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noises ne sont réglées qu'à seize ans. — Nous avons peine à admettre une influence ethnique, dans le sens anthropologique de cette expression ; car la race hindoue est de même souche que la nôtre, et l'on ne comprendrait pas une aussi grande différence dans la menstruation entre deux fractions d'un même groupe, pas plus qu'on ne saurait expliquer les différences signalées entre les juives de Lebrun et les femmes arabes, les unes et les autres du rameau sémitique. — Contrairement à l'opinion de Joulin, nous sommes donc amenés à rechercher la cause des variations de la puberté dans les conditions sociologiques qui exercent le plus d'influence sur le développement de celle-ci, et particulièrement de l'appareil générateur. Nous ne pouvons, à prioriy dire que la précocité des unions hâte Tapparition des règles : il n'est que trop vrai que, dans les principales villes d'Europe, beaucoup de jeunes filles sont livrées à la prostitution dès leur enfance, sans que, pour cela, elles voient leurs règles se montrer avant l'époque habituelle; au Japon, en Chine, en Indo-Chine, chez les nègres, la femme connaît souvent de très bonne heure les rapprochements sexuels, et cependant elle n'est pas menstruée à l'âge où Test déjà la femme hindoue. C'est que l'union précoce, pour acquérir, dans la race^ une influence réelle, doit V être non seulement généralisée, mais encore
accompagnée d'habitudes et d'aptitudes génésiques particulières, favorisées par la loi civile et religieuse. Si elle est tolérée en Chine et au Japon, elle n'y est pas toujours la règle ni la conséquence fatale d'une ardeur sexuelle spéciale à la race ; elle n'y est pas encouragée pay les principes bouddhiques, qui recommandent au contraire la chasteté des mœurs et visent à l'entretenir parmi les masses : aussi le Chinois est-il libidineux en tant qu'individu; il ne l'est pas dans le sens collectif. En Afrique, si le noir ne répugne pas aux accouplements avec de toutes jeunes filles, il préfère ordinairement des femmes bien développées; il n'attache pas même un bien grand prix à la virginité, en dehors des cas où elle donne à la femme une valeur vénale et de pur trafic.
Mais nous trouvons chez la femme une remarquable précocité dans l'apparition des règles, là où un peuple est soumis à un système politicoreligieux, qui stimule à leur plus haut degré les appétits sexuels, encourage les abus génésiques et va jusqu'à recommander le mariage prématuré.
Le système brahmanique semble avoir pour principal objectif la procréation ; il érige en culte l'œuvre reproductrice; il personnifie ce culte dans l'image du Ungam. Dès son bas âge, la femme est élevée en destination d'une union prochaine, si elle n'est réservée, de bonne heure, aux amuse-
ments du prêtre dans les temples ; elle entend et voit autour d'elle mille choses qui éveillent son intelligence vers l'acte générateur; soumise à une promiscuité qui la sollicite, dès l'enfance, à l'usage d'un sens surexcité, d'autant plus favorisée, en ses premières ardeurs, qu'elle est moins surveillée, ou, dans les hautes castes, remise entre les mains d'un mari dès l'âge de huit ou neuf ans, car ce serait pour elle un déshonneur, et un déshonneur qui rejaillirait sur toute la famille, si elle éprouvait sa première menstruation dans la maison maternelle (toute menstruation, supposant la production d'un germe, doit appeler la fécondation, et si la femme est surprise, en son premier écoulement, loin d'un homme qui la doit féconder, elle commet presque un crime, car elle supprime une existence), est-il donc étonnant que la femme hindoue subisse une maturité précoce de tout son être et que, chez elle, l'organe utérin traduise aussi tôt ses aptitudes fonctionnelles?
Chez les musulmans, où les mœurs sont aussi très favorables à l'entière liberté du sens génésîque, où la femme est de très bonne heure recherchée par l'homme, ou, de très bonne heure aussi, elle est initiée aux habitudes sexuelles, dans la promiscuité et l'oisiveté des harems, on rencontre la même précocité du développement de tout l'être
féminin et de l'évolution menstruelle,
Entre les deux civilisations du brahmanisme et de l'islamisme, il est précisément curieux de remarquer le développement plus tardif de la jeune fille dans la race iranienne, au moins dans la fraction de cette race qui est demeurée fidèle aux lois de Zoroastre, si pures en leurs préceptes ; chez les Parsis, la femme n^est guère nubile avant quinze ans, et c'est à cet âge qu'elle peut être mariée.
Nous avons déjà eu l'occasion de mentionner quelques particularités relatives à la durée et à l'abondance de l'écoulement sanguin, chez la Ouolove et chez la Chinoise. Les recherches de cet ordre sont encore peu nombreuses. D'après Burdach, l'écoulement menstruel serait de 90 grammes dans les pays froids, de 150 à 180 dans les régions tempérées, de 360 dans les contrées méridionales, et de 600 entre les tropiques K Ce sont là des évaluations qu'il ne faut accepter qu'avec une grande réserve. Dans l'opinion la plus générale , les femmes passent pour perdre davantage, à chaque époque, dans les pays chauds que dans les pays froids ; Blumenbach prétend même que la plupart des Européennes transportées en Guinée y périssent par suite d'hémorrhagies utérines •• Mais
1. Flemin?^ De Vin/hmeé des climats chatêds sur Vhomme, Thèm de Paris, 1851.