‹ La Mère de Dieu et la mère des hommesChapitre 72 sur 78 · CH. III. RAISONS DE L'IMMACULEE CONCEPTION · texte numérisé non relu

CH. III. RAISONS DE L'IMMACULEE CONCEPTION

en est excellemment relevé. Il n'est pas incompatible avec elle, puisque ce qui est de droit dans le fils est pure grâce clans la mère; disons plus encore : puisque la prérogative de Marie dépend de la sainteté de Jésus comme l'effet de sa cause. Il en est excellemment 1 elevé. N'est-ce pas exalter l'incomparable pureté du fils, que de nous la montrer si parfaite qu'elle ne peut tolérer une souillure dans sa mère; si haute qu'elle surpasse non seulement l'innocence réparée des coupables, mais encore l'innocence d'une créature immaculée? Ainsi tout s'accorde et s'harmonise : la conception de la Vierge est au-dessous de la conception de son fils, parce qu'elle est une pure créature et qu'en vertu deson origine elle aurait dû naître au rang des coupables ; et cette même conception est au-dessus des conceptions communes, parce qu'elle est celle de la Mère du Dieu incarné, du Réparateur universel. Reste une dernière difficulté qui nous mènera, comme les précédentes, à juger la conception sans tache de la bienheureuse Vierge souverainement convenable, et par conséquent nécessaire. Le Fils unique du Père est descendu du ciel pour racheter et sauver le monde. « Vous l'appellerez Jésus, dit l'Ange à Marie (i ); vous l'appellerez Jésus, répélera-t-il bientôt à Joseph » (2), c'est-à-dire, Sauveur. Voilà le nom propre du Dieu fait homme, celui qui détermine et personnifie sa mission. Il est le Sauveur; et, par suite, celui qui ôte les péchés du monde, qui nous justifie, qui nous rachète, qui nous lave, qui réconcilie la terre avec le ciel. Mais toutes ces choses, comment les opère-t-

(1) Luc, 1, 3i .

(2) JMalth., !, ai,

il? Par son sang (i). Donc, concluaient jadis les adversaires de l'Immaculée Conception, Marie a été conçue dans le péché, puisqu'elle a dû, comme tous les enfants d'Adam, être sauvée, rachetée, réconciliée, lavée dans le sang de Jésus-Christ.

Donc, conclurons nous à meilleur droit, Marie n'a pas contracté la souillure originelle. C'est ce que nous persuade l'origine de ce sang rédempteur; en d'autres termes, la maternité de Marie. Oui, elle a été rachetée, mais d'une manière plus éminente et plus divine. Ne fallait-il pas que le sang de Jésus-Christ remontât jusqu'à sa première source pour la purifier, en la préservant de toute souillure; que le fleuve de grâces qu'il répand sur les âmes pour les sanctifier, eût en elle une efficacité qu'il n'a pas dans les autres ~ Or, la première source du sang de Jésus-Christ est à la conception de sa divine mère; et cette efficacité singulière ne se comprend pas, si Marie n'est pas plus que les autres sanctifiée dans sa première origine, et si parfaitement rachetée qu'elle ne subisse pas un instant la servitude du péché. Regardez la divine Marie debout, au Calvaire, plus près que toute autre, de la croix de mon Sauveur ; et ne voyez-vous là comme le symbole de cet effet si particulier du sang de Jésus- Christ?

Ce que le sang de Jésus devait à son origine, il le devait encore à sa propre gloire. La gloire de ce sang divin, c'est de détruire en tous lieux l'œuvre du diable, et de porter sa propre efficacité partout où le mal a produit ses effets : c'est pour cela que le Seigneur Jésus l'a reçu de la Vierge et l'a répandu sur leCalvaire.

(i) Rom.,v., 9; Eph.,i, 7; Col., i, i4, 20; Hebr.,ix, i3, i4; 1 Pelr., i, ?» '95 Apoc, 1, 5, vt 9.

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