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on, n'en fui pas la cause. S.
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358 — BIE?CS ATTACIlés AV CCLTC DE MAIUK
moins dans ses œuvres de jeunesse, que des hommes morls dans la disgrâce divine n'ont pas été livrés aux flaninjcs élcrnelles, parce que Dieu, sur la prière de tel ou tel de ses serviteurs, au lieu de porter contre eux la sentence qui, conformément à la loi commune, les aurait à jamais retranchés du corps mvsticjue de Jésus-Christ, leur avait miséricordieusement avec la vie rendu la faculté de se purifier par la pénitence et par les sacrements de l'Église; ce qu'ils prouvent, dit le Père Grasset, dans son remarquable traité tfr l<i Véritable dévotion à la sainte Viert/e, par de nombreux exemples, entre autres par celui de plusieurs idolâtres que de grands saints ont rappelés à la vie (i). Peut-élre que les faits rapportés dans les histoires ne sont pas tous d'une certitude indiscutable. Je veux croire même de plusieurs qu'ils ne furent pas suffisamment constatés par ceux qui les premiers en firent le récit, et que les ouvrages des Pères «jui nous en ont conservé la mémoire sont pour la plupart d'une autherilicilé nulle ou très douteuse. Il serait difficile pourtant de nier tous les f;iiis «le ce irenre. et (luand.
coupable le temps et U faculK: de m rtcoocilter
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icur , ivnictil i>ru'puiji
à U ; ir U fol et par
(i) P. J. Grasset, La vérit. dévolionàla S. V. I* partie, Tr. i, q. i3.
eu. IV. PCCilEt'HS MORTS IMPÉMTE.NTS 35()
SOUS un prt^texte ou sous un autre, on irait jusqu'à rejeter les plus anciens, il en resterait de plus voisins (Je nous absulument indubitables. Ft, pour en citer ({ucltiues exemples, saint François Xavier, au témoigna^ d'Urbain VIII, dans sa Bulle de canonisation, ressuscita trois iduh\tres dont l'un était, depuis un jour au moins, dans le tombeau. On répondra peut-être qu'il est incertain si ces morts étaient, ou non, du nombre des ennemis de Dieu. Accordons qucleursort fasse doute, encore qu'il soit bien probable que, vivant en idolâtres, ils soient aussi morts en idohUres.Mais que dira-t-on de ces enfants décédés sans baptême, à qui les prières <' ^ iitsont rendu la vie matérielle pour le temps n< ' à la réception du ba(<tènic et, par
lui, de la vie surnaturelle? Quiconque a lu l'histoire sacrée des di-riiiers siècles confessera que les faits de ce dernier genre s'y trouvent consignés on maint endroit, sans qu'il y ail aucun motif raisonnable de les révcx^uer en doute. D'ailleurs, il est constant que l'âme
de < •" ■ ' ■ ■ • • • • •• ! ; il fallait donc que la
seii ie pour eux (i).
Urtournons aux infidèles rappelés à la vie par l'Apôtre des Imles. Voici c<imnient j'arjrumnile. Ces hommes ctaiciil des adultes, en plein exercice de leur raison. Donc, de deux choses Tune : ils étaient morts ou dans l'état de grâce ou dans l'état du |>
amis de Dieu ou se» ennemis. Si vous [ - ' ■
hY|>olKèse, nous ii'a\oiis plus rien à . des pécheurs dont le jugement de condamnation esl lu pour qu'ils rentrent >! " >i de In / ^ de se juctifier p:ir lu p Si vous j
(1, cf. >'itiN "%t, IVf p. >'«, mm aot. tt •rqti.
r.!. ilière, il vous faudra bien avouer <jiif la
s, 11 ;i I I lie appelant les justes à rélernellc récoraf)ense n'avait pas encore été rendue pour eux, àThcure où la voix du thaumaturge les rappelait A la vie. Or, si la sentence bienheureuse peut être suspendue, pourquoi l'arrêt de condamnation ne le serait-il jamais ? Quand on se souvient que la miséricorde en Dieu sur- {)asse le jiiçcmenl (i), ce qui d )it le plus étonner, ce n'«-.l pas que Dieu ramt^ne un pécheur à la vie d'épreuve pour le sauver, mais plutôt qu'il difTère une sentence qui, d'après la loi commune, devrait suivre immédiatement la mort, et dès ce moment iinrniiliiliscr timir jamais un juste dans sa grâce (2
Or, pour en revenir à la bienheureuse Vierge, si les prières des Saints ont eu ce privilège, comment pourrait-on le refuser à la Reine des Saints, en qui, nous l'avons prouvé, se concentrent toutes les prérogatives iiis de Dieu? D'autant plus que, parmi 1 ^ par les anciens auteurs, la plupart
sont attribués tout spécialement aux intercessions de la Mère de Dieu, récompensant par cette grâce extraordinaire ou la dévotion que de pauvres pécheurs avaient eue pour elle, ou, s'il s'agit de petits enfants rappelés à la vie pour recevoir la grâce du baptémei exauuii !< > \o lix de parents chrétiens qui mettaient toute :'-iii !■■ iiiii.i iioe en elle.
Avant de passer à la seconde partie de notre sujet, il nous faut répondre à une question et à une objeo
' r> Jim»., n. fS.
de Loyoia par
CH. IV. — péCUEtnS MOATS IMPÈ.MTe.NTS 36 1
tion. La question regarde l'élat de ces pt'cheurs privilétriés, à partir de leur mort temporaire jusqu'à leur retour à la vie ; robjection porte sur les espérances trompeuses que la doctrine précédemment exposée peut nourrir dans les chrétiens livrés à leurs vices.
Commençons par la difficulté qui fait l'objet de la question. On a dit que peut-être la séparation de l'âme et du corps était imparfaite et, par conséquent, qu'il n'y avait pas mort véritable. Le miracle ne serait plus une résurrection, mais uneçuérison subite, extraordinaire. Crttf opinion ne peut cadrer avec les faits sur lesquels on raisonne, et, par suite, doit être absoment rejetée. Est-ce donc, par exemple, qtie les idolâtres, rendus à la vie par saint François Xavier, n'étaient que des léthargiques? Où cela mènerait-il, si l'on allait généraliser une semblable explication, et que deviendraient les plus grands miracles opérés par tant de Saints ? Ce qu'on peut dire de plus probable dans une question si obscure, c'est que ces âmes, sé- ' Icleursr.. iiblcnt dfvi.ii
: - ,. iifnl et de :. ance, jusijii .1
ce qu'il ait plu h Dieu de les rétablir dans leur premier état. De là vient cette ignorance profonde où elles sont de tout ce qui s'est passé pendant la durée de lt tion. Je n'ignore pas que plusieurs anciens r< parlent de visions surprenantes des choses de l'autre mond«',«lor>C fjiirl«nicsâme8 .1 sont hWJes c;i.s isnics sur Ir ,
pas de porter un Jucremenl. Toujours est-il qu'on ne peu' CCS sortes de visions qui
sii|'j » facultés oru' ••'■ • : car
une rtmc séparéent saurait autrement c< ,jii".\
la manière des esprits.
3Ca - BIEXS ATTACHÉS AU CULTT DB MAniC
Si donc il était prouvé que. dans certains cas, il s'est vraiment produit quelque pliénomènede ce genre, il y aurait là une preuve que la mort n'était qu'apparente, à moins toutefois que les visions fussent purement spirituelles. Voilù, ce me semble, tout ce qu'on peut dire de certain sur la question posée, dans l'état présent de nos connaissances, et vu la pénurie de renseignements plus indiscutables.
L'objection, comme il est aisé de le voir, vient de l'école janséniste. Elle ne tient pas contre le plus simple examen. Est-il possible, en effet, qu'il se trouve des hommes assez aveugles pour négliger, soit pendant leur vie, soit à la mort, le salut de leurs âmes, sous prétexte qu'ils i " ' -e aux interces-
sions de Marie, fairt- ; irs crimes, apros
être revenus du tombeau? Autant vaudrait dire qu'il ne faut pas parler des miracles de guérison opérés par la sainte Vierge, de peur que les hommes n'en prennent occasion de s'exposer de gaieté de cœur aux pires maladies. Du reste, ne serait-ce pas manifestement se rendre indigne d'une si extraordinaire faveur que de vivre mal, dans l'espérance insensée de l'obtenir, après tout une vie passée dans le crime et l'im- [i< niience? Qu'on me montre un seul homme qu'un si tallacieux espoir ait jamais endurci dans ses péchés, et j'avouerai, si l'on veut, que ce pouvoir de la Vierge est chimérique, sans fondement dans les faits, incapable d'être pris au sérieux.
Si l'objection avait quelque valeur, c'est contre les conversions tardives, contre celles-là surtout qui se font à riuMiredela mort, qu'il faudrait la retourner * caries pécheurs qui se flatteraient présonjplueusemcnt de revenir,aprcs avoir persévéré dans leurs désordres.
cil. IV. PCCHEUnS MORTS IMPÉNITENTS 363
à l'amitié de Dieu par Pinlercession de Marie, allendraienl plus facilement son assistance efficace pour les moments qui précèdent la mort que pour le temps qui la suit. Devrons-nous donc prêcher que Marie n'a pour ces derniers instants ni pouvoir ni miséricorde ; et dire au criminel qui voudrait alors tendre vers elle une main suppliante, que sa confiance est vaine et sa perle assurée? Je le sais, il y a eu des sectaires à tenir une doctrine si désespérante : mais ceux-là ne connaissaient ni le cœur de Jésus, ni celui de sa tout aimable mère.
11. — (les explications suffisent pour entendre en quel sens et dans quelle mesure la bienheureuse Vierge arrache ses enfants et ses serviteurs aux abîmes de l'enfer, et pour réfuter du même roupies pl.iiiites pharisaîqucs des .sectaires. Il n'est pas plus mulaisé d'expliquer les formules où les Pères et les Saints implorent le patronai^e de Marie, pour qu'elle les assiste au jut,'ement de Dieu. Personne o'a jamais soutenu que celte Mèrq de miséricorde accompagne au tribunal de Jésus-Chritit les pécheurs moris dans l'impénitence, afin ' - ' ider leur cause, de répon '. ur eux aux ac< > de l'ennemi du salut, et i ut de leur obtenir une sentence favorable, en récompense de leurs hommages et de leur dévotion pour elle. Sauf le cas souverainement rare où l'arrêt de la divine justice serait suspendu, la sentence est nécessairement une condamnation à laquelle la Vierge elle-même applaudit. On peut mettre au défi le malencontreux .n'
des prétendus Avis $attttftirrM de citer aucun on sérieux, où soit enseignée la doctrine contre laquelle il veut nous mettre en garde.
3(< I BIENS ATTACUis AU CVLTS DE MARIS
Encore moins les serviteurs de Marie soiit-ils assez ignorants pour concevoir le jugement qui attend tous les hommes, au sortir de la vie, comme une reproduction trrandiosc de ce qui se voit dans les tribunaux humains : ici un accusé, tremblant et consterné, là des témoins à charge et à décharge, des avocats qui plaident en faveur du coupable, niant les crimes ou les atténuant avec de chaleureux appels à la pitié du juge. Ils savent trop bien que la conscience du juge éternel qui sonde les reins et les cœurs ne peut pas plus être trompée qu'elle n'a besoin d'être éclairée; que sa volonté n'est pas hésitante, cl qu'il ne peut avoir qu'une rèiçlc dans les sentences qu'il porte, la vérité. Leur prêter d'autres sr ' ' ' d
trop iijnor i - jus
peignent parfois les jugements divins sous ces 6gures ; s'ils nous montrent surtout la miséricordieuse Vierge paraissant devant son Fils pour défendre la cause de ses clients et leur obtenir une sentence favorable, ils n'ont qu'un but : montrer par des allégories, tirées de l'appareil des tri* ' ' ' '' nd,
coiiihif'n efficace, > f'e
de la Mère des hommes à qui veut sortir justiGé du tribunal de Dieu.
Certes, ce n'est pas chose nouvelle de voir les Pères <>t le Saint-Esprit lui-même dans les Ecritures mettre à notre portée par des analogies, des comparaisons et «1 • '■ — . N ce qui, dans sa nature intime, échappe à Il <re intelligence. Les exemples de ce procédé
fourmillent, et, sans sortir du sujet actuel, nous les tr 'ul nombre. Ainsi J'I'lcritnrc, voulant
c.\; : udc et l'intégrité parfaite des juge-
ments de Dieu, nous le montre />e«a/2/ dans une ba^
ni. IV. PêcilEL'RS MOIITS IMPÉNITENTS 3G5
iftnce\es mérites des hommes el leurs démérites (i). De même encore, s'il s'agit de rendre saisis.sante la manifestation des œuvres sur lesquelles portera la sentence divine, elle parle de livres ouverts (2), Ailleurs, il est fait mention du livre de vie^ c'est-àdire, <î ' <• divineoù sont inscrits les noms des pi- gloire (3). L'Egli.se, dans la partie de sa Liturgie qui regarde les morts, a fait sienne cette façon de peindre les scènes du jugement universel. Lisez, par exemple, les strophes du Dies irae. Ce n'est pas, encore une fois, que les choses doivent se pa.«ser sous cette forme; mais il fallait employer c< ' ' <\ d'autres semblahlcs, afin de faire en: limes des réalitf'S trop inaccessibles pour qui voudrait les considérer en elles-mêmes (4)> . rien de plus simple et de plus intelligible que ces J.I.. 1- ' '"•-'^<^e»àMarie parles Saints pourqu'clledaigne l<- r au jour terrible du jugement et le leur rendre propice. C'est comme s'ils lui demandaient de Il I ' ' T • ,t(î intercession, le»
j^r ^ iivine colère : grâce •l'éviter les fautes qui donneraient à Satan des droits sur eux et qui leur mériteraient une juste condamna- •i-'- grdce de laver dans les larmes de la pénitence qu'ils ont malheureusement commises; grâce surtout de lutter victorieusement, aux approches de r.- ' — ' 'relcseml ' ' ' • " -^ rj,ie Il 'ur de n« . c.
(I) [>acu, V. >; ; Jub, uxt. 6( Apoc , ( --^ I>tn , TU, 10; Ajtoc., SX. H :
IV. 3; PMlm.. lïTIll, »y. r\c. xxiT, 3>} Apoc., xxti, %'\. i'J. s. Thooi., t p., q. a\. a.
, - ri 'fit Apoc., lit. 10.
3GÛ ' — OIENS ATTACIIÉH Ai >.. t.it li£ UAHIE
p^ "nt, de comparatlrc purs de loute faute,
I lie entrave, au Irihunal de Dieu. Que nous
obtenions ces çràces par rentrcmise de Marie, nous aurons le droit de le proclamer bien haut : elle nous aura défendus comme la meilleure avocate et sauvés de la sentence fatale ; tout comme l'iiabile conseiller qui fournit au criminel les moyens d'éluder ou de paralyser les accusations porti'cs contre lui, l'arrache vraiment à la sentence de mort, bien qu'il n'intervienne pas de sa personne dans l'acte du justement.
Ou«» ce soit h\ vraiment la sii^riifiraliondes f ' ^
si injustement critiquées, c'est ce dont il est ini; de douter, quand on les lit dans leur contexte. Apportons quelques exemples. « Que nous ayons par vous le bonheur d'être sauves, à clémente, ô pieuse, à très douce Marie. Et lorsque sera venu le jour de la colère, le jour de la tribulation et de l'angoisse, que le souverain Juge ne nous punisse pas suivant l'énormité de nos crimes, mais que par vous nous soyons trouvés dignes de miséricorde » (i)! Celte prière est du bienheureux Améilée de Lausanne. En voici une plus ancienne, qu'elle ait été composée par saint Ephrem, ou par tout autre écrivain des anciens âges : «c Assistezmoi toujours, Vierge miséricordieuse, Vierge clémente et bénigne. Délivrez-moi de l'aspect ténébreux des dénions, des puissances de ténèbres... Rende/moi propice mon Seigneur et mon juge, et que, dans le terrible jugement, votre bonté me procure la droite bienheureuse, afin qu'échappant aux éternels supplices j'hérite par vous des biens immortels» (a)! Et ail~
(i) 8. AmadwM Lêaa»n.,Kom. 8, de Laadibu» B. M. P. L. clzxztui. i34S.
(>) 0pp. 8. Ephraem. Syr., OrcUo ad V. Dtip., t. IV, p. bbf.
cil IV. — PCCIIEl'H!) MORTS IMPÉSITENTS 867
leurs, dans une autre prière : <c Ouvrez-moi les entrailles de votre miséricordieux Fils... Réformez ma vir ' ' ' 'V ' r- sur votre médiation
yV ^ ' le juge, dont vous me
coiidlierez la bienveillance, et que j'évite les chAliments dont il frnppe les impies » (î). Et encore : « Lorsque mon âme devra quitter ce corps misérable, soyez là pourallétjcr mes angoisses, et pour me conduire jusqu'aux célestes demeures, afin que je ne sois pas arr^. - . I . . . . « 'insles
pi> ^ . . -Dieu,
mon juge apaisé jette sur moi des regards favorables, et que je me voie délivré des flammes éternelles «(a).
\ noter encore celle prière de saint Germain de Constantinople : « Dai-^Mioz, ô Mère de Dieu, nous favoriser de toute joie, de toute santé, de toute grâce ; au jour de l'avènement de votre très clément Fils, Notre Seigneur, alors que nous comparaîtrons tous devant le souverain juge, usez, je vous en conjure, de votre! icnt confiante que vous êtes
en vt'.j .- . '•, pour nous dérober aux
flammes vengeresses et nous mener à la béatitude sans fin » ÇS).
l'iiiissons par une exhortation de Hicliard de Saint- Victor : « Attachons-nous à Marie, la Mère «le miséricorde et la porte du ciel ; nous aurons la confiance de ir«'u\«"r I.i ' ' ' ' ' ' " ' ' "«'n-
lt<T l'.U . ^ i!ut
ft> Sd, Or. «1 DtigemiU, p. 5Jo.
nan. CoiwUat.. Or. im SS. 4f«rlMfMMl. F. 0. xcjiiii.
(l) nir«rd. « S. Vktore, /a C«Jilica, c. mmmu, f. L. acvi, biS.
3C8 — lilENS ATTACnis AU CCLTS OB MARIE
donc, A M.irii*, pleine de grâce, Reine du monde et Mère de miséricorde , sauvez-nous de la ruine ; fontaine de vie, canal de pardon, hâtez-vous de venir à notre aide, lorsque la mort sera proche, afin que nous puissions nous réjouir éternellement dans votre compa2,^nie M (i). Et « pour que je ne sois pas livré aux flammes dévorantes, A Vierge, que j** ^ ''"'': par vous, au jour du jugement. — 0 Cln .u'au
sortir de ce monde j'arrive par voire mère à la palme de la >ictoire i» (2).
On lit sur ce sujet un chapitre bien instructif dans les liéudJations de sainte Brigitte. La bienheureuse Vierge y rapporte à sa fidèle servante comment s'est passé le jugement de Charles, son fils, dont la sainte pleurait la mort récente. « Or, lui dit la Vierm», ;ifin que ce qui se fit alors, en un seul instant, devant l'in-
compréhonsible majesté de Dieu soit inl' '
toi. Je luiis te /'exposer dans une suite di sous des images corporelles » (3). Déjà Marie, dans une première vision, avait dit à Brigitte de quelle manière elle avait assisté le moribond pour écarter de lui toute trace d'amour charnel, toute pensée, toute affection qui pût déplaire à Dieu ; avec quelle sollicitude elle l'av.i ' ' " -
ces des - , ,
ment, à Theure même de la mort, elle avait pris sous sa garde cette âme qui était sienne, écartant les démons qui s'élançaient pour la dévorer.
Voici maintenant le drame du jugement. La sainte «se vit transportéedansungrandet magnifique palais;
II) Id., Ibid , c. xui, 5s4*
i«| Tiré du nir$ irae.
jl) Rtvelat. S. Brigiîîae. L. rn, e. t3.
cil. IV. — PliCUCUnS MORTS ntPÉ.MTCNTS 2G()
le Christ élait assis à son tribunal, dans toute la majesté d'un empereur portant le diadème en tôte, avec une iiifinité d'ani,'cs et de saints rançé.s autour de lui comme autant de ministres. El sa très digne mère était debout près de lui, prêtant une oreille avide au jugement. Il y avait aussi devant le Juge une Ame toute tremblante, nue comme l'enfant nouvellement né; elle paraissait aveugle, en sorte qu'elle ne voyait rien (i), bien qu'elle eiU pleine conscience de tout ce qui se disait cl se faisait dans le palais. Or, un ange se tenait près de celle âme, à la droite du juge, et un démon à la gauche; mais ni l'un ni l'autre ne touchait l'âme. Et le dia!)le s'écria : Ecoutez, Juge tout-puissant. Voici la plainte que je dépose à vos pieds. Il y a une femme, qui est tout à la fois ma maîtresse et votre mère, une mère si passionnément aimée de vous, que vous lui a\cz donné puis>aiice sur le ciel, sur la terre et sur nous, dénions niiVrfiaux. Ur, cette femme m'a fait tort à l'occasion de l'âme ici présente. Je devais suivant toute justice en prendre possession dès sa sortie du corps, et la présenter dans ma compagnie devant votre tribunal. Et voici, ù juste Juge, <pje cettt femme, votre mère, m'a prévenu ; elle s'en est emparée de SOS mains, avant même «{u'elle se fût e.vhalée par la boucli<> el l'a aniciirr' vous sa pui"^''nntr tulrllc jusqu'à votre iriifi'
M Et la ^ Icic de IJicu. réplujua : Uémnn, écoute ma k, C'est i m"i plus iin'A •<•! "iril
Cf»» door t^ tromper ^jranHriTc-' t i-m^ tt" •* flrnr»^ 1^ tmr-i
«•ircmcnl bcaliltanir
LA M&nt 1>L» UgMMU
370 < • ""• — BIENS ÂTTACUiS AD CULTC OB MARIK
appartenait de présenter cette âme devant le vrai Dieu, son juçe. Car, pendant qu'elle demeurait dans son corps, elle m'aima d'un grand amour. C'était sa consolation de méditer souvent en son cœur comment Dieu a daigné faire de moi sa mère et m'élever audessus de tous les êtres créés. C'est pourquoi, tout pénétre d'une reconnaissance amoi:re:ise envers le Seigneur, il ne cessait de se dire en lui-même : Si grande est ma joie de voir Dieu, Notre Seigneur, aimer plus que toutes choses la Vierge Marie, sa mère, que je ne voudrais pas réchanger contre aucun bien créé, aucun plaisir du monde. Mieux encore : s'il était possible qu'elle déchût, même un instant, de la dignité qu'elle possède auprès de Dieu, je serais prêt, atin de lui épargner ce malheur, à subir pendant l'éternité les supplices de l'enfer. Donc, à Dieu grâces infinies, gloire éternelle pour la b«'ii ' ' 1
de grâce et l'immensité de gloire dont il a sa mère. Vois donc, 6 démon, dans quels sentiments il est mort. N'était-ce pas justice que cette âme ftll commise à ma garde avant le jugement de Dieu, plutôt que de passer en des mains prêtes à la tourmenter? (( D'accord, reprend le démon; mais s'il était juste qu'elle fût sous votre sauvegarde avant le juc^ement. ses œuvres exigent qu'elle soit mienne après la sentence ». Puis il demande ù Marie de quel droit et pour quelle cause elle l'a si efficacement protégée dans sot» dernier combat. Sur quoi lu Vierge répond encore : « Je l'ai fait en considération de l'ardent amour qu'il me portait, et de la joie que lui donnait mon privilège de Mère de Dieu. C'est pour cela que j'ai obtenu d»* mon Fils qu'il fermât tout accès aux puissances infernales auprès de cette âme qui m'était dévouée ».
Ca. IV. PÉCHEURS MORTS IXPÉ.'VITENTS 871
Vient ensuite la description des accusations portées coî' ' ' ■" * ' ! le tribunal du souverain juge, et rieuses que l'ange oppose au
démon ; réfutations qui supposent, il est vrai, beau* coup de fautes commises, mais des fautes pleurées et réparées par la pénitence, avant la mort.
Voilà donc en quel sens la bienheureuse Vierge intervient pour ses serviteurs au tribunal de Dieu : par les:' ' " leur procure. ' ! ^ntir,
gr ^ Il contre les le; et
c'est là ce que signifiait tout cet appareil symbolique SOI ' ] fut prêscnlce la scène du jugement aux rr- — .jnnés et ravis de sainte Brigitte.
Je noterai la conclusion, parce qu'elle renferme un avertissement bien salutaire. Mais, pour la comprendre, il faut se - — ' r que la plupart des grâces accordées à Ch ncnt le fruit des prières et des
pénitences de Brigitte. <r Et l'ange dit. ^ l'épouse du Christ (c'e^' " '• ' " • Soignour
ne t'a pas s ... ... . ii pour ta
consolation propre, mais encore afin que les amis de Dieu apprennent tout ce qu'il daigne faire en con.sidération «les prières, des larmes et des choses (■•• • fiantes qui lui sont offertes avec une charité pei ranle à l'intention du prochain (i). Sache aussi que
f,i t. .. "■«•Ufi p— U q|iitirMi dcMToir quelle oeiiMir* UiAoiofi^iir tii' -lioo raivast M|m1I«. . Ut» néproaré» raetmteot yMitoi
*'->'■■ i môint trm{iort!r«. en réeoaipcoM de t« <Icrr>f!dQ Mlb
•urcat I irr qa« ecU« 0| ■ }«4t«
«raelqvea , as orobablM du . *eudo>
vànfamu, rappone aant » prcorOeat eMpitrt. Des AjKtcr^fJut oal
MMiparli drÔMBUifatloa ùu >Mt } Itooia m SMf» «i tÂfoealgfmt
de IaB. ViarÇ0 Jf>iri# . «Par rÎDUrce«a!oa dâ HArîr, in« mrr*. iiui
• beaoeoup pleuré »
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cùu «M rdicte àê lourmcutf, êha {uc roua gi
372 L. X. — BIENS ATTACHL. v. „,...„ U£ MARIB
ton lils n'aurait pas obtenu celle t^rande e^râce si, dos son enfance, il n'avait pas eu la volonté d'aimer Dieu et les amis de Dieu, et de se relever de ses chutes, après être tombé dans le péché ».
dota, p. 1
l'.irlcr. 1
net m. &UVM, dtSacr. Pvtnitcnùae, D. k^,*. b, p. U>a (Vcuel., t-j^H).
iJVKi: \i