CHAPITRE PREMIER
Admirable aniversalilé du culte de la Reioedu ciel. — Mooumeots et maDifestattoDS multiples de celte universalité.
Notis avons rtiidic, dans les cliapîtres précé«l«*nts, ce que la bienheureuse Vierge a fait cl continue de faire pour n^pondre à sa qualité de Mère des hommes. H importe donc, si nous ne voulons pas laisser notri' travail incomplet, de rechercher maintenant la niiriK-re dont l«*s enfants ont reconnu la sollicitude et les bienfaits d'une si parfaite mère. Cest ce que nous allons enlr- " -, mais avec I ' lion qu<'
resterons u : emcnl audt^ i • notre i
Aussi bien, serait-ce une témérité sans excuse de prétendre épui.ser en quelques pa;^es un sujet qui, pour être traité d'une manière convenable, exi;;erail des volumes. Nous nous contenterons donc de quelques indications sommaires; heureux si des lecteurs, désireux (V ' ' • matière si féconde, se r. lent aux iis allons puiser; plus heu encore, s'il se trouvait quelqu'un d'entre eux qui
376 1 TE DES ENrAÎCT» PODR LBC» MÈRE
vouhU, par amour par Marie, condenser dans un travail suhslanliel la muUilude des ouvrages déjà composis sur les manifestations séculaires du culte des cliréliens poM'- 1 ' ^t••■'• '!•« Oumi.
I. — Une des manifestations les plus éclatantes de ce culte consiste dans l'érection d'églises et de sanctuaires dédiés j\ riionneur de Marie (i). Or, dit le Père Crasscl, en abordant cette première n^anifeslalion du culte que relise et les enfants de l'Ét. Ise ont rendu, de tout temps, à la bienheureuse Vierge, « je ferais un gros volume, si je voulais dresser la liste de tous les temples qui lui ont été bâtis par tout le monde après <n mort n <;VOn peut voir ce qu'il dit pour établir une atliiiii;iii.'ii si étonnante; voici d'ailleurs quelques chiffres qui prouveront qu'elle n'a rien d'exagéré.
Aujourd'hui même, après les ruines accumulées dans les derniers siècles, le nombre de ces éi^Mises ou sanctuaires est incalculable. Sans sortir de la France, trente cathédrales portent le vocable de Notre- Dame (3). Sur les églises paroissiales de la ville de Paris, une douzaine sont érigées sous le même titre. Il serait impossible d'énumérer les chapelles ou sanctuaires « > à Marie dans toute l'étendue de notre territoire. ' , 1 peut en donner quelque idée, c'est le nombre même des localités dont le nom renferme celui
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cn. I. — L*U!«ivsRSALrr£ de leur culte 877
de Notre-Dame. Le Dictionnaire des communes en signale expressément plus de cinquante; et ce n'est sans doute que la moindre partie de celles qu'il pouvait énumêrer, comme le prouve celte noie : « Cherchez par leur nom propre les communes qui ont le surnom de Noire-Dame, et qui ne se trouveraient point ici ». D'ailleurs, les localitt^s indiquées appartiennent à toutes nos provinces : témoignage évident de l'universalité du culte de la Mère de Dieu sur la terre de France.
Qui dira maintenant combien nombreux sont les lieux de pèlerinage portant le même titre? Pour la L(irraine seule le catalogue des sanctuaires de Notre- Dame en enregistre jusqu'à cinquante; et la proportion semble «^trr* la même pour nos autres anciennes provinces.
T' ' ijieii inlcressant, publié dans cesderiiiôres
an: , .relui qui a pour titre le Douaire de Notre' Dame{\). Il nous apprend quelle multitude d'églises, au XV* sircle, avant la réforme, étaient dédiées ù l'honneur de Marie par toute l'Angleterre. Londres, à elle seule, en avait au moins dix-huit. De plus, en celles-là même qui portaient le titre d'un autre saint, églises d'abbavfs, rtjli •■ • . ';r|igcj, p;,. ! -s, i| y
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autel de Notre-Dame, avec une messe jounialière dont b* portrait le nom i\e pnUre de Marie»
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378 L. XI. CH-TE l>fcS ENFANTS PoCr» i.i.i H MÈRK
Ançlelt'rre d'alors lenait à mériter son lilrc de Douaire de Nolrc-Dame.
Les autres parties de lachrétienté n'étaient pas moins riches en sanctuaires de la Vierge. Rome, et c'est justice, l'emportait sur toute autre ville; qu'on en juge par le temps présent, où vous n'y trouverez pas moins de cinquante églises notables, dédiées sous différents titres à la Heine du ciel. On dirait, écrit quelque part nn pieux auteur, de vraies litanies de marbre et d'or (i). Le reste de l'Italie ne le cédait pas à la capitale du monde chrétien, si l'on s'en rapporte aux chiffres que donnait, au dix-septième siècle, le P. Spinelli dans son bel ouvrage sur Marie Mère de Dieu, trône de Dieu : car il énumérait pour la seule ville de Naples cinquante-cinq églises ou chapelles considérables, érij^écs en l'honneur de Marie; et sur ce nombre onze, au moins, étaient célèbres ou par des reliques insignes ou par la splendeur des miracles (2).
He>monions-nous à des époques plus reculées, nous savons par les histoires que les églises des vingt-sept abbayes et des dix évèchés, fondés par Charlemagne,
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cil. I. — l'l'Mversalitc de leur culte 379
étaient pour la plupart consacrées à la Mère de Dieu. Saint Henri, qui mourut dans les commencements du onzième siècle, lui aurait élevé mille sanctuaires (i), et Jacques d'Ara:ron I, dit le G^nquérant, jusqu'à deux mille en acli<ui de t^riices pour ses victoires sur les Maarfsfa).
Pour parler spécialement des lieux de pèleriria^es, où l'on conservait et vénérait des images miraculeuses de Notre-Dame, VAtlans Marianus en comptait de son temps plus d'un millier dans notre Occident (exao tcnv * > (5). El ce recensement ne s'était pas fait à i I : car l'auteur, pour le dresser avec plus
d'exactitude, avait interrogé près de quatre cents religieux de son Ordre, répandus dans toutes les provinces, et c'est sur leurs données qu'il avait composé son précieux catalogue, comme il se plaît à l'affirmer luimême (3).
II. — Une autre manifestation de l'universelle dévotion pour Marie, c'est la consécration de provinces et <lf rtivaumes entiers à sa gloire. Nous avons déjà vu cxiHinient lu capitale de l'empire d'Orient l'avait reconnue pour S.1 protectrice et sa patronne. On connaît aussi le titre, si cher à la France, de Royaume de Marie,
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38o L. XI. — ci'LTt DE« CTCFAirrs pocn LEUR Mène
regnuni Galliae regnuni Marine; lilre confirmé par un acte solennel de Louis XIII, dans la première moilii^ du dix-septième siècle. L'Angleterre callioiicjue se glorifiait d'être le Douaire de Marie ; l'Irlande appelle encore Marie la Dame ou la Maîtresse de» tribus (i). La Hongrie est \aFamiiie deMarie^ Familia Mariana (2) ; le Mexicpie, la Nation de Marie (3). Un décret de la diète de i055, sous le roi Jean-Casimir, proclama la Sainte Vierge Reine de Pologne ; depuis ce temps les Polonais l'invoquent dans les Litanies comme Heine du ciel et de la Pologne, à quoi les Lithuaniens ajoutent : Duchesse de Lithuanie {l\). La Flandre se glorifie d'être le Patrimoine de la bénie Vierge (5).
Si je n'ai parlé jusqu'ici ni du Portugal ni de l'Espagne, ce n'est pas que ces deux nations se soient
(i> I of the Tribes.
'»> ! s , t XLV, p 77a.
l'iirrr: titr 1 .joot'i tulla définît. delV . tmmae. Concept., i iil,
M Ml >!..t,l«-rt. Œuvre», \. IV, p 945. TarU, 1860.
'Z, U Pèlerinage d« N.-D. de la Paix, k Ennrlière*
Pa-
: i'ieia* Mariana bntanntca^ i>y Ldmuad
.a pkiiic f'OssosiOU d ulc Icrrc ou cil-' fut
cil. I. — L'UÏIIVEnSALITB DB LEUR CUI.TK ^Sl
moins consacrées à Marie. Personne n'ignore la coutume si répaiulue dans l'un el l'autre pays de prendre ail ' * lie les noms des principaux mystères de la ^ I ' <• qui n'est pas moins remarquable, c'est que
dans le Nouveau Monde, où la civilisation chrétienne fut d'abord portée par ces deux peuples, leur piété envers Marie aimait à donner aux établissements fondés par eux les noms de ces mystères. Que l'on jette les yeux sur une carte de l'Amérique du Sud, elle apparaîtra comme la table d'un livre d'I/eiires de la Vierge. De toutes parts, on y trouve des Conceptions, des Nativités, des Assomptions, des Dolorès, des Lorelto, el d'autres appellations semblables (i).
Les colonies protestantes ont prévalu dans r.\mérique du Nord; mais, là où les catholiques furent les premiers ik se fixer sur un sol qui ne portait encore aucun nom connu, ils lui imposèrent celui de Marie: témuin le Marylund de lortl Hallimore; témoin la Ville-Marie du Canada (a), les Montagnes de Notre- Dainf, etc.
J'ai signalé plus haut, comme une preuve de l'universalité du culte de Marie, le grand nombre des localités qui portent, en France, le nom de Notre-Dame. En montant vers les pays du Nord, on retrouve un phénomène semblable. l\ien de plus commun (]ue de voir le nom de .Marie entrer dans les dénominations d< ' ' -* abbayes, y' -h de villes et «le boiir-
g.i 1 is sont, par • v , , dans ranciciinc .Mlc-
magne, Marienfeld, Marienstern, Marienthal, Marienvrild, Marienzell, c'est-A-dire, Champ de Marie, Étoile
i. . p. SI )
trral, l.>f« ilr va f
38a L. XI. CULTE DES £XPXXrS POUR LEUR MÈRE
de Marie, Val de Marie, Forêt de Marie, Cellule de Marie ; tels encore, pour la Prusse, Marienberg, Mariwilniri,', Marienwerder, Montaçne, Forleresse ou Prairie de Marie. Le Daneinarck, la Suède et la Norvège vous offriraient des noms du môme genre. Et qu'est-ce que cela signifie, sinon la reconnaissance universelle de la royauté de Marie sur les terres soumises À Jésus, son Fils?
L'universalité du culte de Marie, universalité dans l'espace et dans le temps, se révèle aussi dans la multitude toujours croissante des fêles cèlél>rées dans toute l'Église en son honneur; et plus encore peut-être par le nombre presque infini des solennités locales et particulières. Je n'en dirai pas davantage sur ce sujet, parce qu'il en a été question déjà dans les pages antérieures à celles-ci (i).
III. — Une autre universalité non moins admirable est celle des serviteurs de la bienheureuse Vierge. On a fait des livres rien que pour consacrer une courte notice aux plus célèbres. La Somme dor^ Summa aurea, publiée par l'abbé Migne, a réuni ces notices sous le titre général de Famille de Marie (a). Elles ïit l'œuvre d'un clerc réiîulier,le Père HippolyteMa- < ' i, et formaient chez lui la matière d'une dizaine de volumes. On y voit comme autant de groupes, les - !\ crains Pontifes, les Cardinaux, les L les
i-.iijjcreurs, les Rois, les Princes, les Fou > de
religions^ les Héroïnes, les Lis ^c'est-à-dire les Vier-
(i) II* pulic. L. TU, e. 9. Voir l'oatTa{(« intitule Fasti Mariatù... Anctore Fr. G. Ilolweck (Friburr» Mn •.li.p, if^.i (i) Sammaaurea.K. X et XI.