‹ La Mère de Dieu et la mère des hommesChapitre 44 sur 78 · CH. Y. — RELATIONS AVEC LE SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

CH. Y. — RELATIONS AVEC LE SAINT-ESPRIT

quelle il vous fut autrefois soumis, et vous reconnaît encore éternellement comme sa très fidèle, très illustre et tout aimée Mère. Votre dignité, votre sainteté, votre gloire, ô notre Dame et Souveraine, surpassent notre compréhension ; nous ne sommes ni dignes de vous contempler, ni capables de vous offrir un hommage égal à votre mérite.

« Si nous voulons nous former quelque faible idée de Dieu, pendant cette vie mortelle, il nous faut rechercher tout ce qu'il y a de beau, de grand et de bon dans ses créatures, et l'attribuer suréminemment à Dieu, mais après en avoir retranché toute imperfection. Ainsi pour vous concevoir, ô très douce Marie, nous considérons tout ce qu'il y a deperfection, d'excellence et de sainteté dans les autres femmes, et no:is l'affirmons de vous, mais dans un degré très supérieur, mais en retranchant toute défectuosité, toute bassesse et toute imperfection » (i).

Le lecteur a sans doute remarqué comment Denys le Chartreux se complaît dans des expressions hyperboliques, impossibles à rendre littéralement dans notre langue. Tels sont les mots: superamabilissima, superarnantissima, super dignissima, praevenerand iss ima , et autres du même genre. Il les a reçues de son homonyme, Denys l'Aréopagite, pour lequel il avait un culte singulier d'imitation. Peut-être le procédé n'est-il pas littéraire; mais, à coup sûr, rien ne prouve mieux les hautes pensées que cet illustre théologien et ce grand mystique avait conçues de l'excellence et des prérogatives de la Mère de Dieu.

(ij Dionys. Carth., De lande viiae solit. a. 29. Cf. L. 11, de Yl'.aet fine solitarii, a. 7; it., de Laudib. Yirg . L. 1, a. 4.

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Nous devrons plus tard revenir sur ces dernières idées. Mais nous ne pouvions les passer tout à fait sous silence, en parlant des rapports de la Vierge avec chacune des divines personnes, à moins de séparer ce qui est si naturellement uni.

Avant de quitter cette matière, signalons au moins deux conséquences qui s'en dégagent. Première conséquence : la maternité divine appartient non seulement à l'ordre commun de la grâce, mais à l'ordre hypostatique : car elle a sa place de choix, une place indispensable dans la constitution même du mystère du Dieu fait homme. L'ordre de l'union hypostatique, c'est la nature divine et la nature humaine, unies substantiellement l'une à l'autre dans la personne du Verbe. Or, nous avons vu comment Marie concourt à cette union; quelle intimité de rapports existe entre elle et le Fils éternel du Père. « Le Christ, même en tant qu'il est homme, dépasse tout l'ordre de la nature créée... Or le degré de la mère doit être proportionnel à la posi • tion du Fils : car il y a une liaison si étroite entre la maternité divine et l'œuvre de l'Incarnation que celleci ne pouvait être sans celle-là » (i).

Deuxième conséquence : les plus hauts privilèges de Marie sortent de sa maternité comme de leur source; car toutes les relations avec les personnes divines qui la font si excellente et si grande, en découlent. C'est ce que nous venons de voir, et ce qui paraîtra plus clairement encore dans les pages qui vont suivre.

(i) S. Bernard Sen., Serm. 3, de Glorioso nom. Mariae,*. 2, c. 1. Opp. iv, p. 82.

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