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CHAPITRE IV

Le fondement des grandeurs de la Mère de Dieu : ses relations avec le Père dont elle est l'associée dans la génération du Verbe l'ait chair, et la Fille.

On ne connaîtrait pas complètement la grandeur de la Mère de Dieu, si l'on s'arrêtait à ses relations avec la personne du Fils. Ces relations elles-mêmes, pour briller de tout leur éclat, doivent être rapprochées des rapports que sa maternité divine établit entre cette très sainte Vierge et les deux autres personnes.

I. — Parlons en premier lieu des relations avec le Père. La principale et la plus glorieuse pour Marie, c'est que « Dieu, par un conseil admirable, ayant jugé à propos que la Vierge engendrât dans le temps celui qu'il engendre perpétuellement dans l'éternité, il Ta par ce moyen associée en quelque façon à sa génération éternelle.

«C'est l'associer à sa génération que de la faire mère d'un même Fils avec lui... Après cela, ô Marie, quand j'aurais l'esprit d'un ange, et de la plus sublime hiérarchie, mes conceptions seraient trop ravalées pour comprendre 1 union très parfaite du Père avec vous. Dieu a tant aimé le monde, dit notre Sauveur, qu'il lui a donné son Fils unique ( i). Et, en effet,.

[i] Jjan., ni, G.

comme remarque l'Apôtre, nous donnant son Fils, ne nous a-t-il pas donné toutes sortes de biens avec lui (i)? Que s'il nous a fait paraître une affection si sincère, parce qu'il nous Ta donné comme maître et comme Sauveur, l'amour ineffable qu'il avait pour nous lui a fait concevoir bien d'autres desseins en notre faveur. Il a ordonné qu'il fût à nous en la même qualité qu'il lui appartient; et pour établir avec vous une société éternelle, il a voulu que vous fussiez la mère de son Fils unique, et être le Père du vôtre. 0 prodige! ô abîme de charité! quel esprit ne se perdrait pas dans la considération de ces complaisances incompréhensibles qu'il a eues pour vous, depuis que vous lui touchez de si près par ce commun Fils, le nœud inviolable de votre sainte alliance, le gage de vos affections mutuelles, que vous vous êtes donné amoureusement l'un à l'autre, lui, plein d'une divinité impassible, vous, revêtu pour lui obéir d'une chair mortelle » (2).

Après ces grandes et fortes paroles il n'y a qu'à se taire, dans l'impossibilité d'y rien ajouter. Mais avouons pourtant qu'elles sont loin de rendre la sublimité de cette mystérieuse union qui, en Jésus- Christ et par Jésus-Christ, noue la Vierge Mère au Père de son propre fils. En effet, quel plus grand sujet d'admiration, et tout à la fois quelle ineffable dignité pour Marie, de partager avec Dieu la génération de son Fils ? Dois-je la chercher encore parmi les créatures, cette femme que Jésus-Christ, le Dieu fait homme, appelle ma Mère, de la même bouche, avec

(1) Rom., vin, 32.

(2) Bossuet, 2e sermon pour le vendredi de la sem, de la Pass., sur la Çompass. de la S. V. ier point.

CH. IV. RELATIONS AVEC LE PERE I (j I

la même vérité, qu'il dit à Dieu, mon Père? cette femme qui, par la plus inénarrable des merveilles, engendra celui qui est dans le sein du Père, en même temps que le Père l'engendrait lui-même dans son sein virginal?

Qu'on me permette de signaler ici l'interprétation donnée par quelques-uns des Pères à ces deux versets des Psaumes : « Le Seigneur m'a dit : vous êtes mon Fils; je vous ai engendré aujourd'hui » (i). « Le Seig-neur a dit à mon Seigneur... Je vous ai engendré avant l'étoile du matin » (2). S. Hilaire, S. Ambroise, Tertullien, S. Cyrille, Origène et S. Athanase appliquent ou les deux textes ou l'un d'eux, au moins, à la naissance temporelle du Verbe de Dieu. L'adverbe hodie n'est plus l'éternel aujourd'hui , mais F aujourd'hui du temps; ni le sein dans lequel le Verbe est engendré, le sein du Père, mais celui de la bienheureuse Vierge. Je n'oserais dire que l'interprétation répond de tous points à la signification du texte (3); ce que j'affirme, c'est qu'elle n'exprime rien que de vrai, rien qui ne prouve combien intime est l'alliance entre Dieu, le Père du Sauveur, et Marie sa Mère.

Oui, le Père engendrait son Fils au moment même où le Fils se revêtait de notre nature, et il l'engendrait dans le sein de la Vierge; et dans un sens très vrai, à partir de ce moment, le terme de sa génération paternelle n'est plus seulement un Dieu, mais un homme, le fils de Marie. Que faut-il, en effet, pour réaliser la

(1) Psalm., 11, 7.

p) Psalm., cix, 3.

Ce texle est lu diversement. Je choisis la leçon de la Vulgate, puisque c'est à elle que se rapportent les interprétations dont j'ai à parler.

(3) Les mêmes Pères, en d'autres endroits, se sont rangés à l'explication qui entend ces passages de la génération éternelle. Voir, comme exemple, Tertullien, ç, Praœeam, c. 7 et 11.

vérité de ces expressions? Deux choses : Que le Père engendre toujours son Verbe, et que ce Verbe, qui jusque-là n'était que Dieu, devienne alors et dans le sein de Marie un Dieu-homme. Or, de ces deux conditions l'une et l'autre sont un dogme de foi.

C'est chose évidente pour la seconde. Nier la première serait oublier qu'il n'en est pas de la génération divine comme des générations humaines. Dans cellesci l'acte qui produit le nouvel être est successif, etcesse d'être une fois son terme formé. Tel n'est pas l'acte générateur du Père. Cet engendrer n'admet pas de succession, parce qu'il est éternellement parfait; il ne connaît pas de fin, parce que rien en Dieu ne passe. Et voilà pourquoi la conception et la naissance sont tout un pour le Verbe de Dieu; pourquoi ce Fils bienaimé du Père, encore qu'il soit distinct du Père et parfait comme lui, ne quitte jamais le sein du Père (r). Donc, le Père engendre son Fils, alors que celui-ci devient le fils de la Vierge; il l'engendre dans le sein de Ja Vierge, puisqu'il l'engendre partout où sont présents le Père et son Verbe.

Mais pour quelle raison spéciale les Pères ont-ils fait du sein de Marie comme le sanctuaire où s'accomplit la génération paternelle, puisque celle-ci n'admet pas plus les bornes de l'espace que celles du temps? Celle raison, je l'ai déjà signalée. C'est que le mystère qui s'opère dans les entrailles de Marie fait que le Pèie, après avoir éternellement engendré un Dieu, engendre maintenant et pour la première fois, si j'ose ainsi dire, un Homme-Dieu.

Je me rappelle avoir lu dans un ouvrage, recomman-

(1) Verbam Dei si/nul concipiiur, parturilur et adest {Palri), dit S. Thomas expliquant ce mystère, c. Cent. L. îv, c. 11 vers. fia.

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dable à plus d'un titre, que la bienheureuse Vierge, associée à Dieu le Père pour engendrer son Verbe dans l'Incarnation, ne cesse pas, depuis ce moment,, de lui demeurer toujours unie, comme aide et comme épouse, pour la génération de ce même Verbe. Ce langage est équivoque, et, faute d'une interprétation saine, il pourrait, au lieu d'honorer Marie, fausser les vraies notions qui font sa gloire. La vérité est qu'à partir de l'Incarnation le Père engendre un Fils qui est homme, mais il ne l'engendre pas comme homme; je veux dire que ce n'est pas en vertu de la fécondité paternelle que ce Fils devient homme. Marie, dans la même Incarnation du Verbe, conçoit temporellement un fils qui est Dieu, mais elle ne le conçoit pas comme Dieu; en d'autres termes, elle ne concourt aucunement, en qualité de mère, à lui communiquer sa nature divine. Il y a deux actes d'engendrer absolument distincts : l'un du Père et toujours actuel, en vertu duquel Jésus-Christ est Dieu de Dieu; l'autre de la Vierg-e et transitoire, en vertu duquel Jésus-Christ est homme.

Si donc, à partir de l'Incarnation, Dieu le Père est père de l'homme, et Marie, mère de Dieu, ce n'est pas que le Père, en tantquepère, donne à son Verbe d'être homme; ni que la Vierge, en tant que mère, donne au même Verbe d'être Dieu; c'est que celui qu'engendrent et le Père dans sa nature divine, et Marie dans sa nature humaine, est à la fois Dieu et homme, sans division, ni mélange. Leur fruit est le même, Dieu et homme pour l'un comme pour l'autre : mais Dieu, parce qu'il est par génération de Dieu; homme, parce qu'il est par génération de l'homme, c'est-à-dire de Marie.

On peut dire avec le cardinal de Bérulle que la Vierge

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ig4 L- u- — GRANDEUR DE LA MATERNITE DIVINE

est la mère par indivis de celui dont Dieu est éternellement le Père, et qu'ils ont à eux deux un seul et même Fils; mais ce qui exclut la distinction dans la personne engendrée la laisse subsister tout entière clans les principes et dans les termes formels de la génération. Disons toutefois, non seulement que la maternité de Marie est une participation de la paternité de Dieu, mais qu'elle lui est étroitement associée : car il faut essentiellement l'union de l'une avec l'autre pour faire naître non pas un Dieu, non pas un homme, mais un Jésus-Christ, un Homme-Dieu, tout à la fois fils de l'homme et Fils de Dieu. Association qui rehausse au delà de toutes nos faibles conceptions la dignité de cette divine mère.

II. — A côté d'une affinité si honorable pour elle, il est une autre relation bien chère à son cœur; c'est la qualité de Fille du Père, ou de Fille de Dieu. La bienheureuse Vierge est la Fille du Père, sajille premièrenée, sa fille unique, comme Jésus est son Fils unique; unigenita, unigenitus. Et ces titres ne lui sont pas donnés comme en passant, dans quelque rare occasion, par tel ou tel auteur de peu d'autorité. Non, ils se retrouvent partout, à toute époque, et dans toute région. Chez les Grecs surtout, ils reviennent avec une telle insistance que ce nom de Fille de Dieu paraît être pour eux, comme celui de la Toute-Sainte et de la Toujours- Vierge (Ilava^a, 'Aewcapôévo^jUn des noms propres et distinctifs de Marie. Mais il nous faut apporter des exemples et rendre tout à la fois la raison vraie de cette appellation.

Marie est la Fille de Dieu. « Lorsque la Vierge immaculée, ditsaintTaraise, la Fille de Dieu, fut née des

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deux justes Joachim et Anne, celle-ci s'écria : « Levezvous, ô vierges qui portez des lampes, et précédez la Vierge immaculée, la fille de Dieu qui entre au Temple » (i). Le moine Jacques, dans son discours sur la Nativité de la Mère de Dieu, donne à Marie le même titre. « De même, dit-il, que l'Enfant nouveauné surpasse ce qu'il y a de plus haut, si vous exceptez le Créateur; ainsi, le père et la mère dont il a reçu le jour surpassent-ils, à cause de lui, tous les autres parents. C'est pourquoi Anne, après avoir enfanté la Jille de Dieu, convoque les tribus : Venez, dit-elle, et prenez part à ma joie... » (2). Qu'est-ce que la Vierge ? « Une fille chère à Dieu, une fille digne de Dieu, » répond saint Jean Damascène (3). Sophrone de Jérusalem demande une langue plus éloquente que toute langue humaine pour célébrer les louanges de la Vierge : « Car aucune bouche humaine, fille de Dieu, n'est capable de chanter dignement votre naissance » (4). Enfin, pour ne pas multiplier les textes à l'excès, rappelons ce titre « de Fille de la Vie » donné dans la lettre contre Paul de Samosate, « à la mère du Verbe vivant, devenu créature » (5).

Or ce nom n'était ni moins connu, ni moins célébré dans l'Eglise latine. Pour s'en convaincre, il suffit

(i) S. Taras., Hom. in SS, Deip. praesentat., n. 7. P. G. xcxvin

(2) Jacob. Mon., Orat. in Isanv. SS. Zeigar., n. l\, sq. P. G. cxxvn, r>/3. Ces paroles sont une allusion aux circonstances de la Nativité de Marie, racontées par les Apocryphes.

(3) S. J. Damasc, Hom. 1, in Natiu. D. V. M., n. 7. P. G. xcxvi,

(4) Anacreont., 1, in Deip. Annunc. vers. 5-9, apud Mai Spicil. Roman, iv, p. 49«

(5) V. L. c. ', r, p. G. Qu'on lise le P.Pas=aglia dans son ouvrage de Iinmaculato Deip. V. Concept u, et l'on verra quel usage ont fait les Grecs de cette expression dans leurs discours et dans leurs livres liturgiques. Cf. Sect. 6, a. 5, n. 1 334, sq., etn. 1342, i343.

de lire les recueils des hymnes du moyen âge (i), où on le retrouve presque à chaque instant, sous toutes les formes (2).

Marie est, non pas une fille, mais la fille de Dieu, la digne fille de Dieu, la fille chère entre toutes. C'est déjà pour elle un titre qui la met hors de pair entre les enfants adoptifs de Dieu.

La sainte Eglise ne se contente pas de lui donner; il faut encore qu'elle la nomme la seule fille de Dieu, comme elle l'a nommée la seule épouse de Jésus- Christ, la seule Vierge, la seule immaculée; la fille unique, la première-née du Père. La fille Unique : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, bénie comme la fille unique, vous qui avez enfanté l'LTnique » (3). Ainsi parle un des Pères de Chalcédoine. S. Jean Damascènc auquel il faut toujours revenir quand on glorifie la Vierge, chantait plus tard dans ses hymnes : « Le Christ, en sa qualité de Fils de la Fille unique, reçut aux cieux l'inestimable trésor de la Virginité maternelle » (4). La première-née. Le même Saint avait écrit déjà que, dans la conceptionde Marie,

(1) Mone., Hymni latini Medii aevi. I, pp. 57-59, 62, 66, 2/49, etc. Dans ces hymnes on trouve parfois que Marie est appelée la mère et la fille de son fils. » Tu virga Jessc — mater esse — meruisti Régis et filia. » il, n. 365, de B. M. V.

(2) Il a passé même dans nos vieux Cantiques. On lit dans les Heures à l'usage de Langres : (Adalbert. Daniel. Thesaur. hijmnol. my p. 181. Lipsiae, 1846.)

Marie, Dame toute belle.

En qui toute grâce abonde, Fille de Dieu, Mère et ancelle, Reine du ciel, Dame du monde, Tu es le ruisseau d'où partit l'onde Qui le péché de Adam lava.

Je te salue pure el monde, En disant : Ave Maria.

(3) AntipaterBostrens.,m Luc. 1, n. il\. P. G.lxxxv, 1785. S. Josej h. un des hymnographes les plus célèbres de l'Orient, l'appelle, dans le même sens, « la seule fille de Dieu » Anthol. die j5 aug. Od. 9.

(4) Damasc, apud Nicçd., in Heortodrom., p 661 (Ex. Passagha).

la nature n'avait pas osé prévenir la grâce : « car le germe à former était la première-née du Père, celle de qui naîtrait le Premier-né des créatures, sur qui tout repose >> (i).

Méditons des titres si magnifiques. Etre fille de Dieu par adoption, c'est pour la créature une grandeur au-dessus de toute grandeur humaine. Car cette filiation, bien qu'elle soit infiniment au-dessous de la filiation naturelle du Verbe, comporte, pour qui la possède, une participation très réelle de la nature divine. Par elle, une âme est transformée jusque dans ses profondeurs, refaite à l'image de Dieu, divinisée (2). C'est pourquoi lepape saint Léon le Grand n'a pas craint d'écrire ces lignes : « Le don qui dépasse tous les dons, c'est que Dieu appelle l'homme son fils, et que l'homme appelle Dieu son père » (3). Mais que la bienheureuse Vierge, grâce à son titre de mère, l'emporte sur tous les autres enfants d'adoption !

Les expressions par lesquelles nos Saints Livres distinguent la filiation du Fils de Dieu suivant la nature, de la filiation d'adoption et de grâce, sont les termes mêmes qu'emploient les Pères et les Docteurs pour signifier la filiation de Marie. Il est le Fils de Dieu par excellence; elle est la Fille de Dieu. Il est le seul Fils, le Fils unique, solus Jllius, Unigenitus ; elle est la seule fille, l'unique, sola filia, iinigenita. Il est le Fils éternel du Père ; elle est la fille perpé-

(1) S. J. Damasc, hom. i, in Xativ. B. V. M.,'n. 2. P. G. xcxvi» Cf. Georg. Nicomed., or. 2, in Concept. S.Annoe, apud Combef. Auctar. 1, p. io38.

(a) Il faudrait un livre entier pour décrire, même imparfaitement, l'excellence de l'adoption divine. Voir nos deux volumes sur la Grâce et la Gloire.

(3) S. Léo, serm. 26. In Nativ. Dom. 8, 4- P. L. liv, 214.

'lf)8 L. II. — GRANDEUR DE LA MATERNITE DIVINE

tuelle de Dieu (i). Il est le premier-né, primogenifus, elle est après lui la première-née, primogenita. Est-ce donc qu'ils la mettent sur le même rang que le Fils éternel de Dieu et prétendent lui allouer l'attribut incommunicable qui creuse un abîme entre les fils adoptifs et le Fils par nature? A Dieu ne plaise. Ce serait blasphème et folie; tout ce qu'elle est, elle l'est, non par nature, mais par un privilège souverainement gratuit.

Mais si la filiation de Marie repose, comme la nôtre, sur le fond commun de la grâce, elle a ses prérogatives qui l'en distinguent et la portent dans un ordre supérieur. Nous aurons l'occasion de les étudier plus à fond dans le cours de cet ouvrage. Contentonsnous de les indiquer en quelques mots, afin de mieux concevoir à quel point elles se rattachent à la maternité divine, et comment elles en relèvent l'excellence. La grâce de Marie, c'est-à-dire la participation de la nature divine, base et principe de sa filiation adoptive, prime toute autre grâce, non seulement quant au degré, mais encore quant à la durée, puisque cette grâce lui fut originelle. Si toute âme sainte est fille de Dieu, parce que le Fils se l'est associée comme épouse, il faut bien que Marie soit plus excellemment fille, puisqu'elle est plus étroitement et plus indissolublement épouse. Et c'est là ce qui légitime ces titres de fille unique, de seule fille de Dieu.

Première-née, elle l'est encore : car c'est elle qui s'offrit la première à Dieu quand, dans ses éternels conseils, il décida de se former des enfants d'adoption

(i) Perpétuelle parce que, de toute éternité, Dieu se complut en elle comme dans sa fille ; mais surtout parce que, grâce à sa conception sans tache, elle a toujours été la fille de Dieu.

sur Ij modèle de son Verbe incarné; elle aussi, qui, dans le temps, exerce auprès de ces fils le rôle et les fonctions de rainée; elle enfin que le Père a libéralement enrichie de tous les privilèges attribués clans l'Ecriture au premier-né de la famille. Or, toutes ces grâces, toutes ces prérogatives appartiennent à Marie, parce qu'elle est Mère de Dieu. Donc les relations de la bienheureuse Vierge avec le Père sont la plus insigne glorification de sa divine maternité. Nous n'en dirons pas moins de ses rapports avec le Saint-Esprit, pour peu que nous en ayons l'intelligence.

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