‹ La Mère de Dieu et la mère des hommes (volume 4)Chapitre 84 sur 119 · L.. :.„ ^ -^^ BNVANTS POUR LEUR JlèRE · texte numérisé non relu

L.. :.„ ^ -^^ BNVANTS POUR LEUR JlèRE

Libère a sii*-^ ^ ■- le trône pontifical vers le milieu du IV* siècle ( , nous aurions, pour celle époque,

une éi^Wse expresst^ment érigée par un souverain Pontife à 1 lir)nneur de la Sainte Vierge. Kncore Benoît XIV est-il d'avis que la basilique de Libère ne fut pas la prentière de ses ét^lises bâties dans la capitale du monde romain. « Les archéologues, écriuil au même endroit des œuvres (i), font mention de quelques autres églises également dédiées, à Rome, sous le vocable de la très Sainte Mère, antérieurement à la dédicace de la basilique de Sainte-Marie-aux-Ncii;es. Pour nous il nous suffit de pouvoir soutenir (ju'avaui la dédicace de celte dernière église le pape Calliste avait déjà consacré, au delà du Tibre, une ét,'lise à la M.' ]•' Tïî.-ii .. , •. , riiL.Î ,ii|'!I ..fi «,.it .1,. ii'ii.' .liT-

diicasMon $ur r«ulhcnticit^ du fait dans le De Fatiê B. Mariât VirgiittM. c. 7. II. (*), sqc].

(v <u» le Liber PontiflealÎM : a Calialiu, oaliooe Homanuf...

Hi, . . . ...... .... .- . . .,,

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U. .us le nom de

eu. IV. — A.\TiQuné rr dbvsloppeme.nt 4C7

nière conjecture, nous sommes bien loin des opinions qui font dater seulement de la seconde moitié du V* si<'>cle, soit la *" ' ' n des églises érigées sous le vocable de la tii- \'icrge, soit le culte de prière

et de louange que lui rendent les chrétiens.

On ne sauntit dire ii quelle époque précise apparurent en Orient les églises et les basiliques de la bienheureuse Vierçe. Ce que nous savons d'une manière po.sitive, c'est qu'Kphèse, avant môme que Neslorius ,>.\. .0 ,qu,c la niaternilé divine, possr'dait sa (g^rande • de la Mère de Dieu. Ce fait, que nous ignorerions sans une lettre de saint Cyrille, nous mènef ' ' " nl à présumer (piécette basilique

! , . encore (pu- les hiNi(iir«'s n'en si-

gnaleraient aucune autre.

lotissons à d'autres le suin d'examiner deux faits qui, s'il» étaient démontrés, conlribucraietil i^^randemcht à mettre en évidence l'antiquité du culte laudulif et déprécatit de la Mère de Dieu. Le premier serait rérertimi faite au Carmel d'un sanctuaire  la ^' «lu xiNaiil iiit'iiie de celte divine mère. Le ,

peut-être moins sujet à controverse, est l'acte du premier eriip-reur rhrétien dédiant Constantint)ple au hiiii des martyrs (1) et la mettant sous la protection sp'iiale de la Sainte Vierge. C'est ce que rapportent les deux historiens grecs, Zonuras etOrdrenus. Il est,. «lu nu»iii«;. alisnlurm'Tit certain qi? " ' n> les siècles .siii^iiiN, la >.mi!. \ i*i ^c était > • •niuie Id pa-

. t'ita tioimi«mtnn, l. lu 0. 47-

Iroiiiir cl la protectrice de la ville (i), sans qu'on puisse indiquer, postérieurement à Constnntin, la date de celte consécration.

Arrêtons-nous dans ces rccherclics. Aussi bien, que faudrait-il de plus pour établir de la manière la plus incontestable la préexistence du culte de la bienheureuse Vierge aux controverses nestoricnnes? Oui, dès le quatrième siècle, Marie était universellement honorée et priée par les chrétiens, objet de vénération, d'espérance cl d'amour. Tout le démontre, les sanctuaires, les fêtes reliig'ieuses, les écrits <' et ceux-là même qui furent attribués à cettr , , bien que l'origine en soil plus rapprochée. Et ce culte ne nous apparaît pas alors comme une nouveauté : car, aussi loin que nous puissions porter les veux dans les âges qui précèdent, autant qu'il nous est permis de soulever les voiles sous lesquels la vie chrétienne était alm ' '••, Marie se révèle à r

comme elle se mai< > plus tard, la plus li

la plus sainte des créatures^ médiatrice entre les hommes cl Dieu. Il en est de son culte comme de toutes les autres grandes institutions chrétiennes. Ce qui va se développant à travers les âges existait dès la première origine. Non novOy sed noue. C'est l'arbre qui "l; c'est le fleuve qui élargit ses bords et creij i; mais l'arbre et le fleuve partent l'un «l l'autre des commencements, a prtncipio.

«Juclle joie pour nous, chrétiens du vin '-*,

de nous rencontrer aux pieds de notre rc

avec toute la grande famille de Dieu, qui est aussi la

(0 Cf. TiliciDool, Uitl. d<* Emperears. Constantin, «. 67 ; Barooiu*, ann. 33o, | 4'

— ANTIQUITÉ ET DliVELOPPEllE?IT liÙ^f

sienne, je veux dire, en compas^nie des fidèles de tous les pavs et de tous les dges; et combien vive sera notre confiance d'être exaucés par elle, si nous pensons à tant tlo ir»''nirali'»ns successives qui ne l'ont jamais invoqui-e sans recevoir avec plénituile, par sa maternelle intercession, grâce, secours et bienfaits.

IV. — Je ne le nierai pas, la dévotion à Marie, encore qu'elle ne tire pas son oris^ine du concile d'Éphèse, prit, à partir de cette époque, un plus splendide dévelo{> ' ' I indiquer plusii'urs causes.

1 , ii-e sur r«'lal du cjirislianisme

dans le monde. Tant que l'idolâtrie n'était pas vaincue; quand les chrétiens vivaient plus ou moins noyés dans une masse païenne, le culte de la Sainte Vierçc devait carder plus de réserve, demeurer plus contenu. Il y aurait eu péril à lui prodi^er trop ostensiblement 1' ' ' ' ' • ' 1 rend di|Çne, cl i- <• (I;ir les ennemis de la foi auraient trouvé dans les manif«'siaii>>iis trop publiques du culte une occasion de retourner ronlre les chrétiens l'accusation d'iduldtrie. Ils n'auraient pas su ui voulu dislini^ucr la Mère du Trai Dieu de ces déesses, mères des faux dieux, que le pairanisme adorait. Oui sait" !* -• *•- -^ Irg n»tij\»aux convertis, a peine dri ns qui les avaient si longtemps enchaînés. auraient*ils pris scandale des I ' -i rendus^ Marie.. Mais, a , . - :. ..^erde ce genre s'était évanoui. Le culte de la Vierge Mère, culte de louanges et culte de prière, n'avait plus à

craindre d'être dénaturé; il pouvait*;'- 'lirà l'aise,

en plein soleil, et les chrétiens nctt i i>lus ricu

— LE cti.iK lif* t.^^A^T-1 roi k i.ki ii mi.uk

qui dùl comprimer leurs élans. Voilà pourquoi les hommages de vènéralion cl d'amour envers Marie nous apparaissent plus nombreux, à mesure que l'ère des persécutions disparait dans le lointain des années. C'est la pensée de Thomassin, dans son traité de la Ctlébration des fêtes ( i )

Mais il est une autre cause plus profonde encore et plus vraie. C'est comme une loi di\ • tout, au

sein de TÉi^lise, pour se déployer l.i il et vivre

<l'une vie plus intense et plus universelle, a besoin de passer par la contradiction. Si l'Lvangile a pris si rapidement possession du monde, c'est que le sang des martyrs a été une semence de chrétiens ; c'est (jue le vent furieux des persécutions, au lieu de l'éteindre, l'a j»romciié de province en province et de rivajçe en rivaije pour tout embraser.

I^ plupart de nos dogmes, pour trouver leur formule claire, nette et précise, ont dû subir lesattatpies <le riiérésie qui s'cITorçait «l'en corrompre la substance. Ainsi les grandes définitions de Nicée, d'Eplièse, de Chalcédoine et tant d'autres, ont été déterminées et pp'i lar les erreurs d'Arius, de Ncstorius, d'Eu-

lyci -s autres grands novateurs venus après eux.

Il a fallu, dans le champ de la morale chrétienne, la corruption du monde romain et I' (esques !>

sions des barbares, se ruant de l- .. :..- sur i'eni, .. , pour hâter et mûrir les moissons de la vie religieuse qui furent l'honneur du cinquième siècle et des suivants. Plus tard, quand de nouveaux" barbares eurent amoncelé partout les ruines, du terrain comme déblayé et nivelé par eux surgirent par milliers les

/Il Tboma&vin . I. ii, r. sn, S lo.

cil. IV. ANTIQUITÉ ET DÉVELOPPEMENT A?'

cathédrales et les abbayes, monuments impérissables de la renaissance religieuse au moyen âge. Ou ne finirait pas, si Ton voulait rappeler toutes les applirations de celte loi. Voici, comme dernier exemple, l'hérésie de Jansénius, qui travaille à détruire dans l'âme des chrétiens toute confiance filiale envers la miséricordieuse bonté du Sauveur Jésus. C'est le prélude d'une manifestation nouvelle et plus pressante de celle même bonté, de celte môme miséricorde. Le Coeur de Jésus se révèle aux hommes avec toutes les effusions de son amour, comme il ne l'avait pas fuit jusqu'à l'apparition des doctrines désespérantes du Jaii ; et plus l'enfer a redoublé d'efforts pour

arru^ ; s âmes l'amour cl la confiance, plus aussi

Dieu, par une revanche digne de lui. les attire entre ses bras et sur son cœur a avec des liens d'humanité, avec des chaînes d'amour » (i).

Telle fut, dis-jc, la prinripalc raison de l'épanouissement plus complet du culte de la Sainte Vierge, à dai ' ' •■••'■ \ vrai dire, Nf fut, à

sa I , -, , leur de ce m ut. Il

avait jeté comme un défi à la famille chrétienne, en Miitrai^fant l'honneur de sa mère ; et la famille rlirétienne ré(>ondil à ses provocations par un redoublement de louanges, de vénération, d'hommages, de

prières eld'amour. Le fleuve de dévotion envers Marte

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