‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 4)Chapitre 67 sur 119 · BIENS ATTACHÉS AU CL'LTE UK MARK · texte numérisé non relu

BIENS ATTACHÉS AU CL'LTE UK MARK

On petit donc à bon droit souscrire à cette conclusion que Suarez attribuait à je ne sais quel livre de saint Bonaventure sur les Louanges de la ViergCy Mère de Dieu: « C'est le glorieux privilège de la gloire de Marie que notre plus grande gloire et notre plus grande joie vienne, après Dieu, de Marie « (i).

II. — Mais là ne s'arrêtent pas les biens que les ^•lus du ciel reçoivent actuellement de Marie. Gcrles, elle ne les aide pas, comme elle le fait pour nous, à mériter, à expier, à combattre, à vaincre: toutes choses qui sont incompatibles avec l'état de la gloire. En quoi donc peut-elle les assister? Avant tout, à prier plus efficacement la divine miséricorde pour leurs clients de la terre et du purgatoire. Je les vois se tourner vers elle, avant de faire monter leurs demandes vers le trône du M ' ir, afin qu'eV ' [«uie de

son autorité mal' VA Marie, m i voix à

leurs voix, leur donne une confiance d'être exaucés qu'ils n'auraient pas sans elle; car, pour les cieux comme pour la terre, elle est, après Jésus, la m«'<l' '• '"'• universelle.

Pourquoi n'ajouterions-nous pas aussi qu'elle leur

* ; "Ht de son Fils certains privilèges de grâce qui .•nt pas renfermés dans leur béatitude substantielle? Les Anges des hiérarchies plus élevées peuvent, en dehors «le la vision b' ' immédiatement de Dieu certaines i i , meulières

par où leur sont manifestées les libres dispositions

lirr* ».ori atjtrf <i i! T'our nvr.ir !e baiihrnr Ai" fn mnfmpirr h nmrfitn. I •

-. 3, ta fioe.

en. . incRorr ob béatitudb 347

de la Providence dans le gouvernemenl du monde et des hommes; révélations qu'ils communiquent euxmt^mcs, dans une mesure plus ou moins iarsie, aux Ansjes des ordres inférieurs, cl par eux, mt^me aux hommes. N'est-il pas souverainement juste que la Heine du ciel soit, ou par révélation divine ou par le pr-. ' ' 1 vision, i •- '■ ' -^^incmenl des div - que les i iiques, et, par

conséquent, plus apte à communiquer ce qu'il plaît à Dieu «IVu • 'T à ses créatures?

In autre les saints du ciel, encore qu'il n'accroisse en rien leur gloire essentielle, est d'être mieux connus sur cette terre d'exil, cl d'y recevoir nos vœux et nos prières : car cela même est pour eux une occasion d'exercer U-haul pour nous la fonction la plus douce à des coeurs, tout imprégnés de la divine citant ' " '■ , des mi- ' " ' «t de . , on ne j ^ , ne concoure poar sa grande {lart à leur procurer cette joie. 1." res en fourniraient plus d'un exemple à qui VO.....O.. ..s consulter avec .?■-••'■■>•• -'»■>■ Tu loul cas, il est sûr que si Dieu, Noti< ne un journous admettre à la cour de sa glorieuse mère, nous s,- : > - ■ ■ V - • • r.

J..ir : ^ . ; ,-M

faveurs ; et, d'un même élan, d'un même coeur et

1' ic voix, nous re ivecleciel et

' s la gloire de J» ..........1. f'f •">" ■'"!

' ir de notre peuple t»(i).

lil. — Avant de quitter ce sujet, je dois résoudre

I) JudiUi..

'"'5 I V — lUC.NS ATTACBXd AU ClLli: I»E MAIltE

une «iitjr. iM.ii .j.ii s'csl déjà produit, .. j. '|»os du pur. galoire. Il s'agissait, dans le présent chapitre, d'exposer les avantages actuels que procurent aux serviteurs de Marie la dévotion qu'ils ont pour elle et les horamaçes dont ils l'entourent. Or, je n'ai rien dit, sem- Itle-t-il, qui ne soit l'apanage commun de tous les prédestines, quelle qu'ait été d'ailleurs la mesure de leur culte. Une première solution de la difiiculté, c'est qu'au ciel il n'y a ni ne peut y avoir que des serviteurs de Marie. N'est-elle pas la mère commune, la reine commune; une mère incomparablement plus aimée, une reine plus honorre de tous que la multitude innombrable de tous les élus ? Donc, en ce que j'ai dit des bienfaits de Marie, il n'y a rien qui ne réponde à l'amoureuse dévotion que chacun de ceux qui les reçoivent nourrit pour elle. Mais, il faut l'ajouter aussi, bien que la présence de Marie soit pour tous une cause dr ' ■ allégresse ; bien qu'elle ait pour

chacun (!• ;ints du ciel une tendresse de mère,

et que personne ne soit privé des effets de cette tendresse ; cependant, il y a je ne sais quoi de particulier pour ceux qui l'ont plus aimée et nniny servie pendant leur vie mortelle.

Ici bas môme, sur cette terre d'exil, Marie n a-telle pas des attentions plus maternelles pour lésâmes qui lui sont tout spécialement dévouées ? Je parlais tout à l'heure des apparitions par lesquelles on l'a vue consoler et fortifier des justes mourants. Pourraiton citer une seule de ces grâces qui ne fût pas la récompense d'une dévotion particulière envers la Reine du ciel?

C'est, nous l'avons oiju iaii l 'iii.injuer, la doctrine de saint Thomas que, même au ciel, en dehors de

cil. l RCRUIT DE BEATITUDE 3^9

l'amour de charité qui embrassera chacun des élus dans la mesure de leur a:râce et de leur gloire, il y aura dans le coeur des prédestinés quelque chose de spécial pour ceux des justes auxquels ils furent unis par des liens plus étroits, aux jours de leur commun pèlerinage (i). Consolante pensée quiserlàmieux entendre ce que les nrs de la bienheureuse Vierqe sont

en droit à •• pour le temps où la mort les aura

mis en présence de leur mère.

Et, pour revenir aux exemples cités, croyez-vous que la vue de Marie n'apportera pas au ccrur de Stanislas une allég^resse bien autrement grande qu'à celui de mille autres saints? Quoi 1 dans cette bien- |p 1 :e des âmes, un lils, retrouvant sa mère,

»'l I se jeter entre ses bras une consolation

plus vive sans comparaison qu'à saluer d'autres élus, même plus élevés en gloire ; et ce ne serait pas une jouiss <nce particulière pour ceux qui furent ici bas les enfants et les serviteurs dévoués de Marie, de la contempler dans ses l)eauté8 et de se réjouir de son triomphe " Et la Vierge elle-même ne leur montrerait pas qii elle «c souvient de ce qu'ils furent pour elle, en leur prodiguant des caresses dont personne au ciel ne sera rertainçment jaloux? J'ai parlé de ces choses en balbutiant ; mais, ou je me trompe fort, ou l'on peut reconnaître en elles un fond de vérité. Ni la grâce ni l.i gloire ne font taire la nature, encore qu'elles ! i ' *■ ' lent. Or, étant supposée la dévotion que j i àla nature elle-même que j'en appelle

pour confirmer de son suiïrage les privilèges attribués

pi 7>. I iinmaa. s t, <].

h. 7, I. 11. p. »iS, ti4.

liIRNS ATTACBéS AU CULTE DB HABIB

a... .. . ilcurs plus empr*»cc''o ^i »^î.!« ''instants delà

Vierifc Marie (i).

Il resterait encore à dire ce que la Mère de Dieu fait nu ciel pour celte multitude innombrable d'enfants

jiiifir ,1 , - i.\ 1 rMiiiiiriii"». i.c vDiLi iiiaiui<;ija:ii i^ui iiii idii

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lelle j> de Dieu.

— El crt amour, qui jadis descendit ici-bas. lui chaola, les ailes étea> dues ''■ " ' w.- - - ' ■ -'-

— t au dirin cantique, M

tous I'

Le pucie, «ievaiit uu apecladc ki dtvtii, ae U/urue vers son guide poor lui dira :

O I .ivez daifcoé quitter la douar

pÎBf '

— <;it d'nlIi'uTCNNr 1rs vrtix ckc DOtf'

— lUS la beaii'

— I ]iii [>euveol être

dao» ... „ »...,., k, .... y,^.^ — , V. ^^ le voulons tous

aioai,

— Parc<' lui qui porta la palme à Marie, quand le Fils de Dieu daigna {ifcudrc »ur lui notre fardeau.

'I>ante. D«l Paradito, L. xxxu).

cit. III. — SCnCROIT OB BÉATITUDB 35 1

moissonnés par la mort, avant leur régénération dans le Christ. Ilélas! il faut bien l'avouer. Marie ne les attire ni ne les rejette ; c'est comme si elle ne les connais.sait pas. Ilsne sont ni ses serviteurs ni ses enfants, et c'est {>oureuxunc impossibilité de le devenir jamais. Sortis de ce monde .sans la grâce et la charité, ils ne sauraient plus acquérir ni celle-ci ni celle-là. Prenez un intidèlc, si perdu qu'il soit dans l'erreur et le rice, les sources de la grâce sont ouvertes pour lui; dans son infidélité même, il est par destination enfant de Marie, comme il est enfant de Dieu. Peut-être un jour deviendra-t-il en réalité l'un et l'autre. Aussi TL^lise prie-t-elle pour lui, tandis qu'elle n'a pas de suffrajçes pour « r<-^ ' ' ' ' . » dont

rien ne saurait pin . ^ à dire

que leur sort soit tellement misérable qu'il valût nreux pour eux être du nombre de ceux qui ne re- «yvront jamais l'être. Privés de la vision divine pour lai]nfllc ils avaient été faits, ils ie^iorent leur malheur, et cette perte, si effroyable qu'elle soit, ne peut leur

être n ':''e ; mais, encore un ' *■ \ la Mère de

Dieu . > leur mère, et, par < ■ nt, elle ne

leur peut rien communiquer de sa gloire et de sa joie.

CIIAPITaE IV

Ce q n/i la Mi

le.

r cl sigualtT sur ce j>oilI

L'auteur des Avis salutaires insinue pcrfulcmenl que la dévoUon vulgaire à la sainte Vierçe, c'csl-àdire, l;i ' * n communément admise de son temps parmi 1 lignes, pasl.Mirs et fidèles, donnait aux pécheurs morts dans rimpcnilencc finale l'espérance d'être défendus au justement de Dir tte divine mère; mieux encore, l'espérance d . rés mémo des flammes éternelles, y fussent-ils déjà condamnés. C'est ce que supposent les avertissements qu'il nous ad/ ' ir la voix même de Marie : o Gardez-vous dr^ riesdu diable qui, sous prétexte d'une dévo lion aisée et tout extérieure, endort les pécheurs dans une f;ii " 0... Je me irarderai liien de défendre cci .rui jugement de Dieu ». Et encore :

« Il n'y a point de privilège accordé aux pécheurs impénitents qui les délivre des flammes •• " "^^

quoiqu'ils présument qu'ils soient de mes ••

L'on n'a point entendu dire avec vérité que j'aie déli-

cil. IV. — PÉCHEURS MORTS IMPÉSITESTS 353

rré de l'enfer ceux qui ont méprisé de faire une véritable pénitence » (i).

Éludions successivement les deu.x parties de l'accusation pour vcii^^er les catholiques d'imputations si grossières, et tout à la fois pour déterminer ce qu'une saine doctrine peut admettre sur cette matière.

I. — Est-il vrai que la Sainte Vierge retire de l'enfer r <i«s clients que leur in

aurait pi .,--:' dans ce lieu de tour; ^ montre, môme chez les Pères et les Saints, des textes qui sembleraient l'insinuer : « Par vous, disait saint Bernard à Marie, par vous le ciel est rempli, et l'enfer vidé ; Per te coeium impielum fsty in/ernus euacud" lut ». Donc, il y a des hommes que la Vierge, en considération de leur dévotion pour clic, a retirés des abîmes où les avait précipités leur impénilence.

Poar expliquer ce texte du saint abbé de Clairvaux, et d'autres passages analogues qu'on rencontre à chaque paye cher une foule de panégyristes de la Sainte Vierge, il suffit de dislins^uer une double manière de soustraire une âme aux peines éternelles :

d'y tomber. C'est ainsi que les théologiens distinguent une double r«'*drinption, lor»(pril s'agit du péché d'oririne et des maux qu'il enlrutnc après lui. 11 y a la n'ilcmption commune qui se fait au baptême, en vertu de laquelle les enfants d'Adam le pécheur sont puri- Hés, mais après avoir été souillés de la tache héritée de

L'asicor •'• pat b orMUir* d<> ^«tt elMS b ■làblw OrtHMoori .

,;...., ... ,.r»«. et. >ô-} : n^nliaaa a it Jti

Bttlùy. 9«ct. 4&. 69 rite

354 i" ^* — BIENS ATTACUÉS AU CULTE Vt MARI8

leur père. Il y a la rédemption spéciale cl pias *«blime qui les préserverait de la faute dont, par le malheur de leur descendance, ils ont contracté la dette, et telle fut la rédemption de la Vierge Immaculée.

Lisez les textes les plus incriminés, et vous verrez avec évidence que, si des auteurs catholiques parlent de la délivrance des supplices éternels, grâce à la protection de Marie, c'est la délivrance anticipée, la délivrance par voie de préservation qu'ils ont en vue. Ce malheureux était depuis longtemps plongé dans tous les vices, et buvait l'iniquité comme l'eau ; mais, au milieu de ses «lésordres, il conservait encore un reste d'amour filial et de dévotion pour la Mère de miséricorde. Son impénitence ne l'avait pas cm] de lui rendre quelques hommages, de faire nu.. — vers elle quelques prières. Voilà qu'une maladie soudaine et terrible vient fondre sur cet obstiné ; la mort arrive foudroyante; mais avant qu'elle ait frappé le dernier coup qui va le jeter au fond des abîmes, il lève un regard suppliant vers Marie, et Marie, du haut du ciel, lui tendant une main sccourable, le ' ''»• par

la pénitence avec son Juge. Ne peut-il pu ... .:e, en toute vérité : a Si je ne suis pas perdu, je le dois à votre miséricorde ; vous avez tiré mon âme du plus profond de l'enfer » (i). Et, ce qui doit aviver sa reconnaissance envers elle, et tout à la fois justifier l'expression qu'il emploie pour la rendre, c'est que ce : " nervation n'est pas un moindre bici

que . - - .. . ice, arrachant un coupable au su|^ qui déjà serait en voie d'exécution. Ainsi, toute proportion gardée, la faveur est plus grande pour la Mèn

(i) pMia.. Lxxxr, i).

CH. IV. PECilEt'RS MORTS IMPENITENTS ÔJJ

de Dieu, préservée par le sanjj de son Fils du péché d'origine, que pour nous que la vertu du même san^ en a simplement purifiés. Donc jusqu'ici rien ne jusl\{\r '- • riminalions du Jansénisme.

( IIS pourtant (]u 'il est, sur ce point, un autre

ordre d'assertions qui sembleraient se prêter davanlaçe à ^> mes. Des auteurs, jaloux de mettre en

relief le , : tout miséricordieux de Marie, se sont

demandé si ce pouvoir s'étendait à préserver de l'enfer, non plus seulement des Ames que leurs crimes allaient y précipiter, au cas où sa honte maternelle ne leur eût pas obtenu de son Fils la tçrâce d'un suprême repentir et d'un suprême pardon ; mais aussi des âmes I s de leurs corps avant d'avoir elTacé leurs , et méritant, par suite, d'être livrées par une sentence irrévocable aux éternels supplices ? Il est d'ailleurs bien entendu qu'il ne s'agit dans cette question ({uc de cas très rares et tout à fait exceptionnels, tant ils seraient en <lehors de la loi commune.

Or, si l'on y prend garde, la question présente un don'' ris. C'est qu'en efTct ces Ames peuvent être (Oh ^ dans une double situation, c'est-à-dire,

soit avant le jugement de Dieu, soit après le prononcé de ' !ice. Si la question portait sur des coupa-

bit..^ ... j.. 'ndamnés par le juste juge, et par conv.-. quent rfjetcs de sa présence et séparés de l'asseï: des élus, elle devrait être résolue négativement. Les pfirtrs de l'abîme, une fois refermées sur les ennemis d - I icu, ne s'ouvrent plus pour laisser passage à leurs captifs ; l'élaDgde soufre et de feu ne vomira jamais ses victimes. V " " . vers la Mère

de miséricorde , ...... , , . Jiciit-elles les

hommages qu'elles lui rendirent aux jours de leur

pèloriniu:'*; elle n'a pour cii\ m .wikmu, ni prière, parcf «pie le temps de la miséricorde est |)assé (r).

I) Oiielqiirs auU>nr« ont bien parl<f d'un arril provitoirt ; mnèx et

v,^!,> .lii,.,! .!,-«t 1. ,-!ifiirs niii'ls ,l,iii<. 1 iiiî mil;.' il^ 1 ti.ii erraient, ri

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PéCUEUnS MORTS IMfÉXITE.NTS 357

Etudions mainlcnant la question dans le second

sens. C'a élé l'opinion de quelques Pères et de plusieurs

rands lit 'is, entre autres de saint Thomas, au

ire •*m»>l«blein«il au'ili o'sTaieot pu elé finale ment condamn*'* àlVn-

., , . . . 1^-.. .: IV... .,).. ..„ .,■>« iT, ril.-i.rnl IfurS

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