BIENFAITS l*OtR l.A VIE PRÉSENTE 2i
bien saisir la difWrcncc enirc celte dernière classe de pécheurs et celle qui précède. Les premiers restent, il est vrai, dans l'inimitié de Dieu, mais avec TintentioD de se convertir un jour, et c'est dans cette intention qu'ils demeurent fidèles à leurs pratiques de dévotion en\ *' : ie. Les autres se flattent aussi du même esj' is, en altendani l'heure dernière, fixée pour
leur retour, ils s*enhardUsent à vivre d'une vie criminelle par cela nu^me qui devrait les en retirer. Telle est leur disposition de ccrur que, si la Mère de Dieu n'était ni si miséricordieuse ni si bonne, ils ne se hasarderaient pas à pécher avec la même persévérance et la même tranquillité; en sorte que leur dévotion, par un renvrrîsciiiL-nt odieux, leur devient comme un stimulant à vivre dans l'impénitence. C'est à cette dernière caléiijorie de pécheurs (ju'il f;nit appliquer le terrible arrêt, porté par saint Alphonse de Liijuori : « Quand nous disons qu'il est impossible qu'un serviteur de Marie vienne à se damner, cela ne s'entend [>as d«' qui '■' • • • -r '• • ?{.• sa dévotion pour pécher a\ef plus .i >( donc bien à tort, ce nous
semble, que l'on nous reproche de tant exalter la miséiioinlf .î " ' ■ ' iirs, son- ^le
que « l's iiij L pour 1" , is
librement : car nom disons que de tels présomptueux se rendent diirnc» «le châtiment et non de miséricorde » (i). Ainsi purlaieni, avant lui, les pèrc^ ' •■•■ Crasset, BonoU Plazza, Paul Seijneri, Llienne I G)rnélius à Lapide (2), Antoine Velasquex et Spinelli, |»our ne pas citer les autres, dans les endroits même
(i)S. AlplMMM<te Ufuori, Olotrtt d« Jltar»'. <a) Corad. a Lapida, Cwnmmt» im Kcdi., juuv.
3<jS HIEK8 ATTACnÉS AU CULTS DE MAMS
OÙ ils ont le plus inslammenl proposé la dévolion à Marie comme une marque et comme un g&ge de pré- (Icsinmiion. Ce n'esl pas, en eiïet, t^lre ' tir
Marie que de s'abriter en quelque sorte u ... .. rllc pour outrager plus impunément son Fils. A ceux>là donc ce sont des menaces et non pas des espérances qu'il faut apporter.
Que dirons-nous finalement à de tels présomptueux ? Leur ferons-nous un devoir de laisser là des pratiques « et <les prières qui (vu leurs dispositions [>r' bien loin de les sanctifier, ne peuvent servir , corrompre » (i)? A Dieu ne plaise! Autant vaudrait dire à ce riche du monde qui, connaissant les promesses faites à l'aumt^nc, se rassure par ses libéralités envers les pauvres de Jésus-Christ contre la crainte de ses jugements, jusqu'à ne plus s'inquiéter de les prévenir; autant, dis-je, vaudrait Tent^aifer à élredésnimais sans pitié pour les malheureux, ses frères. Nuti, mille fois non ; je n'arracherai pas à ces égarés, à ces endurcis, leur dernière planche de salut. Ce n'est pas leur dévotion telle quelle qui, par elle-même, est mauvaise, mais le sentiment qui la stérilise et qui la vicie. D'un cAlé, je leur ferai sentir combien de pareilles H' ■ -'ions sont dangereuses pour eux-mêmes et ou- ; es pour cette Vierge toute pure et toute sainte qu'ils prétendent honorer; et, de l'autre, je m'efforcerai, non pas de leur Ater du cœur toute < • en celle que les Pères ont saluée comme fes^. i des désespérés^ mais de la purifier, de la rectifier, de la perfectionner.
El si, pour leur malheur, rien ne pouvait les sous*
(i) HounUloae, Serm. tarla déoot. à la S. Vierge, a part.
ItlCNFAITS POtn I A VIE HRtsrNTE 'J()i)
traire aux illusions funestes qu'ils nourrissent , ni leur persuader de cherclier par Marie la lumière et la f«)rre qui leur manquent , ni I' ' iit les préserver tie la colère du Juge; je n'enc' s pas que la dé-
votion envers la bienheureuse Vierge n'est ni un si^ne ni un gage de prédestination : car ceux-là n'avaient que l'extérieur et le masque de celte dévotion, quoi- (ju'ils prétendissent s'en approprier les privilèges et le bénéfice. Encore moins étaient-ils des enfants qui reirardent en vérité Marie comme leur mère, qui l'aiment comme leur mère, qui espèrent en elle comme dans une mère : car, je le répète, ce n'est pas faire envers elle œuvre de fds, mais d'eonemi mortel, (]uc de la rendre en quelque sorte fautrice et complice de ses propres oi!tratr<'s envers Jésus, le bien-aimé de son conur.
Je douii" qii li y ;iii ' ;p de pécluMirs à st* Ucr-
cer de si criminelles i .Si les auteurs des dix-
septième et dix-huitième siècles ont lancé contre eux <\c tfis atuithèmes, c'est moins peut-être pour les avoir retiountrés nombreux sur leur mute (]ue pour ne pas donner la moindre prise aux Jansénistes. En tout cas, je n'oserais aller, comme plusieurs d'entre eux, jusqu'à vdirtlansce d/vsonlre la f- -i-tion proprement dit<- qu'il faut ranger parmi l< - > contre le Suint
Esprit, à moins toutefois qu'on n'en vienne à cet excès '!' 'h-r le salut, après une vie de crimes, iiidépcn-
li^ .[ de toute pénitence, nn^nie finale, par lu seule
vertu des quelques hommages rendus à la Vierge .Marie. Alors, en eiïet, se vérifierait dans ces im|>ént-
tenls ceque rAni;e dcl'F^cole r de la présom|>-
tion formelle : « attendre Ir , ^ans repentit , et
la gliùrc sans mciiles : présomption qui est propre-
iA<.iic-> Au \,i^i..if> ^i. MARIB
riKKi ii,,r t v|,, , ,• ,ni jiéchéconlre IcSainl Esprit »>, dit le suiiil tlucleur (i).
Ces considérations suffisent pour distinguer ce qu'il va df Cîiptieux et de faux dans lesobj«" ''es
par Nicole cl ses adhérents contre la 1 » - la
formule traditionnelle, sans qu'il soit besoin d'entrer en de plus longs détails.
IV. — Impossible de fermer ce chapitre, avant d'avoir fait quel(}ues remarques sur la première des promcsses attachées à la dévotion, du Scapulairc; et, par ce dernier mot, j'entends IcScapuiaire du Mont-Carmet, L'histoire de ses originesest connue. Vers le milieu du treizième siècle, un rclit^icux carme, le bienheureux Simon Stock, suppliait la Sainte Vierge, « Fleur du r^armcl, mère de toute bonté, mère sans tache », de montrer qu'elle était vraiment pour son Ordre une mère, « en le ; i indant, ; ' lisi-
ble de sa bien '•, auprt- ,1 rsé-
cutaient ». Et « Notre Dame lui apparut en grand cor* tc^e,et tenant en main l'habit de l'Ordre, elle lui dit : Ceci sera la mari|ue du privilège que j'ai obtenu pour loi et pour tous les Carmes : celui qui mourra revêtu de cet habit n'aura pas à souffrir des feux éternelu»; privilège qui, dès le commencement, fut reirardé comme ap|)artenant non seulement aux religieux Carmes, strictement dits, mais encore aux confrères qui leur seraient! nent affiliés par l'imposition du Sca-
pulairc ,^ . . ;..c est, d'après ranlii|ue tradition, la grande promesse faite par la Mère de Dieu. Il faudrait
;i) s. Thom.. a-3, q. ii, «. i et a. ^.
(a) m Hoc libi ent et cuncUt CarnutUi» priviUgiam : in hoe mo
CM 1 ! IF.JfTAm POUR I.\ VIE PRÉSE?«TE 3ol
Hre aveus^le pour n'y pas voir la dévotion du Scapulairc donnée comme un sia^nc de prédeslinalion, puisqu'elle assure la préservation de Tenfer à quiconque aura le bonheur de mourir, rev(^tu des livrées de Marie.
Je n'entreprendrai pas de répondre en détail à tontes !••- T priviléi^'c «lu Sca-
p'-i. , , . urcuse Vierge au B.
Simon Stock est-elle authentique; la promesse n'estis restreinte aux seuls religieux Carmes; le seul • mourir en portant le Scapulaire est-il un siçne •' de salut, et comment peul-on concilier une préive si extraordinaire avec ce que nous savons de ->•■ I. Il ' '■ !• el (le l'élal fie - ' -ur I T- ni;iii 11 n ' s élus? <Ionleiil<'i de quelques mots sur chacune de ces questions, en signalant ' les auteurs qui les ont moins sommairement < s. Mais, avant tout, notons que l'Iilçlise
n'impose pas comme obligatoire la croyance au privili-.'<-, quelque soit d'ailleurs le poids des raisons qui tinlii>*nt en faveur de l'apparition céleste el de la prom<"->e.
Premièrequestion. — La révélation.faite par la Sainte V ■ • ■• ' ■■ " ',,•11-
dent la première place, l'ont virement contestée ; mais elle a pour elle, outre la r- comrnu' lè-
l< • riion dans les .... .. ;es du li*. ..u..*\ et