CH. III. — RAISONS DE L'IMMACULEE CONCEPTION
Voyez comment Jésus-Christ s'est appliqué, soit dans le cours de sa vie mortelle soit après sa mort, à nous montrer par les faits la multiple vertu de son précieux sang-. Le mal a souillé les âmes ; il les purifie : témoin Madeleine et tant d'autres retirés de la fange et blanchis dans le sang- de l'Agneau. Le mal nous avait privés de tout droit à la vision divine; et ce divin sang est à peine répandu que le ciel s'ouvre pour y recevoir l'âme d'un criminel insigne, mais pénitent. Le mal avait introduit la mort; et voilà que l'immortalité glorieuse nous est acquise par les mérites du Sauveur, et que déjà la Vierge la possède en compagnie de Jésus ressuscité. Le mal avec la mort avait amené le triste cortège des maladies et des souffrances : par la vertu du sang de Jésus, nous sommes guéris en espérance et déjà combien de guérisons accordées, préludes de l'affranchissement final.
Que faut-il encore pour que j'aie la démonstration palpable de la toute puissante vertu de ce divin sang? Qu'il aille jusqu'au sein des mères y sanctifier leur fruit, avant qu'il soit totalement formé ; mieux encore, qu'il remonte aux origines mêmes de la vie, pour y donner dans une conception immaculée le témoignage décisif de son universelle efficacité. Or, cette conception immaculée, si nécessaire à la gloire du sang de Jésus-Christ, pour qui sera-t-elle, si Marie, la Vierge Mère, est conçue dans le péché? Donc, de quelque côté que je regarde la maternité de la divine Vierge, je vois en elle le titre et la raison de sa conception immaculée.