‹ La Mère de Dieu et la mère des hommesChapitre 54 sur 78 · CH. III. LE TITRE DE DISPOSITION · texte numérisé non relu

CH. III. LE TITRE DE DISPOSITION

lui-même une mère telle qu'il savait qu'elle dût être pour lui convenir et lui plaire. Il la voulut donc vierge, afin de naître d'une immaculée, lui l'Immaculé qui venait purifier toutes nos souillures. Il la voulut humble, lui l'humble et le doux de cœur qui devait nous donner en sa personne le nécessaire et le très salutaire exemple de ces vertus. Il lui donna un enfantement virginal, après qu'elle eut fait déjà, sous son inspiration, le vœu de virginité, et reçu par sa grâce le mérite de l'humilité. Afin donc que celle qui devait enfanter le Saint des saints fût sainte de corps, elle reçut le don de virginité; afin qu'elle fût sainte de cœur, elle reçut le don d'humilité. Et la Vierge royale, parée de ces vertus comme d'autant de joyaux, resplendissante du plus pur éclat dans le corps et dans l'âme, connue même aux cieux par son incomparable beauté, attira sur elle le regard des habitants du ciel, au point d'incliner vers elle le Cœur du Roi lui-même et de l'engager à lui députer un messager d'en haut. Et c'est là ce que nous apprend l'Evangéliste, quand il nous montre l'Ange envoyé par Dieu à la Vierge, c'est-à-dire par la Grandeur à la bassesse, par le Seigneur à la servante, par le Créateur à la créature. 0 condescendance de Dieu! ô excellence delà Vierge » (i).

Concluons par les belles paroles de Bossuet : « Que servirait-il à Marie d'avoir un Fils qui est devant elle, et qui est l'auteur de sa naissance, s'il ne la faisait naître cligne de lui? Ayant à se former une mère, la perfection d'un si grand ouvrage ni ne pouvait être portée trop loin, ni ne pouvait être commencée trop

(i) S, Bernard., hom. 2 siipei^Missusest, n. 1 et 2. P.L.clxxxiii,6i,62.

tôt; et si nous savons concevoir combien est auguste cette dignité à laquelle elle est appelée, nous reconnaîtrons aisément que ce n'est pas trop de l'y préparer dès le premier moment de sa vie » (i). Ce disant. Bossuet ne fait autre chose que répéter ce qu'il avait lu dans les Pères. En effet, n'est-ce pas là ce qu'ils nous font entendre quand, sous tant de formes et dans tant de circonstances, ils nous montrent Dieu formant, produisant, créant en Marie sa mère, et déjà la faisant telle qu'il pût naître de son sein virginal et l'habiter comme un temple digne de lui?

(i) Bossuet, i serm. sur la Nativité de la sainte Vierge, à la fin du second point.

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