme par sa puissante influence l'accord des nations chrétiennes dans la profession d'une même foi, dans la communion parfaite d'une même charité?
« Quelle autre vertu pourrait, comme la sienne, promouvoir chez tous les peuples chrétiens cette gloirp nouvelle et si désirable de la n-liqion, je veux dire l'accord des esprits dans l'unité d'une même croyance, l'union des volontés dans l'étreinte d'une même charité parfaite? Et que ne voudra-l-elle pas faire pour que les nations dont son Fils unique a si instamment demandé au Père la communion la plus étroite, et qu'il a lui-même appelées par un seul baptême au même hérilaifc du salut, héritaiîc acquis et payé d'un prix immense, se portent toutes ensemble vers ce but commun dans son admirable lumière? Quels trésors de bonté providentielle ne daitruera-l-elle pas employer, soit pour alléi^er les longs travaux que cette tûche impose à l'Église, épouse du Christ, soit pour réaliser dans la famille humaine ce bienfait de Vunitéy fruit insigne de sa maternité u (n?
Arrêtons notre citation sur ces derniers mots:
(i; Lev XIII, Kec)\*;. Adjutricem populi 1,5 5*pt. x^fr/o).
r.H. II. — l'église, riLLB DE MARIE Sq
« L'unitéf fruit insigne de sa maternité. » Le Cliristianisine nous oiTre deux unités, dominant toutes les aulr.'s. Il y a l'unité de l'IIomme-Dieu et l'unité de l L;^lise. L'nilé de rUomme-Dieu qui résulte du mystère de rincarnalion. Alors, en effet, la nature divine et la nature humaine furent indissolublement alliées dans une seule et même personne, et d'une union tellement étroite et substantielle que Dieu est homme, et l'homme, Uicu. Unité de l'Église en vertu de laquelle les ho:ii \<C'S dans une foi commune et dans
un méii • volontés, sous l'autorité du même
Chef invisible, visiblement représenté par son Vicain-, forment un seul corps, le corps mystique du Christ, vivitié par un seul et môme esprit, l'Elsprit du Christ. •Or, celte deuxième unité sort de la première, et se modèle sur elle, comme sur son archétype.
*' ' 'ne, ayant concouru d'une manière si réelle
tine à l'union qui fait riIonime-Dicu, a dû coopérer par là même à l'union qui en est l'épanouissement, c'est-à-dire à l'union qui fait l'Église de Dieu. Mais, parce que cette seconde union n'est pas comme la première à l'abri de toute attaque, parce que les schismes cl les hérésies viennent constamment la mettre en péril, il faut, par uncconséquence naturelle, que la maternité delà N'ieri^e intervienne constammi^nt pour la défendre et la forli(ier;en un mot, qu'elle prévienne ou foudroie les hérésies et les " ..s^ en quelque temps et quelque lieu qu'ils se j. i :.M:at. El c'est là ce que l'Kglise nous enseigne dans la louange qu'olie donne à la .Mère <le Dieu : « i\éjouisscz-vous, d \ i('r;:;c Marie : car vous avez exterminé toutes les liércNies, vous qui avez donné %-otre assentiment aux paroirs de l'Ange Gabriel, à ce moment où vous avez
^O t.. VIII. — LSS CNFAXT» Dl MAME
enfanté l'IIommc-Dieu (i) ». Ainsi, la Sainte Vierc^e, .iprcs nous avoir donné, comme Mère de Dieu, criiii <]ui est à la fois la Lumière du monde et le Chef du corps dont nous, 6dèles, nous sommes les membres, a^it sans cesse, en vertu de son rôle même de mère, pour maintenir et confirmer l'unité •' its cl des
cœurs dans la même foi et dans l.i riiarité :
tant il est vrai que l'unité est le fruil naturel de sa ma> lernité (2).
Tout à riieure, Léon XllI nous rappelait une foule de faits où s'est révélée d'une manière éclatante cette fonction de la Mère de Dieu. C'est de tout temps que l:i sainte K^lise a reconnu ce môme pouvoir dans l'cxtiipation des divisions et des erreurs. Ainsi, pour en rapporter encore un exemple, la ces.sation du grand* sclii " * '
fui
de la Mère de Dieu, n Voilà, disent les Pères du synode de Constantinople, dans leur lettre au pape llormisdas, voilà que... par V intercession de la glori'"'-'^ Vierge 3f(irie, tous les membres autrefois séj sont revenus à l'unité dans la charité, par la c^râre du Saint Esprit « (3). A la même époque et dans la même cause, ICpipliane, élu par le concile pour o<'cu[M'r le siège de la nouvelle Rome, écrivait au Souverain Pontife afin de lui notifier son adhésion [ "< la foi et à la communion de l'L^lisr toriiaiiie .risfiMnr
(1) MrssCTotivedc b B. Vierge, de la Sepiuafcs. ■ l'Aqoe». — dans trait
le trail
l IV. j. ija4.
en. I I.ISB, riLLB DB MARIF. i^ I
extirper les derniers restes du schisme. Or, il attribuait, lui aussi, la fin d'une si grande calamité « à la cr.i " " " iletài'in' >n delà très sainte
et I ^ N icrge M. te de Dieu » (i).
Faut*il rappeler encore la lettre du pape Grégoire à riermaia de (,lonslantinr»ple, où ce Pontife, félicilanl le saint palriarclie de ses combats pour la défense des itiia;^' s, « glorifiait la Souveraine de tous les chrétiens qui, disait-il, avait été son rempart..., dirigé et protégé qu'il était par elle. Or, ajoutait le Pontife, ce triomphe sur Terreur n'a rien qui doive étonner. Si Bélhulie fut sau%'éepar la main d'une femme d'Israël qui frappa di* rnort le terrible llolophcrne..., comment votre Sainteté, sous la tutelle de la -Mère de Dieu, n'aurait- .elle pas poussé vigoureusement les ennemis de la foi, et ■ '• sur eux une glorieuse victoire » (2)?
\ >nc une première fonction qui, pour ne pas
convenir à .Marie dans la forme et de la manière dont elle appartient à l'Église, ne lui en est pas moins taré" minemmenl propre (3).
III. — Tel est aussi le jugement qu'il faut porter «11- la sf. .(înle, je veux dire, du ministère qui nous coiuiiiuiiitpje et perfectionne en nous la vie surnaturelle par le saint sacrifice et par les sacrements. Assertion pourtant qui semblerait, au premier coup d'œil, être un véritable paradoxe. Ouelle prééminence, en effet, pourrait bien avoir la bienheureuse Vierge sur l'Église du Christ, au regard des sacrements? Sans
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4a L. VUI. — LES BMrAMTS DE M intK
doute, elle a reçu, pendant sa vie murtelie, ceux dont les fruits n'étaient pas incompatibles avec sa dii:^ ' de mère et sa qualité de vierge toujours immaculée , sans doute encore, personne ne puisa jamais comme elle à ces sources de grâce, parce que nulle préparation de coeur n'égala jamais la science. Mais enfin ce n'est pas la vertu de ses mérites et de son san^ qui les rendent efficaces ; ce n'est pas en son nom ni par elle qu'ils sont administrés ; encore moins est-ce d'elle que la sainte Église les a reçus. En quel sens donc, et à quel point de vue pouvons-nous être plus redevables à la Vierge qu'à l'Église de tous les biens que les sacrements nous apportent? La réponse à cette question servira, je l'espère, à rehausser encore l'idée que nous avons de sa maternité spirituelle, sans rien enlever à l'Église de l'honneur et de la reconnaissance qu'elle mérite.
Je me rappelle ce root de Bossuet parlant de la Sainte Vierge : « Première origine du sang de Jésus, c'est de là que commence à se répandre ce beau fleuve de grâces qui coule dans nos veines par les sacrements, el qui porte l'esprit de vie dans tout le corps de l'Église ». Oui, les sar: .si nous remontoi
leur source, viennenlon, iicnl de Marie. \-
inconlestable, mais qu'il faut méditer à loisir : car il en sortira cette naturelle conséquence où nous voulons aboutir, qu'ici, comme en tout le reste, le rôle maternel de .Marie prime celui de notre seconde mère dans l'ordre de la grâce, l'Église.