‹ La Mère de Dieu et la mère des hommesChapitre 52 sur 78 · CH. 111. — LE TITRE DE DISPOSITION · texte numérisé non relu

CH. 111. — LE TITRE DE DISPOSITION

la plénitude des temps, on dirait que la Trinité tout entière, Père, Fils et Saint-Esprit, semble n'avoir de sagesse, de puissance et de bonté que pour achever un si bel ouvrage.

« Tous étaient voués à la mort; mais Dieu, touché de miséricorde, n'a pas voulu que l'homme, formé de ses mains, retombât dans le néant d'où il l'avait tiré. C'est pourquoi il a créé un ciel nouveau, une terre nouvelle, où, descendu par un conseil de bonté pour réformer la famille humaine, il habiterait, lui que rien ne peut contenir. Et ce ciel et cette terre, c'est la bienheureuse et mille fois bénie Vierge Marie... Oh! qu'il est splendide le palais royal préparé pour le Roi universel... Que ce monde est magnifique! L'étonnante création ! de quelles plantes de vertu n'est-elle pas ornée... Digne certainement de servir de demeure à Dieu qui vient au milieu des hommes... Que Job, cet ancien patriarche, affirme que le ciel n'est pas pur, ni les étoiles irréprochables devant Dieu. Mais, en vérité, se peut-il concevoir rien de plus pur, rien de plus irréprochable que la Vierge? Faut-il s'en étonner? Dieu, la souveraine et très pure lumière, l'a tant aimée que, par l'opération du Saint-Esprit survenu en elle, il s'est mêlé substantiellement à elle, sortant homme parfait de ses entrailles... Il n'a pas rougi d'être appelé le fils desapropre créature; et, séduitpar l'amour de cette Vierge plus belle que toute chose créée, il a jugé digne de ses embrassements celle qui l'emporte en excellence sur les Vertus même des cieux » (i).

« Silence donc au très sage Salomon; qu'il ne dise plus qu'il n'y a rien de nouveau sur la terre. 0 Vierge

(i) S. Joan. Damasc, Orat. 2 in Deip. Naliv., n. 4- P. G. xcvi, 684-

toute ruisselante des divines grâces, n'ètes-vous pas le temple saint que le Salomon spirituel ( 1), ce prince de la paix, s'est construit lui-même pour y faire sa demeure; temple où je ne vois pas d'or, mais au lieu d'or, le Saint-Esprit avec ses splendeurs » (2) ?

Si Jean Damascène ne résumait pas fidèlement les Grecs, j'ajouterais ce passage d'une lettre de Théodore de Jérusalem, lue devant les Pères du second concile de Nicée et approuvée par eux : « Elle est vraiment Mère de Dieu, Vierge avant, Vierge après son enfantement, créée de Dieu, plus sublime en sainteté et en gloire que toute créature intelligible et sensible » (3). Prêtons maintenant l'oreille aux Coptes. Ils chantent dans leur Liturgie : « Le Père vous a faite avec une sollicitude incroyable, et l'Esprit-Saint est descendu sur vous » (4). Les Maronites chantent aussi, de leur côté : « Béni celui qui l'a élue et qui l'a formée dans le sein maternel pour être sa propre mère. Bienheureuse êtes- vous, ô Marie, vous qui avez mérité d'enfanter d'une manière ineffable le Fils du Très Haut, Vierge et Mère de l'éternel Créateur d'Adam et d'Eve » (5).

Même langage en Occident. Ce qu'on lit, au troisième livre des Rois, du temple de Salomon : « Il ne s'est pas fait dans tous les royaumes du monde un ouvrage semblable » (6), saint Pierre Damien l'applique à la Mère de Dieu. « Rien de plus vrai, rien de plus

(1) C'est-à-dire, celui dont le premier fut le type et la figure.

(2) Id., ibid., orat. in Deip. Nativ., n. 10, 677. Même pensée presque dans les mêmes termes exprimée par Modeste de Jérusal. Encom., in Deip., n. 4

(3) Conc. Nie. 2, act. 3, apud Mansi, xxii, 113g.

(4) Theotoc, p. 100. E. (texte emprunté à Passaglia).

(5j In offic. ad 1, fer 6. Apud Asseman. in Cod. liturj.,i, p. 4o6. (6) III Reg., x, 20.

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