‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 103 sur 107 · Imp. mar. ciist, {Meiï. rep., 1874, 1S · texte numérisé non relu

Imp. mar. ciist, {Meiï. rep., 1874, 1S

plus encore parmi les Cambodgiennes, qui se marient tardivement et sont plus d'une fois mises en faute avant l'époque de leur mariage (Mondière)-

Dans la société brahmanique, nous retrouvons Tavortement comme une pratique commune, encore sollicitée par les vices du système politicoreligieux. Il est une conséquence immédiate du libertinage qu'encourage une religion trop favorable aux excès génésiques, souvent aussi de la restriction apportée aux besoins de la femme, comme chez les veuves, condamnées au célibat par la loi , quelquefois dès la nubilité ! « Cette coutume odieuse, qui révolte la nature, est, aux yeux des Indiens, une chose sans importance : la destruction d'un être qui n'a point encore vu le jour est, selon eux, un moindre mal que le déshonneur d'une femme. » (Dubois *.) Certaines femmes font ouvertement métier d'avorteuses. A Pondicihéry, ce sont les blanchisseuses qui se livrent îi cette industrie. Les moyens qu'elles emploient sont très violents et amènent souvent la mort de leurs victimes : ils consistent en purgatifs, en emménagogues et en stimulants énergiques, tels que « la rhue, le pignon d'Inde, le cumin, le gingembre, le galanga, et surtout le plumbago zeylanica, dont les propriétés vésicantes ont une grande

activité; on fonne avec le tout un électuaire, auquel on ajoute de l'asa-fœtida comme correctif, et du sucre de jagre, comme excipient. » (Huillet ^.j A Karikal, CanoUe a reconnu que la substance abortive la plus usitée est le cumin noir, vulgairement appelé anis noir ou quatre-épices : c'est le Nigella sativa de Linné, de la tribu des Helléborées (Renonculacées). « Les semences doivent leur propriété au principe acre et aromatique qu'elles renferment. Elles sont noires , petites , chagrinées, triangulaires, acuminées, rugueuses et plissées transversalement; elles ont une odeur forte, agréable, tenant du citron, de la carotte, du poivre et du sassafras, et une saveur qui rappelle à la fois ces quatre substances... Les Indiennes les emploient avec mesure (15 grammes) comme emménagogues, et à hautes doses comme abortives, de la manière suivante : Elles broient les semences entre deux pierres et mélangent la poudre ainsi obtenue avec du sucre de palmier (jagre, en tamoul caroupautty) , choisi uniquement comme excipient, pour former avec le tout une pâte qu'elles avalent ainsi. Le plus souvent, quand elles poursuivent un but criminel, pour être plus sûres du résultat, elles prennent des quantités trop considérables de la pâte abortive, qui provoque alors des vomissements. Dans ce cas, la

substance ingérée à trop haute dose est rejetée plus ou moins complètement et contribue peu ou pas du tout aux contractions utérines, qui ne sont plus sollicitées que par les manœuvres exercées sur la matrice K » Cependant, malgré leurs habitudes licencieuses, il ne paraît pas que les Hindous soient encore arrivés au degré de dérèglement qui existerait chez nous, s'il faut en croire certains livres, où Ton trouve accumulées toutes les turpitudes, sous le prétexte d'éclairer médicalement ou théologiquement les individus et les masses, sur le danger des fraudes conjugales. S'ils désirent bien, parfois, limiter leur progéniture, sans avoir recours à l'avortement, en prévenant, chez la f^mme qu'ils approchent, toute chance de grossesse, ils s'en tiennent encore aux pratiques les plus naïves et le moins repréhensibles dans le fait, sinon dans l'intention! Les femmes sont persuadées qu'elles peuvent empêcher toute conception, en portant certains anneaux, en avalant de l'urine de bélier ou du sang de lièvre, etc. ^

Chez les peuples musulmans, la femme doit rechercher avec un empressement d'autant plus vif la satisfaction de ses besoins sexuels, en dehors du mariage, qu'elle est condamnée tout à la fois à une plus longue privation, au milieu de ses nom-

1. L. CanoUe, De Vavortemeni criminel à KarikaU Th. Paris, 1881.

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